Archives de Tag: Inde

Compartiment pour dames / Anita NAIR

Dans un pays comme le nôtre où le célibat est souvent associé à l’idée de solitude, voire d’échec, il est bon de lire Compartiment pour dames. Anita Nair, auteur indienne, sait en effet que, dans son pays, le célibat est avant tout générateur de liberté et qu’il faut se battre pour acquérir cette indépendance.

Son personnage, Akhila, fille aînée d’une famille dont elle a la charge, décide un jour de partir seule en voyage. Elle prend le train et se trouve dans un compartiment avec six autres femmes. La métaphore est caricaturale : le voyage, bien entendu, sera source d’échanges, de prises de conscience.

Chaque femme racontera son histoire et ces vies exposées seront pour Akhila des modèles de réflexion. Il faut dire qu’Anita Nair ne badine pas avec les récits lourds d’intention : l’avortement, l’homosexualité, la pédophilie, la contraception sont autant de thèmes abordés, comme s’il s’agissait pour l’auteur de régler leur compte à tous les tabous de son pays. Un livre qui se lit avec intérêt.

On regrettera peut-être que l’écriture et la composition de l’ouvrage ne soient pas d’une grande originalité, mais l’essentiel n’est pas là. Il faut lire Compartiment pour dames comme une dénonciation, un rappel : le sort des femmes (indiennes) est encore largement entre les mains des hommes. –Isabelle Magnien

Compartiment pour dames

Passionnément

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La nuit retient ses fantômes / Shashi DESHPANDE

Deshpande Sahshi - La nuit retient ses fantômesQu’est-ce qui pousse Sarita, jeune femme mariée et mère de deux enfants, médecin dévoué et respecté, à quitter Bombay pour chercher refuge dans la maison de son père ?

«Pourquoi es-tu toujours vivante ? Pourquoi n’es-tu pas morte ?…» Les années ont passé, mais Sarita se rappelle encore les paroles accusatrices prononcées par sa mère quand, petite fille, elle a été incapable de sauver son frère de la noyade. Sa mère est morte, maintenant. Une mère dominatrice, aigrie, blessée par la disparition de son plus jeune enfant. Une mère indienne, dévouée aux tâches quotidiennes, ostensiblement obéissante, attachée aux rituels et au respect des images. Une mère qui avait refusé de bénir sa fille pour son mariage avec Manohar, jeune poète charismatique, à l’avenir prometteur.

Ce retour vers la petite ville de son enfance sera, pour Sarita, l’occasion de retrouver son père, féru des valeurs de l’Inde traditionnelle. Comment lui faire face avec ses émotions et ses angoisses de femme moderne ?

La confrontation de l’héroïne avec les « fantômes de la nuit » l’amènera à repenser toute sa vie, sa famille comme son métier, en même temps que les rapports entre hommes et femmes dans son pays, aux prises avec les difficultés économiques et la violence sociale.

L’engagement de l’auteur, convaincue que le développement de son pays passera par les femmes, ainsi que la grande qualité littéraire de ce roman, le premier traduit en France, font de Shashi Deshpande l’un des plus grands écrivains contemporains de l’Inde.

 

Un récit intimiste tout en demi-teintes… La difficulté pour les femmes de sortir du carcan de la société patriarcale malgré les études, la manière de vivre qui change, reste une culpabilité larvée difficile à surmonter…

Un beau livre!

passionement

 

 

Deshpande SashiNée en 1938 en Inde du Sud, fille d’un célèbre écrivain de langue kannada, Shashi Deshpande raconte depuis plus de trente ans ces femmes qui rompent le silence et s’éveillent à la conscience, dans des romans qui « représentent le cœur même de l’Inde ». Ses œuvres sont disponibles dans presque tout le monde occidental, en anglais ou en traduction, et elle a reçu toute une série de prix littéraires.

http://www.editions-picquier.fr/auteurs/fiche.donut?id=266

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Pavillons lointains / Mary Margaret KAYE

Pavillons lointains est à la révolte des Cipayes ce qu’Autant en emporte le vent est à la guerre de Sécession.

Des cimes enneigées de l’Himalaya aux palais des maharadjas, de la Kyber Pass à Kaboul, ce roman retrace les années les plus tumultueuses du rattachement de l’Inde à l’empire britannique au XIXe siècle. Mais c’est avant tout une grande histoire d’amour transcendant les tourments et la fureur de son époque, celle d’Ash, jeune Anglais élevé comme un Indien, et de Juli, princesse indienne déchirée entre raisons du coeur et raison d’État. Et tandis que familles et castes, alliés et ennemis se combattent aveuglément, une civilisation millénaire se précipite vers son destin…

Introuvable depuis de nombreuses années, cette formidable fresque du Raj, dans la lignée d’un Kipling, se devait d’être rééditée.

