Archives de Tag: SF

Wang / Pierre Bordage

1 – Les portes d’Occident
2 – Les aigles d’Orient

Présentation de l’éditeur :

XXIIIe siècle. Un infranchissable rideau protège l’Occident des empires voisins. Wang, jeune Chinois de dix-sept ans, vit avec sa grand-mère dans un quartier misérable de Grand-Wroclaw en Silésie, une des sous-provinces de Sino-Russie administrées par les néo-triades.
Parce qu’il a transgressé la loi d’Assöl le Mongol, un parrain de clan, Wang n’a d’autre choix que de prendre le chemin de l’exil. Car une porte s’ouvre parfois dans le Rideau à Most, en Bohême. Mais qu’arrive-t-il aux émigrés en Occident ? On parle d’esclavage ou pire encore ; on dit aussi qu’ils sont contraints de s’affronter dans des arènes comme les gladiateurs des jeux du cirque. Nul n’en est revenu pour témoigner… 

Déjà Grand Prix de l’Imaginaire et prix Julia Verlanger avec Les Guerriers du silence, pris Cosmos 2000 pour La Citadelle hyponéros, Pierre Bordage a obtenu le prix Tour Eiffel de science-fiction avec Wang.
En voici une nouvelle édition en un seul volume, avec dix illustrations originales de Gess.

Extrait :

« Malgré les nuages bas, malgré la neige qui tombait désormais en abondance, le REM se dressait devant eux dans toute sa majesté. Du ciel il n’avait pas seulement la couleur mais, bien qu’il fût vertical, bien qu’il fût délimité en bas par le tapis neigeux et en haut par le manteau nuageux, il donnait la même impression d’infini, d’insondable. Ses émulsions ressemblaient à des insectes photogènes et fourmillants, et son grésillement se transformait en un bourdonnement grave qui évoquait la rumeur d’un gigantesque essaim. D’une cinquantaine de mètres de hauteur – pourquoi si haute ? se demanda Wang, une ouverture de trois mètres aurait largement suffi…-, la porte ne s’embarrassait d’aucun chambranle, d’aucun fronton, d’aucune fioriture.« 

Mon avis :

Il me faut préciser que c’est une relecture, j’ai lu ce livre pour la première fois en 2006 et il m’avait déjà beaucoup plu.
Wang se lit comme une ballade épique, c’est d’ailleurs la spécialité de Pierre Bordage d’écrire ce genre. J’ai aimé l’histoire, la belle écriture, le héros (Wang), les personnages secondaires (aimables ou détestables mais crédibles), la critique inspirée et visionnaire de notre monde (encore plus lorsqu’on se souvient que ce roman a été écrit fin des années 90 donc il y a plus de 20 ans – comment ne pas penser au mur de Donald T. ?) ; par contre j’ai trouvé certaines parties un peu longues (les guerres uchroniques) et la fin un peu précipitée… et fleur bleue (ce n’est pas que je n’aime pas mais…). Pour moi, la seconde partie est un peu moins forte que la première…
Donc j’aime toujours beaucoup ce roman avec quelques toutes petites réserves.
Pour terminer Pierre Bordage est un écrivain qui prendra une place de premier plan si ce n’est déjà fait.

Si vous voulez lire quelques critiques, voici le lien pour la page des éditions L’Atalante :
https://www.l-atalante.com/catalogue/la-dentelle-du-cygne/wang-9782841721481/

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Les futurs mystères de Paris / Roland C. Wagner

A savoir d’abord…

C’est avec un humour tantôt grinçant, tantôt désopilant que Roland C. Wagner s’attache, depuis le début des années 1980, à dénoncer les dérives de l’impérialisme au travers de textes engagés comme La saison de la sorcière ou Pax Americana. Ce qui ne l’empêche ni de rêver à des mondes lointains (Le chant du Cosmos, Les aventuriers des étoiles), ni de s’amuser (Les futurs mystères de Paris, L.G.M.).

