Archives de Catégorie: Littérature belge (francophone)

Leodiensia Data / Jean-Marc De Vos

Présentation de l’éditeur :

Latran’s, une étrange société mêlant finances et hautes technologies, cherche à recruter à n’importe quel prix Yolaine Starstievitch, jeune et brillante mathématicienne spécialiste des systèmes chaotiques. Goliath Stilton, ancien taulard rangé depuis des années, désire seulement vivre en paix. Du jour au lendemain, sans comprendre ce qui lui arrive, il se retrouve dans le collimateur d’une bande de tueurs lancés à ses trousses et ne doit la vie qu’à des inconnus qui, dans l’ombre, le protègent. En 2021, Liège, la Cité Ardente devient soudainement le théâtre d’un conflit dont l’origine remonte à l’an mil. L’énigmatique Père Dimitri et l’excentrique milliardaire Alexis Del Marmol semblent penser que Yolaine en détient la solution. Ils ne sont pas les seuls… Dans ce roman d’anticipation s’entremêlent polar, thriller, légendes et sociétés secrètes. Mais est-ce vraiment de l’anticipation? 

Extrait :

« Comme toujours au pied de la cathédrale, lorsque brillaient trois rayons de soleil, les terrasses des bistrots étaient prises d’assaut par une faune hétéroclite mêlant shoppeuses, étudiants, touristes et badauds. Dans le joyeux brouhaha ambiant, Alexis et Yolaine trouvèrent facilement une table libre, avec une jolie vue sur la fontaine de la Vierge. La jeune mathématicienne contemplait son improbable vis-à-vis. Il ressemblait un peu à Buffalo Bill : il arborait une longue chevelure blanche et une barbe « impériale », une large moustache horizontale surplombant une barbiche. À l’évidence, lui non plus n’affichait pas une tête à travailler dans une banque, d’autant qu’il venait de commander un chocolat chaud alors que la température excédait vingt-cinq degrés. Quoique le chocolat chaud et la finance aillent peut-être bien ensemble, elle n’en savait rien. »

Mon avis :

Voici un thriller ésotérique intelligent et « page turner » avec de l’action et des péripéties passionnantes qui se situe dans un futur (très) proche. Le découpage où les années s’entrechoquent est un peu déconcertant au départ mais on s’y fait très vite.
Je suis liégeoise donc le cadre du roman m’interpellait et pourquoi pas ? On voit sa ville autrement et c’est un plaisir de plus…

Un petit (210p.) roman bien ficelé et tout à fait plaisant à lire…
J’ai bien aimé !

Pour tous ceux qui ont aimé le « Da Vinci Code » ou « Labyrinthe » de Kate Mosse, par exemple…
Un auteur à suivre…

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L’Ambassadeur / Jean-Marc De Vos

Présentation de l’éditeur :

Depuis six siècles, aux limites du système solaire, l’armada des cargos murides attend l’autorisation du Haut Conseil Galactique d’occuper la Terre et, accessoirement, d’exterminer les Humains. Bien malgré lui, Derek Mali, le géant berbère, chef de cabinet du secrétaire général des Nations unies, est chargé d’entamer avec ces entités des négociations pour le moins désespérées.
Remarqué à cette occasion par la toute puissante Guilde des Ambassadeurs, Derek se retrouve propulsé au cœur d’un complot qui ravage la Galaxie depuis près d’un milliard d’années. 
Balloté par des forces qui le dépassent, Derek Mali arrivera-t-il, au fil de rencontres exotiques à travers la Voie lactée, à découvrir qui se cache derrière la Malédiction et ainsi venger celle qu’il aimait ?

De la Science-Fiction « classique » avec un héros, des héroïnes, des extra-terrestres, une intrigue, des rebondissements, un complot galactique, de l’humour, de l’amour, des morts et une chute, tout cela emballé dans 432 pages d’un roman « one-shot ».

