Archives de Catégorie: Littérature française

Les futurs mystères de Paris / Roland C. Wagner

A savoir d’abord…

C’est avec un humour tantôt grinçant, tantôt désopilant que Roland C. Wagner s’attache, depuis le début des années 1980, à dénoncer les dérives de l’impérialisme au travers de textes engagés comme La saison de la sorcière ou Pax Americana. Ce qui ne l’empêche ni de rêver à des mondes lointains (Le chant du Cosmos, Les aventuriers des étoiles), ni de s’amuser (Les futurs mystères de Paris, L.G.M.).

Grand Prix de l’Imaginaire, pour l’ensemble de la série

« Qualités d’écriture et narration généreuse confirment, si besoin en était, que Roland C. Wagner est un fantastique conteur. » – Galaxies

1 – La balle du néant

Présentation de l’éditeur :

La sortie en 1996 de La Balle du Néant, premier tome réédité chez l’Atalante, du (futur) cycle des Futurs mystères de Paris (en références à Eugène Sue, Léo Malet et Frédéric Dard) fut une des heureuses surprises d’alors dans un paysage SF francophone assez atone. Préfigurant une mode du polar-sf qui bat actuellement son plein, Roland Wagner crée, avec le personnage de Tem, une figure de private eye unique au monde puisque affublé d’un handicapant « talent » de « transparence ». À elle seule, cette idée est un trait de génie comique et littéraire et une contrainte étonnante en termes de menée du récit policier car elle implique de mobiliser un brio parfois quasiment oulipien. La réédition à l’Atalante de ce premier tome (et des suivants ainsi que d’un tout nouveau intitulé Babaluma) de ce qui est devenu un cycle majeur dans l’œuvre du prolifique Roland Wagner (répartie à l’heure où ces lignes sont écrites en onze nouvelles et novellas et sept romans) est une heureuse nouvelle à bien des égards : d’abord l’iconographie de couverture, comme à l’ordinaire chez L’Atalante, superbe, nous offre une représentation de Tem dans son habit de couleur, bien plus belle que sur celle de l’édition originale au Fleuve Noir (à garder tout de même en collector). Ensuite c’est une occasion de découvrir ou de redécouvrir l’univers si foisonnant qu’il ne peut être décrit en quelques lignes et totalement stupéfiant, tant à cause de la « psychosphère » que des marottes – drogues, rock – de cet auteur qui se nomma jadis Red Deff, dans lesquels Tem évolue. Notons que quelque part (on ne dira pas où) dans le cycle se trouve – c’est aux fans de la première heure que je m’adresse – l’explication de la fin…

Extrait :

« Imaginez que vous vous promenez sur un trottoir au milieu de la foule. Vous ne pourrez jamais prêter attention à toutes les personnes que vous croiserez ; il en subsistera une certaine proportion que vous ne remarquerez même pas, sinon sous la forme de silhouettes noyées dans la masse.
Eh bien, pour le commun des mortels, je fais le plus souvent partie de ces silhouettes. Ma sœur Rivière Paisible du Matin Calme aime à dire que je « glisse entre les mailles du tissu de la réalité ». Si j’ai affaire à des individus sensibles à mon Talent – et à condition de ne pas être attifé à ce moment-là comme le croisement d’un clown et d’un épouvantail –, je peux me faufiler parmi eux, traverser leur champ visuel, voire les toucher sans qu’ils s’en rendent compte.
Très pratique pour les filatures, pensez-vous. Mais imaginez mon calvaire dès lors qu’il s’agit d’interroger des témoins. »

Mon avis :

Premiers pas dans l’univers de Tem (Temple sacré de l’aube radieuse) où on fait la connaissance de ce détective privé qui s’est lancé dans cette carrière après avoir lu Léo Malet, il a donc pris Nestor Burma comme modèle…
On fait connaissance avec les particularités de cet univers à la fois proche et très lointain dans le temps et c’est un plaisir. Les personnages sont « vivants », on s’y attache très vite…
Un plaisir de lecture qui donne bien envie de lire la suite…

2 – Les ravisseurs quantiques

Présentation de l’éditeur :

Paris, 2063. L’homme au chapeau vert fluo enquête sur la disparition d’une jeune fille enrôlée dans la secte des  » copistes « . Avec l’aide inestimable de Gloria, l’intelligence artificielle anarchiste, fondatrice du Collectif Louise Michel pour la libération des citoyens virtuels. 

