Archives de Catégorie: Littérature anglaise

Retour sur une série : Le dernier apprenti sorcier / Ben Aaronovitch

Je vous ai déjà parlé de cette série fort originale qui m’avait beaucoup plu :

  • Ce roman mélangeant polar et magie est de l’Urban Fantasy de bonne facture et totalement jubilatoire : humour anglais (j’aime !) et rapports parfois compliqués entre l’inspecteur « So British » Nightingale et le jeune Peter intéressé par l’électronique et essayant d’appliquer des théories scientifiques à la magie !
  • Une imagination extraordinaire mais c’est si bien présenté que parfois on se dirait même « Et si c’était vrai… » 😉

Vous pouvez revoir l’article ici : https://ocyaran.wordpress.com/2013/04/23/le-dernier-apprenti-sorcier-ben-aaronovitch/

Voici la suite :

Quatrième de couverture :

La découverte d’un corps mutilé dans la banlieue de Londres fait monter d’un cran la paranoïa ambiante, d’autant que la méthode rappelle furieusement celle de l’Homme sans visage, ce magicien fou déjà connu des services de police.
Enfin, pas de tous les services, juste de celui des affaires surnaturelles, dont le représentant le plus actif, l’agent Peter Grant, est aussi le dernier apprenti sorcier de Londres.
A peine débutée, son enquête va s’enrichir de nouveaux éléments à première vue sans rapport avec le crime, mais qui tous mènent au quartier d’Elephant and Castle ; plus précisement à un ensemble d’immeubles conçu par un architecte dérangé et habitué par tout ce que la capitale britannique compte de désespérés…

Nourri à l’eau de la Tamise dès sa naissance en 1964, Ben Aaronovitch persiste et signe un hommage assumé à la capitale de tous les imaginaires. La série du « Dernier apprenti sorcier », qui compte désormais 4 volumes en français, est en cours d’adaptation à la télévision britannique par la BBC.

 

Extraits :

« Je vous propose un marché, Peter. Faites de réels progrès dans vos études, et je vous dirai où trouver les notes du dernier cerveau qui a rempli le labo de… De rats, essentiellement, mais je crois me souvenir de quelques chiens dans sa ménagerie.
– Quel genre de progrès?
– Plus convaincant que ce que je vois en ce moment.
– J’aimerai aussi parcourir ce dossier, intervint le Dr Walid.
– Alors, vous devriez encourager Peter à travailler plus.
– C’est un homme diabolique, dis-je.
– Et fourbe », Ajouta le Dr Walid.
Nightingale nous regarda placidement par-dessus le bord de sa tasse de thé.
« Diabolique et fourbe », répétai-je »

« Dans les années cinquante et soixante, le pouvoir en place avait fait un effort concerté pour débarrasser Londres de sa classe ouvrière. La ville perdait rapidement son industrie ; les merveilles technologiques de l’ère de l’électroménager remplaçaient les nombreux domestiques indispensables à la bonne marche d’une demeure de l’Angleterre édouardienne. Londres n’avait tout simplement plus besoin d’autant de pauvres. Du jour au lendemain, la population de Crawley, jusqu’alors un petit bourg médiéval, a augmenté de soixante mille habitants, logés dans de solides maisons mitoyennes. Ma mère et mon père auraient adoré y vivre. Mais ils n’auraient jamais pu se passer de la scène jazz de Londres, de Peckham Market et des expatriés de Sierra Leone, ou du moins ceux à qui ma mère adressait encore la parole – une bonne moitié donc. »

 

Mon avis :

Un tout petit peu moins passionnant que le troisième, ce roman est tout de même fort agréable à lire et le final relance la série – je n’en dirait pas plus… 🙂

 


Quatrième de couverture :

L’agent Peter Grant, dernier apprenti sorcier et brillant enquêteur de la Police Métropolitaine de Londres – la Métro, pour les intimes – quitte cette fois la capitale britannique pour se rendre dans une petite bourgade du Herefordshire où les forces de police locales échouent à enrayer la vague d’enlèvements d’enfants dont leur communauté est victime.
Assisté de Beverley Brook, Peter se retrouve bientôt embourbé jusqu’au cou dans une affaire pour le moins louche. Passe encore le danger omniprésent, la mauvaise humeur des flics du coin, la franche hostilité des dieux locaux…mais des boutiques qui ferment à 4 heures de l’après-midi ?! Quelle horreur !

