Archives mensuelles : septembre 2019

Du sel sous les paupières / Thomas Day

Présentation de l’éditeur :

Saint-Malo, 1922. Sous la brume de guerre qui recouvre l’Europe depuis la fin de la Grande Guerre, Judicaël, seize ans, tente de gagner sa vie en vendant des illustrés. Mais, pour survivre et subvenir aux besoins de son grand-père, il lui arrive de franchir légèrement les bornes de la légalité. Jusqu’au jour où il rencontre la belle Mädchen. Et lorsque celle-ci disparaîtra, Judicaël fera tout pour la retrouver, en espérant qu’elle n’ait pas croisé la route d’un énigmatique tueur d’enfants surnommé le Rémouleur.

Thomas Day livre avec Du sel sous les paupières une fresque mêlant uchronie, steampunk et fantasy mythologique. Une bouleversante histoire d’amour et d’amitié, un conte de fées qui nous entraîne des remparts de Saint-Malo à la mythique forêt de Killarney, en passant par Cork et Guernesey.

Grand prix de l’Imaginaire – Roman Francophone – 2013

Extraits :

« Saint-Malo restait une ville d’histoires, de rumeurs et de légendes. La guerre n’y avait rien changé. Et il était fort probable que la disparition de la brume de guerre et une paix durable n’y changerait rien. Avec ses remparts, ses bateaux et ses fameux corsaires, Saint-Malo faisait rêver depuis des siècles et attirait dans ses filets, avec une facilité déconcertante, les êtres d’exception. »

« Ne m’abandonne pas, car moi je n’aurai pas besoin de me glisser du sel sous les paupières pour te pleurer. »

Mon avis :

Un livre qui est venu à moi en quelque sorte, il m’attendait sur une table dans une bourse de livres gratuits organisée par la bibliothèque, le titre a accroché mon regard et c’était comme s’il me disait « Prends-moi ».
Un livre inattendu, pas dans le style habituel de l’auteur, il mélange les codes : Uchronie puis Steampunk, il glisse très vite vers la Fantasy celtique avec un soupçon de romance… Je comprends que les lecteurs non habitués aux littératures de l’Imaginaire soient déconcertés! Mais quelle belle aventure justement dans ce monde où on retrouve des pages de notre histoire et des contes subtilement différentes et comme l’auteur nous y fait bien entrer…
Vous aurez compris que j’ai beaucoup aimé ce court roman et que j’ai fermé sa dernière page avec regret…

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Les futurs mystères de Paris / Roland C. Wagner

A savoir d’abord…

C’est avec un humour tantôt grinçant, tantôt désopilant que Roland C. Wagner s’attache, depuis le début des années 1980, à dénoncer les dérives de l’impérialisme au travers de textes engagés comme La saison de la sorcière ou Pax Americana. Ce qui ne l’empêche ni de rêver à des mondes lointains (Le chant du Cosmos, Les aventuriers des étoiles), ni de s’amuser (Les futurs mystères de Paris, L.G.M.).

Grand Prix de l’Imaginaire, pour l’ensemble de la série

« Qualités d’écriture et narration généreuse confirment, si besoin en était, que Roland C. Wagner est un fantastique conteur. » – Galaxies

