Archives de Catégorie: Littérature canadienne (anglophone)

Sous la glace / Louise Penny

1413791-gf« Gamache avait devant lui une image de trois femmes âgées, les bras délicatement entrelacés. C’était une oeuvre étonnamment complexe, avec des couches de photographie, de peinture et même d’écriture. Au milieu, Em, penchée en arrière, riait avec abandon, et les deux autres la soutenaient en riant elles aussi. Ce moment d’intimité surpris dans la vie de trois femmes témoignait d’une grande complicité entre elles. L’oeuvre rendait parfaitement bien leur amitié et leur interdépendance. Elle chantait l’amour et l’affection qui vont au-delà des repas agréables et des anniversaires dont on se souvient. Gamache avait l’impression de regarder dans l’âme de chacune, et la combinaison des trois était presque trop belle.
– Je l’ai appelé Les Trois Grâces, dit Clara.
– C’est parfait, murmura Gamache.
– Mère est la foi, Em l’Espérance et Kaye la Charité. J’en avais assez de voir les Grâces toujours représentées sous les traits de belles jeunes filles. Je crois que la sagesse vient avec l’âge, la vie et la douleur. Et le fait de savoir ce qui compte.
– Le tableau est-il terminé ? On dirait qu’il y a de la place pour une autre.
– Vous êtes très perspicace. ll est terminé, mais, dans chacune de mes oeuvres, j’essaie de laisser un peu d’espace, une sorte de fêlure.
– Pourquoi ?
– Pouvez-vous lire ce qui est écrit au fond, derrière elles ?
Elle fit un signe de tête en direction du tableau.
Gamache se pencha en avant; chaussa ses lunettes et lut à haute voix.

« Ring the bells that still can ring
Forget your perfect offering
There’s a crack in everything
That’s how the light gets in.

(Sonnez les cloches qui peuvent encore sonner,
Oubliez l’offrande parfaite,
Il y a en toute chose une fêlure
Par laquelle la lumière pénètre.) »

 

Lorsque l’inspecteur Armand Gamache est chargé d’enquêter sur un nouveau meurtre survenu au sein de la petite communauté de Three Pines, il ne lui faut pas longtemps pour comprendre que la victime ne manquera à personne.

D’ailleurs, personne ne l’a vue se faire électrocuter en plein milieu d’un lac gelé lors d’une compétition de curling. Pourtant, il y a forcément eu des témoins…

 

La présentation de l’éditeur nous dit : « Un deuxième roman qui confirme que Louise Penny est l’héritière naturelle d’Agatha Christie. » 
J’ai déjà entendu et lu ce commentaire bien des fois… et chaque fois je me disais : non, ce n’est pas ça… Par contre, ici, on s’approche… Louise Penny sait approfondir la psychologie de ses personnages et nous les rendre « présents » au point qu’on se dit : oui, ils doivent bien exister… Et certes, ils existent – quelque part dans le monde, sous un autre nom…

Passionnément

 

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En plein coeur (Nature morte) / Louise Penny

book_enplein« A la campagne, la mort vient sans invitation, en plein jour. Elle prend des pêcheurs dans leurs chaloupes. Elle saisit des enfants par les chevilles alors qu’ils nagent. En hiver, elle les appelle sur une pente trop abrupte pour leur habileté naissante et croise les extrémités de leurs skis. Elle attend sur la rive, là où il n’y a pas si longtemps la neige rencontrait la glace, mais où maintenant, à l’insu des yeux brillants, un peu d’eau touche la rive, et le patineur élargit un peu trop ses ronds. »

En plein cœur débute en automne, au Québec, alors qu’on découvre le cadavre d’une villageoise adorée de tous, un dimanche d’Action de grâce. L’inspecteur-chef Armand Gamache, qui dirige l’escouade des homicides de la Sûreté du Québec, est chargé de l’enquête.

Ce meurtre est déroutant. Qui voudrait voir morte une vieille dame aussi gentille? Le mystère s’épaissit à mesure que l’on met au jour des œuvres d’art que la victime a longtemps gardées secrètes. Rustiques, primitives et troublantes, ces peintures touchent différemment tous ceux qui les voient.

Le meurtrier est-il dissimulé dans le tableau? Son mobile l’est-il également? Est-ce un pur hasard si la victime avait décidé, quelques jours avant le meurtre, d’exposer son œuvre pour la première fois?

À mesure que l’inspecteur-chef Gamache approfondit son enquête, il découvre de sombres secrets enfouis et déterre d’affreux souvenirs. Quelque part, dans le joli village de Three Pines, quelqu’un n’est pas ce qu’il paraît être.

