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Tandrède d’Anaor – Les Normands de Sicile / Viviane MOORE

1 : Le peuple du vent

« Le soleil allait bientôt atteindre le rebord du monde, abandonnant la lande à la nuit et au silence. À cette heure, plus personne ne marchait sur le mauvais chemin reliant Coutances à l’abbaye de Lessay. Pèlerins et colporteurs savaient les dangers de ces étendues creusées de mares aussi profondes que des lacs, sillonnées de pistes qui ne menaient nulle part ailleurs qu’au cœur de la brume.
Le jeune berger accéléra le pas, distribuant des coups de bâton à ses moutons. Les bêtes ne protestèrent pas, elles semblaient aussi pressées que leur maître de regagner l’enclos. Au loin, apparaissaient les ailes du moulin de Pirou. Sur la plaine aux reflets violines les ombres s’allongeaient. 
Ici, disaient les vieux, le ciel s’obscurcissait plus vite qu’ailleurs. La nuit, il n’y avait que la mer pour rivaliser de noirceur avec la lande. 
L’enfant jeta autour de lui un regard affolé. Il voyait déjà les « goubelins » des récits de veillées le noyer dans un trou menant tout droit aux enfers et à ses spectres.
Des sarcelles s’envolèrent, le faisant sursauter. Il s’immobilisa, le cœur battant, et ne mit pas longtemps à comprendre ce qui avait délogé les oiseaux. Le sol tremblait sous ses pieds nus et un sourd grondement emplissait le ciel. Les moutons se dispersèrent. Les jambes de l’enfant se dérobèrent sous lui et il tomba à genoux. 
Les cavaliers jaillirent de la brume. Vêtus d’amples manteaux noirs à capuches dont les pans se soulevaient derrière eux comme des ailes de corbeaux, ils montaient des destriers scintillants d’argent. Le gamin se couvrit la tête de ses mains, priant Notre-Dame de la Lande de le sauver.
Il se sentit soulevé de terre. Une voix caverneuse résonna à ses oreilles. Il se débattit, ruant des jambes et des bras puis le monde s’effaça. Il s’était évanoui. 
Il raconta plus tard qu’il avait été enlevé par des diables aux yeux pâles. Sous leurs manteaux, leurs corps étaient faits d’écailles d’or et d’argent. À leurs ceintures étaient passées d’immenses lames courbes à la garde recouvertes de pierres sanglantes. 
Leurs chevaux ne galopaient pas, ils volaient, indifférents aux dangers des marais. Ils étaient plus hauts et lourds que des chênes, plus noirs que la nuit. »

Pirou, château-fort accroché au rivage du duché de Normandie, n’aurait dû être qu’une brève étape du périple de Tancrède et de son maître Hugues de Tarse. Mais en ce mois de septembre 1155, alors qu’un froid terrible s’abat sur le Cotentin, la Mort s’invite dans la citadelle. Le haut-mal en est-il seul responsable ? Ou la passion secrète de Bjorn, le pêcheur, pour la maîtresse des lieux ? Ou ce cavalier noir qui rôde sur les grèves ? 
Pris dans les remous des passions, des haines et de la peur qui règnent dans la forteresse, Tancrède découvrira-t-il le secret de ses origines ? Verra-t-il se réaliser la prophétie de l’inquiétant moine rencontré sur la lande de Lessay : « Vous irez loin, fort loin, messire Tancrède. Par terre et par mer, vers des pays où l’on parle d’autres langues que la nôtre, où l’or et l’argent tapissent les murs, où les femmes sont si belles qu’on les enferme, vous serez prince parmi les princes, et mendiant aussi… »

2 : Les guerriers fauves

« Il y a des chemins qu’on ne devrait jamais prendre, des gestes qu’on ne devrait jamais faire, des paroles qu’on ne devrait jamais prononcer… 
Il regarda sa main. Ses doigts tremblaient. Il lâcha le couteau. Le tremblement passa à son corps tout entier. Un tremblement incontrôlable. Il aurait voulu crier, au lieu de ça, il gémit. Un gémissement de bête blessé. Il aurait voulu pleurer, mais il ne savait plus. Il s’était caché dans une maison en ruine envahie par le lierre. Des rats s’étaient enfuis à son approche, leurs cris aigus résonnant dans l’enfilade de pièces noyées dans les ténèbres. La peur était là qui rôdait. Plus redoutable que la Mort. À la fois en lui et en dehors de lui. Ombre sur les murs rongés de salpêtre, sur les portes branlantes et les volets disjoints.