« La sortie en 1996 de La Balle du Néant, premier tome réédité chez l’Atalante, du (futur) cycle des Futurs mystères de Paris (en références à Eugène Sue, Léo Malet et Frédéric Dard) fut une des heureuses surprises d’alors dans un paysage SF francophone assez atone. Préfigurant une mode du polar-sf qui bat actuellement son plein, Roland Wagner crée, avec le personnage de Tem, une figure de private eye unique au monde puisque affublé d’un handicapant « talent » de « transparence ». À elle seule, cette idée est un trait de génie comique et littéraire et une contrainte étonnante en termes de menée du récit policier car elle implique de mobiliser un brio parfois quasiment oulipien. La réédition à l’Atalante de ce premier tome (et des suivants ainsi que d’un tout nouveau intitulé Babaluma) de ce qui est devenu un cycle majeur dans l’œuvre du prolifique Roland Wagner (répartie à l’heure où ces lignes sont écrites en onze nouvelles et novellas et sept romans) est une heureuse nouvelle à bien des égards : d’abord l’iconographie de couverture, comme à l’ordinaire chez L’Atalante, superbe, nous offre une représentation de Tem dans son habit de couleur, bien plus belle que sur celle de l’édition originale au Fleuve Noir (à garder tout de même en collector). Ensuite c’est une occasion de découvrir ou de redécouvrir l’univers si foisonnant qu’il ne peut être décrit en quelques lignes et totalement stupéfiant, tant à cause de la « psychosphère » que des marottes – drogues, rock – de cet auteur qui se nomma jadis Red Deff, dans lesquels Tem évolue.
Notons que quelque part (on ne dira pas où) dans le cycle se trouve – c’est aux fans de la première heure que je m’adresse – l’explication de la fameuse et intrigante « rande terreur primitive ». Le cycle des « Futurs Mystères » a été gratifié d’un Grand Prix de l’Imaginaire en 1999 : remarquons que c’est injuste, car insuffisant. La créativité et le talent délirant de l’auteur, comme son habileté à se sortir d’intrigues compliquées – La Balle du Néant offre ainsi une nouvelle version d’énigme en chambre close –, font de Roland Wagner l’égal de ses maîtres en « mystères » : un de nos grands auteurs de littérature populaire. » – Francis Mizio
Site des éditions « L’Atalante »
https://www.l-atalante.com/catalogue/la-dentelle-du-cygne/la-balle-du-neant-9782841722075/

1 – La balle du néant + S’il n’était vivant (nouvelle)

Présentation de l’éditeur :

Paris, 2063. Un demi-siècle après la Grande Terreur primitive, cette période de folie et d’horreur qui, semble-t-il, a eu pour résultat d’apaiser l’humanité, les meurtres sont de plus en plus rares. Pourtant, un physicien travaillant pour l’armée a été mystérieusement assassiné dans une pièce fermée de l’intérieur. Dans un monde où les sectes pullulent, où toutes les drogues sont en vente libre et où les crédits de la police s’amenuisent d’année en année, Tem, détective privé de son état, mène l’enquête. Il est aidé de la seule intelligence artificielle capable de vivre hors de la cybersphère. Mais parviendra-t-il à échapper à la Balle du Néant lorsque celle-ci décidera de frapper ?

Extrait :

« Imaginez que vous vous promenez sur un trottoir au milieu de la foule. Vous ne pourrez jamais prêter attention à toutes les personnes que vous croiserez ; il en subsistera une certaine proportion que vous ne remarquerez même pas, sinon sous la forme de silhouettes noyées dans la masse.
Eh bien, pour le commun des mortels, je fais le plus souvent partie de ces silhouettes. Ma sœur Rivière Paisible du Matin Calme aime à dire que je « glisse entre les mailles du tissu de la réalité ». Si j’ai affaire à des individus sensibles à mon Talent – et à condition de ne pas être attifé à ce moment-là comme le croisement d’un clown et d’un épouvantail –, je peux me faufiler parmi eux, traverser leur champ visuel, voire les toucher sans qu’ils s’en rendent compte.
Très pratique pour les filatures, pensez-vous. Mais imaginez mon calvaire dès lors qu’il s’agit d’interroger des témoins. »

Mon avis :

Premiers pas dans l’univers de Tem (Temple sacré de l’aube radieuse) où on fait la connaissance de ce détective privé qui s’est lancé dans cette carrière après avoir lu Léo Malet, il a donc pris Nestor Burma comme modèle…
On fait connaissance avec les particularités de cet univers à la fois proche et très lointain dans le temps et c’est un plaisir. Les personnages sont « vivants », on s’y attache très vite…
Un plaisir de lecture qui donne bien envie de lire la suite…

2 – Les ravisseurs quantiques + Le réveil du parasite (nouvelle)

Présentation de l’éditeur :

Paris, 2063. L’homme au chapeau vert fluo enquête sur la disparition d’une jeune fille enrôlée dans la secte des  » copistes « . Avec l’aide inestimable de Gloria, l’intelligence artificielle anarchiste, fondatrice du Collectif Louise Michel pour la libération des citoyens virtuels. 

