Archives de Tag: COUP DE COEUR!

Fantômes d’hiver / Kate Mosse

Présentation de l’éditeur :

La Grande Guerre a fauché toute une génération, tué net tant de futurs. Dans le cas de Freddie Watson, jeune Anglais du Sussex, elle lui a pris son frère bien-aimé et ce faisant, lui a volé la paix de l’esprit. Hanté par cette disparition, craignant pour sa santé mentale, il erre sans savoir comment échapper à cette douleur qui le paralyse.
Durant l’hiver 1928, Freddie voyage dans le Sud de la France, une autre région qui a vu couler trop de sang au cours des siècles, quand sa voiture quitte la route durant la tempête. Encore sous le choc, il s’enfonce en chancelant dans les bois et trouve refuge dans un village isolé. Là, lors d’une étrange soirée, il rencontre Fabrissa, une belle jeune femme qui pleure elle aussi toute sa génération perdue.
Au cours d’une seule et même nuit, Fabrissa et Freddie se confient mutuellement leur histoire. Au point du jour, Freddie se retrouve devant un mystère déchirant dont lui seul détient la clef.
Tour à tour palpitant et obsédant, Fantômes d’hiver est l’histoire de vies éprouvées par la guerre, transformées par le courage, rachetées par l’amour.

Extraits :

« La beauté des vallées de l’Ariege que j’avais traversées la veille cédait la place à un paysage de grottes et de falaises plongeantes évoquant des temps préhistoriques. Rochers et forêts mordaient presque sur la route, comme pour revendiquer ce que l’homme leur avait pris. »

« Les morts laissent une ombre derrière eux, l’espace où ils vécurent résonne encore de leur écho. Ils nous hantent, sans jamais s’effacer ni vieillir comme nous le faisons. Ce n’est pas seulement leur futur que nous pleurons, c’est aussi le nôtre. »

Mon avis :

Un conte beau et triste que j’ai lu d’une traite (254p.). Encore un hasard et un coup de coeur… J’ai lu deux romans de cet auteur avec plaisir mais pas de la même façon que celui-ci, faussement appelé « Thriller » par Le livre de poche! Ce n’est pas du tout un thriller, ce roman nous fait réfléchir sur la vie, la mort, l’amour et le deuil d’un être aimé…
C’est un conte du début du 20e siècle et l’écriture correspond bien à cette époque (pour moi performance de l’auteur).
Pas besoin d’en dire plus pour vous faire comprendre que j’ai beaucoup aimé…

Poster un commentaire

Classé dans Littérature anglaise

Du sel sous les paupières / Thomas Day

Présentation de l’éditeur :

Saint-Malo, 1922. Sous la brume de guerre qui recouvre l’Europe depuis la fin de la Grande Guerre, Judicaël, seize ans, tente de gagner sa vie en vendant des illustrés. Mais, pour survivre et subvenir aux besoins de son grand-père, il lui arrive de franchir légèrement les bornes de la légalité. Jusqu’au jour où il rencontre la belle Mädchen. Et lorsque celle-ci disparaîtra, Judicaël fera tout pour la retrouver, en espérant qu’elle n’ait pas croisé la route d’un énigmatique tueur d’enfants surnommé le Rémouleur.

Thomas Day livre avec Du sel sous les paupières une fresque mêlant uchronie, steampunk et fantasy mythologique. Une bouleversante histoire d’amour et d’amitié, un conte de fées qui nous entraîne des remparts de Saint-Malo à la mythique forêt de Killarney, en passant par Cork et Guernesey.

Grand prix de l’Imaginaire – Roman Francophone – 2013

Extraits :

« Saint-Malo restait une ville d’histoires, de rumeurs et de légendes. La guerre n’y avait rien changé. Et il était fort probable que la disparition de la brume de guerre et une paix durable n’y changerait rien. Avec ses remparts, ses bateaux et ses fameux corsaires, Saint-Malo faisait rêver depuis des siècles et attirait dans ses filets, avec une facilité déconcertante, les êtres d’exception. »

« Ne m’abandonne pas, car moi je n’aurai pas besoin de me glisser du sel sous les paupières pour te pleurer. »

Mon avis :

Un livre qui est venu à moi en quelque sorte, il m’attendait sur une table dans une bourse de livres gratuits organisée par la bibliothèque, le titre a accroché mon regard et c’était comme s’il me disait « Prends-moi ».
Un livre inattendu, pas dans le style habituel de l’auteur, il mélange les codes : Uchronie puis Steampunk, il glisse très vite vers la Fantasy celtique avec un soupçon de romance… Je comprends que les lecteurs non habitués aux littératures de l’Imaginaire soient déconcertés! Mais quelle belle aventure justement dans ce monde où on retrouve des pages de notre histoire et des contes subtilement différentes et comme l’auteur nous y fait bien entrer…
Vous aurez compris que j’ai beaucoup aimé ce court roman et que j’ai fermé sa dernière page avec regret…

Poster un commentaire

Classé dans Littérature française

Les futurs mystères de Paris / Roland C. Wagner

A savoir d’abord…

C’est avec un humour tantôt grinçant, tantôt désopilant que Roland C. Wagner s’attache, depuis le début des années 1980, à dénoncer les dérives de l’impérialisme au travers de textes engagés comme La saison de la sorcière ou Pax Americana. Ce qui ne l’empêche ni de rêver à des mondes lointains (Le chant du Cosmos, Les aventuriers des étoiles), ni de s’amuser (Les futurs mystères de Paris, L.G.M.).

Grand Prix de l’Imaginaire, pour l’ensemble de la série

« Qualités d’écriture et narration généreuse confirment, si besoin en était, que Roland C. Wagner est un fantastique conteur. » – Galaxies