Des images de douleur l’assaillirent. Soudain un bruit de pas tout proche. L’homme se figea. Quelqu’un était entré dans la maison. La porte de la pièce où il se dissimulait s’ouvrit d’un coup, laissant un rai de lumière grise s’étirer presque jusqu’au corps sans vie qui gisait à ses pieds. 
Un soldat se tenait dans l’encadrement. De là où il était, l’homme dissimulé dans la pénombre apercevait sa broigne de cuir sombre et la lance qu’il tenait à la main. 
– Il y a quelqu’un là-dedans ? fit le soldat avant de répondre à l’un de ses camarades qui l’interpellait : 
– J’te dis que j’ai entendu du bruit. 
Il s’avança un peu, essayant de percer la pénombre des yeux. Dehors, ses camarades s’impatientaient. Le sergent grogna. La patrouille devait rentrer à la prévôté. 
Le soldat était partagé entre l’envie d’aller de l’avant et celle de faire demi-tour. Désir d’oublier le soir qui venait, le froid, la fatigue et les colères du prévôt. 
Une longue lame souillée de sang s’éleva dans l’obscurité, un couteau prêt à frapper… »

Nous sommes en avril 1156 à Barfleur, six mois après le tumultueux séjour de Tancrède et de son maître Hugues de Tarse au château de Pirou. 
Alors qu’une mystérieuse série de meurtres d’enfants sème la terreur dans le port, Hugues et Tancrède embarquent sur un navire de guerre normand. À bord de l’esnèque, qui navigue de concert avec un navire marchand, se trouve un trésor, offert par Henri II Plantagenêt à Guillaume 1er de Sicile. Cette précieuse cargaison est sous la garde de Magnus le noir et de ses guerriers fauves, une élite de combat réputée autant pour son efficacité que pour la cruauté de ses hommes.
Gagner la Méditerranée par voie de mer depuis le Cotentin est un long et périlleux voyage. Des mois de cabotage entre îles et ports, embouchures de fleuves et de rivières… Des Anglo-Normandes à La Rochelle et à Talmont en passant par la Bretagne… Des mois, surtout, de vie en mer pour Tancrède et son maître. 
À bord, se trouvent des hommes tels que Giovanni della Luna, un marchand lombard, un pèlerin de saint Jacques, un moine copiste, un géographe sicilien ou l’ambigu Bartolomeo d’Avellino, le cavalier noir plusieurs fois croisé dans LE PEUPLE DU VENT. Une seule femme est du voyage, la jeune et érudite Eleonor de Fierville qui doit épouser à Palerme un homme qu’elle n’a jamais vu : le comte de Marsico.

Embuscades aux escales, tempêtes, récifs, attaques de pirates, les dangers ne manquent pas tout au long de ce périple, sans compter ceux qui couvent à bord des deux navires. Car quand un mousse est retrouvé mort, la peau gravée des mêmes lettres de sang que les jeunes victimes de Barfleur, aucun doute n’est possible : le tueur d’enfants est du voyage. Pourtant, rien, pas même les redoutables guerriers fauves, ne pourra empêcher Hugues de Tarse de mener son protégé jusqu’aux portes de l’Orient, ce détroit de Gibraltar après lequel le mystère des origines de Tancrède prendra tout son sens…