Extrait :

 » Mon nom est Temple Sacré de l’Aube Radieuse, mais vous pouvez m’appeler Tem.
Pour cent euros par jour plus les frais, vous pouvez aussi louer mes services. Je suis détective privé. Mon atout majeur ? Le Talent de transparence qui me permet de passer inaperçu. Mais qui m’oblige aussi à des efforts vestimentaires pour ne pas passer inaperçu. « 

Mon avis :

Le plaisir de la lecture continue…

3 – L’Odyssée de l’Espèce

Présentation de l’éditeur :

Paris, 2063. Harcelé par l’antipathique inspecteur Trovallec dit « le Dénébien », c’est pour se disculper d’une accusation de meurtre que doit enquêter cette fois Temple Sacré de l’Aube Radieuse, le détective millénariste au chapeau vert fluo. Où l’on pénètre la complexité de la psychosphère et où la Grande Terreur de 2013 apparaît sous un éclairage nouveau. Où se profile aussi l’ombre menaçante de Dragon Rouge, un archétype « fondamentalement archaïque ». L’enjeu ? Rien moins que le destin éthique de l’humanité. La richesse et l’originalité de ce roman lui ont valu une moisson de prix littéraires. 

Extrait :

« Telle était l’odyssée de notre espèce. Naissant au bord d’un lac en Afrique orientale, puis se répandant et se diversifiant à travers toute la planète… Échanges de gènes et de vocables, influences mystiques, enrichissement culturel… Mais aussi guerres, massacres, spoliation, esclavage, déplacements de population… Ainsi que les souffrances qui les accompagnaient… Tout cela s’était inscrit dans la Psychosphère. Tout cela – et bien d’autres choses encore. Tout ce qui faisait l’Homme. »

Mon avis :

Un roman tout à fait réussi et bien construit qui relance l’intérêt de suite. Plusieurs prix littéraires mérités [prix Rosny Aîné 1998, prix Ozone 1998, grand prix de l’Imaginaire 1999].

4 – L’Aube incertaine

Présentation de l’éditeur :

En 2064, les multinationales règnent sans partage sur un monde d’où toute trace de criminalité a été éliminée. Enfin, presque, car aujourd’hui, Tem, le privé transparent, enquête sur une vague de décès suspects qui frappe les jeunes artistes du Délirium, un courant alternatif très populaire. L’affaire se révèle plus compliquée qu’il n’y paraît de prime abord, d’autant que le talent de Tem fait à nouveau des siennes : le voilà devenu cette fois presque totalement invisible !

Extrait :

A SUIVRE…

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Illianday / Viviane Moore

Présentation de l’éditeur

« Un mois déjà, un mois qu’il trouvait des pauvres types comme celui-là, les orbites noyées de sang . Ils pleuraient tous avant de mourir. »
Ilianday est une chasseuse de primes. Kilney est un flic au bout du rouleau. Pour lui, c’est le seizième appel de la matinée. Pour elle, c’est le début d’une étrange enquête, à la poursuite d’un tueur insaisissable qui laisse sur son chemin des cadavres aux yeux rivés sur leur écran. 
Dans ce thriller sensuel et violent, Viviane Moore nous entraîne au côté de son héroïne dans un univers urbain insolite, à mi-chemin entre Londres, Mitrovica et Tokyo.

Extrait

“La sonnerie hurlait, grimpant dans les aigus. Malgré l’étroitesse du couloir, les voisins s’étaient massés devant la porte. Ils attendaient en silence. La Mort était une curiosité, une rareté : un corps écrasé ou carbonisé, un visage exsangue, une flaque de sang bien rouge… Ceux-là se pressaient dans l’espoir d’avoir leur part. 
Ils refluèrent précipitamment devant l’arrivée des îlotiers, quatre hommes armés, menés par un inspecteur au visage las. Pour lui, c’était le seizième appel de la matinée. Suicides et meurtres se succéderaient ainsi jusqu’à la nuit, où d’autres flics prendraient leur place.
Mais cette fois, c’était autre chose, cette stridence annonçait la mort d’un joueur. Et les flics détestaient ça. Ils haïssaient ce qui leur échappait. Et ceux-là, quelques millions de par le monde, ne mouraient jamais comme les autres… Surtout ces derniers temps.
Ils vivaient enfermés, les yeux brûlés par les images vidéo. Ils se retrouvaient entre eux sans jamais sortir de leur chambre pour des parties qui les gardaient éveillés des jours durant. Ils oubliaient tout simplement de s’alimenter, de boire ou de se chauffer et s’éteignaient dans la lumière bleutée de leurs écrans muraux…”