Grand Prix de l’Imaginaire, pour l’ensemble de la série

« Qualités d’écriture et narration généreuse confirment, si besoin en était, que Roland C. Wagner est un fantastique conteur. » – Galaxies

« La sortie en 1996 de La Balle du Néant, premier tome réédité chez l’Atalante, du (futur) cycle des Futurs mystères de Paris (en références à Eugène Sue, Léo Malet et Frédéric Dard) fut une des heureuses surprises d’alors dans un paysage SF francophone assez atone. Préfigurant une mode du polar-sf qui bat actuellement son plein, Roland Wagner crée, avec le personnage de Tem, une figure de private eye unique au monde puisque affublé d’un handicapant « talent » de « transparence ». À elle seule, cette idée est un trait de génie comique et littéraire et une contrainte étonnante en termes de menée du récit policier car elle implique de mobiliser un brio parfois quasiment oulipien. La réédition à l’Atalante de ce premier tome (et des suivants ainsi que d’un tout nouveau intitulé Babaluma) de ce qui est devenu un cycle majeur dans l’œuvre du prolifique Roland Wagner (répartie à l’heure où ces lignes sont écrites en onze nouvelles et novellas et sept romans) est une heureuse nouvelle à bien des égards : d’abord l’iconographie de couverture, comme à l’ordinaire chez L’Atalante, superbe, nous offre une représentation de Tem dans son habit de couleur, bien plus belle que sur celle de l’édition originale au Fleuve Noir (à garder tout de même en collector). Ensuite c’est une occasion de découvrir ou de redécouvrir l’univers si foisonnant qu’il ne peut être décrit en quelques lignes et totalement stupéfiant, tant à cause de la « psychosphère » que des marottes – drogues, rock – de cet auteur qui se nomma jadis Red Deff, dans lesquels Tem évolue.
Notons que quelque part (on ne dira pas où) dans le cycle se trouve – c’est aux fans de la première heure que je m’adresse – l’explication de la fameuse et intrigante « rande terreur primitive ». Le cycle des « Futurs Mystères » a été gratifié d’un Grand Prix de l’Imaginaire en 1999 : remarquons que c’est injuste, car insuffisant. La créativité et le talent délirant de l’auteur, comme son habileté à se sortir d’intrigues compliquées – La Balle du Néant offre ainsi une nouvelle version d’énigme en chambre close –, font de Roland Wagner l’égal de ses maîtres en « mystères » : un de nos grands auteurs de littérature populaire. » – Francis Mizio
Site des éditions « L’Atalante »
https://www.l-atalante.com/catalogue/la-dentelle-du-cygne/la-balle-du-neant-9782841722075/

1 – La balle du néant + S’il n’était vivant (nouvelle)

Présentation de l’éditeur :

Paris, 2063. Un demi-siècle après la Grande Terreur primitive, cette période de folie et d’horreur qui, semble-t-il, a eu pour résultat d’apaiser l’humanité, les meurtres sont de plus en plus rares. Pourtant, un physicien travaillant pour l’armée a été mystérieusement assassiné dans une pièce fermée de l’intérieur. Dans un monde où les sectes pullulent, où toutes les drogues sont en vente libre et où les crédits de la police s’amenuisent d’année en année, Tem, détective privé de son état, mène l’enquête. Il est aidé de la seule intelligence artificielle capable de vivre hors de la cybersphère. Mais parviendra-t-il à échapper à la Balle du Néant lorsque celle-ci décidera de frapper ?

Extrait :

« Imaginez que vous vous promenez sur un trottoir au milieu de la foule. Vous ne pourrez jamais prêter attention à toutes les personnes que vous croiserez ; il en subsistera une certaine proportion que vous ne remarquerez même pas, sinon sous la forme de silhouettes noyées dans la masse.
Eh bien, pour le commun des mortels, je fais le plus souvent partie de ces silhouettes. Ma sœur Rivière Paisible du Matin Calme aime à dire que je « glisse entre les mailles du tissu de la réalité ». Si j’ai affaire à des individus sensibles à mon Talent – et à condition de ne pas être attifé à ce moment-là comme le croisement d’un clown et d’un épouvantail –, je peux me faufiler parmi eux, traverser leur champ visuel, voire les toucher sans qu’ils s’en rendent compte.
Très pratique pour les filatures, pensez-vous. Mais imaginez mon calvaire dès lors qu’il s’agit d’interroger des témoins. »