« La sortie en 1996 de La Balle du Néant, premier tome réédité chez l’Atalante, du (futur) cycle des Futurs mystères de Paris (en références à Eugène Sue, Léo Malet et Frédéric Dard) fut une des heureuses surprises d’alors dans un paysage SF francophone assez atone. Préfigurant une mode du polar-sf qui bat actuellement son plein, Roland Wagner crée, avec le personnage de Tem, une figure de private eye unique au monde puisque affublé d’un handicapant « talent » de « transparence ». À elle seule, cette idée est un trait de génie comique et littéraire et une contrainte étonnante en termes de menée du récit policier car elle implique de mobiliser un brio parfois quasiment oulipien. La réédition à l’Atalante de ce premier tome (et des suivants ainsi que d’un tout nouveau intitulé Babaluma) de ce qui est devenu un cycle majeur dans l’œuvre du prolifique Roland Wagner (répartie à l’heure où ces lignes sont écrites en onze nouvelles et novellas et sept romans) est une heureuse nouvelle à bien des égards : d’abord l’iconographie de couverture, comme à l’ordinaire chez L’Atalante, superbe, nous offre une représentation de Tem dans son habit de couleur, bien plus belle que sur celle de l’édition originale au Fleuve Noir (à garder tout de même en collector). Ensuite c’est une occasion de découvrir ou de redécouvrir l’univers si foisonnant qu’il ne peut être décrit en quelques lignes et totalement stupéfiant, tant à cause de la « psychosphère » que des marottes – drogues, rock – de cet auteur qui se nomma jadis Red Deff, dans lesquels Tem évolue.
Notons que quelque part (on ne dira pas où) dans le cycle se trouve – c’est aux fans de la première heure que je m’adresse – l’explication de la fameuse et intrigante « rande terreur primitive ». Le cycle des « Futurs Mystères » a été gratifié d’un Grand Prix de l’Imaginaire en 1999 : remarquons que c’est injuste, car insuffisant. La créativité et le talent délirant de l’auteur, comme son habileté à se sortir d’intrigues compliquées – La Balle du Néant offre ainsi une nouvelle version d’énigme en chambre close –, font de Roland Wagner l’égal de ses maîtres en « mystères » : un de nos grands auteurs de littérature populaire. » – Francis Mizio
Site des éditions « L’Atalante »
https://www.l-atalante.com/catalogue/la-dentelle-du-cygne/la-balle-du-neant-9782841722075/

1 – La balle du néant + S’il n’était vivant (nouvelle)

Présentation de l’éditeur :

Paris, 2063. Un demi-siècle après la Grande Terreur primitive, cette période de folie et d’horreur qui, semble-t-il, a eu pour résultat d’apaiser l’humanité, les meurtres sont de plus en plus rares. Pourtant, un physicien travaillant pour l’armée a été mystérieusement assassiné dans une pièce fermée de l’intérieur. Dans un monde où les sectes pullulent, où toutes les drogues sont en vente libre et où les crédits de la police s’amenuisent d’année en année, Tem, détective privé de son état, mène l’enquête. Il est aidé de la seule intelligence artificielle capable de vivre hors de la cybersphère. Mais parviendra-t-il à échapper à la Balle du Néant lorsque celle-ci décidera de frapper ?

Extrait :

« Imaginez que vous vous promenez sur un trottoir au milieu de la foule. Vous ne pourrez jamais prêter attention à toutes les personnes que vous croiserez ; il en subsistera une certaine proportion que vous ne remarquerez même pas, sinon sous la forme de silhouettes noyées dans la masse.
Eh bien, pour le commun des mortels, je fais le plus souvent partie de ces silhouettes. Ma sœur Rivière Paisible du Matin Calme aime à dire que je « glisse entre les mailles du tissu de la réalité ». Si j’ai affaire à des individus sensibles à mon Talent – et à condition de ne pas être attifé à ce moment-là comme le croisement d’un clown et d’un épouvantail –, je peux me faufiler parmi eux, traverser leur champ visuel, voire les toucher sans qu’ils s’en rendent compte.
Très pratique pour les filatures, pensez-vous. Mais imaginez mon calvaire dès lors qu’il s’agit d’interroger des témoins. »

Mon avis :

Premiers pas dans l’univers de Tem (Temple sacré de l’aube radieuse) où on fait la connaissance de ce détective privé qui s’est lancé dans cette carrière après avoir lu Léo Malet, il a donc pris Nestor Burma comme modèle…
On fait connaissance avec les particularités de cet univers à la fois proche et très lointain dans le temps et c’est un plaisir. Les personnages sont « vivants », on s’y attache très vite…
Un plaisir de lecture qui donne bien envie de lire la suite…

2 – Les ravisseurs quantiques + Le réveil du parasite (nouvelle)

Présentation de l’éditeur :

Paris, 2063. L’homme au chapeau vert fluo enquête sur la disparition d’une jeune fille enrôlée dans la secte des  » copistes « . Avec l’aide inestimable de Gloria, l’intelligence artificielle anarchiste, fondatrice du Collectif Louise Michel pour la libération des citoyens virtuels. 

Extrait :

 » Mon nom est Temple Sacré de l’Aube Radieuse, mais vous pouvez m’appeler Tem.
Pour cent euros par jour plus les frais, vous pouvez aussi louer mes services. Je suis détective privé. Mon atout majeur ? Le Talent de transparence qui me permet de passer inaperçu. Mais qui m’oblige aussi à des efforts vestimentaires pour ne pas passer inaperçu. « 

Mon avis :

Le plaisir de la lecture continue…

3 – L’Odyssée de l’Espèce + Recristallisation (nouvelle)

Présentation de l’éditeur :

Paris, 2063. Harcelé par l’antipathique inspecteur Trovallec dit « le Dénébien », c’est pour se disculper d’une accusation de meurtre que doit enquêter cette fois Temple Sacré de l’Aube Radieuse, le détective millénariste au chapeau vert fluo. Où l’on pénètre la complexité de la psychosphère et où la Grande Terreur de 2013 apparaît sous un éclairage nouveau. Où se profile aussi l’ombre menaçante de Dragon Rouge, un archétype « fondamentalement archaïque ». L’enjeu ? Rien moins que le destin éthique de l’humanité. La richesse et l’originalité de ce roman lui ont valu une moisson de prix littéraires. 

Extrait :

« Telle était l’odyssée de notre espèce. Naissant au bord d’un lac en Afrique orientale, puis se répandant et se diversifiant à travers toute la planète… Échanges de gènes et de vocables, influences mystiques, enrichissement culturel… Mais aussi guerres, massacres, spoliation, esclavage, déplacements de population… Ainsi que les souffrances qui les accompagnaient… Tout cela s’était inscrit dans la Psychosphère. Tout cela – et bien d’autres choses encore. Tout ce qui faisait l’Homme. »

Mon avis :

Un roman tout à fait réussi et bien construit qui relance l’intérêt de suite. Plusieurs prix littéraires mérités [prix Rosny Aîné 1998, prix Ozone 1998, grand prix de l’Imaginaire 1999].

4 – L’Aube incertaine

Présentation de l’éditeur :

En 2064, les multinationales règnent sans partage sur un monde d’où toute trace de criminalité a été éliminée. Enfin, presque, car aujourd’hui, Tem, le privé transparent, enquête sur une vague de décès suspects qui frappe les jeunes artistes du Délirium, un courant alternatif très populaire. L’affaire se révèle plus compliquée qu’il n’y paraît de prime abord, d’autant que le talent de Tem fait à nouveau des siennes : le voilà devenu cette fois presque totalement invisible !

