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Les futurs mystères de Paris / Roland C. Wagner

A savoir d’abord…

C’est avec un humour tantôt grinçant, tantôt désopilant que Roland C. Wagner s’attache, depuis le début des années 1980, à dénoncer les dérives de l’impérialisme au travers de textes engagés comme La saison de la sorcière ou Pax Americana. Ce qui ne l’empêche ni de rêver à des mondes lointains (Le chant du Cosmos, Les aventuriers des étoiles), ni de s’amuser (Les futurs mystères de Paris, L.G.M.).

Grand Prix de l’Imaginaire, pour l’ensemble de la série

« Qualités d’écriture et narration généreuse confirment, si besoin en était, que Roland C. Wagner est un fantastique conteur. » – Galaxies

« La sortie en 1996 de La Balle du Néant, premier tome réédité chez l’Atalante, du (futur) cycle des Futurs mystères de Paris (en références à Eugène Sue, Léo Malet et Frédéric Dard) fut une des heureuses surprises d’alors dans un paysage SF francophone assez atone. Préfigurant une mode du polar-sf qui bat actuellement son plein, Roland Wagner crée, avec le personnage de Tem, une figure de private eye unique au monde puisque affublé d’un handicapant « talent » de « transparence ». À elle seule, cette idée est un trait de génie comique et littéraire et une contrainte étonnante en termes de menée du récit policier car elle implique de mobiliser un brio parfois quasiment oulipien. La réédition à l’Atalante de ce premier tome (et des suivants ainsi que d’un tout nouveau intitulé Babaluma) de ce qui est devenu un cycle majeur dans l’œuvre du prolifique Roland Wagner (répartie à l’heure où ces lignes sont écrites en onze nouvelles et novellas et sept romans) est une heureuse nouvelle à bien des égards : d’abord l’iconographie de couverture, comme à l’ordinaire chez L’Atalante, superbe, nous offre une représentation de Tem dans son habit de couleur, bien plus belle que sur celle de l’édition originale au Fleuve Noir (à garder tout de même en collector). Ensuite c’est une occasion de découvrir ou de redécouvrir l’univers si foisonnant qu’il ne peut être décrit en quelques lignes et totalement stupéfiant, tant à cause de la « psychosphère » que des marottes – drogues, rock – de cet auteur qui se nomma jadis Red Deff, dans lesquels Tem évolue.
Notons que quelque part (on ne dira pas où) dans le cycle se trouve – c’est aux fans de la première heure que je m’adresse – l’explication de la fameuse et intrigante « rande terreur primitive ». Le cycle des « Futurs Mystères » a été gratifié d’un Grand Prix de l’Imaginaire en 1999 : remarquons que c’est injuste, car insuffisant. La créativité et le talent délirant de l’auteur, comme son habileté à se sortir d’intrigues compliquées – La Balle du Néant offre ainsi une nouvelle version d’énigme en chambre close –, font de Roland Wagner l’égal de ses maîtres en « mystères » : un de nos grands auteurs de littérature populaire. » – Francis Mizio
Site des éditions « L’Atalante »
https://www.l-atalante.com/catalogue/la-dentelle-du-cygne/la-balle-du-neant-9782841722075/

1 – La balle du néant + S’il n’était vivant (nouvelle)

Présentation de l’éditeur :

Paris, 2063. Un demi-siècle après la Grande Terreur primitive, cette période de folie et d’horreur qui, semble-t-il, a eu pour résultat d’apaiser l’humanité, les meurtres sont de plus en plus rares. Pourtant, un physicien travaillant pour l’armée a été mystérieusement assassiné dans une pièce fermée de l’intérieur. Dans un monde où les sectes pullulent, où toutes les drogues sont en vente libre et où les crédits de la police s’amenuisent d’année en année, Tem, détective privé de son état, mène l’enquête. Il est aidé de la seule intelligence artificielle capable de vivre hors de la cybersphère. Mais parviendra-t-il à échapper à la Balle du Néant lorsque celle-ci décidera de frapper ?

