Archives de Tag: Amour

Chroniques des Cheysulis / Jennifer Roberson

  1. Les Métamorphes
  2. La ballade d’Homana
  3. L’épée du destin
  4. La piste du loup blanc
  5. Une nichée de princes
  6. La fille du Lion
  7. Le vol du Corbeau
  8. La tapisserie aux Lions

C’est une série de 8 romans qu’il ne faut pas séparer car, s’ils racontent chacun une partie de l’histoire différente, c’est la somme de tous qui la compose.

Des ethnies différentes se partagent un monde

Nous allons suivre les Cheysulis, liés à la Terre, ils utilisent sa magie. Leurs guerriers ont un compagnon animal (Lir) grâce auquel ils peuvent prendre la même forme que lui.

Ils vivent en Homana, mais les Homanans ne possèdent pas de magie et considèrent les Cheysulis comme des sorciers.

La série est l’histoire d’une famille royale et d’une prophétie.

Source de la carte et de beaucoup d’infos sur les peuples et les coutumes :

http://www.les-ombres.net/pid18/chroniques-des-cheysulis.html

 

Mon avis :

L’idée est originale mais aurait gagné à être plus développée, il y a des réponses qu’on n’obtient pas. C’est dommage. Le premier tome n’est pas le meilleur, c’est dommage aussi car il faut entrer dans le second pour vraiment accrocher.

Par contre, j’ai bien aimé de passer de génération en génération et la narration alternée. L’auteur a une écriture agréable mais conventionnelle, évidemment, c’est une traduction, il faudrait le lire en anglais pour comparer.

La meilleure critique, à mon avis, c’est celle de Belgarian sur Elbakin mais je le trouve un peu sévère tout de même, je me suis bien amusée…

http://www.elbakin.net/fantasy/roman/cycle/chroniques-des-cheysulis-114

Je donnerai 3 pour la forme et 4 pour l’histoire…


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Un auteur (belge!) oublié : France Adine

Cécile Van Dromme alias France Adine (1890-1977) est née dans une famille flamande d’expression française. Elle a reçu l’éducation bourgeoise classique de cette époque. Le français est sa langue maternelle mais elle parle aussi couramment l’anglais et l’italien.

Elle écrit pour le public féminin de l’entre-deux-guerres, mais après la seconde guerre mondiale, elle se fait difficilement à l’évolution rapide de la société. Ses livres sont situés géographiquement dans des régions qu’elle connait et aime : la côte belge, l’Angleterre, le Pays basque et l’Italie.

Elle a écrit principalement des romances, quelques contes et romans pour les enfants. Elle a aussi travaillé pour le magazine « Femmes d’aujourd’hui ». C’était une femme indépendante pour une femme mariée à cette époque et dans son milieu. Elle a organisé sa carrière de romancière. Chaque jour elle passait la matinée à écrire, l’après-midi à la vie civile et la soirée au théâtre ou aux concerts. Les faits historiques dans ses romans sont exacts, les valeurs et les standards de la société décrite sont expliqués et discutés.

Source : https://nl.wikipedia.org/wiki/France_Adine

Un petit extrait d’un livre qui parle des romancières de cette époque :

