Archives de Tag: Femmes

Tant que hurlent les chiens (Tous ces silences) / Elisabeth Herrmann

Deux titres et deux couvertures pour un même roman.

Chez France-loisirs, 2015 – Tant que hurlent les chiens
Chez Fleuve Noir, 2016 – Tous ces silences

Ce n’est pas la première fois et ce ne sera pas la dernière mais c’est toujours l’acheteur qui paie les pots cassés… si vous ne faites pas bien attention, vous vous dites « Oh un nouveau roman de cet auteur qui m’a plu » et hop, pour peu que vous ne le lisiez pas tout de suite, trop tard pour l’échanger…

Quatrième de couverture :

Après la découverte d’un cadavre au zoo, Sanela, jeune officier de police, peine à croire à la culpabilité de l’employée qui s’est elle-même accusée. Contre l’avis de ses supérieurs, elle décide de mener seule l’enquête. Ses recherches l’attirent dans un village presque abandonné, hanté par de terribles souvenirs… Retenez votre souffle !

Quatrième de couverture :

Un meurtre atroce défraie la chronique berlinoise. Un meurtre qui choque d’abord par son extrême cruauté : le corps est retrouvé au Jardin Zoologique, en partie dévoré par des cochons. Ensuite parce que la coupable présumée est très rapidement identifiée. Trop rapidement, selon Sanela Beara, la jeune policière en patrouille arrivée en premier sur les lieux. Très réservée et mentalement instable, Charlie Rubin a tout de la coupable idéale. Elle a avoué le meurtre. Et pourtant, Sanela a des doutes, que partage également Jeremy Saaler, le psychologue chargé d’établir le profil de Charlie. Qui la jeune femme cherche-t-elle à protéger ? Pourquoi ? Ils découvrent bientôt que de terribles souvenirs d’enfance traumatisent Charlie et la maintiennent à distance de son village natal, Wendisch Bruch. Des évènements scellés par le silence des quelques habitants qui restent, qui ne veulent plus en entendre parler, et pour cause…

 

Extraits :

« Elle s’enroula une écharpe autour du visage. Peut-être pour se dissimuler et tromper son monde. Avec le chien ça ne prenait pas. Il se souvenait de son odeur, il courait souvent à sa rencontre en frétillant de la queue. Mais cette fois, il sentait quelque chose qui le retenait de faire de même. Quelque chose qui, d’un côté, le rendait fou de curiosité et, de l’autre, lui collait une peur bleue. Une odeur qui l’attirait comme un aimant – cette odeur qu’il flairait quand il passait à pas de loup devant les fenêtres du boucher, qu’il flairait quand il trouvait la carcasse déchiquetée d’un oiseau ou les restes écrasés d’un renard sur la départementale déserte. Mais cette silhouette devant lui n’avait pas été abattue, ni chassée ou renversée – elle vivait. »

« Elle était préparée à toutes les déjections que vomissait la vie. Elle avait vu des cadavres aux visages sereins et paisibles et la face hideuse de la mort violente. Elle était entrée dans des maisons où l’avaient reçue toutes les déclinaisons du mal : cruauté, négligence, sadisme… Elle avait vingt-six ans et l’impression, certains jours, d’en avoir soixante. Elle voulait rejoindre la criminelle, parce qu’elle ne voulait plus s’en tenir au « comment » mais comprendre le « pourquoi ». Pourtant une sorte de prémonition lui disait que ce qui s’était passé ici pouvait bien être trop gros pour sa petite personne. Un homme s’était fait dévorer, peut-être vivant, par des cochons sauvages. »

 

Mon avis :

Un auteur que je ne connaissais pas du tout mais je suis ravie d’avoir fait sa connaissance. Je n’ai pas lu beaucoup d’auteurs allemands et dans ceux que j’ai lu, aucun thriller…
J’ai été intéressée par le fait que cela se passe à Berlin et en ancienne RDA, cadre inhabituel pour ce genre de bouquin!

Une intrigue bien menée, des personnages auxquels on s’accroche, plusieurs rebonds qui donnent un autre sens au prologue… on avance à petits pas intrigués et curieux! J’ai envie de lire un autre livre de cet auteur.

A découvrir..