Extrait :

« Imaginez que vous vous promenez sur un trottoir au milieu de la foule. Vous ne pourrez jamais prêter attention à toutes les personnes que vous croiserez ; il en subsistera une certaine proportion que vous ne remarquerez même pas, sinon sous la forme de silhouettes noyées dans la masse.
Eh bien, pour le commun des mortels, je fais le plus souvent partie de ces silhouettes. Ma sœur Rivière Paisible du Matin Calme aime à dire que je « glisse entre les mailles du tissu de la réalité ». Si j’ai affaire à des individus sensibles à mon Talent – et à condition de ne pas être attifé à ce moment-là comme le croisement d’un clown et d’un épouvantail –, je peux me faufiler parmi eux, traverser leur champ visuel, voire les toucher sans qu’ils s’en rendent compte.
Très pratique pour les filatures, pensez-vous. Mais imaginez mon calvaire dès lors qu’il s’agit d’interroger des témoins. »

Mon avis :

Premiers pas dans l’univers de Tem (Temple sacré de l’aube radieuse) où on fait la connaissance de ce détective privé qui s’est lancé dans cette carrière après avoir lu Léo Malet, il a donc pris Nestor Burma comme modèle…
On fait connaissance avec les particularités de cet univers à la fois proche et très lointain dans le temps et c’est un plaisir. Les personnages sont « vivants », on s’y attache très vite…
Un plaisir de lecture qui donne bien envie de lire la suite…

2 – Les ravisseurs quantiques + Le réveil du parasite (nouvelle)

Présentation de l’éditeur :

Paris, 2063. L’homme au chapeau vert fluo enquête sur la disparition d’une jeune fille enrôlée dans la secte des  » copistes « . Avec l’aide inestimable de Gloria, l’intelligence artificielle anarchiste, fondatrice du Collectif Louise Michel pour la libération des citoyens virtuels. 

Extrait :

 » Mon nom est Temple Sacré de l’Aube Radieuse, mais vous pouvez m’appeler Tem.
Pour cent euros par jour plus les frais, vous pouvez aussi louer mes services. Je suis détective privé. Mon atout majeur ? Le Talent de transparence qui me permet de passer inaperçu. Mais qui m’oblige aussi à des efforts vestimentaires pour ne pas passer inaperçu. « 

Mon avis :

Le plaisir de la lecture continue…

3 – L’Odyssée de l’Espèce + Recristallisation (nouvelle)

Présentation de l’éditeur :

Paris, 2063. Harcelé par l’antipathique inspecteur Trovallec dit « le Dénébien », c’est pour se disculper d’une accusation de meurtre que doit enquêter cette fois Temple Sacré de l’Aube Radieuse, le détective millénariste au chapeau vert fluo. Où l’on pénètre la complexité de la psychosphère et où la Grande Terreur de 2013 apparaît sous un éclairage nouveau. Où se profile aussi l’ombre menaçante de Dragon Rouge, un archétype « fondamentalement archaïque ». L’enjeu ? Rien moins que le destin éthique de l’humanité. La richesse et l’originalité de ce roman lui ont valu une moisson de prix littéraires. 

Extrait :

« Telle était l’odyssée de notre espèce. Naissant au bord d’un lac en Afrique orientale, puis se répandant et se diversifiant à travers toute la planète… Échanges de gènes et de vocables, influences mystiques, enrichissement culturel… Mais aussi guerres, massacres, spoliation, esclavage, déplacements de population… Ainsi que les souffrances qui les accompagnaient… Tout cela s’était inscrit dans la Psychosphère. Tout cela – et bien d’autres choses encore. Tout ce qui faisait l’Homme. »

Mon avis :

Un roman tout à fait réussi et bien construit qui relance l’intérêt de suite. Plusieurs prix littéraires mérités [prix Rosny Aîné 1998, prix Ozone 1998, grand prix de l’Imaginaire 1999].

4 – L’Aube incertaine

Présentation de l’éditeur :

En 2064, les multinationales règnent sans partage sur un monde d’où toute trace de criminalité a été éliminée. Enfin, presque, car aujourd’hui, Tem, le privé transparent, enquête sur une vague de décès suspects qui frappe les jeunes artistes du Délirium, un courant alternatif très populaire. L’affaire se révèle plus compliquée qu’il n’y paraît de prime abord, d’autant que le talent de Tem fait à nouveau des siennes : le voilà devenu cette fois presque totalement invisible !