« Toutefois, certaines femmes tentent parfois, par des voies détournées, de se soustraire aux scénarios qui leur sont réservés. C’est le cas des romans de France Adine (de son vrai nom Cécile Van Dromme, 1890-1977). A première vue, les milieux très cossus et les mœurs qu’elle décrit sont en concordance avec son environnement. Son père est un propriétaire foncier qui occupera des fonctions de bourgmestre et sa mère, Marguerite Rodenbach, est de la famille des écrivains Georges et Georges-Albrecht Rodenbach. Après une formation de base à l’école du village, la jeune Cécile, comme toute jeune fille de bonne famille, va en Allemagne, puis fréquente une école anglaise pour y apprendre les langues, l’histoire et la musique. En 1910, elle épouse Jules Coucke, appelé à devenir directeur au ministère des Affaires étrangères. Le couple s’installe en 1937 dans l’élégante avenue Louis Lepoutre, à Bruxelles. A partir de 1930, les romans se succéderont à un rythme soutenu, bien accueillis par le public et la critique (Panchiko reçoit le prix triennal de l’Académie en 1941). Les intrigues sentimentales à l’eau de rose qu’ils développent sont sous-tendues par une morale discrète. Cependant, en y regardant de plus près, on constate que certains d’entre eux s’articulent autour de portraits de femmes déchirées entre, d’une part, le désir de réussite professionnelle et, de l’autre, l’aspiration à la sérénité familiale. On est tenté de lire dans ces destins la position de France Adine : femme de lettres éprise d’art qui doit fonctionner dans un milieu peu favorable à l’indépendance des mères de famille. Pour sauvegarder sa crédibilité, elle incite ses lecteurs à découvrir par la négative les dangers d’un comportement non orthodoxe. Grâce à un style soigné, soutenu par des références érudites incessantes, sous couvert d’évocations esthétiques, ses œuvres sont qualifiées d’ « élégantes », « délicates » ou encore « distinguées » et appréciées comme porteuses d’un « bon goût » féminin. »

Ecrire en Belgique sous le regard de Dieu / Cécile Vanderpelen-Diagre
Ed. Complexe, 2004
(p.134)

 

Romans :

  • La coupe de Syracuse (1929)
  • Le maître de l’aube (1930)
  • La Cité sur l’Arno (1931)
  • Le royaume de Saul (1932)
  • La madone aux chérubins (1933)
  • Eve et le Phénix (1934)
  • Sirènes (1936)
  • La bulle d’or (1937)
  • Panchiko (1941)
  • Loremendi ou Le livre de son choix (1943)
  • Iziar (1944)
  • L’échiquier (1946)
  • Véronique (1949)
  • Nigelle des dunes (1951)
  • Marie du Zwin (1954)
  • Le grand Saint Jacques (1957)
  • Le signe du griffon (1960)
  • Odette ou Le bonheur en ménage (1962)
  • Tosca Naddi (1963)
  • Dans la main des dieux (1965)
  • Cherche-Bruit (1966)
  • Diane et le faune (1970)
  • La dryade au château (1973)
  • Marie-Victoire (1974)

 

Mon avis :

L’écriture de France Adine est très agréable à lire, elle dépeint remarquablement les régions et les endroits dans ses romans.

J’aime particulièrement Eve et le phénix pour cette ambiance un peu fantastique d’éternel retour qui me séduit toujours…

Romantique ? Certes, mais j’ai beaucoup aimé tout le début du roman qui ne contient pourtant que le récit de l’enfance d’Alastair jusque la page 114. J’ai lu ce roman (publié la première fois en 1934, il faut en tenir compte pour le contexte général) à 14 ans et je ne l’ai jamais oublié. Il est resté, à travers les années, un de mes livres préférés…

L’amour est-il possible entre un jeune lord des « Hautes Terres » élevé dans le raffinement le plus extrême et une petite paysanne du Pays Basque dont la seule richesse tient dans la candide ignorance de deux grands yeux tendrement ouverts sur le monde ?

« Les jolies lèvres entrouvertes se fermèrent et la chanson s’éteignit. Elle ne semblait pas effarouchée et lui, le gentilhomme élevé dans les rites de la courtoisie la plus parfaite, contemplait cette beauté délicate avec la froide assurance qu’eût témoignée, il y a quelque mille ans, un jeune chef de clan rencontrant sur ses terres une jolie vassale… »

La Cité sur L’Arno m’a beaucoup plu ainsi que les nouvelles de La madone aux chérubins.