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Classé dans Littérature allemande

Lignes de vie / Graham Joyce

Quatrième de couverture :

Une famille de sept soeurs aux vies fondées sur l’amour, la tradition, l’angoisse et l’espoir. Des vies simples et émouvantes auxquelles se mêlent presque imperceptiblement l’étrange et le merveilleux, l’ordinaire et l’extraordinaire. Cassie, la plus jeune des soeurs, a eu un petit garçon de père inconnu et n’a pas eu le courage de le céder à des parents adoptifs. Il est alors décidé que le petit Frank sera élevé par chacune des soeurs, à tour de rôle. Ainsi l’enfant sera-t-il le témoin privilégié de ces vies aux lignes si différentes, dans les drames et les illusions de l’après-guerre. Mais Frank est un enfant particulier, doué d’intuitions étonnantes ; comme sa jeune mère, sensible à des signes invisibles ; comme sa grand-mère, parfois visitée par des apparitions lui annonçant l’avenir…

 

Extraits :

« Cassie Vine, vingt-deux ans à peine, les yeux secs, serre le bébé sans nom sous son manteau et plisse les yeux pour les protéger du vent. Il est midi, trois jours après la Victoire en Europe, et elle attend sous le portique de la National Provincial Bank, sur les marches de pierre blanche, qu’on vienne chercher son enfant. Devant elle gémit la ville de Coventry, brisée par le bombardement. »

« Les hauteurs de la ville étaient en flammes. Des brigades de pompiers luttaient en vain. Les bombes et les flammes avaient détruit les grands magasins. L’eau crachée par les tuyaux dégageait des tourbillons de vapeur évoquant des génies. Les toits vomissaient une fumée bouillonnante, noire comme l’ébène, que le feu éclairait par en dessous. Il faisait trop chaud pour traverser Broadgate. Elle resta en retrait, contemplant les flammes, tandis que ce hideux battement d’ailes de cuir résonnait de nouveau à ses oreilles. Elle distribua des tapes furieuses aux petits démons importuns qui voletaient tout autour d’elle. Puis elle vit son premier cadavre. »

« — Pourquoi des gens voudraient arrêter de se parler ?
Martha alluma sa pipe, secoua l’allumette pour l’éteindre et
la rejeta dans le foyer. Elle souffla un nuage de fumée bleue à l’odeur douce. Frank la scruta à travers la fumée trompeuse qui donnait l’impression que ses yeux larmoyaient. Elle tarda à lui répondre.
— Les fantômes, dit-elle.
— Les fantômes ?
— Oui. On peut transformer quelqu’un en fantôme rien qu’en arrêtant de lui parler. C’est une façon de le tuer, tu vois, de le changer en pierre, mais en s’assurant qu’il soit toujours dans les parages pour pouvoir continuer à le punir. Alors promets-moi de ne jamais faire ça, hein, Frankie ?
— Promis, mamie.
— Promis, mamie. Maintenant, tu peux aller jouer dans ta chambre, j’aimerais bien avoir la paix un moment. »

 

Mon avis :

Quel roman étonnant! Au départ, j’ai pensé « pas vraiment mon genre, je crois que je ne vais pas le finir… » et puis, j’ai continué, continué et je suis tombée sous le charme de cette famille étrange, où le fantôme du père traîne en lisant son journal, où la mère reçoit des visites lui annonçant des évènements à venir et où la plus jeune fille, Cassie, a des « absences » après lesquelles elle ne se souvient pas toujours de ce qu’elle a fait…
Et j’ai aimé ce livre, vraiment… ❤

Ci-dessous, une phrase qui dit mieux que je ne pourrais le dire mon ressenti face à ce livre :

 » Et son écriture est comme une petite musique, qui semble si banale à la première écoute, mais qui s’impose lentement et qu’on ne peut en fin de compte ni quitter ni oublier. Graham Joyce ne se plie jamais à la tentation du grand guignol. Si ses scènes sont fortes, c’est parce qu’il les écrit avec un talent extraordinaire. Pas d’effets spéciaux, rien que le plaisir de raconter les choses, la malice de dérouter le lecteur, la délicatesse de tracer des lignes de vie. » – Jean-Claude Vantroyen

Si vous en voulez plus, suivez ce lien :  Jean-Claude VANTROYEN

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Classé dans Littérature anglaise

Compartiment pour dames / Anita NAIR

Dans un pays comme le nôtre où le célibat est souvent associé à l’idée de solitude, voire d’échec, il est bon de lire Compartiment pour dames. Anita Nair, auteur indienne, sait en effet que, dans son pays, le célibat est avant tout générateur de liberté et qu’il faut se battre pour acquérir cette indépendance.