3 : La nef des damnés

« Certains bateaux comme certains lieux sont à part. On ne peut les regarder sans ressentir un indicible malaise. Ce n’est pas le bois dont ils sont faits ni leur forme ni leur voilure, c’est quelque chose d’autre, de plus immatériel. 
Le paro vert pâle était de ceux-là. Ancien navire d’escorte chargé de protéger les galères marchandes entre Méditerranée et Angleterre, rescapé d’un naufrage dans l’estuaire de la Gironde il était devenu l’embarcation de pirates, des hommes sans pitié qui écumaient les côtes de l’Atlantique. 
La première chose que leur chef, le Diable de la Seudre, avait décidée en s’en emparant, était de le teindre afin que nul ne le remarque. Coque, voile, cordages, il était d’un vert si délavé qu’il se confondait avec les eaux des marais, des rivières et des fleuves où il s’embusquait pour surprendre ses proies. 
Quand on montait à son bord, le malaise se transformait en angoisse. On comprenait que le paro était maudit. Trop de cris d’agonie avaient retenti sur son pont que souillaient encore d’indélébiles traces brunâtres. L’équipage était damné et le navire, comme ses maîtres, faisaient route vers l’Enfer. »

La Sicile et Syracuse sont au bout du voyage quand débute ce troisième volet de la Saga de Tancrède. 
Mais en ce printemps 1156, la Méditerranée recèle bien des dangers. Tempêtes, pirates barbaresques, feu grégeois, les pires obstacles se dressent devant les deux navires normands partis des semaines plus tôt de Barfleur. 
Après avoir franchi Gibraltar, faits escale dans la mystérieuse baie de Cales Coves à Minorque, ils jetteront l’ancre au large de Toulon, près du rivage de l’île de Cabo Ros (île du Levant). Des parages dangereux où les Sarrasins se croient encore les maîtres. Au nord-est de l’île, sur un éperon rocheux battu par les vagues, se dressent les contreforts d’une abbaye cistercienne. Singulière forteresse où vivent dans le plus grand isolement, une douzaine de moines et leur abbé. 
Un abri et un lieu d’aiguade pour Tancrède d’Anaor, Hugues de Tarse, Eleonor de Fierville et leurs compagnons… s’il n’y avaient le mystère de ces tombes trop récentes, ce frère infirmier que les secrets du corps humain fascinent plus que la vie de ses patients, cette « voix » qui tue, ce cadavre à demi dévoré sur une grève…
Mais les pièges les plus redoutables ne sont pas les plus visibles. Un navire rôde alentour, menaçant, inquiétant, à l’image de celui qui le dirige et qui se fait appeler « Le Diable de la Seudre ». Un homme qui ne vit plus que pour voir périr dans d’atroces souffrances ses ennemis les Normands.

4 : Le hors-venu

« Mes yeux s’étaient accoutumés à la nuit, au froid et à l’humidité du cachot, pourtant, plus les jours passaient plus il me semblait que murs et plafond se resserraient. L’obscurité et la faim ne représentaient rien en comparaison de cette mort lente, de ce sentiment d’ensevelissement qui me gagnait. Enterré vivant, ma seule issue était la mort. Une mort que je ne pouvais pas me donner, juste attendre qu’elle eût raison de moi. C’est du moins ce que je pensais avant ma rencontre avec l’araignée. 
C’était une tarentule noire tâchée de rouge. Une araignée venimeuse, de celles dont le poison fait danser la tarentelle à ses victimes… Pourtant, je n’essayais pas de la tuer, songeant que sa morsure serait peut-être un jour une délivrance. »

En ce mois de juin 1156, quand commence le quatrième épisode de La Saga de Tancrède le Normand, les prisons de Palerme résonnent de cris de souffrance et d’agonie. Les ennemis du royaume de Sicile sont légion, et le palais royal est en proie à une série de crimes mystérieux. C’est pourtant le moment que choisit Hugues de Tarse pour présenter son protégé à la cour, et c’est en enquêtant dans cette ville dans la ville qu’est le palais de Palerme, ses jardins enchanteurs, son harem envoutant où ses geôles sordides que le jeune Tancrède d’Anaor va prendre, au péril de sa vie, la mesure de l’enjeu politique que représente son illustre lignée. 
Mais Eléonor de Fierville est prisonnière, et l’inquiétante silhouette du chevalier noir jamais loin. Par amour pour la première et par haine pour le second, Hugues va arriver à un tournant de sa tumultueuse existence. Et il se pourrait bien, s’il y survit, que pour Tancrède, la fin de cette aventure soit un nouveau commencement.

