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Midnight, Texas / Charlaine Harris

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« Soudain, Manfred s’aperçoit que de toute la matinée, pendant tout le temps du déchargement et malgré l’atmosphère amicale, aucun de ses compagnons ne lui a posé les questions habituelles : pourquoi vous installer dans ce trou ? Qu’est-ce qui vous amène par ici ? Que faites-vous comme métier ? Où habitiez-vous avant ?
Et Manfred Bernardo comprend qu’il est venu au bon endroit. C’est comme s’il était ici chez lui. »

« – Je parle. Hé ho ! insista Mr Snuggly.
Manfred inspira soudain – il avait oublié de respirer.
– Je le savais ! s’exclama soudain Bobo, triomphant. Dès le moment où j’ai fait tomber ma fourche sur mon doigt de pied. J’avais entendu quelqu’un qui riait ! Alors, le chat, c’est toi qui as vu ce qui s’est passé ? »

 

On pourrait traverser la bourgade de Midnight sans la remarquer…
Mais c’est justement là que Manfred Bernardo, jeune médium extralucide, a décidé de s’installer pour trouver la tranquillité. Pourtant, l’endroit est peuplé d’êtres énigmatiques et inquiétants comme Fiji, la sorcière locale qui habite en face de chez lui et qui possède un chat un peu étrange, ou encore son voisin Bobo Winthrop, qui tient un magasin de prêt sur gage. Bien que Manfred trouve les habitants de Midnight plutôt accueillants, il découvre peu à peu que chacun cache bien des secrets…

 

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« Fiji n’avait jamais vu l’étranger. Il était magnifique : de larges épaules, une taille mince, des hanches compactes et des jambes interminables. Elle en avait presque l’eau à la bouche. Il était chauve et elle se demanda s’il l’était vraiment ou s’il se rasait le crâne. Il posa un genou à terre et prit l’enfant dans ses bras pour l’embrasser et le serrer contre lui pendant un long moment.
Ce sont des adieux, pensa-t-elle avec tristesse. Les pleurs de l’enfant parvenaient jusqu’à elle. L’homme se releva et s’immobilisa. Affaissées, ses épaules massives laissaient entrevoir son désespoir, son hésitation, ses doutes.
Il sembla soudain percevoir la présence de Fiji. Ou la flairer. Il se retourna pour la fixer, tandis qu’elle se tenait là, postée sur sa galerie avec son chat dans les bras, les bourrasques de vent chaud soufflant dans ses cheveux. Son regard effleura la pancarte affichée dans le jardin, « À l’esprit curieux ». Fiji eut envie de lui lancer un appel, de le rassurer en disant « je vais vous aider », sans vraiment savoir comment elle pourrait lui venir en aide. Il dut sentir sa bienveillance car il lui adressa un salut de la tête. Puis il se raidit, regagna sa petite voiture de location et prit le départ. »

 

La tranquillité de Midnight est très perturbée lorsque commencent les travaux pour réhabiliter l’hôtel désaffecté de la ville. Cette restauration risque d’attirer des voyageurs de passage, jugés indésirables par les résidents qui aiment rester entre eux. Il faut dire que dans cette bourgade habitée par des gens secrets, Olivia Charity est la plus énigmatique de tous. Personne ne sait ce qu’elle fait dans la vie et les spéculations vont bon train. Deux certitudes pour ses voisins : elle est belle et dangereuse. Alors qu’elle tente de venir en aide au médium Manfred Bernardo enlisé dans une sale affaire, Olivia entrevoit qu’elle pourrait bien le regretter.