Extrait :

« En apprenant, au début de l’automne précédent, que mon portrait avait été reproduit sur le wèbe à des millions d’exemplaires, je m’étais fait la réflexion que, cette fois, j’aurais un certain mal à me faire oublier. Je ne me trompais pas, même si je n’avais pas imaginé que les conséquences de la mensongère campagne multimédiatique dont j’avais été la victime continueraient à me poser des problèmes jusqu’au cœur de l’hiver.
Durant cette période de près de quatre mois, je me suis senti nettement moins transparent que d’habitude. Et je l’étais, sans nul doute. Plus besoin de coiffer un borsalino vert fluo ou de chausser des babouches aussi illuminées qu’un sapin de Noël pour que l’on me remarquât ; de toute manière, je n’avais plus de chapeau, le mien ayant terminé sa carrière dans le sang répandu d’un vieil homme assassiné – ce qui, soit dit en passant, m’avait valu quelques ennuis.
Bien que cette opacité présentât quelques avantages, dans l’ensemble, elle me posait essentiellement des problèmes. C’est très pratique que l’on prenne aussitôt conscience de votre présence lorsque vous faites vos courses ou effectuez une démarche administrative, mais cela devient un sérieux handicap dans le cas d’une filature – surtout si vous avez, comme moi, la fâcheuse habitude de passer inaperçu, de glisser entre les mailles du tissu de la réalité… »

Mon avis :

On s’accroche de plus en plus à cette série de romans, chacun d’eux apporte un petit peu plus de détails sur ce monde à venir du passé…
En bref, L’Aube incertaine est très réussi et m’a beaucoup plu…

A SUIVRE…

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Classé dans Littérature française

Illianday / Viviane Moore

Présentation de l’éditeur

« Un mois déjà, un mois qu’il trouvait des pauvres types comme celui-là, les orbites noyées de sang . Ils pleuraient tous avant de mourir. »
Ilianday est une chasseuse de primes. Kilney est un flic au bout du rouleau. Pour lui, c’est le seizième appel de la matinée. Pour elle, c’est le début d’une étrange enquête, à la poursuite d’un tueur insaisissable qui laisse sur son chemin des cadavres aux yeux rivés sur leur écran. 
Dans ce thriller sensuel et violent, Viviane Moore nous entraîne au côté de son héroïne dans un univers urbain insolite, à mi-chemin entre Londres, Mitrovica et Tokyo.

Extrait

“La sonnerie hurlait, grimpant dans les aigus. Malgré l’étroitesse du couloir, les voisins s’étaient massés devant la porte. Ils attendaient en silence. La Mort était une curiosité, une rareté : un corps écrasé ou carbonisé, un visage exsangue, une flaque de sang bien rouge… Ceux-là se pressaient dans l’espoir d’avoir leur part. 
Ils refluèrent précipitamment devant l’arrivée des îlotiers, quatre hommes armés, menés par un inspecteur au visage las. Pour lui, c’était le seizième appel de la matinée. Suicides et meurtres se succéderaient ainsi jusqu’à la nuit, où d’autres flics prendraient leur place.
Mais cette fois, c’était autre chose, cette stridence annonçait la mort d’un joueur. Et les flics détestaient ça. Ils haïssaient ce qui leur échappait. Et ceux-là, quelques millions de par le monde, ne mouraient jamais comme les autres… Surtout ces derniers temps.
Ils vivaient enfermés, les yeux brûlés par les images vidéo. Ils se retrouvaient entre eux sans jamais sortir de leur chambre pour des parties qui les gardaient éveillés des jours durant. Ils oubliaient tout simplement de s’alimenter, de boire ou de se chauffer et s’éteignaient dans la lumière bleutée de leurs écrans muraux…”

Mon avis

D’abord une petite mise en place :
Un monde futur… détruit… post-apocalyptique sans apocalypse simplement les humains ont détruit la nature…
Ne reste que des survivants, divisés en « catégories » : Ilianday est une « agissante » – elle vit dans le monde réel et mène des enquêtes ou recherche des antiquités. Day-Off est un « enfermé » – il vit dans un monde virtuel où il se sent tout-puissant mais son corps est enfermé dans une combinaison qui n’est, en définitive, qu’un cercueil. Une affinité qu’ils ne comprennent pas eux-mêmes s’est créée entre ces deux personnages. Aristote est un « joueur », virtuose des jeux du monde virtuel. Kilney est un flic au bout du rouleau, il a jadis été l’amant d’Ilianday et ils sont dans cette affaire amenés à travailler ensemble…
Dans cet univers noir et impitoyable, qui donc tue?

