Archives de Tag: Amérindiens

Mars / Ben Bova

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4e de couv. :
2020. A l’instigation d’un scientifique brésilien, Alberto Brumado, une mission d’exploration vers la planète rouge va enfin voir le jour.
Vingt-cinq candidats de toutes nations ont été sélectionnés pour cette odyssée sous contrôle russo-américain. Après un voyage de neuf mois, toute l’équipe devra désormais se confronter à l’hostilité de la planète mais également aux tensions, jalousies et conflits inévitables après une longue période de huis clos. Chacun rêve de découvertes extraordinaires, mais la réalité est plus prosaïque: tempêtes de sable, pluies de météorites, virus mystérieux…
La découverte de Mars est une aventure scientifique et humaine, relatée ici avec un réalisme saisissant, une tension psychologique parfaitement maîtrisés

 

Extrait :
« (…) on doit le faire. La race humaine le doit. Nous sommes des explorateurs, Tony. Tous. Même toi ; c’est ça qui t’a amené ici. C’est inscrit dans vos gènes, dans vos cerveaux. C’est pour ça que la science est faite. Les êtres humains sont faits pour apprendre, chercher, explorer. C’est pour nous un besoin, comme la fleur a besoin d’eau et de soleil. C’est ce qui a fait que nos ancêtres ont quitté l’Afrique et ont essaimé sur toute la Terre. Maintenant nous allons essaimer dans le système solaire et un jour nous sortirons vers les étoiles. Vous ne pouvez pas l’arrêter, Tony. Personne ne le peut. C’est ce qui fait de nous des humains. »

 

Un bon roman SF de facture classique sur un sujet qui a inspiré de nombreux romanciers. De nouveau un roman où la difficulté d’entente entre les membres d’un groupe isolé fait toute l’histoire. Le livre date un peu (1992) à la vitesse où la science et les connaissances évoluent mais ça ne gêne pas du tout. On est du début à la fin plongé dans l’aventure…

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Classé dans Littérature américaine (USA)

L’enfant des neiges / Marie-Bernadette Dupuy

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Un soir glacé de l’Épiphanie 1916, dans le village de Val-Jalbert, au Lac-Saint-Jean, une des religieuses du couvent-école découvre un bébé d’un an, niché dans un ballot de fourrures. Les sœurs de Notre-Dame-du-Bon-Conseil viennent alors tout juste de prendre leur fonction d’enseignante, et celles-ci sont bien désemparées devant la fillette abandonnée, peut-être atteinte de la redoutable picote.

Val-Jalbert, bourgade ouvrière édifiée au pied de la chute de la rivière Ouiatchouan, abrite une population vaillante où rien ne manque. Gérée par la compagnie qui fabrique de la pâte de bois pour le marché mondial, la vie s’y écoule dans l’ordre et une moralité irréprochable.

L’enfant de la nuit bouleversera peu à peu l’existence des sœurs et de leurs voisins immédiats, les membres de la famille Marois, qui la prendront en charge. Mais d’où vient Marie-Hermine, aux yeux si bleus?

Pourquoi ses parents l’ont-elle déposée comme un fardeau encombrant à la porte du couvent-école? Dotée d’une voix exceptionnelle, au fil des années, l’orpheline deviendra celle que l’on appellera affectueusement « le rossignol des neiges », l’orgueil du village ouvrier pourtant condamné à l’abandon à cause de la fermeture de l’usine en 1927.

À cette occasion, les maisons se vident, les jardins sont abandonnés et les religieuses quittent le village, qui devient quasiment désert. Or, au cours de ces événements fortuits, le passé de Marie-Hermine refera surface, les jalousies écloront, comme l’amour d’un jeune métis, Toshan, rencontré lors d’un passage au bord du lac Saint-Jean.