 

Extraits :

« Par ailleurs, quelques jours à la campagne vous feront le plus grand bien.
— Ben voyons. Rien de tel qu’un bon kidnapping pour me remonter le moral.
— Exactement », conclut Nightingale. »

« Beverley avait enfilé un jean et un justaucorps en cuir trop grand pour son corps menu. Elle avait noué ses dreadlocks dans une natte qui lui tombait dans le dos, et portait d’anciennes lunettes de protection en cuir et en cuivre remontées sur le front.
– Les mains sur la tête, ordonna-t-elle, et écartez-vous de mon copain.
La Reine siffla, serrant la corde plus fort.
– Ça m’est égal, répondit lentement Beverley. Il n’est pas libre de passer ce genre de marché.
– Néanmoins, répliqua la Reine, il en a accepté les termes ; il doit les honorer.
– Mesdames, dis-je.
– Peter, me coupa Beverley, occupe-toi de tes fesses. »

 

Mon avis :

Un volume de transition mais aussi le plaisir de retrouver Beverley, beaucoup plus présente dans ce tome-ci… 🙂 On attend la suite avec impatience…

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L’étrange vie de Nobody Owens / Neil Gaiman

Quatrième de couverture :

Nobody Owens était presque encore un bébé quand sa famille a péri sous la lame du plus célèbre des tueurs de Londres, le Jack. La nuit du drame, il est cependant parvenu à se réfugier dans un cimetière, où un couple de fantômes l’a recueilli et l’a élevé comme l’un des leurs, sous l’oeil bienveillant de Silas, son ami ni vivant ni mort. Mais cette période heureuse est aujourd’hui révolue, car le Jack rôde toujours, et l’heure est venue d’aller l’affronter une bonne fois pour toutes. À l’extérieur…

 

Extraits :

« – IL se tuent, tu veux dire?
Bod avait une huitaine d’années, les yeux curieux et bien ouverts, et il n’était pas idiot.
– Absolument.
-Et ça marche? Ils sont plus heureux une fois morts?
– Parfois. La plupart du temps, non. C’est comme les gens qui s’imaginent qu’ils seront plus heureux en allant vivre ailleurs, mais qui apprennent que ça ne marche pas comme ça. Où que l’on aille, on s’emmène avec soi. Si tu vois ce que je veux dire. »

« – Comment tu t’appelles ?
– J’ai pas de pierre tombale, dit-elle en abaissant les coins de la bouche. Je pourrais être n’importe qui, pas vrai ?
– Mais tu as bien un nom.
– Liza Hempstock, pour vous servir, fit-elle d’un ton aigre. C’est pas trop demander, tout de même. Un petit quelque chose pour marquer ma tombe. Je suis juste là, tu vois ? Y a rien que des orties pour montrer où je repose. »

« Bod frissonna. Il avait envie de prendre son tuteur dans ses bras, de le serrer et de lui dire qu’il ne le laisserait jamais tomber, mais un tel acte était inconcevable. Il ne pouvait pas plus serrer Silas contre lui qu’il ne pouvait serrer un rayon de lune, non que son tuteur fût immatériel, mais parce que cela ne se faisait pas. Il y avait les gens qu’on pouvait prendre dans ses bras, et puis il y avait Silas. »

 

Mon avis :

C’est un conte, un conte délicieux – à la fois sombre (il se passe tout de même dans un cimetière) et joyeux (tous ces défunts ne sont pas tristes et accompagnés de Silas, ils s’occupent au mieux de Nobody « Bod » qui est aimé et protégé)…

Avec eux, Bod va apprendre un maximum de choses pour pouvoir se défendre car ses amis craignent tous que le Jack revienne pour s’en prendre à lui!  C’est bien sûr une façon de dire que l’enfance est une période « entre deux » où les parents apprennent un maximum de choses pour qu’ils puissent un jour voler de leurs propres ailes…

