Archives de Tag: Tendresse

L’étrange vie de Nobody Owens / Neil Gaiman

Quatrième de couverture :

Nobody Owens était presque encore un bébé quand sa famille a péri sous la lame du plus célèbre des tueurs de Londres, le Jack. La nuit du drame, il est cependant parvenu à se réfugier dans un cimetière, où un couple de fantômes l’a recueilli et l’a élevé comme l’un des leurs, sous l’oeil bienveillant de Silas, son ami ni vivant ni mort. Mais cette période heureuse est aujourd’hui révolue, car le Jack rôde toujours, et l’heure est venue d’aller l’affronter une bonne fois pour toutes. À l’extérieur…

 

Extraits :

« – IL se tuent, tu veux dire?
Bod avait une huitaine d’années, les yeux curieux et bien ouverts, et il n’était pas idiot.
– Absolument.
-Et ça marche? Ils sont plus heureux une fois morts?
– Parfois. La plupart du temps, non. C’est comme les gens qui s’imaginent qu’ils seront plus heureux en allant vivre ailleurs, mais qui apprennent que ça ne marche pas comme ça. Où que l’on aille, on s’emmène avec soi. Si tu vois ce que je veux dire. »

« – Comment tu t’appelles ?
– J’ai pas de pierre tombale, dit-elle en abaissant les coins de la bouche. Je pourrais être n’importe qui, pas vrai ?
– Mais tu as bien un nom.
– Liza Hempstock, pour vous servir, fit-elle d’un ton aigre. C’est pas trop demander, tout de même. Un petit quelque chose pour marquer ma tombe. Je suis juste là, tu vois ? Y a rien que des orties pour montrer où je repose. »

« Bod frissonna. Il avait envie de prendre son tuteur dans ses bras, de le serrer et de lui dire qu’il ne le laisserait jamais tomber, mais un tel acte était inconcevable. Il ne pouvait pas plus serrer Silas contre lui qu’il ne pouvait serrer un rayon de lune, non que son tuteur fût immatériel, mais parce que cela ne se faisait pas. Il y avait les gens qu’on pouvait prendre dans ses bras, et puis il y avait Silas. »

 

Mon avis :

C’est un conte, un conte délicieux – à la fois sombre (il se passe tout de même dans un cimetière) et joyeux (tous ces défunts ne sont pas tristes et accompagnés de Silas, ils s’occupent au mieux de Nobody « Bod » qui est aimé et protégé)…

Avec eux, Bod va apprendre un maximum de choses pour pouvoir se défendre car ses amis craignent tous que le Jack revienne pour s’en prendre à lui!  C’est bien sûr une façon de dire que l’enfance est une période « entre deux » où les parents apprennent aux enfants un maximum de choses pour qu’ils puissent un jour voler de leurs propres ailes…

J’ai beaucoup aimé ce bouquin et je pense qu’il peut plaire à tout âge…

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Classé dans Littérature anglaise

Lignes de vie / Graham Joyce

Quatrième de couverture :

Une famille de sept soeurs aux vies fondées sur l’amour, la tradition, l’angoisse et l’espoir. Des vies simples et émouvantes auxquelles se mêlent presque imperceptiblement l’étrange et le merveilleux, l’ordinaire et l’extraordinaire. Cassie, la plus jeune des soeurs, a eu un petit garçon de père inconnu et n’a pas eu le courage de le céder à des parents adoptifs. Il est alors décidé que le petit Frank sera élevé par chacune des soeurs, à tour de rôle. Ainsi l’enfant sera-t-il le témoin privilégié de ces vies aux lignes si différentes, dans les drames et les illusions de l’après-guerre. Mais Frank est un enfant particulier, doué d’intuitions étonnantes ; comme sa jeune mère, sensible à des signes invisibles ; comme sa grand-mère, parfois visitée par des apparitions lui annonçant l’avenir…

 

Extraits :

« Cassie Vine, vingt-deux ans à peine, les yeux secs, serre le bébé sans nom sous son manteau et plisse les yeux pour les protéger du vent. Il est midi, trois jours après la Victoire en Europe, et elle attend sous le portique de la National Provincial Bank, sur les marches de pierre blanche, qu’on vienne chercher son enfant. Devant elle gémit la ville de Coventry, brisée par le bombardement. »

« Les hauteurs de la ville étaient en flammes. Des brigades de pompiers luttaient en vain. Les bombes et les flammes avaient détruit les grands magasins. L’eau crachée par les tuyaux dégageait des tourbillons de vapeur évoquant des génies. Les toits vomissaient une fumée bouillonnante, noire comme l’ébène, que le feu éclairait par en dessous. Il faisait trop chaud pour traverser Broadgate. Elle resta en retrait, contemplant les flammes, tandis que ce hideux battement d’ailes de cuir résonnait de nouveau à ses oreilles. Elle distribua des tapes furieuses aux petits démons importuns qui voletaient tout autour d’elle. Puis elle vit son premier cadavre. »