La Cité sur l’Arno  raconte l’histoire de Catarina, une jeune fille noble à l’époque de la Renaissance italienne. Promise au couvent dès sa naissance et élevée dans cette idée, elle ne conçoit pas d’autre vie mais n’a pas encore prononcé ses vœux. Les aléas d’une guerre font que, sa sœur aînée étant décédée, sa famille la donne en mariage afin de sceller une alliance avec le vainqueur…

La Madone aux chérubins est un recueil de nouvelles dont la première lui a donné son titre.

« … il lui parlait de la Toscane, de Florence où sa mère était née. Il y avait vécu jadis, et n’avait jamais pu oublier les aubes radieuses, les fins de jours roses ou dorées de la Cité des Lys. Il eût voulu l’emmener là-bas, y vivre avec elle pendant toute une année, ne la ramener en Flandre que lorsqu’elle aurait senti l’âme florentine, spirituelle, nuancée, toute de mesure et de grâce comme l’immortelle Athènes… »

Le grand Saint Jacques est un bon roman historique.

J’ai aussi lu un conte Histoire de Fleurette, que j’ai beaucoup aimé. Celui-là, j’avais 10 ans et je viens de le relire avec le même plaisir…

Evidemment, il faut se remettre dans l’époque, où la religion catholique était omniprésente et la morale finale était très importante. Mais il y a une fraîcheur dans ces romans qui me plait infiniment (je parle bien sûr des 5 livres que j’ai lus). Il est difficile de se les procurer même en bibliothèque et il n’y a pas eu de rééditions ou très peu.

 

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Hôtel Olympia / Elisabeth Vonarburg

Quatrième de couverture :

De ses années d’enfance vécues à l’hôtel Olympia, Danika n’a aucun souvenir sinon ceux de ses rêves, dont elle ne sait départager la réalité de la fantasmagorie. Ces tantes, ce grand-père, tous les personnages qui peuplaient l’hôtel ont-ils réellement existé ? Quant aux années de pensionnat qui ont suivi, Danika en garde un goût amer en raison des trop rares visites de son père, Stavros, et de l’absence totale de sa mère, Olympia.

Quarante ans plus tard, à Montréal, Stavros resurgit dans la vie de Danika pour lui apprendre qu’Olympia a disparu et qu’elle doit reprendre la direction de l’hôtel. Ulcérée par cette situation absurde — elle n’a rien à faire de cette histoire — , Danika retourne à l’hôtel Olympia avec la ferme intention de renoncer à cette charge. Or, dès son arrivée, Danika réalise que de puissantes forces sont à l’oeuvre.

Tout en renouant avec les membres de sa famille — non seulement ils existent, mais ils n’ont pas vieilli d’un iota ! — , Danika découvre que ses rêves les plus surréalistes sont tout aussi réels : le jardin extérieur se transforme parfois en « autre chose », et elle peut littéralement « entrer » dans les tableaux qui ornent les couloirs de l’hôtel? cet Hôtel qui rêve, lui aussi !

 

Extraits :

« Vous avez déjà vu quelqu’un lire dans le métro, dans un autobus ou dans un lieu public quelconque, n’est-ce pas Nikai ? Comme ils sont dans leur bulle. Ils ne sont pas là. Ils sont dans l’histoire. Ils s’y donnent. Leurs rêves, leurs désirs s’y mirent et, en s’en nourrissant, ils la nourrissent. »

 

Mon avis :

L’histoire se passe dans un univers clos (l’hôtel).

De quoi parle ce roman, est-ce un roman de SF, de Fantasy, fantastique, mythologique? C’est tout cela ensemble et cependant très ancré dans le monde actuel!

Une écriture qui sous-entend beaucoup de choses mais laisse au lecteur le soin de découvrir ce qui les relie entre elles… On saute du présent au passé et cela nécessite un effort pour bien suivre l’histoire. On est plongé dans une atmosphère onirique dont il est très difficile de s’extraire… Il faut prendre son temps pour bien comprendre et apprécier à sa valeur ce livre, il faut le vivre…

J’ai aimé que le personnage phare soit une femme de plus de 50 ans, c’est peu courant et c’est dommage, elles ont encore beaucoup à dire!