J’ai beaucoup aimé ce bouquin et je pense qu’il peut plaire à tout âge…

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A la croisée des mondes (His Dark Materials) / Philip Pullman


Quatrièmes de couvertures :

1 – Les royaumes du Nord (Northern Lights)

Ce n’était pas une vie ordinaire pour une jeune fille de onze ans : Lyra vivait, en compagnie de son dæmon Pantalaimon, parmi les Érudits de Jordan College, passant ses journées à courir dans les rues d’Oxford à la recherche éperdue d’aventures.
Mais sa vie bascule le jour où elle entend parler d’une extraordinaire particule. D’une taille microscopique, la Poussière – que l’on trouve uniquement dans les vastes étendues glacées des Royaumes du Nord – est censée posséder le pouvoir de briser les frontières entre les mondes, un pouvoir qui suscite effroi et convoitises…
Jetée au coeur d’un terrible conflit, Lyra sera forcée d’accorder sa confiance aux gitans et à de terribles ours en armure. Et, lors de son périlleux voyage vers le Nord, elle devra découvrir pourquoi son propre destin semble étroitement lié à cette bataille sans merci où s’opposent des forces que nul ne l’avait préparée à affronter.

2 – La tour des Anges (The Sublte Knife)

Ayant franchi le pont entre les mondes édifié par Lord Asriel, son père, l’intrépide Lyra se retrouve dans la cité de Cittàgazze, la ville au-delà de l’aurore, où des spectres mangeurs d’âmes rôdent dans les rues, où les lointains battements d’ailes des anges résonnent au-dessus d’une mystérieuse tour. Mais Lyra n’est pas sans allié. Car le jeune Will Parry, à la recherche de son père disparu depuis de longues années, a également pénétré dans cet étrange royaume par une porte magique. Ensemble, Lyra et Will vont entamer un périlleux voyage à travers les dimensions, et découvrir un secret mortel : un objet d’une puissance extraordinaire et dévastatrice. Mais à chaque étape de leur périple, ils se rapprocheront d’un danger plus funeste encore – et de l’incroyable vérité sur leur propre destinée…

3 – Le miroir d’Ambre (The Amber Spyglass)

Séparée de son compagnon Will, la jeune Lyra est retenue prisonnière par sa mère, l’ambitieuse et impitoyable Mme Coulter qui, pour mieux s’assurer de sa docilité, l’a plongée dans un sommeil artificiel.
Parti à sa recherche escorté de deux anges, Balthamos et Baruch, Will parvient finalement, au prix d’un terrible sacrifice, à délivrer Lyra. Pour aussitôt repartir à l’aventure.
Car, tandis que Lord Asriel se prépare à l’ultime bataille qui décidera du sort des mondes, les deux adolescents doivent s’engager dans la plus périlleuse des missions : un voyage dans une contrée d’où nulle âme n’est jamais revenue, le royaume des morts…

 

Extraits :

« Le mot « Daemon », qui apparaît tout au long du livre, se prononce comme le mot français « démon ». »

« Lyra et son daemon traversèrent le Réfectoire où grandissait l’obscurité, en prenant bien soin de rester hors de vue des Cuisines. Les trois longues tables qui occupaient toute la longueur du Réfectoire étaient déjà dressées, l’argenterie et les verres réfléchissaient la lumière déclinante, et les longs bancs étaient tirés, prêts à accueillir les convives. Les portraits des anciens Maîtres étaient accrochés aux murs, tout là-haut dans la pénombre. Lyra atteignit l’estrade, jeta un coup d’œil par-dessus son épaule vers la porte ouverte des cuisines et, ne voyant personne, elle s’approcha de la table surélevée. Ici, les couverts étaient en or, pas en argent, et les quatorze sièges n’étaient pas des bancs en chêne, mais des chaises en acajou dotées de coussins en velours.
  Lyra s’arrêta à côté de la chaise du Maître et donna, de l’ongle, une chiquenaude sur le plus grand des verres. Le tintement clair résonna dans le Réfectoire.
— Tu n’es pas sérieuse, chuchota son daemon. Sois sage. » – Les royaumes du Nord.