Le premier livre de Louise Penny que je lis mais ce ne sera pas le seul…

J’ai aimé le petit village de Three Pines, ses habitants tous différents mais attachants, les mini ou maxi drames cachés dans leurs vies et l’exotisme (eh oui!) du français du Québec (l’auteur écrit en anglais mais la traduction sonne juste – j’ai lu l’édition québecoise, je suppose que l’édition française, parue sous le titre Nature morte, est la même (pourquoi changer le titre?) et, par pitié, que les éditions Actes Sud arrêtent ces affreuses couvertures noires et rouges qui me rebutent…

L’intrigue est bien ficelée, j’ai hésité jusqu’au bout, je n’ai compris qu’à quelques pages de la fin… L’écriture agréable et fluide, vraiment un plaisir! Je vais de ce pas me procurer la seconde enquête d’Armand Gamache 🙂    

Passionnément

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Un auteur : Peter Robinson – Un personnage : Alan Banks

robinsonPeter Robinson, né le 17 mars 1950 à Castleford dans le Yorkshire, en Angleterre est un écrivain canadien d’origine britannique, auteur principalement de romans policiers.

Après des études supérieures à l’université de Leeds, où il obtient en 1974 une licence en lettres, il émigre au Canada. Il exerce le métier d’enseignant et poursuit ses études à l’université de Windsor et décroche en 1975 une maîtrise en création littéraire. En 1983, il atteint le grade de doctorat de l’université d’York et continue d’enseigner.

Il amorce sa carrière littéraire dès 1979 par la publication d’un recueil de poésie. À partir de 1987, il se consacre à l’écriture de romans policiers inspirés par les œuvres de Georges Simenon, de P.D.James et de Ruth Rendell. L’action de ses intrigues policières se passe le plus souvent à Eastvale, ville imaginaire calquée sur les villes du Nord Yorkshire, et met en scène l’inspecteur Alan Banks, un policier méthodique et un peu désabusé, passionné de jazz, de musique classique et de lecture.

Il remporte le grand prix de littérature policière 2001 avec Saison sèche (In a Dry Season), le dixième titre de la série des enquêtes de l’inspecteur Banks.

Il vit actuellement en Ontario (Canada).

https://en.wikipedia.org/wiki/Peter_Robinson_(novelist)

 

Les enquêtes d’Alan Banks éditées en français :

  1. Le voyeur du Yorkshire
  2. Le rocher aux corbeaux
  3. Matricule 1139
  4. La vallée des ténèbres
  5. Noir comme neige
  6. Tous comptes faits
  7. Un goût de brouillard et de cendres
  8. Le sang à la racine
  9. Saison sèche
  10. Froid comme la tombe
  11. Beau monstre
  12. L’été qui ne s’achève jamais
  13. Ne jouez pas avec le feu
  14. Etrange affaire
  15. Le coup au cœur
  16. L’amie du diable
  17. Toutes les couleurs des ténèbres
  18. Bad Boy
  19. Face à la nuit

 

9782253123361, 0-5295871969, dans le Yorkshire. Lors d’un festival de rock, une jeune fille est poignardée. L’enquête tourne alors autour d’un groupe débutant : Les Chapeliers fous. Trente-six ans plus tard, un journaliste est sauvagement assassiné. Sans mobile apparent. Mais toujours ces Chapeliers fous, au sujet desquels il préparait un article. Au fil de son enquête, l’inspecteur Banks va découvrir que ce n’est pas la première fois que ces superstars vieillissantes du rock sont mêlées à une tragédie…

Surfant à un rythme infernal entre passé et présent, l’intrigue nous replonge au coeur de la génération Sex, drugs and rock and roll.

Grand Prix de littérature policière pour Saison sèche, Peter Robinson s’est imposé comme l’un des maîtres du genre.

Une éclatante leçon d’écriture, aiguë, sèche, d’une subtile psychologie. – Ian Rankin.

Ce personnage de détective rebelle, allergique aux procédures et à la hiérarchie, qui écoute Eric Clapton ou Van Morrison dans sa voiture, a le charme d’une espèce rare.
 – Le Parisien.

 

J’ai lu tous les romans de Peter Robinson mettant en scène Alan Banks. J’ai choisi de parler ici de « Le coup au cœur » car c’est un de ceux qui m’a le mieux plu. Il restitue l’ambiance d’une époque pas si éloignée où le monde changeait radicalement. J’aime bien aussi l’ambiance musicale de ce roman un peu nostalgique  genre « je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître »…

L’intrigue est, comme dans tous les autres livres de Peter Robinson, bien menée ; le décor bien mis en place sans que les descriptions ne deviennent ennuyeuses. Belle écriture agréable et précise. On retrouve Alan Banks comme un vieux copain impliqué de nouveau dans une drôle d’enquête. La surprise, c’est l’enquête menée par l’inspecteur Chadwick en 1969 qui vient s’intercaler en flashbacks intrigants.

