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Tous les vivants (Le crime de Quiet Dell) / Jayne Anne Phillips

Quatrième de couverture :

Chicago, 1931. Asta Eicher, jeune veuve mère de trois enfants, est seule et désespérée. Quand Harry Powers, un galant inconnu, la courtise et lui promet de l’épouser, elle est persuadée que la vie lui offre une seconde chance. Quelques semaines plus tard, Asta et ses enfants sont retrouvés morts, assassinés. Emily Thornhill, une des rares femmes journalistes de l’époque, se charge alors de couvrir l’enquête et tâche de comprendre ce qui est arrivé aux Eicher, particulièrement à Annabel, une enfant à l’imagination débordante qui semble dotée d’étranges facultés.

Tous les vivants est une fiction inspirée d’un crime célèbre. Avec une grande profondeur psychologique et au moyen de documents d’époque, Jayne Anne Phillips fait parler et revivre la famille Eicher ainsi que son meurtrier quelques jours avant le drame, jusqu’au procès public de celui qu’on appellera  » le Barbe bleue des temps modernes  » . Jayne Anne Phillips fait son grand retour avec ce roman tiré d’un fait divers tragique qui hante à jamais l’Amérique et inspira le chef d’oeuvre de Charles Laughton La nuit du chasseur.
A l’instar de De sang froid de Capote, Tous les vivants nous plonge au coeur d’un drame saisissant, porté par l’écriture lyrique d’un auteur qui se confronte à la fois au réel et au surnaturel.

 

Extraits :

« Grand-Mère m’expliquait toujours que nos rêves sont des désirs ou des souhaits, des cadeaux des fées qui nous guident et veillent sur nous durant notre sommeil. Elle me disait que les poèmes et les histoires sont les murmures d’anges invisibles, des êtres autrefois pareils à vous et moi, qui en savent plus que nous ne pouvons en savoir tant que nous sommes encore de ce monde.
– Parle-moi dans ta tête quand je serai partie, disait Grand-Mère. Je t’entendrai toujours, et je t’enverrai ma réponse dans le bruissement de l’herbe et du vent et à l’aide d’autres petits signes, parce que nous ne nous exprimons plus par des mots quand nous avons disparu. »

« Les Eicher ne faisaient plus jamais référence à leurs origines d’Europe du Nord, mais assurément Andersen et Grimm avaient trouvé l’inspiration de leurs contes au Danemark et en Allemagne. Absolument sinistres, ces histoires, pensait Charles : des miroirs aux alouettes qui conduisaient invariablement des enfants innocents à l’abattoir, tels des agneaux préalablement engraissés. Un univers féerique qui vous invitait à croire que la vertu est toujours récompensée. Charles savait que c’était faux.
La naïveté de sa propre mère les avait transformés en victimes. »

 

Mon avis :

Un roman passionnant, mêlant si bien la réalité et la fiction – plus le fantastique – qu’on est captivé par l’histoire malgré qu’on sache déjà la fin… Construction intéressante où on fait connaissance de la famille pendant plusieurs chapitres et puis on se trouve subitement plongé dans le drame…
C’est là qu’on découvre Emily, la journaliste qui mène une enquête sur la disparition de la famille Eicher en compagnie d’un collègue sympathique, Eric. Emily va aussi rencontrer au cours de cette enquête un homme qui sera celui qu’elle attend, William, et un jeune garçon dans la misère, Mason, qu’elle choisit d’aider!
Sur tout cela plane le souvenir – ou l’âme – d’Annabel, la plus jeune fille Eicher, fantasque et poète qui apporte une touche de fantastique et de lumière à l’histoire d’un crime sordide…
Le livre est semé de quelques photos qui datent de l’époque et qui apportent une touche de réel!
Je n’ai pu m’empêcher de trouver Asta-Anna (la maman) bien trop crédule et (mais je pense que cela correspond à l’époque) bien dépendante – il lui faut trouver un homme, il n’y a pas d’autre solution…
Tel quel, j’ai lu avec beaucoup de plaisir (hé oui, malgré les crimes) ce bouquin qui sort de l’ordinaire!