 

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« Nous sommes au début du mois d’octobre et le soleil vient de se coucher lorsque le premier suicide se produit.
C’est un homme entre deux âges, affublé d’une barbe négligée. Il gare son vieux pick-up cabossé devant le Midnight Hotel et la réceptionniste, une étudiante en première année qui assure le service de 18 heures à minuit, l’observe avec espoir : ainsi que la jeune Marina Desoto le racontera plus tard à Anna Gomez, shérif adjoint, elle imagine qu’il va prendre une chambre. Ce serait un événement, car depuis son embauche il y a quelques mois, elle n’a enregistré qu’une demi-douzaine de clients.
Ses espérances partent presque aussitôt en fumée.
À travers la porte vitrée, elle observe l’homme qui descend de son véhicule « comme s’il était saoul », dira-t-elle au shérif Arthur Smith et à son adjointe.
Anna Gomez, qui a souvent croisé le chemin de la famille Desoto, sait que la jeune femme s’y connaît en comportements d’ivrogne.
— Et ensuite ? demande l’adjointe.
— Il marchait bizarrement, un peu penché en avant, comme si un aimant géant l’attirait en plein milieu du carrefour. Et puis après…
La voix étranglée, Marina s’interrompt et de grosses larmes débordent de ses yeux. Elle porte le poing à sa tempe, index allongé, et agite une fois son pouce levé pour mimer un coup de feu. »

 

À Midnight, plusieurs personnes se sont suicidées avec des armes volées au mont-de-piété. Intrigué par le phénomène le vampire Lemuel, qui traduit des textes anciens et mystérieux, découvre qu’autrefois à minuit, Midnight était la proie des sorcières, des loups garous et autres tueurs. Le médium Manfred Bernardo va devoir utiliser tous ses talents pour arrêter le carnage et faire en sorte que la petite bourgade ne soit pas rayée de la carte.

 

Nouvelle série de Charlaine Harris – à propos, il faudra que je parle des autres, c’est promis, d’autant plus que l’on retrouve ici des personnages déjà connus et c’est tout à fait sympa!  J’aime beaucoup et je me suis bien amusée 🙂 on trouve ici ce mélange d’aventures, d’humour, d’amour et de tendresse qui me plaît infiniment dans ce genre de bouquins… C’est de la vraie littérature populaire dans le bon sens du terme : une bonne histoire à rebondissements, de l’imagination à revendre et une écriture agréable… Merci, Charlaine Harris 🙂  

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Classé dans Littérature américaine (USA)

Laura Willowes / Sylvia Townsend WARNER

1902. A la mort de son père, Laura Willowes quitte sa campagne du Somerset pour aller vivre chez son frère Henry, avocat à Londres et marié à la très conformiste Caroline. Laura a vingt-huit ans et devient pour tout le monde la docile, l’insoupçonnable tante Lolly.

Bien des années plus tard, après la guerre de 14-18, elle commence à commettre quelques excentricités. D’ordre mineur, d’abord. Mais voilà qu’un beau jour, il lui prend la fantaisie de quitter Londres pour s’installer, seule, à Great Mop, dans la région des Chilterns. Dans cette nature fantastique, Laura Willowes se sent enfin chez elle : le vent lui parle, la lune est accompagnée d’une meute de chiens blancs et noirs, Laura doit pactiser avec un chaton, qui est le diable en personne, et c’est en sorcière, atteinte d’une folie douce, d’une folie drôle et poétique, qu’elle achèvera ses jours, sans doute, parmi les hêtres de Great Mop.

Musicienne et écrivain, Sylvia Townsend Warner (1893-1978) est, entre autres, l’auteur d’une dizaine de volumes de nouvelles, de quatre volumes de poésie et de sept romans. Ses premiers poèmes furent admirés par Yeats et certains la comparèrent à Thomas Hardy ; elle-même fut influencée par T F Powys et par David Garnett. Laura Willowes, son premier roman publié en 1926, possède un pouvoir quasi magique de transformer le monde.

 

Laura Willowes est une héroïne attachante et surprenante. Ce livre commence en nous proposant une peinture fidèle de l’époque victorienne et on ne sait trop à quel moment on franchit une porte qui nous fait passer dans  un autre monde. Est-ce le monde intérieur de Laura ou bien une ouverture sur ailleurs ? L’auteur nous laisse en décider… 

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Classé dans Littérature anglaise