Son personnage, Akhila, fille aînée d’une famille dont elle a la charge, décide un jour de partir seule en voyage. Elle prend le train et se trouve dans un compartiment avec six autres femmes. La métaphore est caricaturale : le voyage, bien entendu, sera source d’échanges, de prises de conscience.

Chaque femme racontera son histoire et ces vies exposées seront pour Akhila des modèles de réflexion. Il faut dire qu’Anita Nair ne badine pas avec les récits lourds d’intention : l’avortement, l’homosexualité, la pédophilie, la contraception sont autant de thèmes abordés, comme s’il s’agissait pour l’auteur de régler leur compte à tous les tabous de son pays. Un livre qui se lit avec intérêt.

On regrettera peut-être que l’écriture et la composition de l’ouvrage ne soient pas d’une grande originalité, mais l’essentiel n’est pas là. Il faut lire Compartiment pour dames comme une dénonciation, un rappel : le sort des femmes (indiennes) est encore largement entre les mains des hommes. –Isabelle Magnien

Compartiment pour dames

Passionnément

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Classé dans Littérature indienne (anglophone)

La dame d’Australie / Bernard SIMONAY

La dame d'AustralieSydney, juillet 1850. Victime d’un complot sordide, la jeune Judith Lavallière est exilée en Australie sur une fausse accusation. Condamnée à la domesticité sous la coupe d’un colonel anglais alcoolique, elle s’enfuit et trouve refuge, au-delà des terres connues, dans le mystérieux outback australien. Recueillie par des Aborigènes, elle découvre un peuple étrange et attachant, et apprend à survivre dans un désert hostile, sans limites, mais fascinant.

Son destin la ramène pourtant à la civilisation, dans la région de Melbourne, au moment de la ruée vers l’or, à laquelle elle participe. Volontaire et tenace, Judith fait fortune, puis se dresse contre le gouverneur, qui exerce une tyrannie odieuse sur les chercheurs d’or. Mais ce combat contre un adversaire tout-puissant et sans scrupules n’est-il pas perdu d’avance ? Surtout lorsque surgissent devant elle les fantômes d’un passé trouble qu’elle aurait préféré oublier.

Bernard Simonay signe ici une évasion superbe dans une Australie sauvage et méconnue, qui mêle le rêve, l’aventure et le suspense.

 

Un bon gros roman d’aventures bien documenté dans un pays qu’on connaît mal : l’Australie. Une belle histoire bien écrite. L’héroïne, ce n’est pas pour me déplaire, est une femme – dans ce roman écrit par un homme ! C’est du vrai roman populaire dans le meilleur sens du terme…

Bravo, Bernard Simonay, une fois de plus vous avez réussi votre pari !

Beaucoup

2 Commentaires

Classé dans Littérature française

Mercure / Amélie NOTHOMB

MercureSur une île au large de Cherbourg, un vieil homme et une jeune fille vivent isolés, entourés de serviteurs et de gardes du corps, à l’abri de tout reflet ; en aucun cas Hazel ne doit voir son propre visage. Engagée pour soigner la jeune fille, Françoise, une infirmière, va découvrir les étranges mystères qui unissent ces deux personnages. Elle saura pourquoi Hazel se résigne, nuit après nuit, aux caresses du vieillard. Elle comprendra au prix de quelle implacable machination ce dernier assouvit un amour fou, paroxystique… Au cœur de ce huis clos inquiétant, la romancière du Sabotage amoureux et d’Attentat, retrouve ses thèmes de prédilection : l’amour absolu et ses illusions, la passion indissociable de la perversité.

 

Je n’aime pas particulièrement les livres d’Amélie Nothomb : elle ne me fait pas rêver et elle ne m’apporte pas grand-chose. Ses livres sont correctement et même bien écrits mais, pour moi, ils sont froids ; son humour est grinçant ; ses héros ou héroïnes ne sont pas assez humains ou, plus exactement, souvent ils n’ont pris de l’humain que la méchanceté.

