Archives de Catégorie: Littérature américaine (USA)

Cérémonies barbares / Elizabeth George

 

Présentation de l’éditeur

La découverte, dans un cimetière de campagne, du corps nu et torturé d’un jeune pensionnaire de Bredgar Chambers fait voler en éclats la quiétude feutrée du prestigieux établissement.

Chargés d’élucider l’affaire, l’inspecteur Thomas Lynley et le sergent Barbara Havers vont enquêter dans l’école privée plusieurs fois centenaire, où les maîtres mots sont honneur et droiture. Qui a assassiné le petit Matthew Whateley, et pourquoi ? Comment se fait-il que son cadavre ait été retrouvé si loin de l’école ? Pourquoi, dûment muni d’une autorisation de sortie pour le week-end, a-t-il menti sur sa destination ? A mesure qu’ils interrogent pensionnaires et membres du personnel, les deux enquêteurs de Scotland Yard prennent conscience qu’il se passe des choses bizarres, voire monstrueuses, au sein de cette petite communauté de privilégiés.

 

Extraits

« Au début, ça n’avait pas été exactement le cas. La peur l’avait fait se taire. Car il n’avait pas fallu longtemps pour que le bruit se répande chez les petits quatrièmes : Matthew Whateley avait été torturé avant de mourir. Harry n’était pas particulièrement courageux, la peur de connaître le même sort que son ami avait suffi à lui faire tenir sa langue. Mais la peur avait bientôt cédé le pas au chagrin. Chagrin né du fait que Harry savait avoir joué un rôle décisif dans le malheur qui avait frappé son copain. »

« Elle examina la photo du garçonnet tandis que Lynley vidait le cendrier que Corntel et elle avaient réussi à remplir pendant l’entretien. Il l’essuya soigneusement à l’aide d’un mouchoir en papier.
— Seigneur, vous êtes de plus en plus intolérant par rapport au tabac, inspecteur, ronchonna Barbara. Vous voulez peut-être que je me fasse tatouer un F comme fumeur sur la poitrine ?
— Nullement. Mais de deux choses l’une : ou je nettoie le cendrier ou je me mets à le lécher sauvagement, de frustration. Le vider me semble encore la solution la plus acceptable.
Relevant la tête, il sourit. Bien qu’exaspérée, elle éclata de rire.
— Pourquoi avoir arrêté de fumer ? Pourquoi ne pas choisir de mourir prématurément comme nous autres, grands fumeurs ? Plus on est de fous, plus on rit. Vous connaissez le dicton. »

 

Mon avis

J’ai aimé les premiers romans policiers d’Elizabeth George dont fait partie ce livre paru en 1990. Les descriptions des lieux ne me gênent pas, elles mettent en place le décor, ses deux enquêteurs sont bien choisis, le contraste entre eux les stimule et ce bouquin-ci est particulièrement intéressant! Un peu d’humour allège un peu le côté sombre mais le suspense est maintenu jusqu’aux dernières pages…

A lire donc, avec – je crois – beaucoup de plaisir!

Je trouve dommage qu’à présent – est-ce pour respecter une mode? – cet auteur nous ponde des romans de plus de 500 pages avec tellement de personnages secondaires qu’on ne sait plus qui ils sont ni à quoi ils servent…

 

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Les disparus / Daniel MENDELSOHN

 

4e de couverture

Extraits

 

« c’était un 29 février : un jour qui n’existe pas la plupart du temps, un jour qui, comme un vaisseau fantôme dans un conte, surgit de nulle part pour disparaître avant qu’on ait eu la chance de saisir ce que c’était ; un jour hors du temps. »

 

Mon avis

Un livre que j’ai commencé pas convaincue de le finir (gros pavé de 930 pages) pas spécialement pour le nombre de pages (j’en lis de bien plus imposants) mais parce que je pensais : peut-on écrire autant de pages sur des gens disparus depuis plus d’une cinquantaine d’années?