« — Pourquoi des gens voudraient arrêter de se parler ?
Martha alluma sa pipe, secoua l’allumette pour l’éteindre et
la rejeta dans le foyer. Elle souffla un nuage de fumée bleue à l’odeur douce. Frank la scruta à travers la fumée trompeuse qui donnait l’impression que ses yeux larmoyaient. Elle tarda à lui répondre.
— Les fantômes, dit-elle.
— Les fantômes ?
— Oui. On peut transformer quelqu’un en fantôme rien qu’en arrêtant de lui parler. C’est une façon de le tuer, tu vois, de le changer en pierre, mais en s’assurant qu’il soit toujours dans les parages pour pouvoir continuer à le punir. Alors promets-moi de ne jamais faire ça, hein, Frankie ?
— Promis, mamie.
— Promis, mamie. Maintenant, tu peux aller jouer dans ta chambre, j’aimerais bien avoir la paix un moment. »

 

Mon avis :

Quel roman étonnant! Au départ, j’ai pensé « pas vraiment mon genre, je crois que je ne vais pas le finir… » et puis, j’ai continué, continué et je suis tombée sous le charme de cette famille étrange, où le fantôme du père traîne en lisant son journal, où la mère reçoit des visites lui annonçant des évènements à venir et où la plus jeune fille, Cassie, a des « absences » après lesquelles elle ne se souvient pas toujours de ce qu’elle a fait…
Et j’ai aimé ce livre, vraiment… ❤

Ci-dessous, une phrase qui dit mieux que je ne pourrais le dire mon ressenti face à ce livre :

 » Et son écriture est comme une petite musique, qui semble si banale à la première écoute, mais qui s’impose lentement et qu’on ne peut en fin de compte ni quitter ni oublier. Graham Joyce ne se plie jamais à la tentation du grand guignol. Si ses scènes sont fortes, c’est parce qu’il les écrit avec un talent extraordinaire. Pas d’effets spéciaux, rien que le plaisir de raconter les choses, la malice de dérouter le lecteur, la délicatesse de tracer des lignes de vie. » – Jean-Claude Vantroyen

Si vous en voulez plus, suivez ce lien :  Jean-Claude VANTROYEN

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Classé dans Littérature anglaise

Snow Queen / Michael Cunningham

Snow Queen

 

Avec toute la grâce et la subtilité qu’on lui connaît, Michael Cunningham nous offre une nouvelle plongée dans le New York des âmes perdues, l’histoire poignante d’hommes et de femmes en quête de transcendance, à travers l’amour et l’art.

Un soir de novembre, alors qu’en pleine déprime amoureuse il traverse Central Park, Barrett est témoin d’une lumière mystérieuse, un moment fugace de beauté pure, un instant suspendu, comme si quelqu’un, quelque part, le regardait avec bienveillance.
Une lumière qui lui évoque son frère, Tyler, cocaïnomane, musicien talentueux qui n’a jamais percé ; Beth, la fiancée de Tyler, qui se meurt d’un cancer ; Liz, leur amie commune, leur presque mère.
Une lumière qui illumine aussi ses propres failles, ses ambitions ratées, ses amours déçues.
Une lumière comme une manifestation du sublime. Comme l’amour qui, malgré tout, unit ces êtres blessés. Ou le rappel que, si le temps passe et les rêves aussi, reste la tendresse…

 

Un conte de notre temps dans un New York hivernal où la magie de la neige qui tombe sur Central Park nous renvoie à « La Reine des Neiges » d’Andersen…

Quatre personnages principaux aussi attachants les uns que les autres aux âmes blessées et qui cherchent leurs vérités…

Un texte très poétique par moments et parfois trivial voire brutal… De la vie quotidienne et de la tendresse… Pas vraiment de début ni de fin : des pages de la vie avec des instants de lumière! Magique…

Passionnément

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Classé dans Littérature américaine (USA)

L’immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes / Karine LAMBERT

Lambert - L'immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommesCe roman vif et tendre oscille entre humour et gravité pour nous parler de la difficulté d’aimer, des choix existentiels, des fêlures des êtres humains et de leur soif de bonheur. On s’y sent bien.

Les hommes sont omniprésents dans cet immeuble de femmes… dans leurs nostalgies, leurs blessures, leurs colères et leurs désirs enfouis. Cinq femmes d’âges et d’univers différents unies par un point commun fort : elles ne veulent plus entendre parler d’amour et ont inventé une autre manière de vivre… Jusqu’au jour où une nouvelle locataire vient bouleverser leur quotidien. Juliette est séduite par leur complicité, leur courage et leurs grains de folie. Mais elle, elle n’a pas du tout renoncé ! Et elle le clame haut et fort. Va-t-elle faire vaciller les belles certitudes de ses voisines ?

 

Une idée amusante qui m’a fait penser à « Les lits à une place » de Françoise Dorin, des personnages bien typés (un peu trop?), un chat – Jean-Pierre 🙂 qui est certainement le personnage que je préfère… Une écriture fluide et facile… Une jolie couverture aguichante !

