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Célestopol / Emmanuel Chastellière

Présentation de l’éditeur (Libretto)

Célestopol, cité lunaire de l’empire de Russie, est la ville de toutes les magnificences et de toutes les démesures. Dominée par un duc lui-même extravagant, mégalomane et ambitieux, elle représente, face à une Terre en pleine décadence, le renouveau des arts et la pointe du progrès technologique. On y suit des habitants en quête d’émancipation, rebelles, insoumis – à l’image de la métropole –, qui portent en eux des colères intimes et des fêlures profondes.
Dans ce volume de fantasy d’influence steampunk, l’auteur nous livre un hommage décalé et ambitieux au romantisme slave.

Extraits

« Célestopol se voulait un phare dans la nuit, la démonstration grandiose et boursouflée de la puissance de la volonté humaine, de son intelligence, de ses passions, y compris les plus inavouables.« 

« Nous savons toutes les deux que Nikolaï en aime une autre, n’est-ce pas ? Et pas de chance pour vous comme pour moi, elle a gagné depuis longtemps puisqu’elle est morte. C’est injuste pour lui comme pour elle, mais Nikolaï ne la voit plus comme celle qu’elle était vraiment. Il aime une image, un mirage. Je ne peux pas me battre avec un souvenir nourri de regrets. (Elle sourit, encore.) Je ne veux pas.« 

Mon avis

Une découverte, un vrai coup de coeur!

Célestopol est un recueil de nouvelles, pour moi du genre Uchronie Steampunk, entre La Lune seule le sait de Johan Héliot et Le Paris des Merveilles de Pierre Pevel que j’ai beaucoup aimé aussi.

Imaginez un monde où l’Histoire a évolué différemment du notre et où l’Empire russe a conquis la moitié de l’Europe que l’Allemagne ne s’est pas attribuée ; la France, vaincue s’est repliée outre-Atlantique où Napoléon s’est taillé un empire appelé Nouvelle-France qui englobe une grande partie de l’Amérique du Nord.
La Russie a découvert un moyen de locomotion pour l’espace grâce à une matière découverte sur la Lune et y a construit une cité : Célestopol.
Nous sommes au début du 20e siècle, le Duc Nikolaï Romanov règne sur la cité lunaire que nous découvrons au fil des nouvelles dont les dates s’échelonnent de 1901 à 1932…

C’est la première fois depuis très longtemps que je dévore un recueil de nouvelles quasi d’une traite, juste une petite pause entre chaque texte pour me préparer à changer de personnages – quoiqu’on en retrouve certains – et de lieux de la ville – cadre essentiel de ce livre…

L’ambiance de la ville est cosmopolite mais l’ensemble des nouvelles est, à mon avis, imprégnée de mélancolie – à la fois espoir d’un monde meilleur et désespérance d’y parvenir…
Les personnages (même les automates) sont crédibles et bien « croqués », on s’y attache très vite. Le seul (tout petit) reproche que je peux faire est que, pour certains textes, j’aurais aimé une ou deux pages de plus vers la fin!

Même si vous aimez moins les nouvelles et même si vous n’aimez pas la SF, il faut lire Célestopol, c’est un bouquin qui vaut vraiment la peine…

J’ai acheté la nouvelle édition du livre (Libretto) mais je regrette bien de ne pas avoir la somptueuse couverture de Marc Simonetti de la première édition…

A voir, le site de l’auteur :
http://www.emmanuel-chastelliere.com/celestopol
Merci Monsieur Chastellière, j’ai adoré votre bouquin!

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2 Commentaires

Classé dans Littérature française

Le gardien des choses perdues / Ruth Hogan

Quatrième de couverture :

Londres, mai 1974. Anthony Peardew attend sa fiancée, Thérèse. Celle-ci est étonnamment en retard. Il est loin de se douter qu’elle n’arrivera jamais, gisant au centre de l’attroupement qui s’est formé quelques centaines de mètres plus bas sur la chaussée. De retour chez lui ce même jour, Anthony réalise qu’il a égaré le médaillon que Thérèse lui avait confié, rompant ainsi la seule promesse qu’elle lui ait jamais demandé de tenir. Le coeur brisé, il passera le restant de son existence à collecter des objets trouvés au hasard de ses promenades, dans l’espoir de pouvoir un jour les restituer à leurs propriétaires.

Désormais âgé de plus de soixante-dix ans, le vieil homme décide de léguer sa demeure victorienne et les « trésors » qu’elle recèle à sa fidèle assistante Laura, qu’il pense être la seule à même d’accomplir la mission qu’il s’est donnée. En exprimant ses dernières volontés, il est loin de se douter de leurs répercussions et de l’heureuse suite de rencontres quelles vont provoquer…

 

Extraits :

« Lorsqu’il avait commencé, toutes ces années auparavant , à recueillir les objets perdus, il n’avait pas vraiment de plan. Il voulait simplement les mettre en lieu sûr au cas où, un jour, ils pourraient se voir réunis aux gens qui les avaient perdus. Il ignorait souvent si ce qu’il avait trouvé était rebut ou trésor. Mais quelqu’un, quelque part, le savait. Et c’est alors qu’il s’était remis à écrire, tramant des nouvelles autour de ses trouvailles. Au fil des ans, il avait rempli ses tiroirs et ses étagères de fragments des vies d’autrui et mystérieusement, ils avaient contribué à guérir la sienne – si cruellement fracassée – et à la restaurer. »

« Si tu n’as jamais la tristesse, comment sais-tu à quoi heureux ressemble ? demanda-t-elle. Et, d’ailleurs, tout le monde meurt. »

« Elle s’était décidée pour le feutre bleu cobalt. Sa grand-mère lui avait dit un jour qu’on peut imputer aux gènes la responsabilité de la laideur et à l’éducation celle de l’ignorance, mais qu’être ennuyeux était rigoureusement inexcusable. L’école avait été ennuyeuse. Eunice était une fille intelligente, mais agitée ; elle s’ennuyait trop en classe pour se montrer bonne élève. Elle voulait de l’émotion, une vie moins inerte. Le bureau où elle travaillait était ennuyeux, plein de gens ennuyeux, et son travail l’était aussi : taper à la machine et classer, sempiternellement. Respectable, selon ses parents, mais ce n’était qu’un autre mot qualifiant l’ennui. Son unique salut se trouvait dans les films et les livres. Elle lisait comme si sa vie en dépendait. »

 

Mon avis :

Pour un premier roman, c’est un coup de maître : pas une fausse note… et pourtant au départ, j’ai hésité – peur que cela ne soit trop sentimental, larmoyant… mais pas du tout et, au fil des pages, je suis entrée dans cette histoire de souvenirs et d’amours perdus – ou pas encore trouvés! Un cadre très British, une construction de chapitres inventive, ce petit bouquin est aussi universel par les sentiments évoqués avec beaucoup d’esprit et de tendresse.
Les petites histoires attribuées à chaque objet perdu m’ont fait penser à certaines nouvelles de Bradbury, intemporelles, elles pourraient se situer n’importe où et n’importe quand…
Voilà, c’est un coup de coeur, ça ne surprendra personne et tous ces coups de coeur ces moments-ci me redonnent foi et espoir en la littérature de demain! ❤

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Classé dans Littérature anglaise