Mais voilà cette enquête est passionnante et tout ce travail, ces interviews de personnes très âgées qui ont parfois refoulé leurs souvenirs pendant toutes ces années et ces souvenirs patiemment assemblés finiront par donner leur réponse à l’auteur, à sa famille et à nous, lecteurs qui avons eu l’impression d’appartenir à cette famille…

J’ai aussi appris des tas de choses sur l’holocauste ; il ne faudrait jamais oublier pour que jamais, jamais cela ne se reproduise… et pourtant!

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Chroniques des Cheysulis / Jennifer Roberson

  1. Les Métamorphes
  2. La ballade d’Homana
  3. L’épée du destin
  4. La piste du loup blanc
  5. Une nichée de princes
  6. La fille du Lion
  7. Le vol du Corbeau
  8. La tapisserie aux Lions

C’est une série de 8 romans qu’il ne faut pas séparer car, s’ils racontent chacun une partie de l’histoire différente, c’est la somme de tous qui la compose.

Des ethnies différentes se partagent un monde

Nous allons suivre les Cheysulis, liés à la Terre, ils utilisent sa magie. Leurs guerriers ont un compagnon animal (Lir) grâce auquel ils peuvent prendre la même forme que lui.

Ils vivent en Homana, mais les Homanans ne possèdent pas de magie et considèrent les Cheysulis comme des sorciers.

La série est l’histoire d’une famille royale et d’une prophétie.

Source de la carte et de beaucoup d’infos sur les peuples et les coutumes :

http://www.les-ombres.net/pid18/chroniques-des-cheysulis.html

 

Mon avis :

L’idée est originale mais aurait gagné à être plus développée, il y a des réponses qu’on n’obtient pas. C’est dommage. Le premier tome n’est pas le meilleur, c’est dommage aussi car il faut entrer dans le second pour vraiment accrocher.

Par contre, j’ai bien aimé de passer de génération en génération et la narration alternée. L’auteur a une écriture agréable mais conventionnelle, évidemment, c’est une traduction, il faudrait le lire en anglais pour comparer.

La meilleure critique, à mon avis, c’est celle de Belgarian sur Elbakin mais je le trouve un peu sévère tout de même, je me suis bien amusée…

http://www.elbakin.net/fantasy/roman/cycle/chroniques-des-cheysulis-114

Je donnerai 3 pour la forme et 4 pour l’histoire…


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Tous les vivants (Le crime de Quiet Dell) / Jayne Anne Phillips

Quatrième de couverture :

Chicago, 1931. Asta Eicher, jeune veuve mère de trois enfants, est seule et désespérée. Quand Harry Powers, un galant inconnu, la courtise et lui promet de l’épouser, elle est persuadée que la vie lui offre une seconde chance. Quelques semaines plus tard, Asta et ses enfants sont retrouvés morts, assassinés. Emily Thornhill, une des rares femmes journalistes de l’époque, se charge alors de couvrir l’enquête et tâche de comprendre ce qui est arrivé aux Eicher, particulièrement à Annabel, une enfant à l’imagination débordante qui semble dotée d’étranges facultés.

Tous les vivants est une fiction inspirée d’un crime célèbre. Avec une grande profondeur psychologique et au moyen de documents d’époque, Jayne Anne Phillips fait parler et revivre la famille Eicher ainsi que son meurtrier quelques jours avant le drame, jusqu’au procès public de celui qu’on appellera  » le Barbe bleue des temps modernes  » . Jayne Anne Phillips fait son grand retour avec ce roman tiré d’un fait divers tragique qui hante à jamais l’Amérique et inspira le chef d’oeuvre de Charles Laughton La nuit du chasseur.
A l’instar de De sang froid de Capote, Tous les vivants nous plonge au coeur d’un drame saisissant, porté par l’écriture lyrique d’un auteur qui se confronte à la fois au réel et au surnaturel.