J’ai plus été intéressée par Mercure car :

– c’est un vrai roman et l’auteur n’y introduit pas un de ses clones comme d’habitude

– j’aimais bien l’idée de proposer deux fins possibles au lecteur…

– le personnage de Hazel et celui de Françoise sont assez sympathiques et plausibles quoique je ne crois pas que quelqu’un puisse se croire défiguré autant de temps sans se rendre compte que ce n’est pas vrai, même sans miroir (il faudrait de plus être paralysée et ne pas pouvoir se toucher le visage – bon, je sais, je ne dois pas voir les choses comme ça mais c’est encore plus dur à avaler que la sorcière de la Belle au Bois Dormant…)

Décidément, ce qui me plaît le moins chez Amélie Nothomb, c’est ce manque d’espoir, cette amertume et cette perversité qui imprègne son écriture.

Moi, j’ai besoin d’un petit coin de ciel bleu…

Un peu

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Classé dans Littérature belge (francophone)

L’immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes / Karine LAMBERT

Lambert - L'immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommesCe roman vif et tendre oscille entre humour et gravité pour nous parler de la difficulté d’aimer, des choix existentiels, des fêlures des êtres humains et de leur soif de bonheur. On s’y sent bien.

Les hommes sont omniprésents dans cet immeuble de femmes… dans leurs nostalgies, leurs blessures, leurs colères et leurs désirs enfouis. Cinq femmes d’âges et d’univers différents unies par un point commun fort : elles ne veulent plus entendre parler d’amour et ont inventé une autre manière de vivre… Jusqu’au jour où une nouvelle locataire vient bouleverser leur quotidien. Juliette est séduite par leur complicité, leur courage et leurs grains de folie. Mais elle, elle n’a pas du tout renoncé ! Et elle le clame haut et fort. Va-t-elle faire vaciller les belles certitudes de ses voisines ?

 

Une idée amusante qui m’a fait penser à « Les lits à une place » de Françoise Dorin, des personnages bien typés (un peu trop?), un chat – Jean-Pierre 🙂 qui est certainement le personnage que je préfère… Une écriture fluide et facile… Une jolie couverture aguichante !

Un roman sans prétention avec lequel j’ai passé un bon moment de détente…

Que demander de plus? Parfait pour un WE de repos ou pour des vacances! 

Beaucoup

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Classé dans Littérature belge (francophone)

La vierge en bleu / Tracy CHEVALIER

9782710326380,0-230454Récemment arrivée des Etats-Unis avec son mari, Ella Turner a du mal à trouver sa place dans cette bourgade de province du sud-ouest de la France. S’y sentant seule et indésirable, elle entreprend des recherches sur ses ancêtres protestants qui eurent à fuir les persécutions. Elle est alors loin d’imaginer que cette quête va bouleverser sa vie.

Quatre siècles plus tôt, en pleine guerre de religion, Isabelle du Moulin, surnommée « La Rousse » en raison de sa flamboyante chevelure, risque un procès en sorcellerie pour le culte qu’elle voue à la Vierge Marie. Cependant, l’enfant qu’elle porte ne lui laisse d’autre choix que d’entrer dans l’intolérante famille des Tournier qui a embrassé la Réforme.

Séparées par des générations mais unies par un mystérieux héritage, Ella et Isabelle vont renouer les fils du temps à deux voix.

Premier roman de l’auteur de La jeune fille à la perle, La Vierge en bleu livre l’histoire tragique et foisonnante des Tournier, sur fond de guerre de religion.

 

Le premier roman de Tracy Chevalier, une écriture très agréable, des personnages attachants… Le « bleu » dont il est question est une couleur particulière très difficile à obtenir à l’époque d’Isabelle et, de ce fait, très chère.

Un beau roman où se côtoient l’Histoire et l’histoire de deux femmes à quatre cents ans de distance. Les mêmes lieux sont décrits dans chaque époque, le passé se mélange au présent pour notre plus grand plaisir!

Beaucoup

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Classé dans Littérature américaine (USA)