Je n’en dis pas plus sur l’histoire mais ce livre fait un pont dans le temps entre deux époques et rend tout à fait l’ambiance de la fin des sixties…

Bravo, Peter Robinson

Passionnément

 

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Un auteur qui vaut le détour : Gilles BLUNT

Quelques mots sur l’auteur

giles blunt_2Giles Blunt (né en 1952 à Windsor, Ontario) est un auteur canadien. Il est aussi scénariste. Ses derniers romans racontent l’histoire du détective John Cardinal, qui vit dans la petite ville d’Algonquin Bay, dans le Nord de l’Ontario. Algonquin Bay est en fait North Bay à peine déguisée — par exemple, Blunt retient les noms des rues principales et des deux lacs (Trout Lake et Lake Nipissing) entre lesquels la ville est située, le cadre physique des deux endroits est le même, et il décrit Algonquin Bay comme étant à la même localisation géographique que North Bay.

Son premier roman, « Cold Eye », a été la base du film français « Les Couleurs du diable » (Allain Jessua, 1997). Blunt a remporté le prix Silver Dagger pour son premier roman faisant intervenir John Cardinal, « Forty Words for Sorrow » au concours des British Crime Writers, et son second roman, « The Delicate Storm », a reçu le prix Arthur Ellis Award du meilleur roman au Crime Writers of Canada’s.

Ses contributions pour la télévision incluent des épisodes de « Law & Order », « Street Legal » et « Night Heat ».

 

Les romans de John Cardinal

Quarante mots pour la neige

Blunt Quarante mots pour la neigeDans l’atmosphère lunaire de l’île de Windigo, le corps de Katie Pine, 13 ans, est retrouvé emprisonné dans un sarcophage de glace. Les cadavres d’adolescents que John Cardinal, de la brigade criminelle d’Algonquin Bay, va découvrir par la suite ne laissent aucun doute : un serial killer est à l’œuvre, insaisissable et d’une cruauté inégalée.
 Mais Cardinal a d’autres raisons de s’inquiéter : une faute passée qui menace de le rattraper, une femme dépressive, et le curieux comportement de sa coéquipière Lise Delorme, ancienne des Affaires internes…
La beauté irréelle des paysages glacés de l’Ontario, associée à l’humanité des protagonistes, met dramatiquement en relief l’horreur paralysante du Mal à l’état pur.

 

Sous un ciel de tempête

Blunt Sous un ciel de tempêteAlors qu’une tempête de neige exceptionnelle menace Algonquin Bay, un mécanicien découvre dans la neige un bras humain, visiblement déchiqueté par des ours. À l’examen d’autres morceaux du corps éparpillés dans la nature, il apparaît que la victime serait un citoyen américain, ancien agent de la CIA. Remontant la piste jusqu’à New York, puis Montréal, John Cardinal entrevoit, malgré l’obstruction à peine voilée des services secrets canadiens, un lien entre ce meurtre et les événements qui secouèrent le Québec au début des années 1970. Le Front de Libération du Québec avait alors longuement séquestré un diplomate britannique et un ministre canadien.

Fragilisé une fois de plus par des problèmes d’ordre familial, Cardinal met au jour les vérités complexes de l’action terroriste d’autrefois, débusquant un meurtrier particulièrement cynique.

Un thriller atmosphérique et implacable, suite de « Quarante mots pour la neige ».

 

Surgie de nulle part

Blunt Surgie de nulle partC’est la saison des mouches, à Algonquin Bay, Ontario. Un pullulement d’insectes, bourdonnants, mordants, irritants, qui annonce la fin d’un trop court printemps. Avec son lot d’avanies pour la police locale : une jeune femme rousse, amnésique, qui court les bars avec une balle dans le crâne ; un motard sauvagement démembré ; une guerre des cartels d’héroïne qui tourne à la lutte tribale… Un régal pour la vermine.