Mon avis

D’abord une petite mise en place :
Un monde futur… détruit… post-apocalyptique sans apocalypse simplement les humains ont détruit la nature…
Ne reste que des survivants, divisés en « catégories » : Ilianday est une « agissante » – elle vit dans le monde réel et mène des enquêtes ou recherche des antiquités. Day-Off est un « enfermé » – il vit dans un monde virtuel où il se sent tout-puissant mais son corps est enfermé dans une combinaison qui n’est, en définitive, qu’un cercueil. Une affinité qu’ils ne comprennent pas eux-mêmes s’est créée entre ces deux personnages. Aristote est un « joueur », virtuose des jeux du monde virtuel. Kilney est un flic au bout du rouleau, il a jadis été l’amant d’Ilianday et ils sont dans cette affaire amenés à travailler ensemble…
Dans cet univers noir et impitoyable, qui donc tue?

Au départ, il faut entrer dans cet univers, je lis beaucoup de SF donc pas de problème pour moi. On s’attache tout de suite à Ilianday qui est une battante. On frissonne à la pensée que cet univers sombre et cruel est peut-être notre futur…

J’ai été captivée par le monde décrit par Viviane Moore et, oui, j’ai vraiment aimé cette lecture…

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Célestopol / Emmanuel Chastellière

Présentation de l’éditeur (Libretto)

Célestopol, cité lunaire de l’empire de Russie, est la ville de toutes les magnificences et de toutes les démesures. Dominée par un duc lui-même extravagant, mégalomane et ambitieux, elle représente, face à une Terre en pleine décadence, le renouveau des arts et la pointe du progrès technologique. On y suit des habitants en quête d’émancipation, rebelles, insoumis – à l’image de la métropole –, qui portent en eux des colères intimes et des fêlures profondes.
Dans ce volume de fantasy d’influence steampunk, l’auteur nous livre un hommage décalé et ambitieux au romantisme slave.

Extraits

« Célestopol se voulait un phare dans la nuit, la démonstration grandiose et boursouflée de la puissance de la volonté humaine, de son intelligence, de ses passions, y compris les plus inavouables.« 

« Nous savons toutes les deux que Nikolaï en aime une autre, n’est-ce pas ? Et pas de chance pour vous comme pour moi, elle a gagné depuis longtemps puisqu’elle est morte. C’est injuste pour lui comme pour elle, mais Nikolaï ne la voit plus comme celle qu’elle était vraiment. Il aime une image, un mirage. Je ne peux pas me battre avec un souvenir nourri de regrets. (Elle sourit, encore.) Je ne veux pas.« 

Mon avis

Une découverte, un vrai coup de coeur!

Célestopol est un recueil de nouvelles, pour moi du genre Uchronie Steampunk, entre La Lune seule le sait de Johan Héliot et Le Paris des Merveilles de Pierre Pevel que j’ai beaucoup aimé aussi.

Imaginez un monde où l’Histoire a évolué différemment du notre et où l’Empire russe a conquis la moitié de l’Europe que l’Allemagne ne s’est pas attribuée ; la France, vaincue s’est repliée outre-Atlantique où Napoléon s’est taillé un empire appelé Nouvelle-France qui englobe une grande partie de l’Amérique du Nord.
La Russie a découvert un moyen de locomotion pour l’espace grâce à une matière découverte sur la Lune et y a construit une cité : Célestopol.
Nous sommes au début du 20e siècle, le Duc Nikolaï Romanov règne sur la cité lunaire que nous découvrons au fil des nouvelles dont les dates s’échelonnent de 1901 à 1932…

C’est la première fois depuis très longtemps que je dévore un recueil de nouvelles quasi d’une traite, juste une petite pause entre chaque texte pour me préparer à changer de personnages – quoiqu’on en retrouve certains – et de lieux de la ville – cadre essentiel de ce livre…

L’ambiance de la ville est cosmopolite mais l’ensemble des nouvelles est, à mon avis, imprégnée de mélancolie – à la fois espoir d’un monde meilleur et désespérance d’y parvenir…
Les personnages (même les automates) sont crédibles et bien « croqués », on s’y attache très vite. Le seul (tout petit) reproche que je peux faire est que, pour certains textes, j’aurais aimé une ou deux pages de plus vers la fin!