Une belle découverte…

 

Une critique à lire :

https://nevertwhere.blogspot.be/2014/11/hotel-olympia-elisabeth-vonarburg.html

 

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Classé dans Littérature canadienne (francophone)

Les aventures d’Aldo Morosini / Juliette Benzoni

Cette série, parue sur plusieurs années (1994-2016) volume par volume, met en scène le prince Aldo Morosini qui est devenu après la première Guerre mondiale un antiquaire spécialisé dans les bijoux anciens. Suspense, amours, trahisons et secrets historiques foisonnent dans cette série où se mêlent vérité historique et histoire romancée. Voici une réédition bienvenue!

Premier volume :
L’Etoile bleue.
La Rose d’York.
L’Opale de Sissi.
Le Rubis de Jeanne la Folle.
Les Émeraudes du Prophète.
La Perle de l’Empereur.
Les Joyaux de la sorcière.

 

Second volume :
Les » Larmes  » de Marie-Antoinette.
Le Collier sacré de Montezuma.
L’Anneau d’Atlantide.
La Chimère d’or des Borgia.
La Collection Kledermann.
 » Les Trois Frères « .
Le Diamant de Bourgogne.
Le Vol du Sancy.

 

Extraits :

 » Morosini prit entre ses doigts le lourd bracelet moghol où, enchâssée dans de l’or ciselé, une profusion d’émeraudes et de perles enveloppait d’une folle végétation un bouquet de saphirs, d’émeraudes et de diamants. Il le caressa un moment puis, le posant devant lu, il attira d’une main une forte lampe placée sur un coin de son bureau et l’alluma pendant que, de l’autre, il encastrait dans son orbite une loupe de joaillier.
Violemment éclairé, le bracelet se mit à étinceler de feux qui allumèrent des éclats bleus et verts aux quatre coins de la pièce. On aurait dit qu’un volcan miniature venait de s’ouvrir au coeur d’une toute petite prairie. » – L’étoile bleue

« – Ce n’est pas parce que ce malheureux est affligé d’une femme à moitié folle qui préfère le fan-tan au bridge et court la nuit les quartiers interlopes qu’il faut le soupçonner d’abriter des pensées inavouables. En fait, son plus gros défaut est d’avoir une sale gueule, mais ça non plus ce n’est pas sa faute ! » – La Rose d’York

 » Plus remarquable encore était la femme qui fixa l’attention du prince. Son port était celui d’une altesse et, en la regardant, Morosini évoqua certain portrait de la duchesse d’Albe peint par Goya. Elle était à la fois vêtue et masquée de dentelles noires: une sorte de mantille retombant de sa haute coiffure un peu plus bas que la bouche. Ses longs gants étaient taillés dans le même tissu léger et sombre qui faisait ressortir l’éclatante blancheur d’une peau sans défaut. Aucun autre bijou qu’une broche scintillant d’un éclat magique dans les dentelles mousseuses au creux d’un magnifique décolleté. Un éventail était posé sur le rebord de velours rouge de la loge. » – L’opale de Sissi »

 » De Lisa jamais il ne se lasserait. Il le sentait bien aux poussées de jalousie primitive qui torturaient ses nuits à la savoir si loin de lui, si proche d’inconnus dont il ignorait s’ils la respecteraient. Pour se calmer il évoquait alors les deux années vécues auprès de ce corps adorable sans en soupçonner la grâce, empaqueté qu’il était dans les vêtements à peu près informes de « Mina Van Zelten » dont même Plan-Crépin ne se fût pas accommodée. Alors il oubliait sa souffrance et il souriait… C’était, à tout prendre, un bon remède pour éviter de devenir fou… » – Les émeraudes du Prophète