John Cardinal, de la brigade criminelle, le sait mieux que personne : les mouches rendent fou. Sa propre femme, psychologiquement fragile, semble friser la rechute. Et que penser de ces violences qui agitent Algonquin Bay, avec une barbarie nouvelle ? Faut-il y voir la main d’un mystérieux chaman indien, nouvellement débarqué ? Il est temps, pour Cardinal, d’essayer de faire baisser la température…

 

Quand tu liras ces mots

Blunt Quand tu liras ces motsL’automne est la plus belle saison à Algonquin Bay. La préférée de Catherine, la femme maniaco-dépressive de l’inspecteur Cardinal, celle pourtant qu’elle choisit pour se jeter un soir du toit d’un immeuble de neuf étages. Elle a laissé une lettre, on ne peut avoir aucun doute quant à ses intentions, la police conclut à un suicide. Mais John Cardinal reçoit un message pour le moins déplaisant ; puis il découvre, en examinant le carnet de sa femme, que son message d’adieu n’était pas la dernière chose qu’elle y ait écrite… Contre l’avis de tous, il creuse l’idée qu’après tout, elle ne s’est pas forcément suicidée.

« Quand tu liras ces mots » explore la douleur et le sentiment de culpabilité du survivant après le suicide de son conjoint. Émouvant et lyrique, mais également glaçant, car un assassin pervers et manipulateur se cache derrière la mise en scène du drame.

 

J’ai beaucoup aimé ces quatre livres ! 🙂

beaucoup

Les histoires sont bien ficelées et l’Ontario en différentes saisons offre un cadre différent ! L’inspecteur Cardinal n’est pas un héros invincible mais un homme confronté, hors de son métier, à des problèmes familiaux. Le questionnement qui en résulte donne une épaisseur au personnage : on peut y croire et le comprendre… Les enquêtes sont « suspenses » à souhait 😉

 

Voilà encore un auteur dont les versions françaises disparaissent alors que ses livres sont appréciés de beaucoup de lecteurs ! Pourquoi ? C’est le grand mystère des éditeurs français!

J’ai été voir sur le site de Giles Blunt : une cinquième enquête de John Cardinal est parue en anglais, tandis qu’une sixième est annoncée pour le mois d’août 2013…

En français, plus rien depuis 2008, tous ses livres sont déclarés « arrêt de commercialisation ». C’est dommage… 😦

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Tigane / Guy Gavriel KAY

La bataille de la Deisa – où le prince Valentin a disparu, défait par l’armée et la sorcellerie du roi conquérant Brandin d’Ygrath – a scellé le sort de la péninsule de la Palme. Longtemps déchirée par les querelles intestines de ses provinces-États, la voici sous la férule partagée de Brandin et d’Alberico de Barbadior, tyrans et maîtres sorciers.

La résistance renaîtra d’une poignée d’hommes et de femmes conduits par le prince héritier Alessan, sous le masque de ménestrels et de marchands itinérants.

Une longue et dangereuse croisade les attend, pour libérer la Palme et ramener au jour le nom même du pays de Tigane et l’éclat de son histoire, éradiqués de toutes les mémoires par la vengeance du roi sorcier.

Dans ce monde inspiré de l’Italie de la Renaissance, Guy Gavriel Kay compose une épopée fantastique d’une puissance et d’une originalité rares. Les passions humaines et politiques y vibrent à la mesure d’un grand roman d’aventures pathétique, qui se lit aussi comme une métaphore de l’impérialisme, de l’occupation, de l’exil en son propre pays et de la lutte de libération.

 

Que peut-il se passer dans la tête et le cœur d’hommes et de femmes dont le pays d’origine a été dépouillé de tout, même de son nom ? Tigane a disparu et personne n’en parle plus, n’en a même plus de souvenirs… Ce roman possède une ambiance extraordinaire, très différente des autres bouquins de Fantasy. Guy Gavriel Kay nous offre ici un livre totalement différent de La Tapisserie de Fionavar (que j’avais adoré) et tout aussi réussi.

Que dire de plus ? Peut-être, pour les amateurs de suspense, que la situation ne se dénoue vraiment que dans les dernières pages… Et que les personnages sont tellement vrais et attachants qu’on quitte ce (gros) livre avec regret !

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La Tapisserie de Fionavar / Guy Gavriel KAY

1 – L’arbre de l’été (The Summer Tree, 1984)

Ils sont cinq, femmes et hommes, tous Torontois ; ils sont jeunes, étudiants, tous rationnels. Or, les voici projetés dans Fionavar, le Grand Univers dont le nôtre n’est qu’une ombre bien pâle !

Malgré la protection offerte par Mantel d’Argent le magicien, ils sont aussitôt pris dans les premières escarmouches de la guerre qui oppose les forces des Lumières à celles des Ténèbres. Car Rakoth Maugrim, le dieu renégat, a trouvé moyen de se libérer de sa prison millénaire.