 

« Will tira sa mère par la main, en disant :
— Allez, viens. Viens…
Mais sa mère traînait les pieds. Sa peur ne s’était pas dissipée. Will balaya du regard la rue étroite, baignée de la lumière du crépuscule et bordée de petites maisons toutes semblables, chacune derrière son jardinet et sa haie de buis. Les derniers rayons du soleil se reflétaient sur les fenêtres d’un côté de la rue et laissaient l’autre côté dans l’ombre. Le temps était compté. Les gens devaient être à table à cette heure et, bientôt, des enfants envahiraient les parages, des enfants curieux et bavards à qui rien n’échapperait. Il était dangereux d’attendre, mais Will ne pouvait rien faire d’autre que de convaincre sa mère, comme toujours. » –  La tour des Anges.

 

« … Alors que les bêtes de proie,
venues de profondes cavernes,
observaient la jeune fille endormie…
 
William Blake
 
Dans une vallée à l’ombre des rhododendrons, non loin de la limite des neiges éternelles, là où coulait un petit torrent nacré par l’eau de fonte, où des colombes et des linottes voletaient au milieu des sapins gigantesques, se trouvait une grotte, en partie dissimulée par le rocher escarpé qui la surplombait et le feuillage dense qui s’étendait au-dessous.
Les bois étaient remplis de mille bruits : le torrent qui grondait entre les rochers, le vent dans les branches des sapins, le bourdonnement des insectes et les cris des petits mammifères arboricoles, sans oublier le chant des oiseaux. Et, de temps en temps, sous l’effet d’une rafale de vent plus forte, une branche de cèdre ou de sapin frottait contre une autre en vibrant comme une corde de violoncelle.
Le sol était moucheté par le soleil éclatant ; des faisceaux dorés aux reflets jaune citron s’enfonçaient entre les flaques d’ombre brun-vert, et la lumière n’était jamais immobile, jamais constante, car souvent des nappes de brume dérivaient entre les cimes des arbres, filtrant et transformant les rayons du soleil en un lustre perlé, aspergeant les conifères d’embruns qui scintillaient dès que la brume se dissipait. Parfois, l’humidité des nuages se condensait sous forme de gouttelettes, mi-brume mi-pluie, qui flottaient jusqu’au sol plus qu’elles ne tombaient, avec un petit crépitement, parmi les aiguilles de pin. » – Le miroir d’Ambre.

 

Mon avis :

Attention, ceci n’est PAS de la littérature pour la jeunesse… C’est de la littérature, point! Et de la très, très bonne littérature. Mélangeant avec bonheur Fantasy et SF Steampunk, ces bouquins sont pour moi un véritable coup de coeur.
Edités dans la collection Folio Jeunesse la première fois (ce que je considère une erreur), ils peuvent bien sûr être lus par des jeunes – comme tout roman, il n’y a pas d’âge de lecture mais des niveaux de lecture, et, ici, il est évident qu’il faut un très bon niveau pour assimiler les subtilités de ces bouquins.
Philip Pulmann a imaginé des mondes extraordinaires et des héros attachants que l’on suit sans se lasser au long des trois volumes de sa trilogie…

A lire absolument!

Un très bon article sur Wikipédia :
https://fr.wikipedia.org/wiki/À_la_croisée_des_mondes

 

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Le gardien des choses perdues / Ruth Hogan

Quatrième de couverture :

Londres, mai 1974. Anthony Peardew attend sa fiancée, Thérèse. Celle-ci est étonnamment en retard. Il est loin de se douter qu’elle n’arrivera jamais, gisant au centre de l’attroupement qui s’est formé quelques centaines de mètres plus bas sur la chaussée. De retour chez lui ce même jour, Anthony réalise qu’il a égaré le médaillon que Thérèse lui avait confié, rompant ainsi la seule promesse qu’elle lui ait jamais demandé de tenir. Le coeur brisé, il passera le restant de son existence à collecter des objets trouvés au hasard de ses promenades, dans l’espoir de pouvoir un jour les restituer à leurs propriétaires.