Extrait :

« En apprenant, au début de l’automne précédent, que mon portrait avait été reproduit sur le wèbe à des millions d’exemplaires, je m’étais fait la réflexion que, cette fois, j’aurais un certain mal à me faire oublier. Je ne me trompais pas, même si je n’avais pas imaginé que les conséquences de la mensongère campagne multimédiatique dont j’avais été la victime continueraient à me poser des problèmes jusqu’au cœur de l’hiver.
Durant cette période de près de quatre mois, je me suis senti nettement moins transparent que d’habitude. Et je l’étais, sans nul doute. Plus besoin de coiffer un borsalino vert fluo ou de chausser des babouches aussi illuminées qu’un sapin de Noël pour que l’on me remarquât ; de toute manière, je n’avais plus de chapeau, le mien ayant terminé sa carrière dans le sang répandu d’un vieil homme assassiné – ce qui, soit dit en passant, m’avait valu quelques ennuis.
Bien que cette opacité présentât quelques avantages, dans l’ensemble, elle me posait essentiellement des problèmes. C’est très pratique que l’on prenne aussitôt conscience de votre présence lorsque vous faites vos courses ou effectuez une démarche administrative, mais cela devient un sérieux handicap dans le cas d’une filature – surtout si vous avez, comme moi, la fâcheuse habitude de passer inaperçu, de glisser entre les mailles du tissu de la réalité… »

Mon avis :

On s’accroche de plus en plus à cette série de romans, chacun d’eux apporte un petit peu plus de détails sur ce monde à venir du passé…
En bref, L’Aube incertaine est très réussi et m’a beaucoup plu…

A SUIVRE…

Poster un commentaire

Classé dans Littérature française

Illianday / Viviane Moore

Présentation de l’éditeur

« Un mois déjà, un mois qu’il trouvait des pauvres types comme celui-là, les orbites noyées de sang . Ils pleuraient tous avant de mourir. »
Ilianday est une chasseuse de primes. Kilney est un flic au bout du rouleau. Pour lui, c’est le seizième appel de la matinée. Pour elle, c’est le début d’une étrange enquête, à la poursuite d’un tueur insaisissable qui laisse sur son chemin des cadavres aux yeux rivés sur leur écran. 
Dans ce thriller sensuel et violent, Viviane Moore nous entraîne au côté de son héroïne dans un univers urbain insolite, à mi-chemin entre Londres, Mitrovica et Tokyo.

Extrait

“La sonnerie hurlait, grimpant dans les aigus. Malgré l’étroitesse du couloir, les voisins s’étaient massés devant la porte. Ils attendaient en silence. La Mort était une curiosité, une rareté : un corps écrasé ou carbonisé, un visage exsangue, une flaque de sang bien rouge… Ceux-là se pressaient dans l’espoir d’avoir leur part. 
Ils refluèrent précipitamment devant l’arrivée des îlotiers, quatre hommes armés, menés par un inspecteur au visage las. Pour lui, c’était le seizième appel de la matinée. Suicides et meurtres se succéderaient ainsi jusqu’à la nuit, où d’autres flics prendraient leur place.
Mais cette fois, c’était autre chose, cette stridence annonçait la mort d’un joueur. Et les flics détestaient ça. Ils haïssaient ce qui leur échappait. Et ceux-là, quelques millions de par le monde, ne mouraient jamais comme les autres… Surtout ces derniers temps.
Ils vivaient enfermés, les yeux brûlés par les images vidéo. Ils se retrouvaient entre eux sans jamais sortir de leur chambre pour des parties qui les gardaient éveillés des jours durant. Ils oubliaient tout simplement de s’alimenter, de boire ou de se chauffer et s’éteignaient dans la lumière bleutée de leurs écrans muraux…”

Mon avis

D’abord une petite mise en place :
Un monde futur… détruit… post-apocalyptique sans apocalypse simplement les humains ont détruit la nature…
Ne reste que des survivants, divisés en « catégories » : Ilianday est une « agissante » – elle vit dans le monde réel et mène des enquêtes ou recherche des antiquités. Day-Off est un « enfermé » – il vit dans un monde virtuel où il se sent tout-puissant mais son corps est enfermé dans une combinaison qui n’est, en définitive, qu’un cercueil. Une affinité qu’ils ne comprennent pas eux-mêmes s’est créée entre ces deux personnages. Aristote est un « joueur », virtuose des jeux du monde virtuel. Kilney est un flic au bout du rouleau, il a jadis été l’amant d’Ilianday et ils sont dans cette affaire amenés à travailler ensemble…
Dans cet univers noir et impitoyable, qui donc tue?

Au départ, il faut entrer dans cet univers, je lis beaucoup de SF donc pas de problème pour moi. On s’attache tout de suite à Ilianday qui est une battante. On frissonne à la pensée que cet univers sombre et cruel est peut-être notre futur…

J’ai été captivée par le monde décrit par Viviane Moore et, oui, j’ai vraiment aimé cette lecture…

Poster un commentaire

Classé dans Littérature française

Célestopol / Emmanuel Chastellière

Présentation de l’éditeur (Libretto)

Célestopol, cité lunaire de l’empire de Russie, est la ville de toutes les magnificences et de toutes les démesures. Dominée par un duc lui-même extravagant, mégalomane et ambitieux, elle représente, face à une Terre en pleine décadence, le renouveau des arts et la pointe du progrès technologique. On y suit des habitants en quête d’émancipation, rebelles, insoumis – à l’image de la métropole –, qui portent en eux des colères intimes et des fêlures profondes.
Dans ce volume de fantasy d’influence steampunk, l’auteur nous livre un hommage décalé et ambitieux au romantisme slave.

Extraits

« Célestopol se voulait un phare dans la nuit, la démonstration grandiose et boursouflée de la puissance de la volonté humaine, de son intelligence, de ses passions, y compris les plus inavouables.« 

« Nous savons toutes les deux que Nikolaï en aime une autre, n’est-ce pas ? Et pas de chance pour vous comme pour moi, elle a gagné depuis longtemps puisqu’elle est morte. C’est injuste pour lui comme pour elle, mais Nikolaï ne la voit plus comme celle qu’elle était vraiment. Il aime une image, un mirage. Je ne peux pas me battre avec un souvenir nourri de regrets. (Elle sourit, encore.) Je ne veux pas.« 

Mon avis

Une découverte, un vrai coup de coeur!

Célestopol est un recueil de nouvelles, pour moi du genre Uchronie Steampunk, entre La Lune seule le sait de Johan Héliot et Le Paris des Merveilles de Pierre Pevel que j’ai beaucoup aimé aussi.

