Archives de Tag: Nature

Reliques de la nuit / James P. Blaylock

Quatrième de couverture :

La Californie… Hollywood, Sunset Boulevard… Oui, bien sûr. Mais la Californie, ce sont aussi des canyons désolés, balayés par le vent, où la nature est encore intacte. Un pays sauvage, convoité par les promoteurs. C’est là que Peter Travers a acheté une cabane. Une cabane que l’on dit hantée.
Pourquoi s’est-il installé là ? Pour oublier, sans doute. Oublier sa femme, Amanda, qu’il aime encore. Et leur fils David. Bien sûr, maintenant il a Beth. Elle est jeune et jolie, avec elle il pourrait refaire sa vie. Mais toujours, la nuit, vient le hanter cette voix plaintive. Puis ce n’est plus seulement une voix qui le poursuit, mais une vision. Celle d’une femme et d’un enfant qui errent dans le canyon. Fruit de son imagination ? Fantômes surgis du passé ? Prémonition ?
Ou bien Peter est-il en train de perdre la raison ?

 

Extraits :

« Encore une nuit de vent, anormalement chaude pour cette fin novembre, chargée de senteurs d’armoise et de poussière. Rêves d’automne agités. Nuit hantée par les craquements délibérément lents de la carcasse de la vieille maison, par le ferraillement des portes secouées dans leurs cadres, par le susurrement du vent sous l’avant-toit et son ululement dans la cheminée. Les branches des arbres se tordent, se raclent dans le noir. Les feuilles sèches carambolent contre « les moustiquaires des portes et cavalcadent sur l’allée dallée.
La pleine lune veille sur la crête comme un fanal en haut d’un mur noir. Des ombres lunaires dentelées oscillent sur le sol de la cuisine. Peter Travers glisse une allumette contre le manchon d’une lanterne murale à gaz et la flamme surgit en sifflant, transformant les ombres en pâles et fugitifs ectoplasmes. Il verse une mesure de café moulu et de l’eau dans le percolateur posé sur la cuisinière et allume le gaz. »

« L’homme semblait entouré d’un matelas d’air mort, comme si Peter parlait à un mur de néant. Il s’avisa soudain qu’il éprouvait une aversion profonde pour lui et qu’il était sur le point de dire des choses carrément insultantes. Il se persuada de se calmer. Sa patience avait l’épaisseur d’une molécule. L’homme ressemblait à un voyageur de commerce grimaçant venu tout droit de l’enfer, mais il n’avait aucune raison de lui chercher querelle. »

 

Mon avis :

C’est un bon thriller où tout semble plausible et où on glisse insensiblement vers le fantastique… Bien construit, jamais ennuyeux, personnages sympas – enfin pas tous 🙂 heureusement sinon, que deviendrait l’histoire – un vrai plaisir de lecture…

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Classé dans Littérature américaine (USA)

En plein coeur (Nature morte) / Louise Penny

book_enplein« A la campagne, la mort vient sans invitation, en plein jour. Elle prend des pêcheurs dans leurs chaloupes. Elle saisit des enfants par les chevilles alors qu’ils nagent. En hiver, elle les appelle sur une pente trop abrupte pour leur habileté naissante et croise les extrémités de leurs skis. Elle attend sur la rive, là où il n’y a pas si longtemps la neige rencontrait la glace, mais où maintenant, à l’insu des yeux brillants, un peu d’eau touche la rive, et le patineur élargit un peu trop ses ronds. »

En plein cœur débute en automne, au Québec, alors qu’on découvre le cadavre d’une villageoise adorée de tous, un dimanche d’Action de grâce. L’inspecteur-chef Armand Gamache, qui dirige l’escouade des homicides de la Sûreté du Québec, est chargé de l’enquête.

Ce meurtre est déroutant. Qui voudrait voir morte une vieille dame aussi gentille? Le mystère s’épaissit à mesure que l’on met au jour des œuvres d’art que la victime a longtemps gardées secrètes. Rustiques, primitives et troublantes, ces peintures touchent différemment tous ceux qui les voient.

Le meurtrier est-il dissimulé dans le tableau? Son mobile l’est-il également? Est-ce un pur hasard si la victime avait décidé, quelques jours avant le meurtre, d’exposer son œuvre pour la première fois?

À mesure que l’inspecteur-chef Gamache approfondit son enquête, il découvre de sombres secrets enfouis et déterre d’affreux souvenirs. Quelque part, dans le joli village de Three Pines, quelqu’un n’est pas ce qu’il paraît être.