Désormais âgé de plus de soixante-dix ans, le vieil homme décide de léguer sa demeure victorienne et les « trésors » qu’elle recèle à sa fidèle assistante Laura, qu’il pense être la seule à même d’accomplir la mission qu’il s’est donnée. En exprimant ses dernières volontés, il est loin de se douter de leurs répercussions et de l’heureuse suite de rencontres quelles vont provoquer…

 

Extraits :

« Lorsqu’il avait commencé, toutes ces années auparavant , à recueillir les objets perdus, il n’avait pas vraiment de plan. Il voulait simplement les mettre en lieu sûr au cas où, un jour, ils pourraient se voir réunis aux gens qui les avaient perdus. Il ignorait souvent si ce qu’il avait trouvé était rebut ou trésor. Mais quelqu’un, quelque part, le savait. Et c’est alors qu’il s’était remis à écrire, tramant des nouvelles autour de ses trouvailles. Au fil des ans, il avait rempli ses tiroirs et ses étagères de fragments des vies d’autrui et mystérieusement, ils avaient contribué à guérir la sienne – si cruellement fracassée – et à la restaurer. »

« Si tu n’as jamais la tristesse, comment sais-tu à quoi heureux ressemble ? demanda-t-elle. Et, d’ailleurs, tout le monde meurt. »

« Elle s’était décidée pour le feutre bleu cobalt. Sa grand-mère lui avait dit un jour qu’on peut imputer aux gènes la responsabilité de la laideur et à l’éducation celle de l’ignorance, mais qu’être ennuyeux était rigoureusement inexcusable. L’école avait été ennuyeuse. Eunice était une fille intelligente, mais agitée ; elle s’ennuyait trop en classe pour se montrer bonne élève. Elle voulait de l’émotion, une vie moins inerte. Le bureau où elle travaillait était ennuyeux, plein de gens ennuyeux, et son travail l’était aussi : taper à la machine et classer, sempiternellement. Respectable, selon ses parents, mais ce n’était qu’un autre mot qualifiant l’ennui. Son unique salut se trouvait dans les films et les livres. Elle lisait comme si sa vie en dépendait. »

 

Mon avis :

Pour un premier roman, c’est un coup de maître : pas une fausse note… et pourtant au départ, j’ai hésité – peur que cela ne soit trop sentimental, larmoyant… mais pas du tout et, au fil des pages, je suis entrée dans cette histoire de souvenirs et d’amours perdus – ou pas encore trouvés! Un cadre très British, une construction de chapitres inventive, ce petit bouquin est aussi universel par les sentiments évoqués avec beaucoup d’esprit et de tendresse.
Les petites histoires attribuées à chaque objet perdu m’ont fait penser à certaines nouvelles de Bradbury, intemporelles, elles pourraient se situer n’importe où et n’importe quand…
Voilà, c’est un coup de coeur, ça ne surprendra personne et tous ces coups de coeur ces moments-ci me redonnent foi et espoir en la littérature de demain! ❤

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L’océan au bout du chemin / Neil Gaiman

Quatrième de couverture :

De retour dans la maison où il a passé son enfance, le narrateur se retrouve submergé par le souvenir des événements étranges et tragiques qui ont marqué l’année de ses sept ans. Un suicide dans une voiture volée ; Lettie Hempstock, cette petite voisine qui lui affirmait que l’étang au bout du chemin était un océan ; les monstres qui rôdaient dans les ténèbres… Pourquoi les a-t-il enfouis dans sa mémoire ? Qu’est-il réellement arrivé cette année-là ?

