Archives de Tag: Venise

Le rendez-vous de Venise / Philippe BEAUSSANT

« Les femmes n’étaient pas absentes de la pensée de mon austère vieil oncle. Il les aimait. Je le sais : il était intarissable quand il parlait d’elles. Mais c’étaient toujours des femmes peintes, des tableaux, des portraits… Alors, qui était cette Judith dont il parlait avec tant d’amour et de regret dans le carnet que j’avais découvert après sa mort ? Et lui, qui était-il en vérité ? N’était-ce que l’historien d’art érudit et admiré que j’avais cru connaître? Et moi, qu’est-ce que je deviens, quand une femme déboule dans ma vie, et qu’elle n’est pas un tableau ? »

 

Voici une découverte, je ne connaissais pas du tout cet auteur et j’ai vraiment aimé l’histoire si simple et si bien racontée de deux amours successifs dans le temps et pourtant parallèles. Ici encore, comme pour Alice Ferney, la magie passe par l’écriture…

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Classé dans Littérature française

Mort à La Fenice / Donna LEON

Les amateurs d’opéra sont réunis à la Fenice de Venise où ce soir-là, Wellauer, le célébrissime chef d’orchestre allemand, dirige La Traviata. La sonnerie annonçant la fin de l’entracte retentit, les spectateurs regagnent leur place, les musiciens s’installent, les brouhahas cessent, tout le monde attend le retour du maestro. Les minutes passent, le silence devient pesant, Wellauer n’est toujours pas là… il gît dans sa loge, mort. Le commissaire Guido Brunetti, aussitôt dépêché sur les lieux, conclut rapidement à un empoisonnement au cyanure. Le très respecté musicien avait-il des ennemis ? Dans les coulisses de l’opéra, Guido Brunetti découvre l’envers du décor.

Une enquête du commissaire Brunetti à propos de la mort suspecte d’un chef d’orchestre à Venise. Ambiances, coïncidences et violences.

 

Un chef d’orchestre assassiné pendant l’entracte : le commissaire Brunetti mène l’enquête. Et le vedette du roman : Venise la belle, l’unique… Excellent polar, le premier d’une déjà longue série sans fausse note.

 

Les enquêtes du commissaire Brunetti

  1. Mort à la Fenice (Death at La Fenice)
  2. Mort en terre étrangère (Death in a Strange Country)
  3. Un Vénitien anonyme (The Anonymous Venetian)
  4. Le prix de la chair (A Venetian Reckoning)
  5. Entre deux eaux (Acqua Alta)
  6. Péchés mortels (The Death of Faith)
  7. Noblesse oblige (A Noble Radiance)
  8. L’affaire Paola (Fatal Remedies)
  9. Des amis hauts placés (Friends in High Places)
  10. Mortes-eaux (A Sea of Troubles)
  11. Une question d’honneur (Willful Behavior)
  12. Le meilleur de nos fils (Uniform Justice)
  13. Dissimulation de preuves (Doctored Evidence)
  14. De sang et d’ébène (Blood from a Stone)
  15. Requiem pour une cité de verre (Through a Glass Darkly)
  16. Le cantique des innocents (Suffer the Little Children)
  17. La petite fille de ses rêves (The Girl of His Dreams)
  18. La femme au masque de chair (About Face) –  février 2012

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Classé dans Littérature américaine (USA)

L’amant sans domicile fixe / FRUTTERO & LUCENTINI

Le premier personnage, ici, c’est Venise – une Venise d’hiver, plus souvent brumeuse qu’ensoleillée, la Venise labyrinthique des rues éloignées, quasi désertes. Le deuxième personnage – elle – est une princesse romaine résidant dans un hôtel de luxe, fréquentant les milieux snobs et cosmopolites, et venue là pour une salle des ventes, à la recherche d’œuvres d’art. Le troisième personnage – lui – est le guide d’un groupe de touristes minables traîné à l’économie de monument en monument. Guide dont l’érudition et la distinction contrastent étrangement avec une valise râpée et un imperméable constellé de taches. Ce qui résultera de leur imprévisible rencontre, et pourquoi celle-ci prendra sans cesse des allures d’énigme, c’est l’objet de ce roman. Où l’ironie et le sens du détail vrai, qui sont propres à Fruttero et Lucentini, se doublent de tendresse, de nostalgie – de profondeur.

“Nous sortîmes ils sortent nous sortons nous sommes sortis dans le plus absolu novembre. Les temps de ces dernières heures s’enchevêtrent, les sujets se confondent, se dissipent impersonnellement dans les grisailles de l’automne, se rejoignent et se séparent à nouveau, pour parcourir chacun, isolément, la syntaxe décolorée de la cité.

De la grande pluie de la matinée demeuraient partout d’humides stagnations, et les canaux même avaient un air enflé, neuf, comme si eux aussi avaient ruisselé des gouttières. Il y avait très peu de gens alentour.

Je ne sais pas, il ne savait pas, nous ne savions pas où aller, aucun projet n’était plus possible, aucune minute ne valait plus rien, il y avait même une aversion à les économiser, je voyais revenir ma vieille répugnance à profiter des pauses, des interstices, comme si au temps, odieux chauffeur de taxi, on avait dit avec hauteur : Gardez donc le reste, je ne sais que faire de la monnaie.

(…) aller au cinéma, consumer à l’ombre d’une histoire quelconque la fin de la nôtre …

(…) et là-bas, sur l’écran, look, look, voilà que se succèdent des vaporetti et des calli, des îles et des campielli et des corps nus et enlacés, trois jours à Venise, passion sur la lagune, un amour impossible : notre film.” (pp. 252-253)

 

Entre l’arrivée d’un avion et le départ d’un bateau, L’amant sans domicile fixe mélange amour et mystère, tendresse et ironie pour une aventure vénitienne de trois jours. C’est une Venise brumeuse, avec ses ruelles éloignées et peu fréquentées qui est représentée avec le sens du détail vrai mais non sans nostalgie ni ironie…

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Classé dans Littérature italienne

Le sang de Venise / Maud TABACHNIK

A Venise, en 1575, à la veille de la Pâque, un jeune enfant est retrouvé, vidé de son sang, le long d’un canal, près du ghetto, où vit enfermée la communauté juive. Quelques jours plus tard, un deuxième cadavre est découvert. La population s’émeut. Une rumeur incontrôlable se propage : ce seraient des crimes rituels perpétrés par des Juifs. Ces accusations sont encouragées par la prédication d’un moine fanatique. Venise la rebelle voit là une occasion de satisfaire les exigences de Rome qui, depuis longtemps, lui ordonne de se débarrasser de ses Juifs. Rachel, une jeune femme juive, intelligente et jouissant d’une certaine liberté, se révolte et essaie de comprendre. Aidée par son amie, une comtesse vénitienne, elle va mener sa propre enquête tandis que survient une épidémie de peste.

C’est une détente de se dépayser totalement (dans le temps et l’espace) et un petit suspense ajoute au plaisir de la lecture… 
Un autre intérêt de ce livre réside dans la description des traditions du ghetto. L’auteur esquisse, aussi, une courte réflexion sur la raison d’État et la condition féminine ! 

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Classé dans Littérature française