Au départ, il faut entrer dans cet univers, je lis beaucoup de SF donc pas de problème pour moi. On s’attache tout de suite à Ilianday qui est une battante. On frissonne à la pensée que cet univers sombre et cruel est peut-être notre futur…

J’ai été captivée par le monde décrit par Viviane Moore et, oui, j’ai vraiment aimé cette lecture…

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Classé dans Littérature française

Cérémonies barbares / Elizabeth George

 

Présentation de l’éditeur

La découverte, dans un cimetière de campagne, du corps nu et torturé d’un jeune pensionnaire de Bredgar Chambers fait voler en éclats la quiétude feutrée du prestigieux établissement.

Chargés d’élucider l’affaire, l’inspecteur Thomas Lynley et le sergent Barbara Havers vont enquêter dans l’école privée plusieurs fois centenaire, où les maîtres mots sont honneur et droiture. Qui a assassiné le petit Matthew Whateley, et pourquoi ? Comment se fait-il que son cadavre ait été retrouvé si loin de l’école ? Pourquoi, dûment muni d’une autorisation de sortie pour le week-end, a-t-il menti sur sa destination ? A mesure qu’ils interrogent pensionnaires et membres du personnel, les deux enquêteurs de Scotland Yard prennent conscience qu’il se passe des choses bizarres, voire monstrueuses, au sein de cette petite communauté de privilégiés.

 

Extraits

« Au début, ça n’avait pas été exactement le cas. La peur l’avait fait se taire. Car il n’avait pas fallu longtemps pour que le bruit se répande chez les petits quatrièmes : Matthew Whateley avait été torturé avant de mourir. Harry n’était pas particulièrement courageux, la peur de connaître le même sort que son ami avait suffi à lui faire tenir sa langue. Mais la peur avait bientôt cédé le pas au chagrin. Chagrin né du fait que Harry savait avoir joué un rôle décisif dans le malheur qui avait frappé son copain. »

« Elle examina la photo du garçonnet tandis que Lynley vidait le cendrier que Corntel et elle avaient réussi à remplir pendant l’entretien. Il l’essuya soigneusement à l’aide d’un mouchoir en papier.
— Seigneur, vous êtes de plus en plus intolérant par rapport au tabac, inspecteur, ronchonna Barbara. Vous voulez peut-être que je me fasse tatouer un F comme fumeur sur la poitrine ?
— Nullement. Mais de deux choses l’une : ou je nettoie le cendrier ou je me mets à le lécher sauvagement, de frustration. Le vider me semble encore la solution la plus acceptable.
Relevant la tête, il sourit. Bien qu’exaspérée, elle éclata de rire.
— Pourquoi avoir arrêté de fumer ? Pourquoi ne pas choisir de mourir prématurément comme nous autres, grands fumeurs ? Plus on est de fous, plus on rit. Vous connaissez le dicton. »

 

Mon avis

J’ai aimé les premiers romans policiers d’Elizabeth George dont fait partie ce livre paru en 1990. Les descriptions des lieux ne me gênent pas, elles mettent en place le décor, ses deux enquêteurs sont bien choisis, le contraste entre eux les stimule et ce bouquin-ci est particulièrement intéressant! Un peu d’humour allège un peu le côté sombre mais le suspense est maintenu jusqu’aux dernières pages…

A lire donc, avec – je crois – beaucoup de plaisir!