Mon avis :

Premiers pas dans l’univers de Tem (Temple sacré de l’aube radieuse) où on fait la connaissance de ce détective privé qui s’est lancé dans cette carrière après avoir lu Léo Malet, il a donc pris Nestor Burma comme modèle…
On fait connaissance avec les particularités de cet univers à la fois proche et très lointain dans le temps et c’est un plaisir. Les personnages sont « vivants », on s’y attache très vite…
Un plaisir de lecture qui donne bien envie de lire la suite…

2 – Les ravisseurs quantiques + Le réveil du parasite (nouvelle)

Présentation de l’éditeur :

Paris, 2063. L’homme au chapeau vert fluo enquête sur la disparition d’une jeune fille enrôlée dans la secte des  » copistes « . Avec l’aide inestimable de Gloria, l’intelligence artificielle anarchiste, fondatrice du Collectif Louise Michel pour la libération des citoyens virtuels. 

Extrait :

 » Mon nom est Temple Sacré de l’Aube Radieuse, mais vous pouvez m’appeler Tem.
Pour cent euros par jour plus les frais, vous pouvez aussi louer mes services. Je suis détective privé. Mon atout majeur ? Le Talent de transparence qui me permet de passer inaperçu. Mais qui m’oblige aussi à des efforts vestimentaires pour ne pas passer inaperçu. « 

Mon avis :

Le plaisir de la lecture continue…

3 – L’Odyssée de l’Espèce + Recristallisation (nouvelle)

Présentation de l’éditeur :

Paris, 2063. Harcelé par l’antipathique inspecteur Trovallec dit « le Dénébien », c’est pour se disculper d’une accusation de meurtre que doit enquêter cette fois Temple Sacré de l’Aube Radieuse, le détective millénariste au chapeau vert fluo. Où l’on pénètre la complexité de la psychosphère et où la Grande Terreur de 2013 apparaît sous un éclairage nouveau. Où se profile aussi l’ombre menaçante de Dragon Rouge, un archétype « fondamentalement archaïque ». L’enjeu ? Rien moins que le destin éthique de l’humanité. La richesse et l’originalité de ce roman lui ont valu une moisson de prix littéraires. 

Extrait :

« Telle était l’odyssée de notre espèce. Naissant au bord d’un lac en Afrique orientale, puis se répandant et se diversifiant à travers toute la planète… Échanges de gènes et de vocables, influences mystiques, enrichissement culturel… Mais aussi guerres, massacres, spoliation, esclavage, déplacements de population… Ainsi que les souffrances qui les accompagnaient… Tout cela s’était inscrit dans la Psychosphère. Tout cela – et bien d’autres choses encore. Tout ce qui faisait l’Homme. »

Mon avis :

Un roman tout à fait réussi et bien construit qui relance l’intérêt de suite. Plusieurs prix littéraires mérités [prix Rosny Aîné 1998, prix Ozone 1998, grand prix de l’Imaginaire 1999].

4 – L’Aube incertaine

Présentation de l’éditeur :

En 2064, les multinationales règnent sans partage sur un monde d’où toute trace de criminalité a été éliminée. Enfin, presque, car aujourd’hui, Tem, le privé transparent, enquête sur une vague de décès suspects qui frappe les jeunes artistes du Délirium, un courant alternatif très populaire. L’affaire se révèle plus compliquée qu’il n’y paraît de prime abord, d’autant que le talent de Tem fait à nouveau des siennes : le voilà devenu cette fois presque totalement invisible !