 » Légende ou réalité, on chuchote depuis longtemps qu’au moment du cataclysme qui a englouti l’Atlantide, régnait sur ce qui n’était qu’une colonie de terre ferme une femme d’une extraordinaire beauté, d’une vaste intelligence, douée comme la Cassandre troyenne de la faculté de prédire l’avenir. » – L’anneau d’Atlantide

Mon avis :

Je viens de re-lire les aventures d’Aldo Morosini, le prince-antiquaire de Juliette Benzoni. C’est qu’elles sont passionnantes, ces histoires : un mélange de lieux exotiques fort bien décrits, d’enquêtes sur des crimes, de courses à travers l’Europe et le Moyen-Orient, tout cela dans l’ambiance des années 20 – les années folles – et le luxe des palaces de l’époque…

Je prend toujours beaucoup de plaisir à relire cette saga, ça ne me dérange pas de connaître le futur des personnages. Et ces personnages sont particulièrement bien choisis pour mettre de l’ambiance, de l’action, de la romance, du suspense et de l’humour!

Juste un bémol, on aurait pu se passer du dernier titre « Le vol du Sancy », nettement moins bon que tous les autres…

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Classé dans Littérature française

Tous les vivants (Le crime de Quiet Dell) / Jayne Anne Phillips

Quatrième de couverture :

Chicago, 1931. Asta Eicher, jeune veuve mère de trois enfants, est seule et désespérée. Quand Harry Powers, un galant inconnu, la courtise et lui promet de l’épouser, elle est persuadée que la vie lui offre une seconde chance. Quelques semaines plus tard, Asta et ses enfants sont retrouvés morts, assassinés. Emily Thornhill, une des rares femmes journalistes de l’époque, se charge alors de couvrir l’enquête et tâche de comprendre ce qui est arrivé aux Eicher, particulièrement à Annabel, une enfant à l’imagination débordante qui semble dotée d’étranges facultés.

Tous les vivants est une fiction inspirée d’un crime célèbre. Avec une grande profondeur psychologique et au moyen de documents d’époque, Jayne Anne Phillips fait parler et revivre la famille Eicher ainsi que son meurtrier quelques jours avant le drame, jusqu’au procès public de celui qu’on appellera  » le Barbe bleue des temps modernes  » . Jayne Anne Phillips fait son grand retour avec ce roman tiré d’un fait divers tragique qui hante à jamais l’Amérique et inspira le chef d’oeuvre de Charles Laughton La nuit du chasseur.
A l’instar de De sang froid de Capote, Tous les vivants nous plonge au coeur d’un drame saisissant, porté par l’écriture lyrique d’un auteur qui se confronte à la fois au réel et au surnaturel.

 

Extraits :

« Grand-Mère m’expliquait toujours que nos rêves sont des désirs ou des souhaits, des cadeaux des fées qui nous guident et veillent sur nous durant notre sommeil. Elle me disait que les poèmes et les histoires sont les murmures d’anges invisibles, des êtres autrefois pareils à vous et moi, qui en savent plus que nous ne pouvons en savoir tant que nous sommes encore de ce monde.
– Parle-moi dans ta tête quand je serai partie, disait Grand-Mère. Je t’entendrai toujours, et je t’enverrai ma réponse dans le bruissement de l’herbe et du vent et à l’aide d’autres petits signes, parce que nous ne nous exprimons plus par des mots quand nous avons disparu. »

« Les Eicher ne faisaient plus jamais référence à leurs origines d’Europe du Nord, mais assurément Andersen et Grimm avaient trouvé l’inspiration de leurs contes au Danemark et en Allemagne. Absolument sinistres, ces histoires, pensait Charles : des miroirs aux alouettes qui conduisaient invariablement des enfants innocents à l’abattoir, tels des agneaux préalablement engraissés. Un univers féerique qui vous invitait à croire que la vertu est toujours récompensée. Charles savait que c’était faux.
La naïveté de sa propre mère les avait transformés en victimes. »