L’auteur :

Enfant du baby-boom, élevé dans l’insouciance des trente glorieuses, Jean Marc De Vos a nourri son imaginaire dans les textes des maîtres de l’âge d’or de la science-fiction. 
À l’heure de la retraite, pas trop loin de sa Cité Ardente natale, il s’est posé dans les campagnes de Hesbaye où, lorsqu’il n’écrit pas de roman, il s’adonne au Ukulélé. 

Mon avis

Au début, on n’est pas très loin dans le temps (2062) mais on va partir très loin dans l’espace…

Première partie :
C’est la grande aventure, les Terriens vont apprendre qu’ils ne sont pas seuls et que leur Terre est menacée par un envahisseur potentiel. On découvre beaucoup de civilisations différentes (l’auteur a une belle imagination), une sorte de conseil galactique, des règles qui s’appliquent à toutes les civilisations même si elles ne sont pas au courant…
Derek Mali se retrouve Ambassadeur de la Terre sans l’avoir vraiment cherché !

Deuxième partie :
Puisqu’il s’est bien comporté dans ce premier dilemme, Derek est recruté par la Guilde des Ambassadeurs et va se trouver catapulté dans une aventure (spatiale) qui l’emmènera aux confins de la galaxie pour éclaircir le mystère d’une malédiction à l’échelle galactique.

Le tout est un mélange détonnant qui m’a fait penser au Cycle de Tschaï de Jack Vance (avec plus de femmes :), aux Quatre Fantastiques et aux films de James Bond…
Je me suis vraiment bien amusée et j’ai trouvé ce roman très réussi !
Pour tous ceux qui aiment la SF Space Opera…

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Blues pour trois tombes et un fantôme / Philippe Marczewski

Présentation de l’éditeur

On n’habite jamais une ville, seulement l’idée que l’on s’en fait. C’est l’imaginaire et la mythologie, le territoire mental de chacun, qui se surimposent à la ville réelle. Dans ce premier livre, Philippe Marczewski dérive dans le pays qui est le sien depuis son enfance. Ce pourrait être Sheffield, Amiens, Essen ou Gênes. Ce pourrait être n’importe quelle ville. C’est Liège, ses banlieues et sa campagne limitrophe. Passant d’une antique chênaie arrachée à des terrils devenus collines boisées, d’une montagne en escalier d’où l’on aperçoit presque la mer à des usines spectrales se découpant sur l’horizon forestier, l’auteur écluse des bières dans la banlieue rouge, foule la tombe anonyme d’un guitariste de génie, bouscule le fantôme d’un Chet Baker émacié, et se laisse emporter par la mélancolie nocturne d’un fleuve encagé. Ici les Grands Hommes ne sont pas statues mais formes à peine visibles, corps tapis dans l’ombre, fumées évanescentes.
Avec ce récit qui rappelle Henri Calet, Jean-Paul Kaufman («Remonter la Marne»), Philippe Vasset ou le psychogéographe anglais Iain Sinclair, Philippe Marczewski dessine la géographie intime d’une ville et de ses habitants, passés et actuels.

Extraits

« Liège est une île qui fit naître une île en son sein, Outremeuse, dont on disait qu’elle était si insulaire que même le wallon y était différent de celui qui se parlait de l’autre côté de la Meuse, et y avait fait naître son folklore et ses mythes populaires. Le cœur identitaire de Liège est une île sur une île isolée dans des mers hostiles. Comment s’étonner que s’entretienne un sentiment diffus d’être seuls, non pas contre tous, mais différents de tous, satisfaits de l’entre-soi, à jamais frustrés d’une puissance perdue, se sentant méprisés par Bruxelles, humiliés par Namur, usurpatrice de l’absurde titre-croupion de capitale wallonne, et gouvernés par des imbéciles, que pourtant on réélit sans cesse. Les Liégeois s’exportent mal. Vont-ils vivre ailleurs que se révèlent leur amertume et le mal du pays, ils se clament Liégeois partout où ils vont, peu enclins à trouver dans les villes voisines un quelconque intérêt, si peu curieux de ce qui se vit et se crée ailleurs si cet ailleurs ne vient pas à eux ; ils sont certains que leurs soirées sont plus douces, leurs fêtes plus festives, leurs bières meilleures. Qu’une convivialité surnaturelle relie les hommes et les femmes dans une chaleur humaine sans égale. »