5 : Le sang des ombres

« Les pieds en sang, les jambes griffées par les ronces, les deux filles couraient droit devant elles. Celle de tête, elle s’appelait Emma et venait d’avoir douze ans, plus résistante que sa compagne, arriva la première à la rivière. Elle avait si peur qu’elle en avait la nausée. Elle se retourna pour jeter un regard désespéré à sa compagne, qui, le souffle court, l’avait rejoint. Elles ne parlaient pas la même langue, ne croyaient pas dans le même dieu, pourtant, quand, dans les collines, retentit le son du cor, bientôt suivi d’aboiements féroces, leurs mains se cherchèrent et elles s’étreignirent… »

Quand, en l’été 1156, débute ce cinquième épisode de la Saga de Tancrède le Normand, des siècles ont passé depuis la domination des Grecs et des Romains, mais les étendues sauvages de l’intérieur de la Sicile sont restées inchangées. C’est dans ce pays de légendes, entre villa romaine et temples grecs, qu’est découvert le cadavre atrocement mutilé d’une servante. La « bête », homme ou démon, fait régner la terreur en s’attaquant aux filles et aux femmes qui ont la malchance de croiser son chemin. Pour la première fois de sa vie, Tancrède d’Anaor, le disciple de Hugues de Tarse, se trouve seul face au crime et doit, tout en se débattant dans les affres d’une passion tumultueuse, débusquer celui qui le défie. Il ne peut se douter que c’est bien plus que sa vie qu’il risque en se lançant dans la traque du monstre dont seul le sang des ombres peut apaiser la fureur…

6 : Les dieux dévoreurs

« Ce soir-là, les oies donnèrent l’alerte sans que personne, sauf le vieil homme, n’y prête attention. Leurs cris, leurs battements d’ailes, leur affolement, disaient assez l’imminence du danger, pourtant nul ne les écouta car le village était en fête. Malgré les protestations de son petit-fils, le patriarche refusa de regagner sa paillasse et s’assit sur son banc face à la cime enneigée de l’Etna. Pendant la nuit, les grondements réveillèrent les villageois qui sortirent effarés sur le pas de leurs portes. Les bêtes s’agitaient dans les étables et dans le ciel passaient des vols d’oiseaux qui fuyaient vers le détroit de Messine. Bientôt, de toute la Sicile, on aperçut les flammes rouges et les panaches de fumées noires que vomissait le volcan. Les habitants de Catane, de Syracuse, d’Agrigente et de bien d’autres villes se précipitaient dehors, regardant avec crainte celui qu’ils appelaient le Mongibello, ou tout simplement la Muntagna, la Montagne. 
Pour quelques-uns, elle était encore la demeure de Vulcain, l’antre où le dieu pratiquait la magie noire, pour la plupart, elle était le séjour de dieux qu’il valait mieux ne pas réveiller. Des dieux dévoreurs, comme il en abonde sur le pourtour de la mer intérieure, des dieux qui ont besoin du sang des hommes pour apaiser leur colère. »

En cette année 1160, l’Etna gronde et un terrible tremblement de terre ébranle la Sicile d’Est en Ouest. Alors que s’élabore un nouveau traité entre le doge de Venise et Maion de Bari, ces soubresauts de la nature seraient-ils les signes annonciateurs de bouleversements à venir ? Car l’on conspire dans les salles dérobées du palais de Palerme et c’est à la vie du trop puissant chancelier du roi Guillaume 1er que l’on en veut. 
Pris dans les mailles du complexe jeu politique du royaume chancelant des Normands de Sicile, pour la première fois de leur tumultueuse existence, Tancrède d’Anaor et son maître Hugues de Tarse se retrouvent chacun dans un camp ennemi. Trahisons, faux-semblants, rumeurs et assassinats, Hugues, dont l’amour qu’il partage avec Eleonor, son épouse, est mis à rude épreuve, est accusé de crime contre l’État. Et c’est un nouveau pan de la prophétie dont les termes jalonnent le destin de Tancrède qui se joue…