Extrait :

« En apprenant, au début de l’automne précédent, que mon portrait avait été reproduit sur le wèbe à des millions d’exemplaires, je m’étais fait la réflexion que, cette fois, j’aurais un certain mal à me faire oublier. Je ne me trompais pas, même si je n’avais pas imaginé que les conséquences de la mensongère campagne multimédiatique dont j’avais été la victime continueraient à me poser des problèmes jusqu’au cœur de l’hiver.
Durant cette période de près de quatre mois, je me suis senti nettement moins transparent que d’habitude. Et je l’étais, sans nul doute. Plus besoin de coiffer un borsalino vert fluo ou de chausser des babouches aussi illuminées qu’un sapin de Noël pour que l’on me remarquât ; de toute manière, je n’avais plus de chapeau, le mien ayant terminé sa carrière dans le sang répandu d’un vieil homme assassiné – ce qui, soit dit en passant, m’avait valu quelques ennuis.
Bien que cette opacité présentât quelques avantages, dans l’ensemble, elle me posait essentiellement des problèmes. C’est très pratique que l’on prenne aussitôt conscience de votre présence lorsque vous faites vos courses ou effectuez une démarche administrative, mais cela devient un sérieux handicap dans le cas d’une filature – surtout si vous avez, comme moi, la fâcheuse habitude de passer inaperçu, de glisser entre les mailles du tissu de la réalité… »

Mon avis :

On s’accroche de plus en plus à cette série de romans, chacun d’eux apporte un petit peu plus de détails sur ce monde à venir du passé…
En bref, L’Aube incertaine est très réussi et m’a beaucoup plu…

A SUIVRE…

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Illianday / Viviane Moore

Présentation de l’éditeur

« Un mois déjà, un mois qu’il trouvait des pauvres types comme celui-là, les orbites noyées de sang . Ils pleuraient tous avant de mourir. »
Ilianday est une chasseuse de primes. Kilney est un flic au bout du rouleau. Pour lui, c’est le seizième appel de la matinée. Pour elle, c’est le début d’une étrange enquête, à la poursuite d’un tueur insaisissable qui laisse sur son chemin des cadavres aux yeux rivés sur leur écran. 
Dans ce thriller sensuel et violent, Viviane Moore nous entraîne au côté de son héroïne dans un univers urbain insolite, à mi-chemin entre Londres, Mitrovica et Tokyo.

Extrait

“La sonnerie hurlait, grimpant dans les aigus. Malgré l’étroitesse du couloir, les voisins s’étaient massés devant la porte. Ils attendaient en silence. La Mort était une curiosité, une rareté : un corps écrasé ou carbonisé, un visage exsangue, une flaque de sang bien rouge… Ceux-là se pressaient dans l’espoir d’avoir leur part. 
Ils refluèrent précipitamment devant l’arrivée des îlotiers, quatre hommes armés, menés par un inspecteur au visage las. Pour lui, c’était le seizième appel de la matinée. Suicides et meurtres se succéderaient ainsi jusqu’à la nuit, où d’autres flics prendraient leur place.
Mais cette fois, c’était autre chose, cette stridence annonçait la mort d’un joueur. Et les flics détestaient ça. Ils haïssaient ce qui leur échappait. Et ceux-là, quelques millions de par le monde, ne mouraient jamais comme les autres… Surtout ces derniers temps.
Ils vivaient enfermés, les yeux brûlés par les images vidéo. Ils se retrouvaient entre eux sans jamais sortir de leur chambre pour des parties qui les gardaient éveillés des jours durant. Ils oubliaient tout simplement de s’alimenter, de boire ou de se chauffer et s’éteignaient dans la lumière bleutée de leurs écrans muraux…”

Mon avis

D’abord une petite mise en place :
Un monde futur… détruit… post-apocalyptique sans apocalypse simplement les humains ont détruit la nature…
Ne reste que des survivants, divisés en « catégories » : Ilianday est une « agissante » – elle vit dans le monde réel et mène des enquêtes ou recherche des antiquités. Day-Off est un « enfermé » – il vit dans un monde virtuel où il se sent tout-puissant mais son corps est enfermé dans une combinaison qui n’est, en définitive, qu’un cercueil. Une affinité qu’ils ne comprennent pas eux-mêmes s’est créée entre ces deux personnages. Aristote est un « joueur », virtuose des jeux du monde virtuel. Kilney est un flic au bout du rouleau, il a jadis été l’amant d’Ilianday et ils sont dans cette affaire amenés à travailler ensemble…
Dans cet univers noir et impitoyable, qui donc tue?