Extrait :

 » Mon nom est Temple Sacré de l’Aube Radieuse, mais vous pouvez m’appeler Tem.
Pour cent euros par jour plus les frais, vous pouvez aussi louer mes services. Je suis détective privé. Mon atout majeur ? Le Talent de transparence qui me permet de passer inaperçu. Mais qui m’oblige aussi à des efforts vestimentaires pour ne pas passer inaperçu. « 

Mon avis :

Le plaisir de la lecture continue…

3 – L’Odyssée de l’Espèce + Recristallisation (nouvelle)

Présentation de l’éditeur :

Paris, 2063. Harcelé par l’antipathique inspecteur Trovallec dit « le Dénébien », c’est pour se disculper d’une accusation de meurtre que doit enquêter cette fois Temple Sacré de l’Aube Radieuse, le détective millénariste au chapeau vert fluo. Où l’on pénètre la complexité de la psychosphère et où la Grande Terreur de 2013 apparaît sous un éclairage nouveau. Où se profile aussi l’ombre menaçante de Dragon Rouge, un archétype « fondamentalement archaïque ». L’enjeu ? Rien moins que le destin éthique de l’humanité. La richesse et l’originalité de ce roman lui ont valu une moisson de prix littéraires. 

Extrait :

« Telle était l’odyssée de notre espèce. Naissant au bord d’un lac en Afrique orientale, puis se répandant et se diversifiant à travers toute la planète… Échanges de gènes et de vocables, influences mystiques, enrichissement culturel… Mais aussi guerres, massacres, spoliation, esclavage, déplacements de population… Ainsi que les souffrances qui les accompagnaient… Tout cela s’était inscrit dans la Psychosphère. Tout cela – et bien d’autres choses encore. Tout ce qui faisait l’Homme. »

Mon avis :

Un roman tout à fait réussi et bien construit qui relance l’intérêt de suite. Plusieurs prix littéraires mérités [prix Rosny Aîné 1998, prix Ozone 1998, grand prix de l’Imaginaire 1999].

4 – L’Aube incertaine

Présentation de l’éditeur :

En 2064, les multinationales règnent sans partage sur un monde d’où toute trace de criminalité a été éliminée. Enfin, presque, car aujourd’hui, Tem, le privé transparent, enquête sur une vague de décès suspects qui frappe les jeunes artistes du Délirium, un courant alternatif très populaire. L’affaire se révèle plus compliquée qu’il n’y paraît de prime abord, d’autant que le talent de Tem fait à nouveau des siennes : le voilà devenu cette fois presque totalement invisible !

Extrait :

« En apprenant, au début de l’automne précédent, que mon portrait avait été reproduit sur le wèbe à des millions d’exemplaires, je m’étais fait la réflexion que, cette fois, j’aurais un certain mal à me faire oublier. Je ne me trompais pas, même si je n’avais pas imaginé que les conséquences de la mensongère campagne multimédiatique dont j’avais été la victime continueraient à me poser des problèmes jusqu’au cœur de l’hiver.
Durant cette période de près de quatre mois, je me suis senti nettement moins transparent que d’habitude. Et je l’étais, sans nul doute. Plus besoin de coiffer un borsalino vert fluo ou de chausser des babouches aussi illuminées qu’un sapin de Noël pour que l’on me remarquât ; de toute manière, je n’avais plus de chapeau, le mien ayant terminé sa carrière dans le sang répandu d’un vieil homme assassiné – ce qui, soit dit en passant, m’avait valu quelques ennuis.
Bien que cette opacité présentât quelques avantages, dans l’ensemble, elle me posait essentiellement des problèmes. C’est très pratique que l’on prenne aussitôt conscience de votre présence lorsque vous faites vos courses ou effectuez une démarche administrative, mais cela devient un sérieux handicap dans le cas d’une filature – surtout si vous avez, comme moi, la fâcheuse habitude de passer inaperçu, de glisser entre les mailles du tissu de la réalité… »