 

Mon avis :

Un roman passionnant, mêlant si bien la réalité et la fiction – plus le fantastique – qu’on est captivé par l’histoire malgré qu’on sache déjà la fin… Construction intéressante où on fait connaissance de la famille pendant plusieurs chapitres et puis on se trouve subitement plongé dans le drame…
C’est là qu’on découvre Emily, la journaliste qui mène une enquête sur la disparition de la famille Eicher en compagnie d’un collègue sympathique, Eric. Emily va aussi rencontrer au cours de cette enquête un homme qui sera celui qu’elle attend, William, et un jeune garçon dans la misère, Mason, qu’elle choisit d’aider!
Sur tout cela plane le souvenir – ou l’âme – d’Annabel, la plus jeune fille Eicher, fantasque et poète qui apporte une touche de fantastique et de lumière à l’histoire d’un crime sordide…
Le livre est semé de quelques photos qui datent de l’époque et qui apportent une touche de réel!
Je n’ai pu m’empêcher de trouver Asta-Anna (la maman) bien trop crédule et (mais je pense que cela correspond à l’époque) bien dépendante – il lui faut trouver un homme, il n’y a pas d’autre solution…
Tel quel, j’ai lu avec beaucoup de plaisir (hé oui, malgré les crimes) ce bouquin qui sort de l’ordinaire!

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Classé dans Littérature américaine (USA)

L’étrange vie de Nobody Owens / Neil Gaiman

Quatrième de couverture :

Nobody Owens était presque encore un bébé quand sa famille a péri sous la lame du plus célèbre des tueurs de Londres, le Jack. La nuit du drame, il est cependant parvenu à se réfugier dans un cimetière, où un couple de fantômes l’a recueilli et l’a élevé comme l’un des leurs, sous l’oeil bienveillant de Silas, son ami ni vivant ni mort. Mais cette période heureuse est aujourd’hui révolue, car le Jack rôde toujours, et l’heure est venue d’aller l’affronter une bonne fois pour toutes. À l’extérieur…

 

Extraits :

« – IL se tuent, tu veux dire?
Bod avait une huitaine d’années, les yeux curieux et bien ouverts, et il n’était pas idiot.
– Absolument.
-Et ça marche? Ils sont plus heureux une fois morts?
– Parfois. La plupart du temps, non. C’est comme les gens qui s’imaginent qu’ils seront plus heureux en allant vivre ailleurs, mais qui apprennent que ça ne marche pas comme ça. Où que l’on aille, on s’emmène avec soi. Si tu vois ce que je veux dire. »

« – Comment tu t’appelles ?
– J’ai pas de pierre tombale, dit-elle en abaissant les coins de la bouche. Je pourrais être n’importe qui, pas vrai ?
– Mais tu as bien un nom.
– Liza Hempstock, pour vous servir, fit-elle d’un ton aigre. C’est pas trop demander, tout de même. Un petit quelque chose pour marquer ma tombe. Je suis juste là, tu vois ? Y a rien que des orties pour montrer où je repose. »

« Bod frissonna. Il avait envie de prendre son tuteur dans ses bras, de le serrer et de lui dire qu’il ne le laisserait jamais tomber, mais un tel acte était inconcevable. Il ne pouvait pas plus serrer Silas contre lui qu’il ne pouvait serrer un rayon de lune, non que son tuteur fût immatériel, mais parce que cela ne se faisait pas. Il y avait les gens qu’on pouvait prendre dans ses bras, et puis il y avait Silas. »

 

Mon avis :

C’est un conte, un conte délicieux – à la fois sombre (il se passe tout de même dans un cimetière) et joyeux (tous ces défunts ne sont pas tristes et accompagnés de Silas, ils s’occupent au mieux de Nobody « Bod » qui est aimé et protégé)…