 

Extraits :

« Grand-Mère m’expliquait toujours que nos rêves sont des désirs ou des souhaits, des cadeaux des fées qui nous guident et veillent sur nous durant notre sommeil. Elle me disait que les poèmes et les histoires sont les murmures d’anges invisibles, des êtres autrefois pareils à vous et moi, qui en savent plus que nous ne pouvons en savoir tant que nous sommes encore de ce monde.
– Parle-moi dans ta tête quand je serai partie, disait Grand-Mère. Je t’entendrai toujours, et je t’enverrai ma réponse dans le bruissement de l’herbe et du vent et à l’aide d’autres petits signes, parce que nous ne nous exprimons plus par des mots quand nous avons disparu. »

« Les Eicher ne faisaient plus jamais référence à leurs origines d’Europe du Nord, mais assurément Andersen et Grimm avaient trouvé l’inspiration de leurs contes au Danemark et en Allemagne. Absolument sinistres, ces histoires, pensait Charles : des miroirs aux alouettes qui conduisaient invariablement des enfants innocents à l’abattoir, tels des agneaux préalablement engraissés. Un univers féerique qui vous invitait à croire que la vertu est toujours récompensée. Charles savait que c’était faux.
La naïveté de sa propre mère les avait transformés en victimes. »

 

Mon avis :

Un roman passionnant, mêlant si bien la réalité et la fiction – plus le fantastique – qu’on est captivé par l’histoire malgré qu’on sache déjà la fin… Construction intéressante où on fait connaissance de la famille pendant plusieurs chapitres et puis on se trouve subitement plongé dans le drame…
C’est là qu’on découvre Emily, la journaliste qui mène une enquête sur la disparition de la famille Eicher en compagnie d’un collègue sympathique, Eric. Emily va aussi rencontrer au cours de cette enquête un homme qui sera celui qu’elle attend, William, et un jeune garçon dans la misère, Mason, qu’elle choisit d’aider!
Sur tout cela plane le souvenir – ou l’âme – d’Annabel, la plus jeune fille Eicher, fantasque et poète qui apporte une touche de fantastique et de lumière à l’histoire d’un crime sordide…
Le livre est semé de quelques photos qui datent de l’époque et qui apportent une touche de réel!
Je n’ai pu m’empêcher de trouver Asta-Anna (la maman) bien trop crédule et (mais je pense que cela correspond à l’époque) bien dépendante – il lui faut trouver un homme, il n’y a pas d’autre solution…
Tel quel, j’ai lu avec beaucoup de plaisir (hé oui, malgré les crimes) ce bouquin qui sort de l’ordinaire!

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Reliques de la nuit / James P. Blaylock

Quatrième de couverture :

La Californie… Hollywood, Sunset Boulevard… Oui, bien sûr. Mais la Californie, ce sont aussi des canyons désolés, balayés par le vent, où la nature est encore intacte. Un pays sauvage, convoité par les promoteurs. C’est là que Peter Travers a acheté une cabane. Une cabane que l’on dit hantée.
Pourquoi s’est-il installé là ? Pour oublier, sans doute. Oublier sa femme, Amanda, qu’il aime encore. Et leur fils David. Bien sûr, maintenant il a Beth. Elle est jeune et jolie, avec elle il pourrait refaire sa vie. Mais toujours, la nuit, vient le hanter cette voix plaintive. Puis ce n’est plus seulement une voix qui le poursuit, mais une vision. Celle d’une femme et d’un enfant qui errent dans le canyon. Fruit de son imagination ? Fantômes surgis du passé ? Prémonition ?
Ou bien Peter est-il en train de perdre la raison ?

 

Extraits :

« Encore une nuit de vent, anormalement chaude pour cette fin novembre, chargée de senteurs d’armoise et de poussière. Rêves d’automne agités. Nuit hantée par les craquements délibérément lents de la carcasse de la vieille maison, par le ferraillement des portes secouées dans leurs cadres, par le susurrement du vent sous l’avant-toit et son ululement dans la cheminée. Les branches des arbres se tordent, se raclent dans le noir. Les feuilles sèches carambolent contre « les moustiquaires des portes et cavalcadent sur l’allée dallée.
La pleine lune veille sur la crête comme un fanal en haut d’un mur noir. Des ombres lunaires dentelées oscillent sur le sol de la cuisine. Peter Travers glisse une allumette contre le manchon d’une lanterne murale à gaz et la flamme surgit en sifflant, transformant les ombres en pâles et fugitifs ectoplasmes. Il verse une mesure de café moulu et de l’eau dans le percolateur posé sur la cuisinière et allume le gaz. »