Mon avis :

On s’accroche de plus en plus à cette série de romans, chacun d’eux apporte un petit peu plus de détails sur ce monde à venir du passé…
En bref, L’Aube incertaine est très réussi et m’a beaucoup plu…

A SUIVRE…

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Illianday / Viviane Moore

Présentation de l’éditeur

« Un mois déjà, un mois qu’il trouvait des pauvres types comme celui-là, les orbites noyées de sang . Ils pleuraient tous avant de mourir. »
Ilianday est une chasseuse de primes. Kilney est un flic au bout du rouleau. Pour lui, c’est le seizième appel de la matinée. Pour elle, c’est le début d’une étrange enquête, à la poursuite d’un tueur insaisissable qui laisse sur son chemin des cadavres aux yeux rivés sur leur écran. 
Dans ce thriller sensuel et violent, Viviane Moore nous entraîne au côté de son héroïne dans un univers urbain insolite, à mi-chemin entre Londres, Mitrovica et Tokyo.

Extrait

“La sonnerie hurlait, grimpant dans les aigus. Malgré l’étroitesse du couloir, les voisins s’étaient massés devant la porte. Ils attendaient en silence. La Mort était une curiosité, une rareté : un corps écrasé ou carbonisé, un visage exsangue, une flaque de sang bien rouge… Ceux-là se pressaient dans l’espoir d’avoir leur part. 
Ils refluèrent précipitamment devant l’arrivée des îlotiers, quatre hommes armés, menés par un inspecteur au visage las. Pour lui, c’était le seizième appel de la matinée. Suicides et meurtres se succéderaient ainsi jusqu’à la nuit, où d’autres flics prendraient leur place.
Mais cette fois, c’était autre chose, cette stridence annonçait la mort d’un joueur. Et les flics détestaient ça. Ils haïssaient ce qui leur échappait. Et ceux-là, quelques millions de par le monde, ne mouraient jamais comme les autres… Surtout ces derniers temps.
Ils vivaient enfermés, les yeux brûlés par les images vidéo. Ils se retrouvaient entre eux sans jamais sortir de leur chambre pour des parties qui les gardaient éveillés des jours durant. Ils oubliaient tout simplement de s’alimenter, de boire ou de se chauffer et s’éteignaient dans la lumière bleutée de leurs écrans muraux…”

Mon avis

D’abord une petite mise en place :
Un monde futur… détruit… post-apocalyptique sans apocalypse simplement les humains ont détruit la nature…
Ne reste que des survivants, divisés en « catégories » : Ilianday est une « agissante » – elle vit dans le monde réel et mène des enquêtes ou recherche des antiquités. Day-Off est un « enfermé » – il vit dans un monde virtuel où il se sent tout-puissant mais son corps est enfermé dans une combinaison qui n’est, en définitive, qu’un cercueil. Une affinité qu’ils ne comprennent pas eux-mêmes s’est créée entre ces deux personnages. Aristote est un « joueur », virtuose des jeux du monde virtuel. Kilney est un flic au bout du rouleau, il a jadis été l’amant d’Ilianday et ils sont dans cette affaire amenés à travailler ensemble…
Dans cet univers noir et impitoyable, qui donc tue?

Au départ, il faut entrer dans cet univers, je lis beaucoup de SF donc pas de problème pour moi. On s’attache tout de suite à Ilianday qui est une battante. On frissonne à la pensée que cet univers sombre et cruel est peut-être notre futur…

J’ai été captivée par le monde décrit par Viviane Moore et, oui, j’ai vraiment aimé cette lecture…

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