Imaginez un monde où l’Histoire a évolué différemment du notre et où l’Empire russe a conquis la moitié de l’Europe que l’Allemagne ne s’est pas attribuée ; la France, vaincue s’est repliée outre-Atlantique où Napoléon s’est taillé un empire appelé Nouvelle-France qui englobe une grande partie de l’Amérique du Nord.
La Russie a découvert un moyen de locomotion pour l’espace grâce à une matière découverte sur la Lune et y a construit une cité : Célestopol.
Nous sommes au début du 20e siècle, le Duc Nikolaï Romanov règne sur la cité lunaire que nous découvrons au fil des nouvelles dont les dates s’échelonnent de 1901 à 1932…

C’est la première fois depuis très longtemps que je dévore un recueil de nouvelles quasi d’une traite, juste une petite pause entre chaque texte pour me préparer à changer de personnages – quoiqu’on en retrouve certains – et de lieux de la ville – cadre essentiel de ce livre…

L’ambiance de la ville est cosmopolite mais l’ensemble des nouvelles est, à mon avis, imprégnée de mélancolie – à la fois espoir d’un monde meilleur et désespérance d’y parvenir…
Les personnages (même les automates) sont crédibles et bien « croqués », on s’y attache très vite. Le seul (tout petit) reproche que je peux faire est que, pour certains textes, j’aurais aimé une ou deux pages de plus vers la fin!

Même si vous aimez moins les nouvelles et même si vous n’aimez pas la SF, il faut lire Célestopol, c’est un bouquin qui vaut vraiment la peine…

J’ai acheté la nouvelle édition du livre (Libretto) mais je regrette bien de ne pas avoir la somptueuse couverture de Marc Simonetti de la première édition…

A voir, le site de l’auteur :
http://www.emmanuel-chastelliere.com/celestopol
Merci Monsieur Chastellière, j’ai adoré votre bouquin!

2 Commentaires

Classé dans Littérature française

Nightrunner / Lynn Flewelling (série 7 vol.)

Et encore un monde imaginaire vraiment bien ficelé!
Skala est un pays de ce monde, au gré des aventures des héros de ces livres, nous allons parcourir d’autres régions mais le royaume de Skala est le pivot de cette série.

Nightrunner 1 Les maîtres de l’ombre


Présentation de l’éditeur :

Lorsque Le jeune Alec de Kerry est emprisonné pour un crime qu’il n’a pas commis, il croit sa vie ruinée. C’est sans compter sur son étrange compagnon de cellule. Espion, voleur et noble à la fois, Seregil de Rhiminee est bien plus qu’il ne paraît. Lorsqu’il propose à Alec de devenir son apprenti, leurs vies changent à jamais. Alec découvre alors des routes inconnues qui mènent vers une guerre dont le tumulte ne l’avait jamais effleuré. Seregil et lui vont devoir s’infiltrer en territoire ennemi afin de découvrir quels complots s’y trament pour sauver la Couronne… ainsi que leurs propres vies. Mais la fortune est aussi imprévisible que le nouveau mentor d’Alec…

Extraits :

« L’ancien calendrier hiérophantique est divisé en années lunaires composées de douze mois de vingt-neuf jours, auxquels s’ajoutent quatre festivals saisonniers, qui durent chacun trois jours.
  Le Solstice d’hiver – fête de la plus longue nuit de l’année, et du retour annoncé des beaux jours. (Nuit du Deuil et Fête de Sakor à Skala.) Suivi de :
sarisin
dostin
klesin
Le Festival du printemps – préparation des semailles, fête de la fertilité de Dalna. (Festival des Fleurs de Mycena.) Suivi de :
lithion

nythin
gorathin
Le Solstice d’été – célébration du jour le plus long. Suivi de :
shemin
lenthin
rhythin
Le Retour des récoltes – fin de la récolte, temps des remerciements. (Grand Festival de Dalna en Mycena.) Suivi de :
erasin
kemmin
cinrin »
– Nightrunner 1 Les maîtres de l’ombre / Lynn Flewelling

« Les tortionnaires d’Asengai avaient des habitudes réglées comme du papier à musique : ils s’arrêtaient toujours au coucher du soleil. De nouveau enchaîné dans un petit coin de cette cellule pleine de courants d’air, Alec tourna son visage vers le mur dénudé et pleura jusqu’à en avoir mal à la poitrine.
Un vent froid venant des montagnes gémissait au travers des grilles au-dessus de sa tête, amenant avec lui la douce odeur de la neige à venir. Toujours en pleurs, le garçon se terra plus profondément encore dans la paille rance. Elle le grattait douloureusement là où il avait été frappé et où des bleus fleurissaient sur sa peau nue. Mais c’était mieux que rien et tout ce qu’il avait. » – Nightrunner 1 Les maîtres de l’ombre / Lynn Flewelling

Mon avis :

Un début assez classique pour cette série, les deux personnages principaux, Seregil et Alec font connaissance de façon assez inattendue dans un cul de basse fosse…

Nightrunner 2 Les traqueurs de la nuit

Présentation de l’éditeur :

Maître du subterfuge, voleur et noble à la fois, Seregil de Rhíminie a transmis à Alec de Kerry les plus grands secrets du métier. Ensemble, ils ont accompli de nombreuses missions sans cesser d’exposer leur vie au danger. Aujourd’hui, alors que leur pays d’adoption se prépare à la guerre, le magicien Nysander l’ancien, demande à Seregil d’affronter un ultime défi. Il confie à Seregil des informations devant à tout prix rester secrètes, sous peine de lui coûter la vie ainsi que celle d’Alec…

Extrait :

« Cet hiver-là, les vents auxquels se mêlait la neige fondue fouettaient la mer et rugissaient dans les rues sombre de Rhiminie. Comme arrachés par un gigantesque enfant furieux, des tuiles et des bardeaux mal cloués tombèrent avec fracas dans les rues et les jardins. Les arbres nus oscillaient, le claquement de leurs branches semblable à des os s’entrechoquant. Dans le port, sous la citadelle, les navires amarrés étaient si secoués qu’ils cognaient contre les digues. Que ce soit dans la ville haute ou basse, même les tenanciers des maisons closes ne tardèrent pas à fermer leurs volets » – Nightrunner 2 Les traqueurs de la nuit / Lynn Flewelling

Mon avis :

Un second volume passionnant où les personnages s’affinent. Cela nous donne envie de les retrouver bientôt…

Nightrunner 3 La lune des traîtres

Présentation de l’éditeur :

Au terme d’une bataille cataclysmique, Alec et Seregil ont décidé de quitter leur terre d’adoption, désormais hantée par trop de souvenirs douloureux. Pourtant, un appel désespéré de la reine vient mettre un terme à leur exil. La nouvelle mission de nos deux maîtres de l’espionnage : prendre part à une délégation diplomatique qui les entraînera dans le pays natal de Seregil. C’est dans ce royaume légendaire que ce dernier devra affronter les démons de son obscur passé, tandis qu’Alec se découvrira des origines insoupçonnées. 