7 : A l’Orient du monde

« Je crois que j’ai enfin compris quel serait mon destin quand Rafik m’a désigné cette fleur épanouie sur le sol aride du désert syrien. Cette plante qu’il nommait rose de Jéricho, mais que les croisés appelaient « fleur de résurrection ». Cette fleur capable d’arracher ses racines aux sols qui ne pouvaient la nourrir puis, se rétractant, s’asséchant, se laissait porter par les vents jusqu’au lieu où enfin, elle pourrait refleurir. 
Étrange symbole que le Bédouin m’offrait là. 
N’avais-je pas, moi aussi, connu bien des paysages ? N’étais-je pas parti des confins de la verte Normandie pour la Méditerranée et la lointaine Sicile avant de jeter l’ancre à Saint-Syméon, le port d’Antioche ? N’essayais-je pas ici, au cœur des Etats latins d’Orient, de trouver enfin la terre qui me conviendrait, à moi, Tancrède d’Anaor ? »

La saga s’achève en 1163 dans la principauté d’Antioche, autre « territoire » normand conquis lors de la première croisade par Bohémond de Tarente. 
Prisonnier des geôles du sultan Noureddin, Tancrède nous fait pénétrer dans la vie et les intrigues de l’Orient du XIIe siècle. Un Orient dont les enjeux politiques, la bataille sanglante pour la conquête du littoral, la recherche de l’hégémonie maritime de Venise, de Gênes et de Pise, la puissance et la diplomatie de Byzance n’est pas sans annoncer notre monde moderne.
Nous vivons l’étonnante défaite de Noureddin dans la plaine de la Bocquée au pied du Krak des Chevaliers, nous mangeons à la table des princes d’Antioche, vibrons pour la quête de notre héros, tremblons devant ces cadavres au faciès tordu et regardons la belle Naïri, la princesse arménienne, avec les yeux de Tancrède avant de contempler comme Pline jadis, « à la quatrième voile de la nuit, tout à la fois le jour et la nuit » sur le mont Cassius.

http://www.vivianemoore.com/

 

Sept livres qu’on lit d’une traite avec le même bonheur…

Des héros vrais, pas trop parfaits, qu’on peut comprendre quand ils se trompent ou tombent en amour (parfois avec celle qu’il ne faut pas) ; une époque et des endroits peu connus, le tout bien documenté et expliqué ; des enquêtes sur des crimes ;  de l’amitié ; des aventures ; une écriture qui donne envie d’aller toujours plus loin – quel plaisir de lecture…

 

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Le glaive de l’archange / Caroline ROE

Dans l’Espagne du XIVe siècle, Gérone accueille la deuxième plus importante communauté juive de toute la Catalogne. Le médecin juif Isaac y officie malgré un sérieux handicap : il est aveugle. Respecté et reconnu, ce ne sont pourtant pas seulement ses talents de guérisseur qui font sa réputation. Observateur subtil de la nature humaine, assisté de sa femme Judith, de son jeune apprenti Yusuf et de sa charmante fille Raquel, il répond immanquablement présent lorsqu’il s’agit d’enquêter sur les crimes les plus épineux. Pendant l’été 1348, alors que le royaume d’Espagne est frappé par la peste, Isaac lutte pour sauver ses patients. Mais le fléau n’est pas la seule cause de décès. Une religieuse en fait un serviteur de la reine d’Aragon déguisé en nonne – meurt dans des bains publics. C’est alors que l’évêque de Gérone, un vieil ami d’Isaac, fait appel à ses talents pour sauver sa nièce d’une étrange blessure infectée. II lui demande également de l’aide pour tenter de disculper un jeune homme entraîné malgré lui dans un sombre complot contre Don Pedro, roi d’Aragon.