Je trouve dommage qu’à présent – est-ce pour respecter une mode? – cet auteur nous ponde des romans de plus de 500 pages avec tellement de personnages secondaires qu’on ne sait plus qui ils sont ni à quoi ils servent…

 

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Classé dans Littérature américaine (USA)

Le dernier apprenti sorcier / Ben Aaronovitch (suite de la série)

 

Résumé

Comme tous les matins, vous prenez votre métro ou votre train de banlieue pour gagner le centre-ville de Londres où vous attend une rude journée de travail. L’attente, les bousculades, la morosité des autres voyageurs sont votre lot quotidien. Même l’occasionnel illuminé qui braille et gesticule ne vous émeut plus. Mais là, c’est différent : qui sont ces étranges personnages vêtus de façon anachronique qui, tous, essaient de vous communiquer un message urgent? Le plus curieux, c’est que vous oubliez presque aussitôt leur existence… Hum, de quoi parle-t-on déjà?Aucun doute, cela relève du domaine de compétence de l’agent Peter Grant, pour l’occasion accompagné d’une stagiaire encombrante et d’un chien détecteur de fantômes à la fiabilité toute relative…

Mon avis

Dans cette série qui me plait beaucoup, voici un épisode – trop court à mon avis pour être qualifié de roman, nous dirons une longue nouvelle – qui est plutôt dans le même univers mais sans faire partie du fil principal. On y découvre un peu plus Abigail, la cousine « à la mode de Bretagne » de Peter qui, je l’espère, va finir par faire partie des personnages des romans de l’auteur. Et pourquoi pas une apprentie sorcière?

Cet épisode se place chronologiquement entre le 5e roman et le 6e.

Nouveau look aussi pour les couvertures, l’éditeur a repris les couvertures de l’édition anglaise… Je ne sais pas si je préfère celles-ci, je dois dire que j’aimais bien les premières éditions en français…

Wait and see…


 

 

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Classé dans Littérature anglaise

Les disparus / Daniel MENDELSOHN

 

4e de couverture

Extraits

 

« c’était un 29 février : un jour qui n’existe pas la plupart du temps, un jour qui, comme un vaisseau fantôme dans un conte, surgit de nulle part pour disparaître avant qu’on ait eu la chance de saisir ce que c’était ; un jour hors du temps. »

 

Mon avis

Un livre que j’ai commencé pas convaincue de le finir (gros pavé de 930 pages) pas spécialement pour le nombre de pages (j’en lis de bien plus imposants) mais parce que je pensais : peut-on écrire autant de pages sur des gens disparus depuis plus d’une cinquantaine d’années?

Mais voilà cette enquête est passionnante et tout ce travail, ces interviews de personnes très âgées qui ont parfois refoulé leurs souvenirs pendant toutes ces années et ces souvenirs patiemment assemblés finiront par donner leur réponse à l’auteur, à sa famille et à nous, lecteurs qui avons eu l’impression d’appartenir à cette famille…

J’ai aussi appris des tas de choses sur l’holocauste ; il ne faudrait jamais oublier pour que jamais, jamais cela ne se reproduise… et pourtant!

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Classé dans Littérature américaine (USA)

Les aventures d’Aldo Morosini / Juliette Benzoni

Cette série, parue sur plusieurs années (1994-2016) volume par volume, met en scène le prince Aldo Morosini qui est devenu après la première Guerre mondiale un antiquaire spécialisé dans les bijoux anciens. Suspense, amours, trahisons et secrets historiques foisonnent dans cette série où se mêlent vérité historique et histoire romancée. Voici une réédition bienvenue!

Premier volume :
L’Etoile bleue.
La Rose d’York.
L’Opale de Sissi.
Le Rubis de Jeanne la Folle.
Les Émeraudes du Prophète.
La Perle de l’Empereur.
Les Joyaux de la sorcière.

 

Second volume :
Les » Larmes  » de Marie-Antoinette.
Le Collier sacré de Montezuma.
L’Anneau d’Atlantide.
La Chimère d’or des Borgia.
La Collection Kledermann.
 » Les Trois Frères « .
Le Diamant de Bourgogne.
Le Vol du Sancy.

 

Extraits :

 » Morosini prit entre ses doigts le lourd bracelet moghol où, enchâssée dans de l’or ciselé, une profusion d’émeraudes et de perles enveloppait d’une folle végétation un bouquet de saphirs, d’émeraudes et de diamants. Il le caressa un moment puis, le posant devant lu, il attira d’une main une forte lampe placée sur un coin de son bureau et l’alluma pendant que, de l’autre, il encastrait dans son orbite une loupe de joaillier.
Violemment éclairé, le bracelet se mit à étinceler de feux qui allumèrent des éclats bleus et verts aux quatre coins de la pièce. On aurait dit qu’un volcan miniature venait de s’ouvrir au coeur d’une toute petite prairie. » – L’étoile bleue