Extrait :

Un couple d’hommes retint l’attention d’Alec au fil des danses. Ce n’était pas seulement leur adresse qui le captivait mais la façon dont ils semblaient s’étreindre du regard, en toute confiance, anticipant chaque figure et travaillant leurs gestes en parfaite harmonie. Il sentit sa gorge se nouer en les voyant effectuer une chorégraphie particulièrement sensuelle. Il savait sans qu’on ait besoin de le lui dire qu’ils étaient talimenios et qu’ils avaient vécu ces mouvements, cette fusion de leurs âmes pendant la plus grande partie de leur vie.
Il sentit Seregil poser sa main sur la sienne. Sans ressentir la moindre gêne, Alec la retourna afin que leurs doigts puissent s’entrelacer et laissa la musique parler à sa place. – Nightrunner 3 La lune des traîtres / Lynn Flewelling

Mon avis :

Et c’est ici qu’on rencontre des dragons! Je suis de plus en plus accroc à cette série…

Nightrunner 4 Le retour des ombres


Présentation de l’éditeur :

Après leur victoire en Aurënen, Alec et Seregil ont regagné Rhíminie. 
Mais difficile pour eux de s’y sentir à leur place, alors que la plupart de leurs amis sont morts ou en exil. Afin de tromper leur ennui, ils acceptent une mission qui les conduira de nouveau sur les terres natales de Seregil. Mais en chemin, ils tombent dans une embuscade, sont séparés et finissent vendus comme esclaves. Seregil s’accroche à la vie dans l’unique espoir qu’Alec soit toujours de ce monde. Quant à Alec, son étrange maître ne s’intéresse pas tant à lui qu’à son sang. En effet, son ascendance unique le rend capable de produire un trésor exceptionnel…

Extraits :

«  Tu es le voyageur qui porte son foyer dans son cœur.
Tu es l’oiseau qui fait son nid sur les vagues.
Tu ne seras le père de l’enfant d’aucune femme. »
 
Paroles adressées par l’oracle dragon de Sarikali à Alec í Amasa de Kerry »
– Nightrunner 4 Le retour des ombres / Lynn Flewelling

« Des changements notables s’étaient produits à la cour depuis la mort de la reine Idrilain, deux hivers plus tôt, même si son successeur, la reine Phoria, était absente la majeure partie de l’année, occupée à guerroyer en Mycena. Malgré les bénéfices évidents de la reprise du commerce avec Aurënen, la reine avait promulgué un décret qui interdisait l’usage à la cour des patronymes composés selon les coutumes aurënfays, qui étaient pourtant en vigueur depuis l’époque de la première Idrilain. Les styles méridionaux en matière de mode, de bijoux et de musique n’étaient plus en vogue. Les jeunes hommes se laissaient pousser la barbe et portaient les cheveux courts, à hauteur des oreilles.
Évidemment, la réaction de Seregil avait été de refuser de se couper les cheveux, qui dépassaient à présent ses épaules. Alec l’avait imité, mais il tressait les siens pour éviter qu’ils lui retombent sur le visage.
Pourtant, les produits aurënfays étaient très prisés au sein du peuple. Malgré tout ce que les nobles s’appliquaient à faire publiquement pour satisfaire leur nouvelle reine, les gens n’avaient rien perdu de leur goût pour les produits de luxe et les nouveautés. » – Nightrunner 4 Le retour des ombres / Lynn Flewelling

Mon avis :

J’ai un petit peu moins aimé ce tome, soyons justes il y a en première ligne le fait que la fin… n’en est pas une et qu’il a fallu longtemps (très longtemps) avant d’avoir la traduction de la suite…

Nightrunner 5 La route blanche

Présentation de l’éditeur :

Nobles décadents, espions hors pair et héros inattendus, Alec et Seregil ont survécu à l’exil, à la trahison et à la magie noire. Mais la route qui les attend va se révéler plus dangereuse que tout ce qu’ils ont connu jusque-là. Cernés par leurs ennemis, ils doivent cheminer sur l’étroit sentier entre le bien et le mal. Un seul faux pas pourrait leur être fatal…
Après avoir échappé à l’esclavage et à la mort en Plenimar, Alec et Seregil n’ont qu’une envie : retrouver leur existence d’oiseaux de nuit à Rhíminie. Mais ils sont contraints de jouer les nourrices pour Sebrahn, une étrange créature conçue par alchimie, le fameux « enfant d’aucune femme » annoncé par la prophétie. Sa peau blanche comme la lune et ses pouvoirs terrifiants mettent en danger tous ceux qui approchent ses protecteurs… ne leur laissant d’autre choix que de découvrir les secrets de la véritable nature de Sebrahn.
Grâce à l’aide d’amis proches et du clan de Seregil, le trio se met en route pour un périple risqué. Car le vieil ennemi de Seregil, Ulan í Sathil, et les parents éloignés d’Alec sont à leurs trousses, bien décidés à prendre possession d’Alec et de Sebrahn. Une course contre la montre débute pour une quête plus intime que jamais…

Extrait :

« Mourir – ne serait-ce qu’un instant – était épuisant. Alec et ses compagnons étaient arrivés à Gedre la nuit précédente et il avait réussi à rester en selle durant la montée entre le port et la maison du clan, mais avait tout gâché en s’évanouissant dans la cour. Mydri lui avait décoché un regard sévère avant de l’envoyer se coucher dans une chambre donnant sur le port. Et lorsque leur hôte avait vu Sebrahn, Riagil í Molan avait exigé que le rhekaro reste caché. Vu l’apparence étrange de Sebrahn, Alec ne l’en blâmait guère.
La pluie hivernale fouettait la fenêtre à l’autre bout de la pièce et le vent gémissait dans la cheminée. Le port de Gedre était à peine visible : les bateaux au mouillage n’étaient que taches sombres dans le brouillard. Après leur traversée houleuse depuis Plenimar, il était plutôt agréable de se retrouver dans un lit douillet qui ne tanguait pas sous lui. Il n’avait pas la moindre idée de l’heure qu’il était. Lorsqu’il s’était réveillé, Seregil était déjà parti, sans doute pour parler à ses sœurs ou à leur hôte, le khirnari.
Sebrahn était pelotonné sur les coussins du renfoncement de la fenêtre, le regard tourné vers l’extérieur, même s’il était difficile de savoir ce qu’il regardait. Le rhekaro avait beau être doté des traits d’enfant d’Alec, il était impossible de le prendre pour un enfant ordinaire. Ses cheveux clairs, d’un blanc argenté, tombaient en cascade dans son dos, presque jusqu’au sol. Sa peau blanche prenait un aspect fantomatique dans la lumière grise, et ses yeux argentés avaient l’éclat de l’acier.  » – Nightrunner 5 La route blanche / Lynn Flewelling

Mon avis :

Quoique ce volume ne soit pas mon préféré, vite la suite…

Nightrunner 6 Le coffre des âmes

Présentation de l’éditeur :

Au-delà de leur image de nobles dissolus, Alec et Seregil sont deux espions habiles et dévoués au service de la reine et leur pays. Ils se retrouvent cependant confrontés à un conflit de loyauté sans précédent lorsqu’ils découvrent les preuves d’un complot opposant la reine Phoria et la princesse Klia. En temps de paix déjà, la cour royale de Rhíminie s’apparente à un nid de vipères. Mais avec la guerre contre Pleminar qui s’enlise, les trahisons se multiplient dans l’ombre. 
Ce n’est toutefois pas l’unique danger qui menace : une mystérieuse épidémie se propage dans les rues surpeuplées de la ville, frappant sans distinction. Alors que la panique se répand et que le nombre de cadavres augmente, des secrets longtemps cachés remontent à la surface. Et comme Seregil et Alec ne vont pas tarder à l’apprendre, les conspirations et les épidémies ont un point commun : l’antidote peut être aussi mortel que le mal. 