Même si vous aimez moins les nouvelles et même si vous n’aimez pas la SF, il faut lire Célestopol, c’est un bouquin qui vaut vraiment la peine…

J’ai acheté la nouvelle édition du livre (Libretto) mais je regrette bien de ne pas avoir la somptueuse couverture de Marc Simonetti de la première édition…

A voir, le site de l’auteur :
http://www.emmanuel-chastelliere.com/celestopol
Merci Monsieur Chastellière, j’ai adoré votre bouquin!

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Les aventures d’Aldo Morosini / Juliette Benzoni

Cette série, parue sur plusieurs années (1994-2016) volume par volume, met en scène le prince Aldo Morosini qui est devenu après la première Guerre mondiale un antiquaire spécialisé dans les bijoux anciens. Suspense, amours, trahisons et secrets historiques foisonnent dans cette série où se mêlent vérité historique et histoire romancée. Voici une réédition bienvenue!

Premier volume :
L’Etoile bleue.
La Rose d’York.
L’Opale de Sissi.
Le Rubis de Jeanne la Folle.
Les Émeraudes du Prophète.
La Perle de l’Empereur.
Les Joyaux de la sorcière.

 

Second volume :
Les » Larmes  » de Marie-Antoinette.
Le Collier sacré de Montezuma.
L’Anneau d’Atlantide.
La Chimère d’or des Borgia.
La Collection Kledermann.
 » Les Trois Frères « .
Le Diamant de Bourgogne.
Le Vol du Sancy.

 

Extraits :

 » Morosini prit entre ses doigts le lourd bracelet moghol où, enchâssée dans de l’or ciselé, une profusion d’émeraudes et de perles enveloppait d’une folle végétation un bouquet de saphirs, d’émeraudes et de diamants. Il le caressa un moment puis, le posant devant lu, il attira d’une main une forte lampe placée sur un coin de son bureau et l’alluma pendant que, de l’autre, il encastrait dans son orbite une loupe de joaillier.
Violemment éclairé, le bracelet se mit à étinceler de feux qui allumèrent des éclats bleus et verts aux quatre coins de la pièce. On aurait dit qu’un volcan miniature venait de s’ouvrir au coeur d’une toute petite prairie. » – L’étoile bleue

« – Ce n’est pas parce que ce malheureux est affligé d’une femme à moitié folle qui préfère le fan-tan au bridge et court la nuit les quartiers interlopes qu’il faut le soupçonner d’abriter des pensées inavouables. En fait, son plus gros défaut est d’avoir une sale gueule, mais ça non plus ce n’est pas sa faute ! » – La Rose d’York

 » Plus remarquable encore était la femme qui fixa l’attention du prince. Son port était celui d’une altesse et, en la regardant, Morosini évoqua certain portrait de la duchesse d’Albe peint par Goya. Elle était à la fois vêtue et masquée de dentelles noires: une sorte de mantille retombant de sa haute coiffure un peu plus bas que la bouche. Ses longs gants étaient taillés dans le même tissu léger et sombre qui faisait ressortir l’éclatante blancheur d’une peau sans défaut. Aucun autre bijou qu’une broche scintillant d’un éclat magique dans les dentelles mousseuses au creux d’un magnifique décolleté. Un éventail était posé sur le rebord de velours rouge de la loge. » – L’opale de Sissi »

 » De Lisa jamais il ne se lasserait. Il le sentait bien aux poussées de jalousie primitive qui torturaient ses nuits à la savoir si loin de lui, si proche d’inconnus dont il ignorait s’ils la respecteraient. Pour se calmer il évoquait alors les deux années vécues auprès de ce corps adorable sans en soupçonner la grâce, empaqueté qu’il était dans les vêtements à peu près informes de « Mina Van Zelten » dont même Plan-Crépin ne se fût pas accommodée. Alors il oubliait sa souffrance et il souriait… C’était, à tout prendre, un bon remède pour éviter de devenir fou… » – Les émeraudes du Prophète