 

Une tranche d’histoire souvent méconnue des années 1350 ; en arrière-plan, l’Espagne médiévale offre un véritable dépaysement. Cette bonne reconstitution de la vie quotidienne de l’époque en compagnie de Isaac, très attachant par son comportement humaniste est vraiment plaisante à lire : l’intrigue est bien menée et l’on se laisse volontiers embarquer dans cette aventure et les personnages sont « vrais » dans leur simplicité.

Une erreur s’est glissée dans la « quatrième de couverture » car la morte retrouvée dans les bains publics est bien une femme mais n’est pas religieuse. C’est une dame de la reine d’Aragon qui lui est dévouée.

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Les enquêtes de Galeran de Lesneven, chevalier breton errant / Viviane MOORE

La couleur de l’archange

En Bretagne, la famille des Lochrist fait régner sur ses terres une tyrannie sanguinaire. Parmi ses dernières victimes, les amis et la fiancée d’un jeune écuyer, Galeran de Lesneven. Contraint de fuir devant ses ennemis, il trouve refuge auprès d’un chevalier. Tous deux partent pour l’abbaye du Mont-Saint-Michel. Mais point de sérénité à l’horizon : le Mont-Saint-Michel est la proie d’une série de meurtres mystérieux que le chevalier et son jeune écuyer vont entreprendre de résoudre.

 

Ce premier roman nous présente le jeune Galeran de Lesneven, qui n’est pas encore chevalier quoiqu’il le désire intensément. Des épreuves et des peines inattendues contribueront à en faire le chevalier errant des romans suivants.

J’ai beaucoup aimé l’impression d’entrer dans un autre Moyen Age que celui des livres d’histoire et où les personnages ne sont, somme toute, pas très différents des humains d’aujourd’hui…

Noir roman

Les Monts d’Arez, 1144. Au cœur de la Bretagne, le chevalier Galeran de Lesneven répond sans enthousiasme à l’appel d’un ancien compagnon d’armes. Retranché dans son château, Broérec est la cible des villageois qui le soupçonnent d’être responsable de la disparition de plusieurs enfants. Galeran n’aime pas trop l’homme, mais il est en dette avec lui. Il accepte donc à contrecœur de mener l’enquête et d’essayer de démasquer le tueur d’enfants.

 

Bleu sang

Galeran de Lesneven découvre à Chartres le gigantesque chantier de la future cathédrale. La ville se remet alors à peine d’un terrible incendie qui l’avait en partie détruite dix ans auparavant. Mais Galeran soupçonne l’incendiaire d’être toujours en activité. Déambulant parmi les centaines d’ouvriers, véritable manne économique pour la ville, Galeran va devoir plonger au cœur de la guerre que se livrent écorcheurs, prostituées et assassins.

 

Rouge sombre

1145, en Normandie. Galeran de Lesneven est sur le chemin de l’abbaye de Jumièges, escortant le frère Odon de Lisieux et le novice Ansegise. Premier accroc, le trio tombe sur le cadavre d’une baleine, avant de découvrir, plus tard, celui du frère Joce, le sous-sacristain de Jumièges. A leur arrivée à l’abbaye, l’ambiance n’est pas meilleure : une jeune femme vient d’être assassinée pendant sa nuit de noces.

 

Blanc chemin

Des milliers de pèlerins marchent vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Galeran de Lesneven se joint au cortège, avec une bien étrange prédiction en tête : « Prends garde à toi, chevalier ! Tu marcheras sur un blanc chemin et les étoiles dans le ciel seront tachées de sang ! ». Sinistre augure qui prend toute sa dimension lorsqu’un mystérieux assassin commence à tuer parmi les pèlerins.

 

Jaune sable

En Aquitaine, le grand fleuve convoie de lourds navires chargés de trésors, fourrures, ambre, sel ou tissus. Mais la mort rôde aussi. Celle donnée par les terribles naufrageurs, qui allument des feux sur les côtes et attirent sans vergogne les bateaux, qu’ils pillent après avoir achevé les naufragés. Les naufrageurs… De féroces adversaires pour Galeran.