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Classé dans Littérature américaine (USA)

La voix des vagues / Jackie Copleton

Quatrième de couverture :

Lorsqu’un homme horriblement défiguré frappe à la porte d’Amaterasu Takahashi et qu’il prétend être son petit-fils disparu depuis des années, Amaterasu est bouleversée. Elle aimerait tellement le croire, mais comment savoir s’il dit la vérité ?
Ce qu’elle sait c’est que sa fille et son petit-fils sont forcément morts le 9 août 1945, le jour où les Américains ont bombardé Nagasaki ; elle sait aussi qu’elle a fouillé sa ville en ruine à la recherche des siens pendant des semaines. Avec l’arrivée de cet homme, Amaterasu doit se replonger dans un passé douloureux dominé par le chagrin, la perte et le remord.
Elle qui a quitté son pays natal, le Japon, pour les États-Unis se remémore ce qu’elle a voulu oublier : son pays, sa jeunesse et sa relation compliquée avec sa fille. L’apparition de l’étranger sort Amaterasu de sa mélancolie et ouvre une boîte de Pandore d’où s’échappent les souvenirs qu’elle a laissés derrière elle …

 

Extraits :

« Endurance
L’anthropologue Ruth Benedict a un jour déclaré que le fondement de la culture japonaise est la honte et celui de la culture américaine, un certain sens du péché ou de la culpabilité. Dans une société dont la honte est la pierre d’achoppement, perdre la face équivaut à avoir un ego détruit. Par exemple, jadis, les guerriers samouraïs étaient des hommes fiers. Lorsqu’ils étaient trop pauvres pour se payer un repas, ils gardaient un cure-dent aux lèvres pour montrer aux yeux du monde qu’ils venaient de manger. »

« Le vent
Kaze : le vent aussi bien que la pluie sont plus que de simples phénomènes naturels pour les japonais. Il existait une ancienne croyance selon laquelle le vent était créé par les allées et venues de dieux invisibles. En conséquence chez les anciens, tous les vents, hormis les mauvais et les méchants, étaient littéralement -kamikaze- (vents divins) »

« Partager un parapluie
Al-ai-gasa : à l’époque féodale, hommes et femmes en relations intimes n’étaient pas censés se montrer proches l’un de l’autre en public, sans même parler de bras entrelacés ou de mains tenues. Une des rares occasions où ces gestes étaient permis étaient les jours de pluie, quand ils pouvaient jouir de l’intimité d’un parapluie partagé. En conséquence, si un homme proposait un parapluie à une femme, son geste était souvent interprété comme l’expression implicite de son amour pour elle. Depuis lors, un homme et une femme amoureux se décrivent comme partageant un parapluie. »

 

« Il n’existe pas de mot pour ce que nous avons entendu ce jour-là. Il ne doit jamais y en avoir. Donner un nom à ce son risquerait de signifier qu’il pourrait se reproduire. Quel terme serait à même de capturer les rugissements de tous les orages jamais entendus, tous les volcans, tsunamis et avalanches jamais vus en train de déchirer la terre et d’engloutir toutes les villes sous les flammes, les vagues, les vents? Ne trouvez jamais les termes adéquats capables de décrire une telle horreur de bruit ni le silence qui s’était ensuivi. »

 

Mon avis :

L’histoire d’une famille japonaise qui traverse l’Histoire de la seconde guerre mondiale. Le 9 août 1945 est la date fatidique où la Bombe va tomber sur Nagasaki. Et tout sera changé…
Un très beau premier roman : une belle écriture, des personnages vrais auxquels on s’attache, une approche que je pense juste de la culture japonaise, des sentiments éternels dans toutes les cultures…

A lire absolument!

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Classé dans Littérature anglaise

La dame d’Australie / Bernard SIMONAY

La dame d'AustralieSydney, juillet 1850. Victime d’un complot sordide, la jeune Judith Lavallière est exilée en Australie sur une fausse accusation. Condamnée à la domesticité sous la coupe d’un colonel anglais alcoolique, elle s’enfuit et trouve refuge, au-delà des terres connues, dans le mystérieux outback australien. Recueillie par des Aborigènes, elle découvre un peuple étrange et attachant, et apprend à survivre dans un désert hostile, sans limites, mais fascinant.

Son destin la ramène pourtant à la civilisation, dans la région de Melbourne, au moment de la ruée vers l’or, à laquelle elle participe. Volontaire et tenace, Judith fait fortune, puis se dresse contre le gouverneur, qui exerce une tyrannie odieuse sur les chercheurs d’or. Mais ce combat contre un adversaire tout-puissant et sans scrupules n’est-il pas perdu d’avance ? Surtout lorsque surgissent devant elle les fantômes d’un passé trouble qu’elle aurait préféré oublier.

Bernard Simonay signe ici une évasion superbe dans une Australie sauvage et méconnue, qui mêle le rêve, l’aventure et le suspense.

 

Un bon gros roman d’aventures bien documenté dans un pays qu’on connaît mal : l’Australie. Une belle histoire bien écrite. L’héroïne, ce n’est pas pour me déplaire, est une femme – dans ce roman écrit par un homme ! C’est du vrai roman populaire dans le meilleur sens du terme…

Bravo, Bernard Simonay, une fois de plus vous avez réussi votre pari !