« Elle s’est constituée en poche d’indépendance face à l’Empire germanique, à la France, aux Pays-Bas, espagnols et face aux Bourguignons, et toujours fut piétinée, bombardée, incendiée et mise à sac, passant d’une domination à une autre et toujours, malgré tout, s’est assurée son lot de puissance territoriale en étendant sa loi sur une vaste principauté. Et cette longue histoire de guerres, de trahisons, de massacres et de luttes pour la liberté a fait d’elle une île au milieu des empires. On venait y faire imprimer ce qui ailleurs était censuré. On venait s’y former auprès des maîtres dont les enseignements étaient, ailleurs, interdits. On l’appela Nouvelle Athènes et elle le crut, et le croit encore, mille ans plus tard. »

« (…) Il pose son convoi de fortune au coin de la rue, bricole sans attendre les boutons de l’ampli et lance à toute berzingue un couinement de synthé plaqué sur un boum-tchac binaire, embouche le sax et immole « What a wonderful world », on se voit soudain dans la salle d’attente d’un service de soins palliatifs, le taux de sucre dans l’air devient mortel, si j’avais ce qu’il me faut, je me ferais, sans délai, un shoot d’insuline (…)« 

Mon avis

Liège, la Ville, ma Ville…
Idée préconçue, je croyais au départ acheter un roman (pourquoi? je ne sais pas, j’avais vaguement entendu – à la radio? – quelque chose qui m’y avait fait croire). Et voilà, le livre est étiqueté « récit » mais c’est bien plus que cela, c’est, je crois, une histoire d’amour pour sa – ma, peut-être notre – ville…
Il y a de tout dans ce livre : de l’Histoire, des histoires, de la géographie, de la musique, des amis, des cafés, des souvenirs, de l’humour aussi, un fleuve, des immigrés… (vous remettez tout cela dans l’ordre qui vous plaira)

En dix récits, Philippe nous présente SA ville.
Une promenade la traverse, de Chokier à Herstal. Chaque endroit est peuplé d’Histoire, histoire de l’industrie et surtout histoire des gens, riches ou pauvres, qui ont fait Liège.
Il y a aussi des souvenirs d’enfance, dans les endroits qui l’ont vu grandir…
Une promenade avec un copain photographe dans des endroits improbables…
Le jazz et quelques musiciens légendaires qui ont hanté les rues (et les bistrots) de Liège à une déjà lointaine époque…
Tout un monde perdu dans les brumes du temps…

Grâce à ce livre, j’ai redécouvert des choses que je connaissais pourtant et je sais à quel point j’aime cette ville MA Ville…

Que vous soyez de Liège ou pas il faut lire ce bouquin et, pour les Liégeois, ça rend heureux de l’avoir chez soi !

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Un auteur (belge!) oublié : France Adine

Cécile Van Dromme alias France Adine (1890-1977) est née dans une famille flamande d’expression française. Elle a reçu l’éducation bourgeoise classique de cette époque. Le français est sa langue maternelle mais elle parle aussi couramment l’anglais et l’italien.

Elle écrit pour le public féminin de l’entre-deux-guerres, mais après la seconde guerre mondiale, elle se fait difficilement à l’évolution rapide de la société. Ses livres sont situés géographiquement dans des régions qu’elle connait et aime : la côte belge, l’Angleterre, le Pays basque et l’Italie.