Un roman sans prétention avec lequel j’ai passé un bon moment de détente…

Que demander de plus? Parfait pour un WE de repos ou pour des vacances! 

Beaucoup

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Classé dans Littérature belge (francophone)

Marley et moi : Mon histoire d’amour avec le pire chien du monde / John GROGAN

Si le chien est le meilleur ami de l’homme, il peut parfois être le pire. C’est ce que vont découvrir John et Jenny Grogan, quand ils décident d’acheter un labrador peu de temps après leur mariage, afin de tester leurs capacités parentales. D’adorable petite boule de poils, Marley se transforme en un mastodonte de quarante-cinq kilos, qui détruit tout sur son passage, dévore quantité de nourriture et d’objets en tout genre, et témoigne d’une affection aussi débordante qu’envahissante envers ses maîtres.

 

Un bon moment de rire, un grand moment de tendresse, un vrai moment d’émotion !

Bien sûr, ce livre n’est pas autre chose qu’un récit de vie (celle de Marley), avec tous les gags et les accrocs qui peuvent arriver dans une famille. C’est pas le Goncourt! On ne demande pas ça non plus…

Mais c’est à lire par tous ceux qui ont ou ont eu un grand chien ! Ainsi que par tous ceux qui aiment les animaux… (ça fait déjà beaucoup de monde 😉 )

Pour les autres : s’abstenir, ils ne peuvent comprendre… C’est dommage pour eux mais ils ne savent même pas ce qu’ils perdent…

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Classé dans Littérature américaine (USA)

Les dames de Missalonghi / Colleen McCULLOUGH

A trente-trois ans, sans beauté ni fortune, Missy connaîtra-t-elle jamais la caresse d’un regard d’homme? Car elle ignore tout de la vie, de la vraie vie. Entre sa mère, sa tante et leurs sages travaux d’aiguille, elle traîne des jours ternes et mesquins à l’image de ses éternelles robes marron…

… lorsqu’une chance s’offre à elle, la dernière peut-être. Cette chance s’appelle John Smith, on ne sait rien de lui, mais c’est bien l’homme le plus séduisant qu’on ait vu en ville depuis longtemps.

Missy, jusqu’alors si soumise, n’entend pas laisser échapper ce premier clin d’œil du destin. Pour cela, rompant avec les conventions, à quel subterfuge tout à fait inhabituel aura-t-elle recours ? Tendre et fantasque Missy, une nouvelle race de femmes dans l’imaginaire de Colleen McCullough.

 

Un conte de fées pour adultes, avec énormément de tendresse. Un regard sur les hommes à la fois lucide et protecteur. J’ai beaucoup aimé.

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Classé dans Littérature australienne (anglophone)

L’histoire édifiante et véridique du chat Moune / Philippe RAGUENEAU

Le chat Moune, c’était un chat de rue, sans Dieu ni maître, à tout le monde et à personne. Mais pas de n’importe quelle rue, quand même : la nôtre, rue Villehardouin, dans le Marais, près de la place des Vosges… Question standing, ça vous pose un chat de rue, non ? Depuis dix ans il arpentait nos trottoirs, par canicule ou verglas, passant chez Madame Coquibus, pour les hors-d’œuvre, à la loge des Siri, pour le plat de résistance et, pour le dessert et le pousse-café, risquant une pointe chez Madame Sabatté… En attendant, sans lui, nous n’aurions connu personne… Il nous a présenté à ses amis, qui sont devenus les nôtres, et c’est en parlant chat (ou chien) avec nos bons voisins qu’une petite rue de Paris est devenue notre village. Mais il a fait mieux, la Moune… Parce que la façon dont il a tortillé ma bonne femme – Catherine Anglade, pour les téléspectateurs – c’est du grand art, croyez moi ! « Moi j’aime surtout les chiens », nous avait-elle annoncé tout en essorant le vagabond trempé par une méchante averse. « Ah oui ? avait ruminé la Moune dans ses moustaches. Eh bien, on va bien voir… » Maintenant il couche sur notre lit. Tout comme Christine Fabrega, témoin de la scène, l’avait prédit. Et nous, nous habitons chez lui. Mais du moment qu’il veut bien nous y tolérer… Si l’histoire de cette tendre et tumultueuse conquête vous amuse…

Si vous aimez les chats, que vous adorez leurs petites manies, leurs habitudes, leur tendresse, lisez ce livre. Vous y retrouverez tout ça, et même plus, croqué avec humour et amour. Un livre à dévorer avec joie !

 

C’est un livre que je vais chercher sur l’étagère quand j’ai un moment de cafard ! Il m’a fait rire aux larmes et tous les amoureux des chats apprécieront le ton à la fois tendre et impertinent de l’auteur qui arrive vraiment très bien à se mettre dans la peau d’un chat…

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Classé dans Littérature française