« L’homme semblait entouré d’un matelas d’air mort, comme si Peter parlait à un mur de néant. Il s’avisa soudain qu’il éprouvait une aversion profonde pour lui et qu’il était sur le point de dire des choses carrément insultantes. Il se persuada de se calmer. Sa patience avait l’épaisseur d’une molécule. L’homme ressemblait à un voyageur de commerce grimaçant venu tout droit de l’enfer, mais il n’avait aucune raison de lui chercher querelle. »

 

Mon avis :

C’est un bon thriller où tout semble plausible et où on glisse insensiblement vers le fantastique… Bien construit, jamais ennuyeux, personnages sympas – enfin pas tous 🙂 heureusement sinon, que deviendrait l’histoire – un vrai plaisir de lecture…

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Vénus / Ben Bova

bova-venus
4e de couv.
La surface deVénus est un cauchemar baigné d’acide sulfurique… Pourtant, Van Humphries doit y aller. Son frère aîné y a laissé la vie lors de la toute première mission sur la planète et son père ne lui a jamais pardonné d’avoir survécu. Quand ce dernier offre plusieurs millions à qui partira récupérer le corps de son fils, Van Humphries se porte volontaire. Ce qu’il va découvrir sur Vénus changera tout, l’avenir de l’homme mais également son propre destin…

 

Extrait :
« – Parce que nous reviendrons en disant : Oui ! Vous avez raison. Vénus est un désastre naturel… La Terre est un désastre créé par l’homme. Et ce que les hommes font, ils peuvent le défaire !
(…)
– Si les actions de l’homme provoquent l’effet de serre, les actions de l’homme peuvent le réparer. »

 

Bon roman SF de facture classique, écriture facile et agréable, en somme un récit d’exploration de la planète Vénus agrémenté d’une histoire de vendetta entre les personnages principaux… J’ai pensé à « 20 000 lieues sous les mers » que j’ai adoré lorsque j’étais enfant et que je relis de temps en temps avec plaisir… ce bouquin-ci m’a fait le même effet… le microcosme du vaisseau spatial, la difficulté d’entente entre les caractères des personnages et la découverte d’un monde (imaginaire, certes, et qui date un peu – 2000 – mais c’est un roman)…

4-tres-bon

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Mars / Ben Bova

bova-mars
4e de couv. :
2020. A l’instigation d’un scientifique brésilien, Alberto Brumado, une mission d’exploration vers la planète rouge va enfin voir le jour.
Vingt-cinq candidats de toutes nations ont été sélectionnés pour cette odyssée sous contrôle russo-américain. Après un voyage de neuf mois, toute l’équipe devra désormais se confronter à l’hostilité de la planète mais également aux tensions, jalousies et conflits inévitables après une longue période de huis clos. Chacun rêve de découvertes extraordinaires, mais la réalité est plus prosaïque: tempêtes de sable, pluies de météorites, virus mystérieux…
La découverte de Mars est une aventure scientifique et humaine, relatée ici avec un réalisme saisissant, une tension psychologique parfaitement maîtrisés

 

Extrait :
« (…) on doit le faire. La race humaine le doit. Nous sommes des explorateurs, Tony. Tous. Même toi ; c’est ça qui t’a amené ici. C’est inscrit dans vos gènes, dans vos cerveaux. C’est pour ça que la science est faite. Les êtres humains sont faits pour apprendre, chercher, explorer. C’est pour nous un besoin, comme la fleur a besoin d’eau et de soleil. C’est ce qui a fait que nos ancêtres ont quitté l’Afrique et ont essaimé sur toute la Terre. Maintenant nous allons essaimer dans le système solaire et un jour nous sortirons vers les étoiles. Vous ne pouvez pas l’arrêter, Tony. Personne ne le peut. C’est ce qui fait de nous des humains. »

 

Un bon roman SF de facture classique sur un sujet qui a inspiré de nombreux romanciers. De nouveau un roman où la difficulté d’entente entre les membres d’un groupe isolé fait toute l’histoire. Le livre date un peu (1992) à la vitesse où la science et les connaissances évoluent mais ça ne gêne pas du tout. On est du début à la fin plongé dans l’aventure…

4-tres-bon

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