 

Extraits :

« L’enfance ne me manque pas, mais me manque cette façon que j’avais de prendre plaisir aux petites choses, alors même que de plus vastes s’effondraient. Je ne pouvais pas contrôler le monde où je vivais, garder mes distances avec les choses, les gens ou les moments qui faisaient mal, mais je puisais de la joie dans les choses qui me rendaient heureux. »

« Les souvenirs d’enfance sont parfois enfouis et masqués sous ce qui advient par la suite, comme des jouets d’enfance oubliés au fond d’un placard encombré d’adulte, mais on ne les perd jamais pour de bon. »

« Comment peux-tu être heureux en ce monde ? Tu as un trou dans le cœur. Tu possèdes en toi un portail vers des pays au-delà du monde que tu connais. Ils t’appelleront, quand tu grandiras. Il n’y aura jamais de moment où tu les oublieras, où tu ne chercheras pas, dans ton cœur, quelque chose que tu ne peux pas avoir, que tu ne pourras même pas imaginer de façon satisfaisante, et dont la privation gâchera ton repos, tes jours et ta vie, jusqu’à ce que tu closes les yeux pour la dernière fois, jusqu’à ce que tes êtres chers te donnent du poison et te vendent aux anatomistes, et même là, tu mourras avec un trou à l’intérieur de toi, et tu gémiras, tu maudiras une existence mal vécue. Mais tu ne grandiras pas. »

 

Mon avis :

Un enfant de sept ans a découvert le monde il y a quarante ans. Un homme de quarante-sept ans revient sur les traces de sa jeunesse… Il y a ce dont il se souvient et il y a ce qu’il va redécouvrir et reperdre…
La magie d’un monde imaginaire poétique et peu commun et la force des contes, mythes et légendes sont contenus dans ce livre, un des plus beaux pour moi sur la fin de l’enfance… Mais peut-être ne cesse-t-on pas de la quitter tout au long de sa vie…

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Lignes de vie / Graham Joyce

Quatrième de couverture :

Une famille de sept soeurs aux vies fondées sur l’amour, la tradition, l’angoisse et l’espoir. Des vies simples et émouvantes auxquelles se mêlent presque imperceptiblement l’étrange et le merveilleux, l’ordinaire et l’extraordinaire. Cassie, la plus jeune des soeurs, a eu un petit garçon de père inconnu et n’a pas eu le courage de le céder à des parents adoptifs. Il est alors décidé que le petit Frank sera élevé par chacune des soeurs, à tour de rôle. Ainsi l’enfant sera-t-il le témoin privilégié de ces vies aux lignes si différentes, dans les drames et les illusions de l’après-guerre. Mais Frank est un enfant particulier, doué d’intuitions étonnantes ; comme sa jeune mère, sensible à des signes invisibles ; comme sa grand-mère, parfois visitée par des apparitions lui annonçant l’avenir…

 

Extraits :

« Cassie Vine, vingt-deux ans à peine, les yeux secs, serre le bébé sans nom sous son manteau et plisse les yeux pour les protéger du vent. Il est midi, trois jours après la Victoire en Europe, et elle attend sous le portique de la National Provincial Bank, sur les marches de pierre blanche, qu’on vienne chercher son enfant. Devant elle gémit la ville de Coventry, brisée par le bombardement. »

« Les hauteurs de la ville étaient en flammes. Des brigades de pompiers luttaient en vain. Les bombes et les flammes avaient détruit les grands magasins. L’eau crachée par les tuyaux dégageait des tourbillons de vapeur évoquant des génies. Les toits vomissaient une fumée bouillonnante, noire comme l’ébène, que le feu éclairait par en dessous. Il faisait trop chaud pour traverser Broadgate. Elle resta en retrait, contemplant les flammes, tandis que ce hideux battement d’ailes de cuir résonnait de nouveau à ses oreilles. Elle distribua des tapes furieuses aux petits démons importuns qui voletaient tout autour d’elle. Puis elle vit son premier cadavre. »

« — Pourquoi des gens voudraient arrêter de se parler ?
Martha alluma sa pipe, secoua l’allumette pour l’éteindre et
la rejeta dans le foyer. Elle souffla un nuage de fumée bleue à l’odeur douce. Frank la scruta à travers la fumée trompeuse qui donnait l’impression que ses yeux larmoyaient. Elle tarda à lui répondre.
— Les fantômes, dit-elle.
— Les fantômes ?
— Oui. On peut transformer quelqu’un en fantôme rien qu’en arrêtant de lui parler. C’est une façon de le tuer, tu vois, de le changer en pierre, mais en s’assurant qu’il soit toujours dans les parages pour pouvoir continuer à le punir. Alors promets-moi de ne jamais faire ça, hein, Frankie ?
— Promis, mamie.
— Promis, mamie. Maintenant, tu peux aller jouer dans ta chambre, j’aimerais bien avoir la paix un moment. »