Elle a écrit principalement des romances, quelques contes et romans pour les enfants. Elle a aussi travaillé pour le magazine « Femmes d’aujourd’hui ». C’était une femme indépendante pour une femme mariée à cette époque et dans son milieu. Elle a organisé sa carrière de romancière. Chaque jour elle passait la matinée à écrire, l’après-midi à la vie civile et la soirée au théâtre ou aux concerts. Les faits historiques dans ses romans sont exacts, les valeurs et les standards de la société décrite sont expliqués et discutés.

Source : https://nl.wikipedia.org/wiki/France_Adine

Un petit extrait d’un livre qui parle des romancières de cette époque :

« Toutefois, certaines femmes tentent parfois, par des voies détournées, de se soustraire aux scénarios qui leur sont réservés. C’est le cas des romans de France Adine (de son vrai nom Cécile Van Dromme, 1890-1977). A première vue, les milieux très cossus et les mœurs qu’elle décrit sont en concordance avec son environnement. Son père est un propriétaire foncier qui occupera des fonctions de bourgmestre et sa mère, Marguerite Rodenbach, est de la famille des écrivains Georges et Georges-Albrecht Rodenbach. Après une formation de base à l’école du village, la jeune Cécile, comme toute jeune fille de bonne famille, va en Allemagne, puis fréquente une école anglaise pour y apprendre les langues, l’histoire et la musique. En 1910, elle épouse Jules Coucke, appelé à devenir directeur au ministère des Affaires étrangères. Le couple s’installe en 1937 dans l’élégante avenue Louis Lepoutre, à Bruxelles. A partir de 1930, les romans se succéderont à un rythme soutenu, bien accueillis par le public et la critique (Panchiko reçoit le prix triennal de l’Académie en 1941). Les intrigues sentimentales à l’eau de rose qu’ils développent sont sous-tendues par une morale discrète. Cependant, en y regardant de plus près, on constate que certains d’entre eux s’articulent autour de portraits de femmes déchirées entre, d’une part, le désir de réussite professionnelle et, de l’autre, l’aspiration à la sérénité familiale. On est tenté de lire dans ces destins la position de France Adine : femme de lettres éprise d’art qui doit fonctionner dans un milieu peu favorable à l’indépendance des mères de famille. Pour sauvegarder sa crédibilité, elle incite ses lecteurs à découvrir par la négative les dangers d’un comportement non orthodoxe. Grâce à un style soigné, soutenu par des références érudites incessantes, sous couvert d’évocations esthétiques, ses œuvres sont qualifiées d’ « élégantes », « délicates » ou encore « distinguées » et appréciées comme porteuses d’un « bon goût » féminin. »

Ecrire en Belgique sous le regard de Dieu / Cécile Vanderpelen-Diagre
Ed. Complexe, 2004
(p.134)

 

Romans :

  • La coupe de Syracuse (1929)
  • Le maître de l’aube (1930)
  • La Cité sur l’Arno (1931)
  • Le royaume de Saul (1932)
  • La madone aux chérubins (1933)
  • Eve et le Phénix (1934)
  • Sirènes (1936)
  • La bulle d’or (1937)
  • Panchiko (1941)
  • Loremendi ou Le livre de son choix (1943)
  • Iziar (1944)
  • L’échiquier (1946)
  • Véronique (1949)
  • Nigelle des dunes (1951)
  • Marie du Zwin (1954)
  • Le grand Saint Jacques (1957)
  • Le signe du griffon (1960)
  • Odette ou Le bonheur en ménage (1962)
  • Tosca Naddi (1963)
  • Dans la main des dieux (1965)
  • Cherche-Bruit (1966)
  • Diane et le faune (1970)
  • La dryade au château (1973)
  • Marie-Victoire (1974)

 

Mon avis :

L’écriture de France Adine est très agréable à lire, elle dépeint remarquablement les régions et les endroits dans ses romans.