Le Grand Royaume du Brennin, où ont abouti nos cinq jeunes héros, est la première cible de Maugrim. Une proie facile, puisque le vieux roi n’a pas renoué les liens tissés par ses ancêtres avec les puissances bénéfiques de l’Arbre de l’Été. Une proie facile, à moins que le roi ne s’offre en sacrifice à ce dernier, ou qu’une autre personne ne le remplace…

2 – Le feu vagabond (The Wandering Fire, 1986)

Rakoth le Dévastateur n’était plus enchaîné. Une telle puissance allait s’abattre sur eux ! Et si l’univers de Fionavar était perdu, tous les autres tomberaient devant Maugrim, la Tapisserie serait déchirée et dénaturée sur le Métier à Tisser des univers, sans pouvoir jamais être réparée…

C’est sur cette toile de fond que s’agitent magiciens, nains, guerriers, héros et héroïnes ressuscités des mythes les plus anciens, mais aussi cinq jeunes Torontois dont chacun doit mener à bien sa mission cruciale : pour Kimberly, tirer les morts de leur repos et, pour Dave, porter le cor magique ; introduire son propre fil dans la trame de la Tapisserie pour Paul, le Seigneur de l’Arbre de l’Été, et devenir l’agent d’une destinée immémoriale pour Jennifer ; enfin, pour Kevin, découvrir son rôle dans le combat qui sauvera peut-être du Dévastateur les univers du Tisserand.

3 – La voie obscure (The Darkest Road, 1986)

L’hiver avait pris fin. Le cristal de convocation s’était embrasé. C’était la guerre, quelque part au nord, dans les ténèbres. Et un navire voguait vers l’occident…

Dans Fionavar, le Grand Univers, la puissance de Rakoth Maugrim, le dieu renégat, ne cesse de croître malgré les nombreux appuis accordés à l’armée des Lumières, conduite par Ailéron, le haut roi du Brennin, par plusieurs dieux et héros mythiques ­ dont Owein, le maître de la Chasse Sauvage, et Arthur Pendragon, le Guerrier revenu des morts.

Or, un ultime fil doit encore trouver sa place dans la trame complexe du Tisserand, et ce fil, c’est Darien, le fils de Jennifer et du Dévastateur lui-même. Mais jamais créature vivante, dans aucun univers, n’a été si exactement suspendue entre la Lumière et les Ténèbres…

 

J’adore « La Tapisserie de Fionavar », l’autre grand classique, avec « Le Seigneur des Anneaux », de la Fantasy moderne. Après « Le seigneur des Anneaux », c’est, pour moi, le meilleur livre de Fantasy ! Superbe épopée que vous trouverez difficile à quitter…

Même si vous n’êtes pas sûr d’aimer il faut au moins essayer… D’ailleurs, qui n’a pas aimé les contes pendant son enfance ? La Fantasy, c’est ça : des contes pour les adultes…

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Le glaive de l’archange / Caroline ROE

Dans l’Espagne du XIVe siècle, Gérone accueille la deuxième plus importante communauté juive de toute la Catalogne. Le médecin juif Isaac y officie malgré un sérieux handicap : il est aveugle. Respecté et reconnu, ce ne sont pourtant pas seulement ses talents de guérisseur qui font sa réputation. Observateur subtil de la nature humaine, assisté de sa femme Judith, de son jeune apprenti Yusuf et de sa charmante fille Raquel, il répond immanquablement présent lorsqu’il s’agit d’enquêter sur les crimes les plus épineux. Pendant l’été 1348, alors que le royaume d’Espagne est frappé par la peste, Isaac lutte pour sauver ses patients. Mais le fléau n’est pas la seule cause de décès. Une religieuse en fait un serviteur de la reine d’Aragon déguisé en nonne – meurt dans des bains publics. C’est alors que l’évêque de Gérone, un vieil ami d’Isaac, fait appel à ses talents pour sauver sa nièce d’une étrange blessure infectée. II lui demande également de l’aide pour tenter de disculper un jeune homme entraîné malgré lui dans un sombre complot contre Don Pedro, roi d’Aragon.

 

Une tranche d’histoire souvent méconnue des années 1350 ; en arrière-plan, l’Espagne médiévale offre un véritable dépaysement. Cette bonne reconstitution de la vie quotidienne de l’époque en compagnie de Isaac, très attachant par son comportement humaniste est vraiment plaisante à lire : l’intrigue est bien menée et l’on se laisse volontiers embarquer dans cette aventure et les personnages sont « vrais » dans leur simplicité.

Une erreur s’est glissée dans la « quatrième de couverture » car la morte retrouvée dans les bains publics est bien une femme mais n’est pas religieuse. C’est une dame de la reine d’Aragon qui lui est dévouée.

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