Au départ, il faut entrer dans cet univers, je lis beaucoup de SF donc pas de problème pour moi. On s’attache tout de suite à Ilianday qui est une battante. On frissonne à la pensée que cet univers sombre et cruel est peut-être notre futur…

J’ai été captivée par le monde décrit par Viviane Moore et, oui, j’ai vraiment aimé cette lecture…

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Célestopol / Emmanuel Chastellière

Présentation de l’éditeur (Libretto)

Célestopol, cité lunaire de l’empire de Russie, est la ville de toutes les magnificences et de toutes les démesures. Dominée par un duc lui-même extravagant, mégalomane et ambitieux, elle représente, face à une Terre en pleine décadence, le renouveau des arts et la pointe du progrès technologique. On y suit des habitants en quête d’émancipation, rebelles, insoumis – à l’image de la métropole –, qui portent en eux des colères intimes et des fêlures profondes.
Dans ce volume de fantasy d’influence steampunk, l’auteur nous livre un hommage décalé et ambitieux au romantisme slave.

Extraits

« Célestopol se voulait un phare dans la nuit, la démonstration grandiose et boursouflée de la puissance de la volonté humaine, de son intelligence, de ses passions, y compris les plus inavouables.« 

« Nous savons toutes les deux que Nikolaï en aime une autre, n’est-ce pas ? Et pas de chance pour vous comme pour moi, elle a gagné depuis longtemps puisqu’elle est morte. C’est injuste pour lui comme pour elle, mais Nikolaï ne la voit plus comme celle qu’elle était vraiment. Il aime une image, un mirage. Je ne peux pas me battre avec un souvenir nourri de regrets. (Elle sourit, encore.) Je ne veux pas.« 

Mon avis

Une découverte, un vrai coup de coeur!

Célestopol est un recueil de nouvelles, pour moi du genre Uchronie Steampunk, entre La Lune seule le sait de Johan Héliot et Le Paris des Merveilles de Pierre Pevel que j’ai beaucoup aimé aussi.

Imaginez un monde où l’Histoire a évolué différemment du notre et où l’Empire russe a conquis la moitié de l’Europe que l’Allemagne ne s’est pas attribuée ; la France, vaincue s’est repliée outre-Atlantique où Napoléon s’est taillé un empire appelé Nouvelle-France qui englobe une grande partie de l’Amérique du Nord.
La Russie a découvert un moyen de locomotion pour l’espace grâce à une matière découverte sur la Lune et y a construit une cité : Célestopol.
Nous sommes au début du 20e siècle, le Duc Nikolaï Romanov règne sur la cité lunaire que nous découvrons au fil des nouvelles dont les dates s’échelonnent de 1901 à 1932…

C’est la première fois depuis très longtemps que je dévore un recueil de nouvelles quasi d’une traite, juste une petite pause entre chaque texte pour me préparer à changer de personnages – quoiqu’on en retrouve certains – et de lieux de la ville – cadre essentiel de ce livre…

L’ambiance de la ville est cosmopolite mais l’ensemble des nouvelles est, à mon avis, imprégnée de mélancolie – à la fois espoir d’un monde meilleur et désespérance d’y parvenir…
Les personnages (même les automates) sont crédibles et bien « croqués », on s’y attache très vite. Le seul (tout petit) reproche que je peux faire est que, pour certains textes, j’aurais aimé une ou deux pages de plus vers la fin!

Même si vous aimez moins les nouvelles et même si vous n’aimez pas la SF, il faut lire Célestopol, c’est un bouquin qui vaut vraiment la peine…

J’ai acheté la nouvelle édition du livre (Libretto) mais je regrette bien de ne pas avoir la somptueuse couverture de Marc Simonetti de la première édition…

A voir, le site de l’auteur :
http://www.emmanuel-chastelliere.com/celestopol
Merci Monsieur Chastellière, j’ai adoré votre bouquin!