Beaucoup

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Classé dans Littérature française

La vierge en bleu / Tracy CHEVALIER

9782710326380,0-230454Récemment arrivée des Etats-Unis avec son mari, Ella Turner a du mal à trouver sa place dans cette bourgade de province du sud-ouest de la France. S’y sentant seule et indésirable, elle entreprend des recherches sur ses ancêtres protestants qui eurent à fuir les persécutions. Elle est alors loin d’imaginer que cette quête va bouleverser sa vie.

Quatre siècles plus tôt, en pleine guerre de religion, Isabelle du Moulin, surnommée « La Rousse » en raison de sa flamboyante chevelure, risque un procès en sorcellerie pour le culte qu’elle voue à la Vierge Marie. Cependant, l’enfant qu’elle porte ne lui laisse d’autre choix que d’entrer dans l’intolérante famille des Tournier qui a embrassé la Réforme.

Séparées par des générations mais unies par un mystérieux héritage, Ella et Isabelle vont renouer les fils du temps à deux voix.

Premier roman de l’auteur de La jeune fille à la perle, La Vierge en bleu livre l’histoire tragique et foisonnante des Tournier, sur fond de guerre de religion.

 

Le premier roman de Tracy Chevalier, une écriture très agréable, des personnages attachants… Le « bleu » dont il est question est une couleur particulière très difficile à obtenir à l’époque d’Isabelle et, de ce fait, très chère.

Un beau roman où se côtoient l’Histoire et l’histoire de deux femmes à quatre cents ans de distance. Les mêmes lieux sont décrits dans chaque époque, le passé se mélange au présent pour notre plus grand plaisir!

Beaucoup

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Classé dans Littérature américaine (USA)

La Russie de Henri TROYAT

TROYAT - 1975Henri Troyat (né Lev Aslanovitch Tarassov : né à Moscou (Empire russe) le 1er novembre 1911, mort à Paris (France) le 2 mars 2007, est un écrivain français. Dans son livre de souvenirs Un si long chemin, paru en 1976, il confirme clairement l’origine arménienne de ses deux parents. (Wikipédia)

 

Tant que la Terre durera

Tant que la terre durera 1Tant que la terre durera 2Tant que la terre durera 3

1 – «Tu nous reviendras comme le Tcherkess qui a quitté sa famille et s’est lancé au galop vers la terre inconnue. […] Et puis, il y aura des danses pour toi. Et on tirera des coups de feu en ton honneur. Et tu seras plus grand et plus fort parce que tu auras osé mettre un pied devant l’autre…»

L’un est un enfant terrible de la steppe, fort et fier comme les hommes du Caucase ; l’autre, son cousin, est un séducteur et un pleutre. Tout les oppose et pourtant, Michel et Volodia vont bâtir une solide amitié à l’Académie de Moscou où ils font leurs études. Du moins jusqu’à l’arrivée de Tania. Alors, le bel avenir des deux hommes se mue soudain en une haine farouche que rien ne pourra apaiser. Pas même l’étrange révolution qui gronde et menace le trône du tsar Nicolas II.

2 – «Tout cela ne reviendra plus, songeait Tania. Plus jamais je ne retrouverai cette liberté inutile, et la maison de mes parents où on riait, et les lettres de Volodia et les discours de Michel qui me disait « vous » en inclinant la tête…»

Installée somptueusement à Moscou, Tania ne songe qu’à profiter de la vie. Michel, son époux, lui promet un avenir brillant, tandis que Volodia, son amant, est l’artisan de ses plaisirs secrets. Pourtant, Moscou est une poudrière. Chaque jour, la presse fait état de nouvelles désastreuses. La rébellion gronde parmi les ouvriers, pendant que les Japonais mènent une guerre acharnée contre les Cosaques.

Et des menaces plus personnelles encore pèsent sur Tania. À l’heure où la Russie s’embrase, son existence pourrait basculer d’un jour à l’autre…

3 – «Créés l’un pour l’autre, Tania et Volodia n’ont plus la force de se séparer. Ils étaient condamnés à une sorte de volupté funèbre. Seule la mort pouvait, semblait-il, délier le sortilège. La mort de qui ? De Tania, de Michel, de Volodia lui-même ?»

Mettant au monde son second fils, mais toujours obnubilée par l’amour illicite qui la lie à Volodia, Tania doute et ne supporte plus de voir Michel, son mari, dupe de celui qui fut son seul ami.

Par-dessus tout, de sanglants événements se trament ; dans Moscou, le peuple gronde d’une allégresse héroïque et prépare la révolution. Et depuis l’attentat de Sarajevo, un autre conflit imminent menace l’Europe tout entière…

Pris dans la tourmente de l’Histoire, chacun tente de conjurer le sort. Mais tous ne sont peut-être déjà plus que les jouets du destin.