Le premier livre de Louise Penny que je lis mais ce ne sera pas le seul…

J’ai aimé le petit village de Three Pines, ses habitants tous différents mais attachants, les mini ou maxi drames cachés dans leurs vies et l’exotisme (eh oui!) du français du Québec (l’auteur écrit en anglais mais la traduction sonne juste – j’ai lu l’édition québecoise, je suppose que l’édition française, parue sous le titre Nature morte, est la même (pourquoi changer le titre?) et, par pitié, que les éditions Actes Sud arrêtent ces affreuses couvertures noires et rouges qui me rebutent…

L’intrigue est bien ficelée, j’ai hésité jusqu’au bout, je n’ai compris qu’à quelques pages de la fin… L’écriture agréable et fluide, vraiment un plaisir! Je vais de ce pas me procurer la seconde enquête d’Armand Gamache 🙂    

Passionnément

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Classé dans Littérature canadienne (anglophone)

Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler / Luis SEPULVEDA

Zorbas le chat grand noir et gros a promis à la mouette qui est venue mourir sur son balcon de couver son dernier œuf, de protéger le poussin et de lui apprendre à voler. Tous les chats du port de Hambourg vont se mobiliser pour l’aider à tenir ces promesses insolites. À travers les aventures rocambolesques et drôles de Zorbas et Afortunada, on découvre la solidarité, la tendresse, la nature et la poésie.

 

Pour les enfants ? Non, pour tous, de 7 à 97 ans !

Quelle tendresse et, de nouveau, quelle poésie dans ce livre qui est une leçon de vie…

A lire absolument !

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Classé dans Littérature pour la jeunesse, Littérature sud-américaine (Chili)

Le vieux qui lisait des romans d’amour / Luis SEPULVEDA

El Idilio est un petit village aux portes de la forêt amazonienne. Un enfer vert peuplé de chercheurs d’or, d’aventuriers de tout poil en quête d’un Eldorado imaginaire, d’Indiens Jivaros rejetés par leur peuple. La découverte par les Indiens Shuars d’un cadavre d’homme blond atrocement mutilé met le feu au village. Malgré les accusations hâtives du maire qui désigne les Indiens, Antonio José Bolivar diagnostique dans cette mort non pas la main de l’homme mais la griffe d’un fauve… Le vieil homme, aguerri aux mystères de la forêt et grand lecteur de romans sentimentaux se voit bientôt contraint de se lancer dans une chasse de tous les dangers…

Roman écologique s’il en est, l’histoire que tisse Luis Sepúlveda se gorge d’une imagination éclatante et recèle cette part de magie issue des contes. Loin de nous donner une définition du paradis, l’Amazonie de l’auteur – qui la connaît bien pour y avoir vécu – est un lieu organique, cruel, dur et hostile. Elle n’en mérite pas moins le respect que l’on donne aux lieux qui rendent notre monde unique et dont l’existence est aujourd’hui en péril.

 

Ce livre est d’abord une critique de la destruction de la forêt amazonienne, Sepulveda constate que le « progrès » fait disparaître l’équilibre naturel, condamne des espèces végétales, animales et des humains (les Indiens). Cette forêt, en outre, est un des poumons de la planète.

Le personnage du vieil homme, profondément humain, fait comprendre que la clé du bonheur, c’est l’amour de la vie. Cet homme qui a vécu parmi les Indiens est un « sage », il sait qu’il faut vivre en symbiose avec la forêt et ne pas la détruire.

Tout cela raconté avec beaucoup de tendresse et de poésie…

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Classé dans Littérature sud-américaine (Chili)

Les yeux dans les arbres / Barbara KINGSOLVER

« D’abord, représente-toi la forêt. Je veux que tu en sois la conscience, les yeux dans les arbres. Les arbres sont des fûts d’écorce lisse et mouchetée telles des bêtes musculeuses qui auraient poussé dans la déraison. Le moindre espace fourmille de vie : de délicates grenouilles vénéneuses, aux peintures de guerre en forme de squelettes, accolées en pleine copulation, sécrétant leurs œufs précieux sur les feuilles ruisselantes. Des lianes étranglant leurs pareilles dans leur éternelle lutte pour la lumière du soleil. La respiration des singes. Le glissement d’un ventre de serpent sur une branche. Une armée de fourmis en colonne débitant un arbre géant en grains uniformes qu’elles entraînent vers d’obscures profondeurs à destination de leur reine vorace. A laquelle répond un chœur de jeunes plants inclinant leurs cols surgis de souches pourries, aspirant la vie de la mort. Cette forêt se dévore elle-même, vivante à jamais. »

En 1959, alors que le Congo belge est à la veille de la révolution, Nathan Price, pasteur baptiste américain fanatique, y part avec sa famille pour une mission d’évangélisation. Tour à tour, la mère et les filles prennent la parole, offrant au lecteur autant de visions différentes du pays et des malheurs de la famille. Victimes du totalitarisme paternel et du grand tourbillon de l’Histoire, elles se voient contraintes de se construire une vie nouvelle ; chacune selon son intelligence et sa sensibilité.

 

Barbara Kingsolver nous donne ici encore, des portraits – de femme et de jeunes filles étonnantes, d’un pasteur fou et pitoyable, d’indigènes compatissants – tous émouvants ; une description, que je pense juste, de la situation politique et sociale de l’époque ; elle a compris et aimé l’Afrique dont elle nous donne un portrait sauvage et flamboyant dès la première page.

Magnifique!

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Classé dans Littérature américaine (USA)