Archives de Catégorie: Littérature belge (francophone)

Mercure / Amélie NOTHOMB

MercureSur une île au large de Cherbourg, un vieil homme et une jeune fille vivent isolés, entourés de serviteurs et de gardes du corps, à l’abri de tout reflet ; en aucun cas Hazel ne doit voir son propre visage. Engagée pour soigner la jeune fille, Françoise, une infirmière, va découvrir les étranges mystères qui unissent ces deux personnages. Elle saura pourquoi Hazel se résigne, nuit après nuit, aux caresses du vieillard. Elle comprendra au prix de quelle implacable machination ce dernier assouvit un amour fou, paroxystique… Au cœur de ce huis clos inquiétant, la romancière du Sabotage amoureux et d’Attentat, retrouve ses thèmes de prédilection : l’amour absolu et ses illusions, la passion indissociable de la perversité.

 

Je n’aime pas particulièrement les livres d’Amélie Nothomb : elle ne me fait pas rêver et elle ne m’apporte pas grand-chose. Ses livres sont correctement et même bien écrits mais, pour moi, ils sont froids ; son humour est grinçant ; ses héros ou héroïnes ne sont pas assez humains ou, plus exactement, souvent ils n’ont pris de l’humain que la méchanceté.

J’ai plus été intéressée par Mercure car :

– c’est un vrai roman et l’auteur n’y introduit pas un de ses clones comme d’habitude

– j’aimais bien l’idée de proposer deux fins possibles au lecteur…

– le personnage de Hazel et celui de Françoise sont assez sympathiques et plausibles quoique je ne crois pas que quelqu’un puisse se croire défiguré autant de temps sans se rendre compte que ce n’est pas vrai, même sans miroir (il faudrait de plus être paralysée et ne pas pouvoir se toucher le visage – bon, je sais, je ne dois pas voir les choses comme ça mais c’est encore plus dur à avaler que la sorcière de la Belle au Bois Dormant…)

Décidément, ce qui me plaît le moins chez Amélie Nothomb, c’est ce manque d’espoir, cette amertume et cette perversité qui imprègne son écriture.

Moi, j’ai besoin d’un petit coin de ciel bleu…

Un peu

Poster un commentaire

Classé dans Littérature belge (francophone)

L’immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes / Karine LAMBERT

Lambert - L'immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommesCe roman vif et tendre oscille entre humour et gravité pour nous parler de la difficulté d’aimer, des choix existentiels, des fêlures des êtres humains et de leur soif de bonheur. On s’y sent bien.

Les hommes sont omniprésents dans cet immeuble de femmes… dans leurs nostalgies, leurs blessures, leurs colères et leurs désirs enfouis. Cinq femmes d’âges et d’univers différents unies par un point commun fort : elles ne veulent plus entendre parler d’amour et ont inventé une autre manière de vivre… Jusqu’au jour où une nouvelle locataire vient bouleverser leur quotidien. Juliette est séduite par leur complicité, leur courage et leurs grains de folie. Mais elle, elle n’a pas du tout renoncé ! Et elle le clame haut et fort. Va-t-elle faire vaciller les belles certitudes de ses voisines ?

 

Une idée amusante qui m’a fait penser à « Les lits à une place » de Françoise Dorin, des personnages bien typés (un peu trop?), un chat – Jean-Pierre 🙂 qui est certainement le personnage que je préfère… Une écriture fluide et facile… Une jolie couverture aguichante !

Un roman sans prétention avec lequel j’ai passé un bon moment de détente…

Que demander de plus? Parfait pour un WE de repos ou pour des vacances! 

Beaucoup

Poster un commentaire

Classé dans Littérature belge (francophone)

Malpertuis / Jean RAY

« Malpertuis ! C’est la première fois que le nom coule, d’une encre lourde, de ma plume terrifiée. Cette maison imposée comme point final de tant de destinées humaines, par des volontés terribles entre toutes, j’en repousse encore l’image ; je recule, j’atermoie, avant de la faire surgir au premier plan de ma mémoire. D’ailleurs, les personnages se présentent moins patients que la maison, pressés sans doute par la brièveté de leur terme terrestre. Après eux, les choses demeurent, comme la pierre dont se font les maisons maudites. »

L’oncle Cassave va mourir. Il convoque toute sa famille à son chevet dans la demeure de Malpertuis et leur dicte ses dernières volontés : que tous s’installent dans cette colossale maison de maître et que revienne, aux deux derniers survivants, sa fortune. Aucun des proches ne se doute du drame qui les attend. Tout commence par des lumières qui s’éteignent mystérieusement. Bientôt l’horreur jaillira des murs mêmes de la maison.

 

Deux univers : un traditionnel, rassurant, familier ; l’autre, obscur, maléfique mais la frontière est mince entre les deux. On se sent très vite intégré dans l’atmosphère angoissante de Malpertuis. On se persuade que raconter est un danger : tous ceux qui tentent de raconter ce qui ne peut pas l’être sont châtiés.  Les personnages sont condamnés à subir leur destin. Et pour un peu, on croirait l’être aussi…

Un chef-d’œuvre !

3 Commentaires

Classé dans Littérature belge (francophone)