Le sac et la cendre

Le sac et la cendre 1Le sac et la cendre 2

1 – La suite de Tant que la terre durera. Lorsqu’il découvre que Tania le trompe avec Volodia, Michel s’engage dans les hussards, pour lutter contre les bolcheviks. Tania se dévoue alors à ses deux garçons et aux blessés de la guerre révolutionnaire qui secoue la Russie.

2 – Le tsar est tombé, remplacé par les Soviets. Les combats font rage dans le moindre village. Mais cette fois, c’est la guerre civile entre partisans des Blancs et des Rouges. Au milieu de la tourmente, Akim et Nicolas ne servent pas la même cause mais connaissent le même désarroi.

Etrangers sur la terre

Etrangers sur la terre 1Etrangers sur la terre 2

1 – Fuyant une Russie à feu et à sang, Tania, Michel et leurs enfants se sont réfugiés à Paris. Ils sont les survivants hagards d’un passé disparu, les rescapés du naufrage de leur peuple. D’un exil pénible naîtront bien des épreuves. Les fantômes du passé rôdent encore dans les coeurs, autour de plaies ouvertes à jamais.

2 – Paris, 1930. De provisoire, l’exil de la famille Arapof est devenu définitif. Ainsi s’éteint doucement l’espérance de regagner la mère patrie. C’est au plus jeune d’entre eux, Boris, qu’il appartient de prouver que par-delà les nations, au plus fort de l’adversité, l’homme est toujours capable d’aimer et de construire, participant ainsi à un monde nouveau.

 

Peut-être la suite romanesque où Troyat a mis le plus de lui-même, de la vie d’exilés de ses parents… Chez eux partout… et nulle part : c’est le lot des émigrants, toujours, le passé revient…

Henri Troyat est français, arrivé en France à l’âge de 6 ans et y ayant fait toutes ses études , mais son enfance a été bercée des récits du pays perdu et, dans ces livres, il restitue tous ces souvenirs.

J’ai adoré !

passionement

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Victor Hugo : Aux frontières de l’exil / GIL & PATURAUD

Paturaud  Victor Hugo Frontières exilSeptembre 1853. Victor Hugo est en exil sur l’île de Jersey. Passionné de spiritisme, le poète assiste régulièrement à des séances de tables tournantes jusqu’au jour où le fantôme de sa fille, Léopoldine, tragiquement morte noyée lui apparaît. Dès lors, le poète est hanté par des visions nocturnes lui intimant de faire la lumière sur le drame. Accident ou meurtre ? Victor Hugo sort de son exil et se lance dans une enquête qui le mènera jusque dans les mystères du ventre de Paris. Là, au péril de sa vie, il découvrira un univers peuplé d’âmes sombres, qui lui inspireront la formidable épopée humaine des Misérables et quelques-uns de ses combats politiques. Cette aventure, bien qu’imaginaire, est inspirée de faits réels. Victor Hugo fut un fervent abolitionniste et a « réellement » communiqué avec le spectre de sa fille lors de séances de spiritisme.

 

Victor_Hugo_01

Un magnifique roman graphique (89 planches) avec un scénario très plausible où Victor Hugo intervient comme personnage principal.

Fiction et réalité sont si subtilement mêlées qu’on se laisse prendre au jeu!

Cet album m’a procuré beaucoup de plaisir et j’y reviendrai certainement me plonger dans cette ambiance Second Empire si bien rendue et admirer les magnifiques dessins de Laurent Paturaud à voir aussi sur son site et son blog, prenez-en le temps, ça vaut vraiment la peine…

http://www.paturaud.com

http://paturaud.blogspot.be

a_la_folie

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Classé dans BD, roman graphique

La voix des anges / Anne RICE

1750. Tonio, héritier d’une riche famille vénitienne, spolié et castré à l’âge de quinze ans, vit désespéré à l’idée de ne plus être « un homme ». Il trouvera le salut dans la musique et sa force dans la haine des siens.

Guido, fils de paysans calabrais, lui aussi castré enfant, perd sa belle voix à dix-huit ans et devient compositeur. Guido rencontre Tonio et devient son professeur.

À eux deux, ils pourront avoir le monde à leurs pieds et enfin mettre en œuvre leur vengeance à l’encontre de ceux qui les ont amputés de leur virilité

Un roman comme un opéra baroque, sensuel et flamboyant, qui nous plonge dans le monde fascinant des castrats du XVIIIe siècle.

 

J’ai lu ce livre il y a trois ou quatre ans et, à la relecture, je n’ai pas du tout été déçue ! Les deux personnages principaux sont crédibles et le sujet inhabituel est passionnant…

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