J’aime particulièrement Eve et le phénix pour cette ambiance un peu fantastique d’éternel retour qui me séduit toujours…

Romantique ? Certes, mais j’ai beaucoup aimé tout le début du roman qui ne contient pourtant que le récit de l’enfance d’Alastair jusque la page 114. J’ai lu ce roman (publié la première fois en 1934, il faut en tenir compte pour le contexte général) à 14 ans et je ne l’ai jamais oublié. Il est resté, à travers les années, un de mes livres préférés…

L’amour est-il possible entre un jeune lord des « Hautes Terres » élevé dans le raffinement le plus extrême et une petite paysanne du Pays Basque dont la seule richesse tient dans la candide ignorance de deux grands yeux tendrement ouverts sur le monde ?

« Les jolies lèvres entrouvertes se fermèrent et la chanson s’éteignit. Elle ne semblait pas effarouchée et lui, le gentilhomme élevé dans les rites de la courtoisie la plus parfaite, contemplait cette beauté délicate avec la froide assurance qu’eût témoignée, il y a quelque mille ans, un jeune chef de clan rencontrant sur ses terres une jolie vassale… »

La Cité sur L’Arno m’a beaucoup plu ainsi que les nouvelles de La madone aux chérubins.

La Cité sur l’Arno  raconte l’histoire de Catarina, une jeune fille noble à l’époque de la Renaissance italienne. Promise au couvent dès sa naissance et élevée dans cette idée, elle ne conçoit pas d’autre vie mais n’a pas encore prononcé ses vœux. Les aléas d’une guerre font que, sa sœur aînée étant décédée, sa famille la donne en mariage afin de sceller une alliance avec le vainqueur…

La Madone aux chérubins est un recueil de nouvelles dont la première lui a donné son titre.

« … il lui parlait de la Toscane, de Florence où sa mère était née. Il y avait vécu jadis, et n’avait jamais pu oublier les aubes radieuses, les fins de jours roses ou dorées de la Cité des Lys. Il eût voulu l’emmener là-bas, y vivre avec elle pendant toute une année, ne la ramener en Flandre que lorsqu’elle aurait senti l’âme florentine, spirituelle, nuancée, toute de mesure et de grâce comme l’immortelle Athènes… »

Le grand Saint Jacques est un bon roman historique.

J’ai aussi lu un conte Histoire de Fleurette, que j’ai beaucoup aimé. Celui-là, j’avais 10 ans et je viens de le relire avec le même plaisir…

Evidemment, il faut se remettre dans l’époque, où la religion catholique était omniprésente et la morale finale était très importante. Mais il y a une fraîcheur dans ces romans qui me plait infiniment (je parle bien sûr des 5 livres que j’ai lus). Il est difficile de se les procurer même en bibliothèque et il n’y a pas eu de rééditions ou très peu.

 

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Mercure / Amélie NOTHOMB

MercureSur une île au large de Cherbourg, un vieil homme et une jeune fille vivent isolés, entourés de serviteurs et de gardes du corps, à l’abri de tout reflet ; en aucun cas Hazel ne doit voir son propre visage. Engagée pour soigner la jeune fille, Françoise, une infirmière, va découvrir les étranges mystères qui unissent ces deux personnages. Elle saura pourquoi Hazel se résigne, nuit après nuit, aux caresses du vieillard. Elle comprendra au prix de quelle implacable machination ce dernier assouvit un amour fou, paroxystique… Au cœur de ce huis clos inquiétant, la romancière du Sabotage amoureux et d’Attentat, retrouve ses thèmes de prédilection : l’amour absolu et ses illusions, la passion indissociable de la perversité.

 

Je n’aime pas particulièrement les livres d’Amélie Nothomb : elle ne me fait pas rêver et elle ne m’apporte pas grand-chose. Ses livres sont correctement et même bien écrits mais, pour moi, ils sont froids ; son humour est grinçant ; ses héros ou héroïnes ne sont pas assez humains ou, plus exactement, souvent ils n’ont pris de l’humain que la méchanceté.