L’auteur :

C’est le 21 août 1909 à Simla en Inde que naît Mary Margaret Kaye. Elle y passe sa jeunesse ainsi que les premières années de son mariage. Fille et petite fille d’officiers du « British Raj », ses liens avec l’Inde sont particulièrement forts. Après l’Inde, elle suit son mari, le major général Goff Hamilton du corps des Guides de la Reine Victoria (le fameux régiment qui figure dans Pavillons lointains), au Kenya, à Zanzibar, en Égypte, en Chypre et en Allemagne. En 1978, M. M. Kaye obtient une notoriété internationale à la publication de Pavillons lointains qui devint un best-seller mondial. C’est au gré des mutations de son époux que Mary Margaret Kaye s’inspire de ses lieux de séjour pour une série de romans policiers « Death in … » dont Death in the Andamans et Death in Kashmir qui se passent en Inde. Elle écrit son autobiographie en 3 volumes qui paraissent respectivement en 1990, 1997 et 1999. Mary Margaret Kaye est décédée le 29 janvier 2004 à Suffolk aux États-Unis à l’âge de 95 ans.

 

J’ai adoré ce livre, je l’ai lu il y a des années, je le relis de temps en temps et il ne me déçoit jamais ! Il y a de l’amour, de l’amitié, des aventures dans un pays magnifique et j’aime beaucoup l’écriture de Mary Margaret KAYE…

Un grand moment de lecture

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Aventures merveilleuses du Capitaine Corcoran / Alfred ASSOLANT

4e de couv. de l’éd. Serpent à Plumes, 2006, disponible.

Pour tirer l’Académie des sciences de Lyon de l’embarras où l’a plongée l’exécution d’un testament, l’intrépide capitaine Corcoran, breton de Saint-Malo, part sur les traces du fameux Gouroukamrata, premier livre sacré des Hindous, que les Anglais ont vainement cherché dans toute la presqu’île des Indes. La réussite de ce descendant de Surcouf ne fait pas de doute. Mais que de diversions sur sa route ! Au cours d’aventures trépidantes, accompagné de sa fidèle Louison, la tigresse du Bengale, Corcoran se battra contre les Anglais au service du maharadjah de Baghavapour, épousera sa fille, héritera de son titre, avant de réformer l’État et de proclamer la république des Mahrattes !

Ce récit ébouriffant, au rythme effréné, est l’un des romans les plus lus du XIXe siècle.

 

Un souvenir d’enfance, j’ai adoré : un héros beau, brave, bon et intelligent, des aventures extraordinaires en Inde, une tigresse apprivoisée, une princesse à délivrer ! Ce livre a tout du conte merveilleux et d’un roman de Jules VERNE à la fois… Je l’ai retrouvé sur une brocante et l’ai relu avec le même plaisir !

Réédition Le Serpent à Plumes, belle couverture…

Vous trouverez des infos sur l’auteur sur le site Wikipédia.

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Classé dans Littérature française

Magic Bus : Sur la route des hippies d’Istambul à Katmandou / Rory MacLEAN

Ils furent des centaines de milliers, dans les sixties puis les seventies, à prendre la route de Katmandou, laissant derrière eux le monde de leurs parents, en quête d’une vie nouvelle. La plus invraisemblable procession de minibus et de voitures déglinguées à avoir jamais sillonné la planète et le premier mouvement de gens pressés d’être « colonisés » plutôt que de coloniser quoi que ce soit. Ce « Summer of Love » né en 1967 à San Francisco, il fallait qu’il ne finisse jamais, qu’il s’étende à la planète… Il devait durer près d’une décennie. Et la face du monde en fut changée. Que reste-t-il de cet élan et de ces rêves? Rory MacLean, avec en tête les airs des Grateful Dead et de Bob Dylan, et dans la poche Sur la route de Kerouac, reprend quatre décennies plus tard la « route des hippies », depuis le légendaire Pudding Shop au pied de la mosquée Bleue d’Istanbul jusqu’à Katmandou, en passant par l’Iran et l’Afghanistan : 9 000 kilomètres d’un voyage de tous les dangers – et de toutes les surprises.

Sur une portion de la route « Peace and love » règne aujourd’hui guerre et chaos. Tout a changé? Pas si sûr : ce voyage réservera à l’auteur bien des rencontres surprenantes. Un formidable récit d’aventures au présent, et une plongée clans l’histoire de nos rêves, où la tendresse n’exclut pas la lucidité, parfois cruelle. Best-seller en Grande-Bretagne, ce livre a déclenché un véritable mouvement sur Internet : des milliers d’anciens « voyageurs intrépides » se sont retrouvés, échangeant photos, documents et souvenirs grâce au site de l’auteur.

 

Le rappel d’une époque où toute une génération a cru changer le monde…

Et le monde a changé ! Pas toujours de la façon dont nous l’espérions mais rien ni personne n’est parfait, voyez-vous…

Un chouette bouquin !

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Classé dans Littérature canadienne (anglophone)