Extrait :

« Seregil n’avait pas vraiment su à quoi s’attendre, ou pour être plus exact, il n’avait pas eu beaucoup d’attentes. Situé rue du Panier, le petit théâtre délabré et étouffant où ils venaient d’arriver accueillait par le passé des négociants aux ressources moyennes qui aspiraient à un peu de culture, mais n’avaient ni la bourse ni les manières pour se mêler à la population fréquentant le Tirarie à l’autre bout de la cité, rue des Lanternes. Récemment encore, l’établissement était fermé. La peinture défraîchie de l’avant-scène s’écaillait, ses dorures étaient ternies, et les feux de la rampe vacillaient dans les courants d’air. Seul le rideau de gaze derrière la scène était neuf. Il avait été habilement peint pour représenter une forêt sombre et menaçante.
Le public était principalement constitué de spectateurs pauvres, rassemblés au parterre devant la scène surélevée. Le théâtre, qui ne pouvait contenir qu’une centaine de personnes, était presque plein, et l’odeur des corps surchauffés se faisait déjà oppressante. La température était inhabituellement élevée en ce début d’été. » – Nightrunner 6 Le coffre des âmes / Lynn Flewelling

Mon avis :

Cette aventure de nos deux héros est celle que je préfère jusqu’ici…

Nightrunner 7 Les éclats du temps

Présentation de l’éditeur :

Le gouverneur de l’île sacrée de Kouros et sa maîtresse ont été tués dans une chambre verrouillée et surveillée. Les seuls témoins du crime – des gardes qui ont enfoncé les portes en entendant les cris provenant de l’intérieur –, sont devenus fous de terreur, bafouillant des histoires de fantômes… et pire encore.
Envoyés à Kouros par la reine, les maîtres espions Alec et Seregil vont se heurter à une menace inédite. Car un mal ancien a été réveillé, une puissance obscure qui ne s’apaisera pas avant d’avoir échappé à sa prison d’un autre monde et accompli sa vengeance. Et seuls ceux comme Alec, qui sont morts et revenus à la vie, peuvent passer d’un monde à l’autre et affronter l’assassin – même si cela pourrait coûter à Alec une seconde mort bien trop prématurée…

Extrait :

« Une pluie de printemps précoce battait les carreaux à côté du fauteuil d’Alec, et tambourinait sur les ardoises du toit de l’auberge au-dessus d’eux. Avec un feu crépitant dans l’âtre, un excellent souper tout juste expédié, et un tome captivant emprunté à la bibliothèque de la maison Orëska ouvert sur ses genoux, Alec se réjouissait à la perspective d’une soirée tranquille. Son compagnon, toutefois, avait d’autres idées.
Étendu sur une pile de coussins devant le feu, Seregil avait feuilleté une série de lettres apparemment sans intérêt, renoncé à quelques livres, et était désormais allongé les yeux rivés au plafond, sifflant doucement – et de manière plutôt exaspérante – un air triste entre ses dents. Alec devina qu’il composait une nouvelle chanson, puisqu’il ne cessait, jusqu’à rendre fou, de répéter des phrases et de battre la mesure d’un pied nu contre la pelle à cendres. Même Ruetha et ses chatons avaient perdu patience avec lui et s’étaient retirés dans leur panier à l’angle.
Mais si gênant que ce fût, et malgré la mélancolie de cet air, Alec ressentait aussi un certain soulagement. Ils avaient tous deux été éprouvés, ayant perdu d’autres personnes auxquelles ils tenaient – Myrhichia, dame Kylith, duc Malthus – l’année précédente. Ils avaient également manqué de perdre Illia, la fille de Micum Cavish. Alec avait profondément souffert de ces disparitions, mais Seregil avait toujours tendance à s’accrocher à la douleur, empreinte de culpabilité.
C’était la première fois que Seregil avait montré le moindre intérêt à composer depuis des mois, le dérangement était donc presque bienvenu, même si cela signifiait qu’Alec ne lirait donc pas. Il ferma son livre. » – Nightrunner 7 Les éclats du temps / Lynn Flewelling

Mon avis :

Le meilleur pour la fin, au revoir tous les héros avec qui j’ai vécu de multiples aventures… au revoir car on ne sait jamais…
Une série vraiment passionnante, bien sûr quelques « déjà vu » ci et là mais des aventures extraordinaires – c’est ce qu’on cherche en Fantasy – et tout ce que j’aime : de l’amour, de l’amitié et surtout un peu d’humour aussi…
Un plus : les cartes !
J’ai beaucoup mieux aimé Nightrunner que Le royaume de Tobin que j’avais trouvé bon mais sans plus…

Poster un commentaire

Classé dans Littérature américaine (USA)

Codex Alera / Jim Butcher (série 6 vol.)

Avant tout, je crois qu’il est nécessaire de planter le décor : les néophytes ne vont pas s’y retrouver sans quelques indications car nous entrons dans un autre monde… Le monde d’Alera.

Le royaume d’Alera est composé de duchés :
– Antillus
– Placida
– Ceres
– Kalare
– Forcia
– Attica
– Parcia
– Rhodes
– Aquitaine
– Riva
– Phrygia
Les Hauts Ducs gouvernent leurs territoires et n’ont de comptes à rendre qu’au Premier Duc et au Sénat.
Le Premier Duc réside à Alera Imperia, la capitale. Nous sommes à l’époque du Premier Duc Gaius Sextus.

L’inspiration romaine donne une structure très étudiée et pratique (routes, mur fortifié, organisation des camps des légions ; des noms romains (Gaius, Maximus, Alera Imperia…), des légions, un Sénat…
Ainsi que l’esclavage à la romaine (on peut se vendre comme esclave pour payer ses dettes).