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Les enfants de Poseidon / Alastair Reynolds

Présentation de l’éditeur :

1 – La Terre bleue de nos souvenirs

22e siècle. Le Mécanisme sait tout. Où vous êtes, à quoi vous pensez. Geoffrey et Sunday Akinya savent que garder un secret peut s’avérer dangereux. Leur famille a profité de l’essor économique de l’Afrique. Eux l’ont rejeté en bloc. Geoffrey travaille sur l’intelligence animale au Kilimandjaro et Sunday mène une carrière artistique sur la Lune, hors de portée du Mécanisme. Mais en mourant, leur grand-mère laisse un secret qui va les lancer dans une course désespérée… sous l’œil impassible du Mécanisme.

2 – Sous le vent d’acier

L’une vit sur Terre dans un monde qui change tandis que l’humanité explore de nouveaux modes d’existence.
L’autre est partie dans l’espace lointain enquêter sur l’ultime périple d’Eunice Akinya et sa découverte d’une science physique révolutionnaire.
La troisième voyage à bord d’un vaisseau générationnel à des années-lumière de la Terre, vers une planète abritant un fascinant labyrinthe extraterrestre.

Toutes trois sont une seule personne : Chiku Akinya, et revêtent une importance capitale pour notre avenir dans l’espace. Et toutes trois sont en grave danger…

3 – Dans le sillage de Poseidon

200 ans après la chute du Mécanisme, la société humaine a recouvré une certaine stabilité. On trouve des colonies sous les océans, partout dans le système solaire et même au-delà. Seule la présence insidieuse des Gardiens menace toujours les voyages interstellaires. Cependant, lorsqu’un message radio apparemment impossible parvient à la planète Creuset, tout change. « Envoyez Ndege » : le message semble provenir d’une région non explorée de l’espace. Qui peut bien en être l’auteur ? Et pourquoi mentionner Ndege Akinya, la scientifique tombée en disgrâce ? Afin d’obtenir des réponses, l’une des expéditions les plus audacieuses de l’Histoire est lancée, s’aventurant plus loin dans l’espace qu’on ne l’avait encore jamais osé…

Extraits :

« Il est nécessaire d’évoquer les débuts. Et, avant tout, comprenez bien ceci. Ce qui nous a conduits à cet instant, à cette annonce, ne résulte pas d’une seule et unique cause. Si l’on doit retenir quelque chose, c’est que la vie n’est jamais aussi simple, aussi ordonnée que cela.
On pourrait dire que cela a commencé lorsque notre grand-mère s’est mis en tête d’accomplir un dernier exploit. Ou quand Ocular a découvert quelque chose qui a retenu l’attention d’Arethusa, une tache aux détails intrigants sur une planète orbitant autour d’une autre étoile, et qu’Arethusa s’est sentie obligée de partager cette découverte avec notre grand-mère.
Ou était-ce quand Hector et Lucas ont décidé qu’il ne pouvait pas y avoir la moindre incongruité dans les comptes de la famille, même si, à l’époque, ce détail pouvait paraître insignifiant ? Ou lorsque Geoffrey a été rappelé en plein vol, arraché à son travail avec les éléphants, ramené à la maison par la mort de notre grand-mère ? Ou par sa décision de tout avouer à Sunday et le fait que cette dernière, plutôt que de rejeter son frère, ait choisi la voie du pardon ?
Il se pourrait même que cela remonte à l’instant où, dans l’ancienne Tanzanie, il y a un siècle et demi de cela, un bébé du nom d’Eunice Akinya a inspiré pour la première fois. Ou à la seconde suivante, lorsque ce bébé a poussé son premier cri, inaugurant une vie fondée sur l’impatience. Le monde n’allait jamais assez vite pour notre grand-mère. Elle regardait toujours par-dessus son épaule, lui hurlant après pour qu’il suive le rythme, jusqu’au jour où il l’a prise au mot.
Mais elle n’est pas devenue Eunice immédiatement. Elle est peut-être née en colère, mais ce n’est que lorsque sa mère l’a bercée dans le calme nocturne du Serengeti, sous le trait bien visible de la Voie lactée, qu’elle s’est mise à désirer ce qui était à jamais hors d’atteinte.
Toutes ces étoiles, Eunice. Toutes ces petites lumières de diamant. Tu peux les avoir si tu les veux vraiment. Mais tu dois d’abord être patiente, puis intelligente.
Et elle le fut. D’une patience et d’une intelligence sans bornes. Mais si sa mère avait fait d’elle Eunice, qui avait modelé sa mère ? Soya était née il y a deux siècles, dans un camp de réfugiés, à une époque où existaient encore famines et guerres, sécheresses et génocides. Qu’est-ce qui l’avait rendue assez coriace pour offrir au monde cette force de la nature, cette enfant qui deviendrait notre grand-mère ?
Nous ne le savions pas encore, évidemment. Les rares fois où nous pensions à elle, l’image qui nous venait était celle d’une silhouette froide et sévère qu’aucun d’entre nous n’avait jamais touchée et à laquelle nous n’avions pas même adressé la parole en personne. Depuis son orbite lunaire glaciale, isolée dans la prison de métal et de jungle qu’elle s’était construite elle-même, elle semblait appartenir à un autre siècle. Elle avait accompli des exploits grandioses et merveilleux – changé son monde et laissé une marque humaine indélébile sur d’autres – mais à une époque où elle était bien plus jeune, sans grand rapport avec cette grand-mère éloignée, grincheuse et indifférente. Au moment de notre naissance, ses meilleurs jours étaient derrière elle.
C’est ce que nous croyions, en tout cas. »  – La Terre bleue de nos souvenirs / Alastair Reynolds