 

Allez, je me suis décidée à essayer cette série de romans de Marie-Bernadette Dupuy que j’ai depuis bien longtemps dans ma PAL. Le premier : L’enfant des neiges… C’est une histoire prenante et on a vraiment envie de savoir la suite! Un peu trop romantique par moment, une écriture simple avec un peu trop de re-dites mais un vrai talent de romancière populaire et cela dans le meilleur sens du terme…
Il y a 6 volumes, à suivre… Je me suis prise au jeu…

Et voilà, finie la saga de Marie-Hermine et de sa famille…

J’ai bien aimé malgré quelques longueurs peu utiles! Le talent de conteuse de Marie-Bernadette Dupuy m’a emmenée dans un tourbillon d’aventures et d’amours compliquées avec, en prime, un zeste de paranormal – les pouvoirs de Kiona – et toujours omniprésent, le Québec et la belle région du lac Saint Jean.

S’il est vrai que les femmes de ce roman nous paraissent bien trop soumises et fragiles, il faut se reporter à ce temps – pas si ancien – où les hommes avaient le pouvoir et où, surtout au Canada, alors extrêmement catholique – le mode de vie patriarcal était la norme… Le monde a changé…

4-tres-bon

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Classé dans Littérature française

MERCY THOMPSON / Patricia BRIGGS

1 : L’appel de la lune

« Les loups-garous peuvent être dangereux si vous vous mettez en travers de leur chemin. Ils ont un talent extraordinaire pour dissimuler leur véritable nature aux yeux des humains. Mais moi, je ne suis pas tout à fait humaine. »

En effet, Mercy Thompson n’est pas une fille des plus banales. Mécanicienne dans le Montana, c’est une dure à cuire qui n’hésite pas à mettre les mains dans le cambouis et à sortir les griffes quand le danger frappe à sa porte. Mais ce n’est pas tout : son voisin très sexy est le chef de meute d’une bande de loups-garous, le minibus qu’elle bricole en ce moment appartient à un vampire, et la vieille dame très digne qui lui rend visite vient jeter des sorts sur son garage. Au cœur de ce monde des créatures de la nuit, Mercy se trouve mêlée à une délicate affaire de meurtre et d’enlèvement…

 

Mercy Thompson exploite un garage à Kennewick dans les Tri-Cities. Mais Mercy est aussi une Changeuse, elle peut se transformer en coyote à volonté. Et Mercy n’en fait qu’à sa tête, ce n’est pas sa faute si les problèmes semblent lui courir après…

On fait connaissance avec Mercy et, grâce à l’écriture dynamique et plaisante de Patricia Briggs, on a l’impression d’avoir trouvé une nouvelle copine ! On entre très bien dans cet univers de Fantasy urbaine, tellement bien qu’on ne serait pas étonné de croiser un loup-garou (S’ils sont genre Adam, je veux bien…).

C’est un livre amusant, captivant, assaisonné de beaucoup d’imagination et d’humour ! 🙂

2 : Les liens du sang

« Grâce à la science, les bûchers de sorcières, ordalies et autres lynchages publics appartiennent au passé. En contrepartie, le citoyen modèle, rationnel et respectueux de la loi, n’a pas à s’inquiéter des créatures qui errent dans la nuit. Je voudrais parfois être l’un de ces citoyens modèles… » Mercedes Thompson a des amis un peu partout… y compris dans des tombeaux. Et elle doit une faveur à l’un d’entre eux. Pouvant changer de forme à volonté, elle accepte de prêter main-forte à son ami vampire Stefan pour remettre un message à un autre mort-vivant. Mais ce vampire inconnu est loin d’être ordinaire… tout comme le démon qui le possède.

 

Une fois de plus, Mercy fonce tête baissée vers les ennuis ! Rendre service à un ami, d’accord, même si cet ami est un vampire ! Mais là, elle n’imagine pas où elle met les pieds…

Dans la lignée du premier tome, la suite des aventures de Mercy ne m’a pas déçue. Je me suis de nouveau bien amusée et j’attends la suite avec impatience…

3 : Le baiser du fer

« Je retroussai mes babines pour lui donner une bonne vue de mes crocs. J’avais beau ne pas peser plus de quinze kilos sous ma forme de coyote, j’étais néanmoins un prédateur… »

La forme de Mercy Thompson est peut-être changeante, mais ce n’est pas le cas de sa loyauté. Lorsque son ancien patron et mentor est arrêté pour meurtre et abandonné par les siens, Mercy est la seule à vouloir l’innocenter, qu’il le veuille ou non.