Les Aleréens utilisent les Furies – forces élémentaires de la Terre, de l’Air, du Feu, de l’Eau, de la Forêt et des Métaux – pour construire et se défendre contre les agresseurs. Mais tous ne possèdent pas ces pouvoirs…

La vallée de Calderon où débute le premier volume de la série forme un pont entre le continent d’Alera et le Pays des Marats, peuple barbare de l’Est. (voir carte)

1 – Les furies de Calderon

Présentation de l’éditeur :

Le sort du royaume repose sur les épaules d’un garçon qui n’a aucun pouvoir… Depuis mille ans, les habitants d’Aléra repoussent les peuplades sanguinaires qui rançonnent le morde en usant de leur relation particulière avec les furies – les forces élémentaires de la terre, de l’air, du feu, de l’eau, du bois et du métal. Mais dans la lointaine vallée de Calderon, Tavi ne maîtrise encore aucun élément, à son grand désespoir. A quinze ans, il n’a toujours pas de furie du vent pour l’aider à voler, ou de furie du feu pour allumer ses lampes. Pourtant, lorsque les féroces Marats font leur retour dans la vallée, le courage et l’ingéniosité de Tavi vont se révéler une force bien plus cruciale que n’importe quelle furie. Une force qui pourrait lui permettre d’altérer le cours de la guerre… 

Extraits :

« Elle rouvrit les yeux et ordonna négligemment à l’eau renversée de se rendre utile en nettoyant le sol. Avec obéissance, la flaque se mit à se déplacer d’un endroit à l’autre en ramassant poussières et débris, et Isana alla ouvrir la porte. L’air frais envahit la pièce, contrastant vivement avec la chaleur moite de la cuisine, et, fermant les yeux, elle inspira profondément pour se ressaisir. » – Codex Alera 1 Les furies de Calderon / Jim Butcher

« Le tonnerre gronda au-dessus de la vallée, et Isana alla ouvrir la fenêtre qui donnait au nord pour observer le pic montagneux qui s’y trouvait. Garados se dressait, menaçant, dans toute sa splendeur maussade, les épaules recouvertes d’une neige qui commençait déjà à descendre vers le fond de la vallée, annonçant l’hiver. Des nuages noirs s’amassaient autour de sa cime, et alors qu’elle regardait, ils s’illuminèrent d’un éclair vert sombre, tandis qu’un nouveau grondement annonciateur venait secouer la vallée. Lilvia – la femme de Garados, la furie des tempêtes – rassemblait les nuages pour un nouvel assaut sur les habitants de la vallée. Elle allait attendre toute la journée, amasser la chaleur du soleil dans son troupeau de nuages, puis les lancer sur la vallée en une débauche de tonnerre et de vent, et probablement aussi, vu la saison, de pluie glacée et de neige. » – Codex Alera 1 Les furies de Calderon / Jim Butcher

Mon avis :

Ce premier volume nous présente les principaux acteurs de la série et particulièrement Tavi, le jeune homme sans pouvoirs qui va se trouver lancé dans une grande aventure et découvrir le peuple des Marats et leurs coutumes très différentes de celles des Aléréens.

Un livre qui suit les conventions du genre mais sans jamais ennuyer le lecteur. C’est une très bonne entrée de série et on sait qu’il y aura une suite qu’on attendra avec impatience…

2 – La furie de l’Academ

Présentation de l’éditeur :

Depuis des siècles, les habitants d’Aléra s’aident des furies – les forces élémentaires de la terre, de l’air, du feu, de l’eau, du bois et du métal – pour protéger leur monde des agressions. Mais nulle furie ne peut les sauver des dangers qui les menacent de l’intérieur. Une mystérieuse attaque venue de par-delà l’océan a affaibli le Premier Duc. S’il perd le trône, une sanglante guerre civile sera inévitable. La responsabilité de parer les tentatives d’assassinat et les trahisons au sein du cercle d’espions du Premier Duc retombe sur les épaules de Tavi, le seul homme dépourvu de furies…

Extrait :

« – Je t’ai vu protéger d’autres personnes qui te considéraient pourtant comme plus faible qu’elles. J’ai vu un très petit nombre de gens bien, parmi lesquels le garçon qu’on a fait sortir de la Tour. (Elle s’interrompit un instant pour réfléchir.) J’ai vu des femmes donner du plaisir pour de l’argent afin de nourrir leurs enfants, et d’autres faire la même chose pour négliger leurs enfants pendant qu’elles s’abrutissent avec des vins et des poudres. J’ai vu des hommes qui travaillent du lever au coucher du soleil rentrer chez eux et se faire mépriser par leurs épouses parce qu’ils ne sont jamais là. J’ai vu des hommes battre et utiliser ceux qu’ils sont censés protéger, même leurs propres enfants. J’ai vu certains d’entre vous réduire en esclavage des gens de leur propre race. Je les ai vus se battre pour échapper au même sort. J’ai vu des hommes de la loi trahir celle-ci, et des hommes qui détestent la loi faire preuve de gentillesse. J’ai vu des défenseurs pleins de douceur, des Guérisseurs sadiques, des créateurs de beauté méprisés alors que des artisans de destruction sont vénérés. 
La jeune fille secoua lentement la tête et conclut : 
– Ceux de ta race, Aléréen, sont les créatures les plus méchantes et les plus douces, les plus féroces et les plus nobles, les plus fourbes et les plus loyales, les plus terrifiantes et les plus fascinantes que j’aie jamais vues. » – Codex Alera 2 La furie de l’Academ / Jim Butcher

Mon avis :

Un deuxième volume encore plus passionnant que le précédent où on trouve beaucoup de réflexions sur la condition des pauvres, les différentes classes sociales, le mépris des riches…
Tavi a non seulement grandi – il a 17 ans à présent – mais sans perdre sa fraîcheur d’âme, son empathie et son sens de l’honneur.
Il y a aussi de l’humour dans ces livres et j’aime beaucoup cela, les personnages nous sont plus proches…

3 – La furie du curseur

Présentation de l’éditeur :

Lorsque l’impitoyable Haut Duc de Kalare, assoiffé de pouvoir, lance une rébellion contre le premier Duc et s’allie à un féroce ennemi du royaume, le jeune Tavi se retrouve à la tête d’une légion inexpérimentée et mal équipée : la seule force qui puisse sauver Aléra de la ruine…

Extraits :

« Les légionnaires ne sont pas des guerriers, Tavi. Ce sont des soldats professionnels.
– Quelle est la différence ?
Max fit une moue songeuse.
– Les guerriers se battent. Les légionnaires se battent ensemble. Le but n’est pas d’être la plus fine lame. C’est de former un tout plus puissant que la somme des individus qui le composent. » – Codex Alera 3 La furie du curseur / Jim Butcher

« Il savait ce qu’était la beauté, mais ne comprenait pas ce qui en faisait le prix. Sa collection était luxueuse, étendue, composée uniquement de chefs-d’œuvre incontestables et c’était tout ce qui lui importait ; l’enveloppe, le prix, la proclamation de sa richesse et de sa puissance, et non la beauté en elle-même. » – Codex Alera 3 La furie du curseur / Jim Butcher

Mon avis :

Il y a dans ce tome de magnifiques scènes de batailles. Beaucoup de scènes de batailles…
Il y a aussi de l’amitié, de l’amour et de l’humour…
Tavi a 19 ans maintenant, c’est un homme, il s’est développé physiquement mais il a aussi évolué mentalement, c’est toujours un homme d’honneur et d’amitié mais il sait que tous ne sont pas comme lui.