 » Légende ou réalité, on chuchote depuis longtemps qu’au moment du cataclysme qui a englouti l’Atlantide, régnait sur ce qui n’était qu’une colonie de terre ferme une femme d’une extraordinaire beauté, d’une vaste intelligence, douée comme la Cassandre troyenne de la faculté de prédire l’avenir. » – L’anneau d’Atlantide

Mon avis :

Je viens de re-lire les aventures d’Aldo Morosini, le prince-antiquaire de Juliette Benzoni. C’est qu’elles sont passionnantes, ces histoires : un mélange de lieux exotiques fort bien décrits, d’enquêtes sur des crimes, de courses à travers l’Europe et le Moyen-Orient, tout cela dans l’ambiance des années 20 – les années folles – et le luxe des palaces de l’époque…

Je prend toujours beaucoup de plaisir à relire cette saga, ça ne me dérange pas de connaître le futur des personnages. Et ces personnages sont particulièrement bien choisis pour mettre de l’ambiance, de l’action, de la romance, du suspense et de l’humour!

Juste un bémol, on aurait pu se passer du dernier titre « Le vol du Sancy », nettement moins bon que tous les autres…

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Involution / Johan Héliot

Quatrième de couverture :

L’AMAS – pour Anomalie Magnétique de l’Atlantique Sud – préoccupe les scientifiques du monde entier : si ce qu’enregistrent les instruments de mesure est avéré, on a peut-être affaire à un phénomène géophysique d’une ampleur inégalée depuis l’extinction des dinosaures. Les villes du continent sud-américain sont les premières à en percevoir les effets : à São Paulo, tous les appareils de communication commencent à se dérégler. Chloé et Vincent, à défaut de trouver la nouvelle vie qu’ils venaient chercher au Brésil, seront aux premières loges pour assister à l’inéluctable…

 

Extrait :

« Depuis les débuts de notre civilisation, on s’est habitués à l’idée même de notre permanence – je te parle du vulgum pecus, pas du timbré millénariste. C’est pourtant une erreur du point de vue de l’évolution. La plupart des gens croient dur comme fer qu’on est là pour toujours, du moins pour très longtemps. Même si on sait qu’un jour le Soleil finira par mettre le holà à cette petite plaisanterie cosmique appelée la vie, qui se lève en y pensant sérieusement ? Même là, en ce moment, malgré l’évidence, je ne suis pas sûr qu’une majorité y songe non pas comme une probabilité mais comme un fait programmé, un calcul froid et mécanique établi sur des bases de rationalité indiscutables par un cerveau totalement étranger à nos motivations. Qui a jamais vraiment accepté de se considérer à titre individuel comme un simple incident dans le jeu complexe de l’évolution ? »

 

Mon avis :

Un roman bien écrit, sur une idée intéressante mais auquel je ne suis pas arrivée à accrocher à fond – peut-être parce que je ne « sens » pas les personnages?… Pas mal, sans plus…

 

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Ces lieux sont morts / Patrick Graham

Quatrième de couverture :

Le docteur Eric Searl ressuscite les «endormis» : des patients plongés dans le coma. Il les stimule par des sons et des odeurs, les aide à se réveiller ou à mourir. Aux yeux de la plupart des gens, il est un héros… Mais lorsqu’il rate, la veille de Noël, l’avion devant les conduire avec sa famille dans son chalet, Rebecca, sa nouvelle compagne, est loin de partager cette opinion. Furieuse, perdue en plein coeur des Rocheuses avec les trois enfants de Searl et un mystérieux auto-stoppeur bègue qu’elle a pris en pitié, elle doit faire face à une violente tempête.

Quand Searl prend enfin la peine de les appeler, il est trop tard pour les reproches. Les cris de sa famille résonnent dans la maison, couverts par une voix, glaçante : «Àààà votre place, je deviendrais complètement fffou, doc.»