« – Ce n’est pas parce que ce malheureux est affligé d’une femme à moitié folle qui préfère le fan-tan au bridge et court la nuit les quartiers interlopes qu’il faut le soupçonner d’abriter des pensées inavouables. En fait, son plus gros défaut est d’avoir une sale gueule, mais ça non plus ce n’est pas sa faute ! » – La Rose d’York

 » Plus remarquable encore était la femme qui fixa l’attention du prince. Son port était celui d’une altesse et, en la regardant, Morosini évoqua certain portrait de la duchesse d’Albe peint par Goya. Elle était à la fois vêtue et masquée de dentelles noires: une sorte de mantille retombant de sa haute coiffure un peu plus bas que la bouche. Ses longs gants étaient taillés dans le même tissu léger et sombre qui faisait ressortir l’éclatante blancheur d’une peau sans défaut. Aucun autre bijou qu’une broche scintillant d’un éclat magique dans les dentelles mousseuses au creux d’un magnifique décolleté. Un éventail était posé sur le rebord de velours rouge de la loge. » – L’opale de Sissi »

 » De Lisa jamais il ne se lasserait. Il le sentait bien aux poussées de jalousie primitive qui torturaient ses nuits à la savoir si loin de lui, si proche d’inconnus dont il ignorait s’ils la respecteraient. Pour se calmer il évoquait alors les deux années vécues auprès de ce corps adorable sans en soupçonner la grâce, empaqueté qu’il était dans les vêtements à peu près informes de « Mina Van Zelten » dont même Plan-Crépin ne se fût pas accommodée. Alors il oubliait sa souffrance et il souriait… C’était, à tout prendre, un bon remède pour éviter de devenir fou… » – Les émeraudes du Prophète

 » Légende ou réalité, on chuchote depuis longtemps qu’au moment du cataclysme qui a englouti l’Atlantide, régnait sur ce qui n’était qu’une colonie de terre ferme une femme d’une extraordinaire beauté, d’une vaste intelligence, douée comme la Cassandre troyenne de la faculté de prédire l’avenir. » – L’anneau d’Atlantide

Mon avis :

Je viens de re-lire les aventures d’Aldo Morosini, le prince-antiquaire de Juliette Benzoni. C’est qu’elles sont passionnantes, ces histoires : un mélange de lieux exotiques fort bien décrits, d’enquêtes sur des crimes, de courses à travers l’Europe et le Moyen-Orient, tout cela dans l’ambiance des années 20 – les années folles – et le luxe des palaces de l’époque…

Je prend toujours beaucoup de plaisir à relire cette saga, ça ne me dérange pas de connaître le futur des personnages. Et ces personnages sont particulièrement bien choisis pour mettre de l’ambiance, de l’action, de la romance, du suspense et de l’humour!

Juste un bémol, on aurait pu se passer du dernier titre « Le vol du Sancy », nettement moins bon que tous les autres…

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Classé dans Littérature française

Retour sur une série : Le dernier apprenti sorcier / Ben Aaronovitch

Je vous ai déjà parlé de cette série fort originale qui m’avait beaucoup plu :

  • Ce roman mélangeant polar et magie est de l’Urban Fantasy de bonne facture et totalement jubilatoire : humour anglais (j’aime !) et rapports parfois compliqués entre l’inspecteur « So British » Nightingale et le jeune Peter intéressé par l’électronique et essayant d’appliquer des théories scientifiques à la magie !
  • Une imagination extraordinaire mais c’est si bien présenté que parfois on se dirait même « Et si c’était vrai… » 😉

Vous pouvez revoir l’article ici : https://ocyaran.wordpress.com/2013/04/23/le-dernier-apprenti-sorcier-ben-aaronovitch/

Voici la suite :

Quatrième de couverture :

La découverte d’un corps mutilé dans la banlieue de Londres fait monter d’un cran la paranoïa ambiante, d’autant que la méthode rappelle furieusement celle de l’Homme sans visage, ce magicien fou déjà connu des services de police.
Enfin, pas de tous les services, juste de celui des affaires surnaturelles, dont le représentant le plus actif, l’agent Peter Grant, est aussi le dernier apprenti sorcier de Londres.
A peine débutée, son enquête va s’enrichir de nouveaux éléments à première vue sans rapport avec le crime, mais qui tous mènent au quartier d’Elephant and Castle ; plus précisement à un ensemble d’immeubles conçu par un architecte dérangé et habitué par tout ce que la capitale britannique compte de désespérés…

Nourri à l’eau de la Tamise dès sa naissance en 1964, Ben Aaronovitch persiste et signe un hommage assumé à la capitale de tous les imaginaires. La série du « Dernier apprenti sorcier », qui compte désormais 4 volumes en français, est en cours d’adaptation à la télévision britannique par la BBC.