Sous le nom de Scipion, Tavi va être incorporé à la Première Légion. Il va être apprécié des légionnaires et, très vite, va s’apercevoir de l’attachement que ceux-ci lui portent…

4 – La furie du Capitaine

Présentation de l’éditeur :

Après deux ans de guerre acharnée, Tavi de Calderon et les féroces guerriers canims sont, contre toute attente, obligés de s’allier pour défier la menace qui pèse sur eux.
Mais ce rapprochement n’est pas vu d’un très bon oeil. Et s’il espère forger une entente entre les deux partis, Tavi devra trouver un moyen de surmonter des siècles d’animosité et ainsi commander sa légion au mépris de la loi et des forces alliées et ennemies…
S’il échoue, aucun d’eux n’aura la moindre chance de survivre.

Extrait :

« La vie en camp de réfugiés avait eu l’effet que les épreuves avaient toujours sur les gens. Chez certains, elle avait révélé une grandeur d’esprit presque incroyable. Marcus avait vu des hommes dénués de presque tout ou presque se défaire de leur unique cape pour la donner à des enfants qui mouraient de froid. Il avait vu des familles qui avaient à peine de quoi survivre accueillir sous leur toit un enfant perdu de plus, réussi à caser sous la couverture un corps gelé de plus. Il avait vu des légionnaires de la Première Aléréenne, bouleversés par les souffrances dont ils avaient été témoin en exercice, aller directement au marché en recevant leur solde, et tout dépenser en nourriture pour ceux qui en avaient besoin.
Chez d’autres, cependant, elle avait révélé le pire. Marcus avait mené des escouades chargées d’enterrer les corps de personnes tuées pour pèlerine élimée et les chiffons dont ils avaient enveloppé leurs pieds. Il en avait vu demander des choses à des femmes en guise de paiement, vu ceux qui possédaient ce dont d’autres avaient besoin exiger qu’ils s’humilient et s’avilissent avant d’accepter de partager avec eux. Il avait vu les cernes bleuis et les os cassés résultant du climat de peur et de nervosité exacerbée. Les maladies causées par le froid et l’insuffisance de nourriture – mêmes dans les contrées, les plus tempérées du royaume. Et tout cela, cette humanité navrante, pitoyable, détestable semblait commencer à se coaguler, à former un vapeur presque invisible, une puanteur dans l’air […] » – Codex Alera 4 La furie du capitaine / Jim Butcher

Mon avis :

Deux années ont passé, Tavi va devoir choisir sa voie… Un volume qui réserve une (demi) surprise au final…
Une fin qui est un commencement…

5 – La furie du Princeps


Présentation de l’éditeur :

Désormais reconnu comme le Princeps Gaius Octavien, héritier du trône, Tavi de Calderon est parvenu à conclure une alliance fragile avec les ennemis ancestraux d’Aléra, les farouches Canims. Mais lorsque Tavi et ses légions reconduisent les Canims jusqu’à leurs terres, le Princeps découvre que ses pires craintes sont devenues réalité.
Les redoutables Vordes – ennemies des deux peuples – ravagent depuis trois ans la patrie des Canims. Et lorsque les Aléréens perdent l’accès à leurs vaisseaux, ils se voient obligés de se battre pour survivre aux côtés de leurs anciens adversaires.
Depuis un millénaire, Aléra et ses furies ont tenu tête à tous leurs ennemis, repoussé toutes les attaques. Mais cette époque touche à sa fin..

Extraits :

« Tout finit toujours par passer.
Notre existence est bien moins importante que nous l’imaginons. Tout ce que nous sommes, tout ce qui nous accomplissons… Tout cela n’est qu’une ombre, si indestructible qu’elle puisse paraître. Un jour, lorsque le dernier homme aura rendu son dernier souffle, le soleil brillera, les montagnes s’élèveront, la pluie tombera, les ruisseaux murmureront… et l’homme ne leur marquera pas. » – Codex Alera 5 La furie du Princeps / Jim Butcher

« N’importe quel homme doté d’une once de bon sens recherche trois choses chez la personne qu’il s’apprête à suivre. La volonté, l’intelligence, et le cœur » – Codex Alera 5 La furie du Princeps / Jim Butcher

Mon avis :

On est de plus en plus happé par l’Histoire d’Alera et l’histoire de Gaius Octavien. Pourra-t-il empêcher la civilisation alaréenne de disparaître? Une véritable coalition d’amis et d’anciens ennemis devenus des amis s’est mise en place…

6 – La furie du Premier Duc

Présentation de l’éditeur :

Pour Gaius Octavien, la vie est une lutte de tous les instants. En combattant d’anciens ennemis, en forgeant de nouvelles alliances et en affrontant la corruption qui menace son pays, il est devenu un stratège légendaire et un chef respecté… ainsi que le Premier Duc légitime d’Aléra.
À présent, tout ce qu’il a juré de protéger est près de succomber. Les redoutables vordes sont en marche, profitant du chaos pour semer la discorde parmi les Aléréens, et forçant ceux qui leur résistent à se réfugier en marge du royaume.
Pour la dernière fois peut-être, Gaius Octavien, à la tête de ses légions, doit faire face à l’ennemi. Et il lui faudra employer toute son intelligence, son ingéniosité et ses talents de furifèvre pour préserver le monde des ténèbres éternelles…

Extraits :

« Varg retourna à son livre, un antique ouvrage datant apparemment de la préhistoire aléréenne. Tavar avait précisé qu’on ignorait quelles parties du livre étaient authentiques et quelles parties avaient été ajoutées au fil des siècles. Cependant, s’il était ne serait-ce qu’à moitié véridique, alors le maître de guerre aléréen qu’il décrivait était très compétent, bien qu’un peu arrogant. Il était évident que ses Mémoires avaient influencé les stratégies et les tactiques des légions aléréennes.
Néanmoins, songea Varg, il n’était pas certain que Tavar aurait eu la moindre leçon a recevoir de ce fameux « Jules ». » – Codex Alera 6 La furie du Premier Duc / Jim Butcher

« Les seules personnes qui méritent vraiment le pouvoir sont celles qui ne cherchent pas à l’obtenir.  » – Codex Alera 6 La furie du Premier Duc / Jim Butcher

« Incroyable, ce que les gens étaient capables de faire lorsqu’ils travaillaient main dans la main. » – Codex Alera 6 La furie du Premier Duc / Jim Butcher

Mon avis :

J’ai adoré cette série, je ne vais pas trop en dire car je pense qu’il faut vraiment la lire en entier, il y a de tout pour tous : des aventures, de l’amitié, de l’amour, de l’humour, de l’honneur, de la rédemption…
Lisez, lisez, il en restera toujours quelque chose…

Poster un commentaire

Classé dans Littérature américaine (USA)