J’ai plus été intéressée par Mercure car :

– c’est un vrai roman et l’auteur n’y introduit pas un de ses clones comme d’habitude

– j’aimais bien l’idée de proposer deux fins possibles au lecteur…

– le personnage de Hazel et celui de Françoise sont assez sympathiques et plausibles quoique je ne crois pas que quelqu’un puisse se croire défiguré autant de temps sans se rendre compte que ce n’est pas vrai, même sans miroir (il faudrait de plus être paralysée et ne pas pouvoir se toucher le visage – bon, je sais, je ne dois pas voir les choses comme ça mais c’est encore plus dur à avaler que la sorcière de la Belle au Bois Dormant…)

Décidément, ce qui me plaît le moins chez Amélie Nothomb, c’est ce manque d’espoir, cette amertume et cette perversité qui imprègne son écriture.

Moi, j’ai besoin d’un petit coin de ciel bleu…

Un peu

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L’immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes / Karine LAMBERT

Lambert - L'immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommesCe roman vif et tendre oscille entre humour et gravité pour nous parler de la difficulté d’aimer, des choix existentiels, des fêlures des êtres humains et de leur soif de bonheur. On s’y sent bien.

Les hommes sont omniprésents dans cet immeuble de femmes… dans leurs nostalgies, leurs blessures, leurs colères et leurs désirs enfouis. Cinq femmes d’âges et d’univers différents unies par un point commun fort : elles ne veulent plus entendre parler d’amour et ont inventé une autre manière de vivre… Jusqu’au jour où une nouvelle locataire vient bouleverser leur quotidien. Juliette est séduite par leur complicité, leur courage et leurs grains de folie. Mais elle, elle n’a pas du tout renoncé ! Et elle le clame haut et fort. Va-t-elle faire vaciller les belles certitudes de ses voisines ?

 

Une idée amusante qui m’a fait penser à « Les lits à une place » de Françoise Dorin, des personnages bien typés (un peu trop?), un chat – Jean-Pierre 🙂 qui est certainement le personnage que je préfère… Une écriture fluide et facile… Une jolie couverture aguichante !

Un roman sans prétention avec lequel j’ai passé un bon moment de détente…

Que demander de plus? Parfait pour un WE de repos ou pour des vacances! 

Beaucoup

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Malpertuis / Jean RAY

« Malpertuis ! C’est la première fois que le nom coule, d’une encre lourde, de ma plume terrifiée. Cette maison imposée comme point final de tant de destinées humaines, par des volontés terribles entre toutes, j’en repousse encore l’image ; je recule, j’atermoie, avant de la faire surgir au premier plan de ma mémoire. D’ailleurs, les personnages se présentent moins patients que la maison, pressés sans doute par la brièveté de leur terme terrestre. Après eux, les choses demeurent, comme la pierre dont se font les maisons maudites. »

L’oncle Cassave va mourir. Il convoque toute sa famille à son chevet dans la demeure de Malpertuis et leur dicte ses dernières volontés : que tous s’installent dans cette colossale maison de maître et que revienne, aux deux derniers survivants, sa fortune. Aucun des proches ne se doute du drame qui les attend. Tout commence par des lumières qui s’éteignent mystérieusement. Bientôt l’horreur jaillira des murs mêmes de la maison.

 

Deux univers : un traditionnel, rassurant, familier ; l’autre, obscur, maléfique mais la frontière est mince entre les deux. On se sent très vite intégré dans l’atmosphère angoissante de Malpertuis. On se persuade que raconter est un danger : tous ceux qui tentent de raconter ce qui ne peut pas l’être sont châtiés.  Les personnages sont condamnés à subir leur destin. Et pour un peu, on croirait l’être aussi…

Un chef-d’œuvre !

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