Le cœur de Mercy , quant à lui, est à l’image de la nature de sa propriétaire : partagé. Il balance entre deux loups-garous. Or, ces derniers ne sont pas réputés pour leur patience, et si elle ne parvient pas à faire un choix, Sam et Adam s’en chargeront peut-être pour elle…

 

On retrouve Mercy, qui, en plus de sa faculté de Changeuse, a aussi celle d’attirer les ennuis. Cette fois, c’est son vieux copain, Zee, qui a des problèmes ! Et Mercy va se trouver prise dans un conflit entre Fae…

Le caractère de notre héroïne s’affirme, elle ne laisse pas tomber ses amis ! Et c’est très bien ainsi, car sinon, où serait l’aventure ? Je commence à être accro (à crocs, hi hi) aux bouquins de Patricia Briggs… 😉

4 : La croix d’ossements

Marsilia, la Reine des vampires de la région, a appris que Mercy l’avait trompée en tuant l’un des membres de son clan… et elle n’acceptera que le prix du sang pour venger cette trahison. La jeune changeuse vient de tomber sur un os, car la sentence qui pèse sur elle en fait la cible de toutes les créatures à la botte des vampires.

Heureusement que Mercy peut compter sur Stefan et sur l’Alpha si sexy qui a juré de la protéger. Mais s’ils étaient menacés par sa simple présence ? Et si, pour les épargner, Mercy n’avait plus qu’un seul choix : partir ?

 

Chaque fois, je me demande si l’auteur va trouver un scénario différent ! Eh bien, cette fois, c’est encore gagné ! Bravo, Pat !

5 : Le grimoire d’argent

Mercy ne cracherait pas sur quelques jours de vacances. Après avoir passé les derniers mois à tenter d’échapper aux griffes de la Reine des Vampires, elle découvre que le grimoire des faes est tombé dans de très mauvaises mains : les secrets qu’il renferme sont sur le point d’être révélés. Ce qui n’est pas du goût de tout le monde. Non contente de devoir régler cette crise majeure, Mercy a des problèmes personnels : sa maison a brûlé, son ami Samuel file un très mauvais coton et on lui reproche les dissensions apparues au sein de la meute. Elle va devoir faire preuve de la plus grande diplomatie… pas facile quand on est sous pression !

 

Mercy n’en finit pas d’aider ses amis…

6 : La marque du fleuve

Avec toutes leurs responsabilités, Mercy et Adam n’ont pas une minute à eux. Alors quand ils parviennent enfin à prendre quelques jours de vacances dans ce charmant camping au bord de la Columbia, ils n’ont qu’une idée en tête : être au calme et ensemble. Mais le repos est de courte durée pour les amoureux, car une menace rôde dans les eaux troubles du fleuve et Mercy est la seule à pouvoir la contrer.

Une mission qui pourrait bien jeter une lumière nouvelle sur les origines de la jeune femme…

 

Juste au moment où je me demandais si l’auteur allait trouver d’autres idées, elle opère un virage intéressant : ce roman nous en dit plus sur les origines de Mercy, Changeuse Coyote !

J’ai beaucoup aimé cette incursion dans les légendes amérindiennes…

Et j’ai bien ri au début, avec les péripéties du mariage…

C’est vraiment une des séries de Fantasy urbaine que je préfère (l’autre, bien sûr, c’est Harry Dresden) : des aventures, des personnages sympas et attachants et une bonne dose d’humour !

 

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Classé dans Littérature américaine (USA)

Retour à Oraïbi / Hanna JOHANSEN

Sur la mesa, Polingaysi, une petite fille hopi d’Oraïbi, décide un jour d’aller à l’école des Blancs pour apprendre à lire et à compter. Elle part, en rupture avec ses traditions, son village, mais soutenue par son père. Après quelques années passées en Californie, elle reviendra chez elle pour y construire sa maison. Un retour difficile car elle s’est éloignée du mode de vie hopi, sans être pour autant devenue une jeune femme appartenant au monde des Blancs. Sa vie sera dorénavant animée par l’espoir de réunir ses deux univers.

Roman d’un apprentissage et témoignage ethnologique se mêlent ici au rythme lent de la civilisation qu’ils dévoilent.