Avec eux, Bod va apprendre un maximum de choses pour pouvoir se défendre car ses amis craignent tous que le Jack revienne pour s’en prendre à lui!  C’est bien sûr une façon de dire que l’enfance est une période « entre deux » où les parents apprennent aux enfants un maximum de choses pour qu’ils puissent un jour voler de leurs propres ailes…

J’ai beaucoup aimé ce bouquin et je pense qu’il peut plaire à tout âge…

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Classé dans Littérature anglaise

A la croisée des mondes (His Dark Materials) / Philip Pullman


Quatrièmes de couvertures :

1 – Les royaumes du Nord (Northern Lights)

Ce n’était pas une vie ordinaire pour une jeune fille de onze ans : Lyra vivait, en compagnie de son dæmon Pantalaimon, parmi les Érudits de Jordan College, passant ses journées à courir dans les rues d’Oxford à la recherche éperdue d’aventures.
Mais sa vie bascule le jour où elle entend parler d’une extraordinaire particule. D’une taille microscopique, la Poussière – que l’on trouve uniquement dans les vastes étendues glacées des Royaumes du Nord – est censée posséder le pouvoir de briser les frontières entre les mondes, un pouvoir qui suscite effroi et convoitises…
Jetée au coeur d’un terrible conflit, Lyra sera forcée d’accorder sa confiance aux gitans et à de terribles ours en armure. Et, lors de son périlleux voyage vers le Nord, elle devra découvrir pourquoi son propre destin semble étroitement lié à cette bataille sans merci où s’opposent des forces que nul ne l’avait préparée à affronter.

2 – La tour des Anges (The Sublte Knife)

Ayant franchi le pont entre les mondes édifié par Lord Asriel, son père, l’intrépide Lyra se retrouve dans la cité de Cittàgazze, la ville au-delà de l’aurore, où des spectres mangeurs d’âmes rôdent dans les rues, où les lointains battements d’ailes des anges résonnent au-dessus d’une mystérieuse tour. Mais Lyra n’est pas sans allié. Car le jeune Will Parry, à la recherche de son père disparu depuis de longues années, a également pénétré dans cet étrange royaume par une porte magique. Ensemble, Lyra et Will vont entamer un périlleux voyage à travers les dimensions, et découvrir un secret mortel : un objet d’une puissance extraordinaire et dévastatrice. Mais à chaque étape de leur périple, ils se rapprocheront d’un danger plus funeste encore – et de l’incroyable vérité sur leur propre destinée…

3 – Le miroir d’Ambre (The Amber Spyglass)

Séparée de son compagnon Will, la jeune Lyra est retenue prisonnière par sa mère, l’ambitieuse et impitoyable Mme Coulter qui, pour mieux s’assurer de sa docilité, l’a plongée dans un sommeil artificiel.
Parti à sa recherche escorté de deux anges, Balthamos et Baruch, Will parvient finalement, au prix d’un terrible sacrifice, à délivrer Lyra. Pour aussitôt repartir à l’aventure.
Car, tandis que Lord Asriel se prépare à l’ultime bataille qui décidera du sort des mondes, les deux adolescents doivent s’engager dans la plus périlleuse des missions : un voyage dans une contrée d’où nulle âme n’est jamais revenue, le royaume des morts…

 

Extraits :

« Le mot « Daemon », qui apparaît tout au long du livre, se prononce comme le mot français « démon ». »