 

Mon avis :

Quel roman étonnant! Au départ, j’ai pensé « pas vraiment mon genre, je crois que je ne vais pas le finir… » et puis, j’ai continué, continué et je suis tombée sous le charme de cette famille étrange, où le fantôme du père traîne en lisant son journal, où la mère reçoit des visites lui annonçant des évènements à venir et où la plus jeune fille, Cassie, a des « absences » après lesquelles elle ne se souvient pas toujours de ce qu’elle a fait…
Et j’ai aimé ce livre, vraiment… ❤

Ci-dessous, une phrase qui dit mieux que je ne pourrais le dire mon ressenti face à ce livre :

 » Et son écriture est comme une petite musique, qui semble si banale à la première écoute, mais qui s’impose lentement et qu’on ne peut en fin de compte ni quitter ni oublier. Graham Joyce ne se plie jamais à la tentation du grand guignol. Si ses scènes sont fortes, c’est parce qu’il les écrit avec un talent extraordinaire. Pas d’effets spéciaux, rien que le plaisir de raconter les choses, la malice de dérouter le lecteur, la délicatesse de tracer des lignes de vie. » – Jean-Claude Vantroyen

Si vous en voulez plus, suivez ce lien :  Jean-Claude VANTROYEN

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Carbone modifié / Richard Morgan

Quatrième de couverture :

Au 26ème siècle, l’humanité s’est répandue à travers la galaxie. Le Protectorat des Nations unies maintient une poigne de fer sur les nouveaux mondes, avec l’aide de ses troupes d’élite : les Corps diplomatiques. La technologie a apporté ce que la religion ne pouvait garantir ; quand votre conscience peut être stockée dans une pile corticale et téléchargée dans un nouveau corps, même la mort n’est plus qu’un dérangement mineur. Tant que vous avez les moyens de payer…
L’ex-Diplo Takeshi Kovacs avait déjà été tué, avant ; mais sa dernière mort en date a été particulièrement brutale. Injecté à travers des années-lumière, il est réenveloppé dans un corps à San Francisco, sur la Vieille Terre, à la demande d’un riche magnat qui souhaite élucider sa propre mort. La police a conclu à un suicide. Mais pourquoi se serait-il suicidé alors qu’il sauvegardait son esprit tous les jours, certain de revenir parmi les vivants ? Balancé au centre d’une conspiration vicieuse, Kovacs réalise bientôt que la cartouche qui a troué sa poitrine sur Harlan n’était que le début de ses problèmes…

 

Extraits :

«  – Kristin, rien ne change jamais, ai-je dit en montrant la foule du pouce. Il y aura toujours des crétins de ce genre, avalant des modèles de foi livrés tout prêts pour ne pas avoir à réfléchir. Il y aura toujours des gens comme Kawahara ou les Bancroft pour les manipuler et se payer sur leur dos. Des gens comme vous pour s’assurer que le jeu se déroule correctement et que les règles ne sont pas trop violées. Et quand les Maths voudront les violer quand même, ils enverront des gens comme Trepp ou moi pour le faire. C’est la vérité, Kristin. La même depuis ma naissance, il y a cent cinquante ans, et, d’après ce que j’ai lu dans les livres d’histoire, jamais les choses n’ont été différentes. Il vaut mieux s’y habituer. »

«  – Vous avez de la chance, Kovacs.
Ben voyons. À cent quatre-vingts années-lumière de chez moi, portant le corps d’un autre homme durant six semaines de location. Transféré ici pour effectuer un travail que la police ne voulait pas toucher, même avec une matraque électrique.
Si je rate, je retourne au placard.
J’avais tant de chance que j’ai failli me mettre à chanter en poussant la porte. »

 

Mon avis :

Un excellent thriller cyberpunk dans un univers noir à souhait… Un univers riche, complexe, parfaitement décrit… Un détective désenchanté… Bref tous les ingrédients pour passer un bon moment!

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