« – ….Retourner dans la mer est une des plus anciennes aspirations humaines : bien plus vieille et accessible que le simple désir,plutôt enfantin, de voler. Nous n’avons jamais été censés voler, c’est l’apanage d’autres espèces . Mais nous venons tous de la mer.
– Si l’on remonte encore un peu dit Chiku, nous venons de la boue primordiale.» – Sous le vent d’acier / Alastair Reynolds

« — Pour Eunice, dit Goma en posant un caillou de la taille d’un poing sur le monticule. Que ces pierres relient sa mémoire à celle de ceux déjà passés dans le Souvenir. Qu’elles lui apportent la promesse des cieux noirs dont elle rêvait et le souvenir de la Terre bleue qu’elle n’a jamais cessé d’aimer. Elle s’appelait Eunice Akinya, et je suis de son sang. On la surnommait Senge Dongma, au visage de lion. Et je rapporterai ce cœur de lion à l’endroit où elle a grandi. » – Dans le sillage de Poseidon / Alastair Reynolds

Mon avis :

Cette trilogie, c’est la Saga de la famille Akyani qui a fait fortune grâce à la pugnacité d’Eunice Akyani, l’aïeule qui a lancé « Akyani Space ». Cette famille s’est posée au coeur de l’Afrique, au pied du Kilimandjaro, où se trouve la propriété familiale. Là vivent aussi des éléphants qui vont devenir des personnages importants de l’Histoire…

Cela commence au 22e siècle, l’Humanité a surmonté bien des avanies et est arrivée à une bonne stabilité et des colonies fonctionnent sur la Lune, Mars et un peu partout dans le Système solaire…

Ces livres nous emmènent de plus en plus loin dans l’espace et dans le temps, chaque volume a ses héros (Akyani, bien sûr) certains plus attachants que d’autres mais toujours intéressants.

A lire absolument pour les amateurs de SF et pour ceux qui veulent découvrir un futur plausible, humain, dangereux et merveilleux… J’y suis entrée et j’ai encore du mal à réaliser que j’en suis sortie 🙂 Il y avait longtemps qu’un bouquin de SF ne m’avait pas emportée si loin!

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Hôtel Olympia / Elisabeth Vonarburg

Quatrième de couverture :

De ses années d’enfance vécues à l’hôtel Olympia, Danika n’a aucun souvenir sinon ceux de ses rêves, dont elle ne sait départager la réalité de la fantasmagorie. Ces tantes, ce grand-père, tous les personnages qui peuplaient l’hôtel ont-ils réellement existé ? Quant aux années de pensionnat qui ont suivi, Danika en garde un goût amer en raison des trop rares visites de son père, Stavros, et de l’absence totale de sa mère, Olympia.