« Lyra et son daemon traversèrent le Réfectoire où grandissait l’obscurité, en prenant bien soin de rester hors de vue des Cuisines. Les trois longues tables qui occupaient toute la longueur du Réfectoire étaient déjà dressées, l’argenterie et les verres réfléchissaient la lumière déclinante, et les longs bancs étaient tirés, prêts à accueillir les convives. Les portraits des anciens Maîtres étaient accrochés aux murs, tout là-haut dans la pénombre. Lyra atteignit l’estrade, jeta un coup d’œil par-dessus son épaule vers la porte ouverte des cuisines et, ne voyant personne, elle s’approcha de la table surélevée. Ici, les couverts étaient en or, pas en argent, et les quatorze sièges n’étaient pas des bancs en chêne, mais des chaises en acajou dotées de coussins en velours.
  Lyra s’arrêta à côté de la chaise du Maître et donna, de l’ongle, une chiquenaude sur le plus grand des verres. Le tintement clair résonna dans le Réfectoire.
— Tu n’es pas sérieuse, chuchota son daemon. Sois sage. » – Les royaumes du Nord.

 

« Will tira sa mère par la main, en disant :
— Allez, viens. Viens…
Mais sa mère traînait les pieds. Sa peur ne s’était pas dissipée. Will balaya du regard la rue étroite, baignée de la lumière du crépuscule et bordée de petites maisons toutes semblables, chacune derrière son jardinet et sa haie de buis. Les derniers rayons du soleil se reflétaient sur les fenêtres d’un côté de la rue et laissaient l’autre côté dans l’ombre. Le temps était compté. Les gens devaient être à table à cette heure et, bientôt, des enfants envahiraient les parages, des enfants curieux et bavards à qui rien n’échapperait. Il était dangereux d’attendre, mais Will ne pouvait rien faire d’autre que de convaincre sa mère, comme toujours. » –  La tour des Anges.

 

« … Alors que les bêtes de proie,
venues de profondes cavernes,
observaient la jeune fille endormie…
 
William Blake
 
Dans une vallée à l’ombre des rhododendrons, non loin de la limite des neiges éternelles, là où coulait un petit torrent nacré par l’eau de fonte, où des colombes et des linottes voletaient au milieu des sapins gigantesques, se trouvait une grotte, en partie dissimulée par le rocher escarpé qui la surplombait et le feuillage dense qui s’étendait au-dessous.
Les bois étaient remplis de mille bruits : le torrent qui grondait entre les rochers, le vent dans les branches des sapins, le bourdonnement des insectes et les cris des petits mammifères arboricoles, sans oublier le chant des oiseaux. Et, de temps en temps, sous l’effet d’une rafale de vent plus forte, une branche de cèdre ou de sapin frottait contre une autre en vibrant comme une corde de violoncelle.
Le sol était moucheté par le soleil éclatant ; des faisceaux dorés aux reflets jaune citron s’enfonçaient entre les flaques d’ombre brun-vert, et la lumière n’était jamais immobile, jamais constante, car souvent des nappes de brume dérivaient entre les cimes des arbres, filtrant et transformant les rayons du soleil en un lustre perlé, aspergeant les conifères d’embruns qui scintillaient dès que la brume se dissipait. Parfois, l’humidité des nuages se condensait sous forme de gouttelettes, mi-brume mi-pluie, qui flottaient jusqu’au sol plus qu’elles ne tombaient, avec un petit crépitement, parmi les aiguilles de pin. » – Le miroir d’Ambre.

 

Mon avis :

Attention, ceci n’est PAS de la littérature pour la jeunesse… C’est de la littérature, point! Et de la très, très bonne littérature. Mélangeant avec bonheur Fantasy et SF Steampunk, ces bouquins sont pour moi un véritable coup de coeur.
Edités dans la collection Folio Jeunesse la première fois (ce que je considère une erreur), ils peuvent bien sûr être lus par des jeunes – comme tout roman, il n’y a pas d’âge de lecture mais des niveaux de lecture, et, ici, il est évident qu’il faut un très bon niveau pour assimiler les subtilités de ces bouquins.
Philip Pulmann a imaginé des mondes extraordinaires et des héros attachants que l’on suit sans se lasser au long des trois volumes de sa trilogie…

A lire absolument!

Un très bon article sur Wikipédia :
https://fr.wikipedia.org/wiki/À_la_croisée_des_mondes

 

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