 

Ce roman relate l’histoire d’Elizabeth Koyawayma White, née vers 1892 à Oraïbi. Son nom hopi était Polingaysi « papillon porté par la brise entre les fleurs ».

J’ai aimé ce livre d’abord pour la personnalité de Polingaysi, ensuite parce que c’est une histoire de femme à une époque où la vie n’était pas simple pour elles. C’est aussi une histoire de racines et toutes, nous avons les nôtres et ne pouvons les rejeter facilement.

C’est également une approche de la civilisation des Hopis. Leur culture est très différente de la nôtre mais elle a une philosophie de vie intéressante et un grand désir de paix (ils se nomment eux-mêmes « Hopitu-Shinumu », petit peuple de la paix).

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Classé dans Littérature suisse (germanophone)

Le vieux qui lisait des romans d’amour / Luis SEPULVEDA

El Idilio est un petit village aux portes de la forêt amazonienne. Un enfer vert peuplé de chercheurs d’or, d’aventuriers de tout poil en quête d’un Eldorado imaginaire, d’Indiens Jivaros rejetés par leur peuple. La découverte par les Indiens Shuars d’un cadavre d’homme blond atrocement mutilé met le feu au village. Malgré les accusations hâtives du maire qui désigne les Indiens, Antonio José Bolivar diagnostique dans cette mort non pas la main de l’homme mais la griffe d’un fauve… Le vieil homme, aguerri aux mystères de la forêt et grand lecteur de romans sentimentaux se voit bientôt contraint de se lancer dans une chasse de tous les dangers…

Roman écologique s’il en est, l’histoire que tisse Luis Sepúlveda se gorge d’une imagination éclatante et recèle cette part de magie issue des contes. Loin de nous donner une définition du paradis, l’Amazonie de l’auteur – qui la connaît bien pour y avoir vécu – est un lieu organique, cruel, dur et hostile. Elle n’en mérite pas moins le respect que l’on donne aux lieux qui rendent notre monde unique et dont l’existence est aujourd’hui en péril.

 

Ce livre est d’abord une critique de la destruction de la forêt amazonienne, Sepulveda constate que le « progrès » fait disparaître l’équilibre naturel, condamne des espèces végétales, animales et des humains (les Indiens). Cette forêt, en outre, est un des poumons de la planète.

Le personnage du vieil homme, profondément humain, fait comprendre que la clé du bonheur, c’est l’amour de la vie. Cet homme qui a vécu parmi les Indiens est un « sage », il sait qu’il faut vivre en symbiose avec la forêt et ne pas la détruire.

Tout cela raconté avec beaucoup de tendresse et de poésie…

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Classé dans Littérature sud-américaine (Chili)

Le temps des genévriers / Kate WILHELM

La sécheresse dévaste les Etats-Unis, chassant les habitants de la côte ouest vers l’univers concentrationnaire des villes nouvelles, tandis que la recherche spatiale fait l’objet d’une convoitise non dissimulée de la part des militaristes, au risque de faire sauter la planète. Seuls les Indiens vivent d’espoir et c’est vers cette civilisation ayant retrouvé son authenticité perdue que vont se tourner Arthur et Jean, le jour où un message venu d’ailleurs mettra en péril leur existence.

« Le monde semblait palpiter devant ses yeux, au rythme des battements de son coeur. Il scintillait, faiblissait, scintillait encore.
C’était le même désert. Exactement le même, depuis toujours. Elle savait qu’il en serait ainsi. – Les déserts et les océans se moquent de la sécheresse, dit-elle, et elle entendit ses paroles sans s’être rendue compte qu’elle s’exprimait à voix haute.
Il y avait là les plateaux, les falaises, les corniches aux contours effilés, les soulèvements et les plissements de granite, de basalte et d’obsidienne. Le jaspe miroitait à la lumière du soleil, d’un brun chocolaté qu’on aurait dit mouillé. » (p.109)

Un beau roman très riche en détails, avec des protagonistes crédibles et attachants. La psychologie des  personnages est d’ailleurs le motif principal du roman, le contexte SF est ici un décor pour les mettre en valeur. Ce sont des êtres humains qui essaient de trouver leur place dans un monde hostile où l’espoir s’amenuise peu à peu…

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Classé dans Littérature américaine (USA)