 

Extraits :

« Je vous propose un marché, Peter. Faites de réels progrès dans vos études, et je vous dirai où trouver les notes du dernier cerveau qui a rempli le labo de… De rats, essentiellement, mais je crois me souvenir de quelques chiens dans sa ménagerie.
– Quel genre de progrès?
– Plus convaincant que ce que je vois en ce moment.
– J’aimerai aussi parcourir ce dossier, intervint le Dr Walid.
– Alors, vous devriez encourager Peter à travailler plus.
– C’est un homme diabolique, dis-je.
– Et fourbe », Ajouta le Dr Walid.
Nightingale nous regarda placidement par-dessus le bord de sa tasse de thé.
« Diabolique et fourbe », répétai-je »

« Dans les années cinquante et soixante, le pouvoir en place avait fait un effort concerté pour débarrasser Londres de sa classe ouvrière. La ville perdait rapidement son industrie ; les merveilles technologiques de l’ère de l’électroménager remplaçaient les nombreux domestiques indispensables à la bonne marche d’une demeure de l’Angleterre édouardienne. Londres n’avait tout simplement plus besoin d’autant de pauvres. Du jour au lendemain, la population de Crawley, jusqu’alors un petit bourg médiéval, a augmenté de soixante mille habitants, logés dans de solides maisons mitoyennes. Ma mère et mon père auraient adoré y vivre. Mais ils n’auraient jamais pu se passer de la scène jazz de Londres, de Peckham Market et des expatriés de Sierra Leone, ou du moins ceux à qui ma mère adressait encore la parole – une bonne moitié donc. »

 

Mon avis :

Un tout petit peu moins passionnant que le troisième, ce roman est tout de même fort agréable à lire et le final relance la série – je n’en dirait pas plus… 🙂

 


Quatrième de couverture :

L’agent Peter Grant, dernier apprenti sorcier et brillant enquêteur de la Police Métropolitaine de Londres – la Métro, pour les intimes – quitte cette fois la capitale britannique pour se rendre dans une petite bourgade du Herefordshire où les forces de police locales échouent à enrayer la vague d’enlèvements d’enfants dont leur communauté est victime.
Assisté de Beverley Brook, Peter se retrouve bientôt embourbé jusqu’au cou dans une affaire pour le moins louche. Passe encore le danger omniprésent, la mauvaise humeur des flics du coin, la franche hostilité des dieux locaux…mais des boutiques qui ferment à 4 heures de l’après-midi ?! Quelle horreur !

 

Extraits :

« Par ailleurs, quelques jours à la campagne vous feront le plus grand bien.
— Ben voyons. Rien de tel qu’un bon kidnapping pour me remonter le moral.
— Exactement », conclut Nightingale. »

« Beverley avait enfilé un jean et un justaucorps en cuir trop grand pour son corps menu. Elle avait noué ses dreadlocks dans une natte qui lui tombait dans le dos, et portait d’anciennes lunettes de protection en cuir et en cuivre remontées sur le front.
– Les mains sur la tête, ordonna-t-elle, et écartez-vous de mon copain.
La Reine siffla, serrant la corde plus fort.
– Ça m’est égal, répondit lentement Beverley. Il n’est pas libre de passer ce genre de marché.
– Néanmoins, répliqua la Reine, il en a accepté les termes ; il doit les honorer.
– Mesdames, dis-je.
– Peter, me coupa Beverley, occupe-toi de tes fesses. »

 

Mon avis :

Un volume de transition mais aussi le plaisir de retrouver Beverley, beaucoup plus présente dans ce tome-ci… 🙂 On attend la suite avec impatience…

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Classé dans Littérature anglaise