Archives de Tag: Relations humaines

Le gardien des choses perdues / Ruth Hogan

Quatrième de couverture :

Londres, mai 1974. Anthony Peardew attend sa fiancée, Thérèse. Celle-ci est étonnamment en retard. Il est loin de se douter qu’elle n’arrivera jamais, gisant au centre de l’attroupement qui s’est formé quelques centaines de mètres plus bas sur la chaussée. De retour chez lui ce même jour, Anthony réalise qu’il a égaré le médaillon que Thérèse lui avait confié, rompant ainsi la seule promesse qu’elle lui ait jamais demandé de tenir. Le coeur brisé, il passera le restant de son existence à collecter des objets trouvés au hasard de ses promenades, dans l’espoir de pouvoir un jour les restituer à leurs propriétaires.

Désormais âgé de plus de soixante-dix ans, le vieil homme décide de léguer sa demeure victorienne et les « trésors » qu’elle recèle à sa fidèle assistante Laura, qu’il pense être la seule à même d’accomplir la mission qu’il s’est donnée. En exprimant ses dernières volontés, il est loin de se douter de leurs répercussions et de l’heureuse suite de rencontres quelles vont provoquer…

 

Extraits :

« Lorsqu’il avait commencé, toutes ces années auparavant , à recueillir les objets perdus, il n’avait pas vraiment de plan. Il voulait simplement les mettre en lieu sûr au cas où, un jour, ils pourraient se voir réunis aux gens qui les avaient perdus. Il ignorait souvent si ce qu’il avait trouvé était rebut ou trésor. Mais quelqu’un, quelque part, le savait. Et c’est alors qu’il s’était remis à écrire, tramant des nouvelles autour de ses trouvailles. Au fil des ans, il avait rempli ses tiroirs et ses étagères de fragments des vies d’autrui et mystérieusement, ils avaient contribué à guérir la sienne – si cruellement fracassée – et à la restaurer. »

« Si tu n’as jamais la tristesse, comment sais-tu à quoi heureux ressemble ? demanda-t-elle. Et, d’ailleurs, tout le monde meurt. »

« Elle s’était décidée pour le feutre bleu cobalt. Sa grand-mère lui avait dit un jour qu’on peut imputer aux gènes la responsabilité de la laideur et à l’éducation celle de l’ignorance, mais qu’être ennuyeux était rigoureusement inexcusable. L’école avait été ennuyeuse. Eunice était une fille intelligente, mais agitée ; elle s’ennuyait trop en classe pour se montrer bonne élève. Elle voulait de l’émotion, une vie moins inerte. Le bureau où elle travaillait était ennuyeux, plein de gens ennuyeux, et son travail l’était aussi : taper à la machine et classer, sempiternellement. Respectable, selon ses parents, mais ce n’était qu’un autre mot qualifiant l’ennui. Son unique salut se trouvait dans les films et les livres. Elle lisait comme si sa vie en dépendait. »

 

Mon avis :

Pour un premier roman, c’est un coup de maître : pas une fausse note… et pourtant au départ, j’ai hésité – peur que cela ne soit trop sentimental, larmoyant… mais pas du tout et, au fil des pages, je suis entrée dans cette histoire de souvenirs et d’amours perdus – ou pas encore trouvés! Un cadre très British, une construction de chapitres inventive, ce petit bouquin est aussi universel par les sentiments évoqués avec beaucoup d’esprit et de tendresse.
Les petites histoires attribuées à chaque objet perdu m’ont fait penser à certaines nouvelles de Bradbury, intemporelles, elles pourraient se situer n’importe où et n’importe quand…
Voilà, c’est un coup de coeur, ça ne surprendra personne et tous ces coups de coeur ces moments-ci me redonnent foi et espoir en la littérature de demain! ❤

Publicités

Poster un commentaire

Classé dans Littérature anglaise