 

Extrait :

« – Vous n’imaginez pas ce qui se passe dehors pendant que vous dormez. Ce qui se passe de l’autre côté de vos portes et de vos volets fermés à double tour, dans les profondeurs obscures des villes.
– Vous parlez des tueurs en série ? J’ai lu des livres là-dessus.
– Ça ne suffit pas pour comprendre l’étendue du problème.
– Quel genre de problème ?
– Les États-Unis, doc. 318 millions d’habitants. 300 millions d’armes à feu. Nous sommes à ce point armés parce que nous avons d’excellentes raisons de l’être. Parce que, partout dans ce merveilleux pays dont le reste du monde ne connaît vaguement que les villes principales, les gratte-ciel de Manhattan et la Bourse, il existe des contrées sauvages et reculées, des villages perdus, des forêts maudites et des enclaves sans autre loi que celle de la nature. Les nuits dans ces lieux sont noires et pleines de terreur. C’est là que naissent les monstres que nous traquons. Des prédateurs parfaits, sans conscience ni regrets. Des fauves qui surgissent de la jungle un soir d’orage, égorgent quelques agneaux dans la lueur des éclairs, puis disparaissent à nouveau. Dans la hiérarchie des créatures légendaires, eux sont les vampires.
– Je ne comprends pas.
– L’humanité n’a pas inventé que Dieu, les démons ou les anges pour justifier ses propres crimes. Au fil du temps, il nous a fallu imaginer d’autres monstres afin de tenter d’apaiser les populations confrontées à des événements terrifiants. L’histoire fourmille de meurtres si atroces que la conscience populaire a tenté d’y apporter des explications surnaturelles afin de ne pas avoir à en affronter la réalité humaine. Combien d’ogres, de vampires, de loups-garous ou de bêtes du Gévaudan avons-nous rendus responsables au Moyen Âge du massacre de familles entières, de femmes, d’enfants, de bergères ou de voyageurs isolés ? Mais ces créatures n’ont jamais existé ailleurs que dans notre imagination. Ce sont les tueurs en série qui étaient déjà à l’oeuvre à travers les âges. Et ils sont toujours plus nombreux. »

 

Mon avis :

Un excellent thriller où on entre à fond et  dont on sort un peu groggy en se demandant où est la réalité!

Après Retour à Rédemption, une autre réussite de Patrick Graham…

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Le secret interdit / Bernard Simonay

 

Quatrième de couverture :

Un avion s’écrase dans les Rocheuses, avec plus de cent vingt passagers. Les corps de trois personnes restent introuvables. Or, il leur a été matériellement impossible de quitter l’avion avant l’explosion…

En Floride, un mystérieux navire semble protégé d’un cyclone exceptionnellement puissant par un étrange halo lumineux. L’écrivain Kevin Kramer monte à bord, et y aperçoit, un court instant, la silhouette d’un homme qui est censé se trouver au même moment à quatre mille kilomètres de là. Intrigué, Kevin décide de rencontrer cet énigmatique personnage.

Cette démarche insolite va l’entraîner dans une aventure hallucinante qui, peu à peu, va lui apporter une vision différente de l’histoire du monde et lui révéler l’existence d’un complot effrayant à l’échelle de la planète. Un complot dont il est, sans le savoir, une pièce maîtresse.

Ce récit insolite, où le présent et le passé s’entrecroisent, entraîne le lecteur aux quatre coins du monde, à différentes époques, sur les traces des Templiers, dans les geôles sombres des tribunaux secrets allemands du XIIIe siècle, à la découverte des Antilles en compagnie de saint Brendan, moine explorateur du me siècle, dans une expédition au Tibet à la recherche d’un temple sacré, dans la Turquie de Soliman le Magnifique. Et vers les sables de l’Égypte antique… Là où se trouve, peut-être, la réponse à tous les mystères, la clé d’un secret fabuleux, remontant à l’aube de l’Humanité.

 

Extrait :

« Si l’on s’imagine une seconde que la réincarnation n’est pas une pure fantaisie religieuse ou spirituelle…Si effectivement la mort n’est qu’un passage vers une autre vie… Alors,nous serons encore là dans un siècle, dans dix, dans cent, et nous hériterons nous-mêmes du chaos que nous aurons laissé derrière nous. Il est encore temps d’y réfléchir…. »

 

LE SECRET INTERDIT ne s’inscrit pas directement dans la saga Les Enfants de l’Atlantide, mais se déroule dans le même univers, à notre époque.

 

Mon avis :

Bernard Simonay a écrit quelques-uns des livres que je préfère, il a su mélanger les codes de la SF, de la Fantasy et du Fantastique pour créer un passé, un présent et un futur à la mesure des mythes. Comme il est parti bien trop tôt dans un monde qu’on dit meilleur – ce que j’espère autant que lui – nous n’aurons hélas pas de suite mais je relis ses livres avec le même plaisir chaque fois…

 

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