 

 

Vert-de-gris

1154. La grande foire de Provins étale aux yeux du marcheur toutes ses richesses, peaux, étoffes, épices… De passage, Galeran de Lesneven est très vite sollicité pour résoudre le meurtre de deux soldats, chargés de garder une bien mystérieuse cargaison. Puis ce sont des fillettes, dont l’une est morte, tuée par les mauvais traitements, avant que l’autre ne soit purement et simplement assassinée. Galeran commence à chercher, à fouiner, se mêler de tout, mettant très vite sa propre existence en danger.

 

Les oiseaux de Rhiannon

Milieu du XIIe siècle, Pays d’Oc. Une horde de cavaliers pille un village et détruit la vie d’une femme. Ils tuent ses enfants devant elle, la viole, la font sombrer dans la folie. Sept ans plus tard, une série de meurtres atroces endeuille la même région. Pourquoi une couronne de pervenches est-elle déposée près des corps ? Arzhel, la sœur du chevalier Galeran de Lesneven est elle-même confrontée à la découverte d’un cadavre. Dans la lande, près d’une une croix incendiée, deux mystérieux hommes en noir effraient la jeune demoiselle. Les Cathares ont-ils raison de penser que le diable est en train de conquérir la terre ? Une fois de plus, Galeran devra faire honneur à sa réputation d’enquêteur…

 

On retrouvera Galeran de Lesneven dans un livre pour la jeunesse « Haro ! » et on découvrira son fils dans « Le chevalier au loup », également roman pour la jeunesse.

J’ai aimé tous ces livres et je regrette que Viviane MOORE ait abandonné son héros… Enfin, elle y reviendra peut-être…

 

Haro!

Petit, maigre et toujours affamé, Maël, dit le Renard, est un voleur habile. À dix ans, il est déjà une vraie légende. Pourtant, en cette année 1177, ce n’est plus de vol dont on l’accuse mais de meurtre ! Des souterrains de la cathédrale de Chartres jusqu’aux ruelles obscures du quartier des tanneurs, cerné par la foule en colère, poursuivi par les gens d’armes, le Renard est pris au piège. Seul un homme peut encore le sauver : le chevalier Galeran de Lesneven.

 

Le chevalier au loup

De mémoire de Bretons, peu d’hivers ont été aussi rudes que celui de l’an 1198. Pourtant, bravant la neige et le froid, des pèlerins, guidés par Padrig et son fils Armel, quittent l’abbaye de Beauport pour gagner Dinan, puis Compostelle. Mais la mort rôde, une horde de loups ravage le duché, des brigands pillent et tuent. Quand son père meurt assassiné, le jeune Armel n’a d’autre choix, aidé par le chevalier au loup, Alan de Lesneven, que de prendre la tête du groupe et de mener une enquête qui le conduira tout droit vers le trésor légendaire d’Eon de l’Etoile.

 

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Le sang de Venise / Maud TABACHNIK

A Venise, en 1575, à la veille de la Pâque, un jeune enfant est retrouvé, vidé de son sang, le long d’un canal, près du ghetto, où vit enfermée la communauté juive. Quelques jours plus tard, un deuxième cadavre est découvert. La population s’émeut. Une rumeur incontrôlable se propage : ce seraient des crimes rituels perpétrés par des Juifs. Ces accusations sont encouragées par la prédication d’un moine fanatique. Venise la rebelle voit là une occasion de satisfaire les exigences de Rome qui, depuis longtemps, lui ordonne de se débarrasser de ses Juifs. Rachel, une jeune femme juive, intelligente et jouissant d’une certaine liberté, se révolte et essaie de comprendre. Aidée par son amie, une comtesse vénitienne, elle va mener sa propre enquête tandis que survient une épidémie de peste.

C’est une détente de se dépayser totalement (dans le temps et l’espace) et un petit suspense ajoute au plaisir de la lecture… 
Un autre intérêt de ce livre réside dans la description des traditions du ghetto. L’auteur esquisse, aussi, une courte réflexion sur la raison d’État et la condition féminine ! 

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