Quarante ans plus tard, à Montréal, Stavros resurgit dans la vie de Danika pour lui apprendre qu’Olympia a disparu et qu’elle doit reprendre la direction de l’hôtel. Ulcérée par cette situation absurde — elle n’a rien à faire de cette histoire — , Danika retourne à l’hôtel Olympia avec la ferme intention de renoncer à cette charge. Or, dès son arrivée, Danika réalise que de puissantes forces sont à l’oeuvre.

Tout en renouant avec les membres de sa famille — non seulement ils existent, mais ils n’ont pas vieilli d’un iota ! — , Danika découvre que ses rêves les plus surréalistes sont tout aussi réels : le jardin extérieur se transforme parfois en « autre chose », et elle peut littéralement « entrer » dans les tableaux qui ornent les couloirs de l’hôtel? cet Hôtel qui rêve, lui aussi !

Extraits :

« Vous avez déjà vu quelqu’un lire dans le métro, dans un autobus ou dans un lieu public quelconque, n’est-ce pas Nikai ? Comme ils sont dans leur bulle. Ils ne sont pas là. Ils sont dans l’histoire. Ils s’y donnent. Leurs rêves, leurs désirs s’y mirent et, en s’en nourrissant, ils la nourrissent. »

Mon avis :

L’histoire se passe dans un univers clos (l’hôtel).

De quoi parle ce roman, est-ce un roman de SF, de Fantasy, fantastique, mythologique? C’est tout cela ensemble et cependant très ancré dans le monde actuel!

Une écriture qui sous-entend beaucoup de choses mais laisse au lecteur le soin de découvrir ce qui les relie entre elles… On saute du présent au passé et cela nécessite un effort pour bien suivre l’histoire. On est plongé dans une atmosphère onirique dont il est très difficile de s’extraire… Il faut prendre son temps pour bien comprendre et apprécier à sa valeur ce livre, il faut le vivre…

J’ai aimé que le personnage phare soit une femme de plus de 50 ans, c’est peu courant et c’est dommage, elles ont encore beaucoup à dire!

Une belle découverte…

Une critique à lire :

https://nevertwhere.blogspot.be/2014/11/hotel-olympia-elisabeth-vonarburg.html

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Classé dans Littérature canadienne (francophone)

Involution / Johan Héliot

Quatrième de couverture :

L’AMAS – pour Anomalie Magnétique de l’Atlantique Sud – préoccupe les scientifiques du monde entier : si ce qu’enregistrent les instruments de mesure est avéré, on a peut-être affaire à un phénomène géophysique d’une ampleur inégalée depuis l’extinction des dinosaures. Les villes du continent sud-américain sont les premières à en percevoir les effets : à São Paulo, tous les appareils de communication commencent à se dérégler. Chloé et Vincent, à défaut de trouver la nouvelle vie qu’ils venaient chercher au Brésil, seront aux premières loges pour assister à l’inéluctable…

 

Extrait :

« Depuis les débuts de notre civilisation, on s’est habitués à l’idée même de notre permanence – je te parle du vulgum pecus, pas du timbré millénariste. C’est pourtant une erreur du point de vue de l’évolution. La plupart des gens croient dur comme fer qu’on est là pour toujours, du moins pour très longtemps. Même si on sait qu’un jour le Soleil finira par mettre le holà à cette petite plaisanterie cosmique appelée la vie, qui se lève en y pensant sérieusement ? Même là, en ce moment, malgré l’évidence, je ne suis pas sûr qu’une majorité y songe non pas comme une probabilité mais comme un fait programmé, un calcul froid et mécanique établi sur des bases de rationalité indiscutables par un cerveau totalement étranger à nos motivations. Qui a jamais vraiment accepté de se considérer à titre individuel comme un simple incident dans le jeu complexe de l’évolution ? »

 

Mon avis :

Un roman bien écrit, sur une idée intéressante mais auquel je ne suis pas arrivée à accrocher à fond – peut-être parce que je ne « sens » pas les personnages?… Pas mal, sans plus…

 

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Classé dans Littérature française