Archives mensuelles : avril 2017

L’océan au bout du chemin / Neil Gaiman

Quatrième de couverture :

De retour dans la maison où il a passé son enfance, le narrateur se retrouve submergé par le souvenir des événements étranges et tragiques qui ont marqué l’année de ses sept ans. Un suicide dans une voiture volée ; Lettie Hempstock, cette petite voisine qui lui affirmait que l’étang au bout du chemin était un océan ; les monstres qui rôdaient dans les ténèbres… Pourquoi les a-t-il enfouis dans sa mémoire ? Qu’est-il réellement arrivé cette année-là ?

 

Extraits :

« L’enfance ne me manque pas, mais me manque cette façon que j’avais de prendre plaisir aux petites choses, alors même que de plus vastes s’effondraient. Je ne pouvais pas contrôler le monde où je vivais, garder mes distances avec les choses, les gens ou les moments qui faisaient mal, mais je puisais de la joie dans les choses qui me rendaient heureux. »

« Les souvenirs d’enfance sont parfois enfouis et masqués sous ce qui advient par la suite, comme des jouets d’enfance oubliés au fond d’un placard encombré d’adulte, mais on ne les perd jamais pour de bon. »

« Comment peux-tu être heureux en ce monde ? Tu as un trou dans le cœur. Tu possèdes en toi un portail vers des pays au-delà du monde que tu connais. Ils t’appelleront, quand tu grandiras. Il n’y aura jamais de moment où tu les oublieras, où tu ne chercheras pas, dans ton cœur, quelque chose que tu ne peux pas avoir, que tu ne pourras même pas imaginer de façon satisfaisante, et dont la privation gâchera ton repos, tes jours et ta vie, jusqu’à ce que tu closes les yeux pour la dernière fois, jusqu’à ce que tes êtres chers te donnent du poison et te vendent aux anatomistes, et même là, tu mourras avec un trou à l’intérieur de toi, et tu gémiras, tu maudiras une existence mal vécue. Mais tu ne grandiras pas. »

 

Mon avis :

Un enfant de sept ans a découvert le monde il y a quarante ans. Un homme de quarante-sept ans revient sur les traces de sa jeunesse… Il y a ce dont il se souvient et il y a ce qu’il va redécouvrir et reperdre…
La magie d’un monde imaginaire poétique et peu commun et la force des contes, mythes et légendes sont contenus dans ce livre, un des plus beaux pour moi sur la fin de l’enfance… Mais peut-être ne cesse-t-on pas de la quitter tout au long de sa vie…

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Le livre des âmes / James Oswald

Quatrième de couverture :

Pendant 10 ans à chaque période de Noël, on retrouvait à Edimbourg un nouveau cadavre de jeune femme : nu, la gorge tranchée et complètement nettoyé.

La dernière victime, Kirsty Summer était la fiancée du détective Tony McLean. Mais dans cette affaire, le tueur de Noël commit une erreur qui permit à McLean de mettre un point final à la morbide carrière de ce tueur en série. Aujourd’hui, 12 ans plus tard, le Tueur de Noël est retrouvé mort, assassiné par un de ses compagnons de cellule.

Et au retour des fêtes de fin d’année, un nouveau cadavre est découvert : nu, parfaitement lavé, la gorge tranchée.A-t-on affaire à un copycat ? McLean s’était-il trompé de coupable 12 ans plus tôt ? Ou y-a-t’il une autre explication plus troublante encore ? McLean doit le découvrir avant que le tueur ne frappe à nouveau.

 

Extraits :

« Une pluie glaciale s’abat sur le cimetière et transforme la neige en gadoue. Dans le ciel, les nuages s’accumulent au-dessus de la tête des gens qui assistent aux funérailles.
Pendant qu’un religieux, près de lui, récite des platitudes, il est debout au bord de la tombe.
Soudain, des types musclés saisissent les cordes qu’on a glissées sous le cercueil. Elle est à l’intérieur, vêtue de la robe favorite de sa mère. Devenue sa robe favorite. Mais ça ne compte plus, à présent.
Il voudrait forcer le couvercle du cercueil et voir son visage pour la dernière fois. Oui, la serrer dans ses bras et faire disparaître le passé. Ainsi, rien de mal ne serait arrivé, n’est-ce pas ? Pour retourner quelques mois en arrière, que ne serait-il pas prêt à donner ?
Son âme ? Quelle bonne blague ! Qu’on lui apporte le contrat, avec la plume trempée dans son sang. À quoi peut lui servir son âme, maintenant qu’elle n’est plus là ? »

« Duguid eut un instant l’air gêné, mais son naturel impitoyable et colérique reprit vite le dessus.
— Vous êtes apte au service, sinon vous ne seriez pas là. Puis-je savoir ce que vous fichez ici à boire du thé alors que la superintendante en chef a dû vous dire que je vous cherchais ?
— Navré, monsieur. Elle n’a pas précisé que c’était urgent. En fait, elle m’a mis en congé, mais je pensais m’adoucir la gorge et prendre quelques affaires avant de partir.? »

« — Non, monsieur. Au sud de la ville. On dirait bien un meurtre.
— Et moi, je suis en congé, paraît-il. Quelqu’un d’autre ne pourrait pas s’en occuper ?
— Dugland assiste à un dîner de têtes, dit Bob en faisant mine de tirer sur les jambes de son pantalon. Quant à Langley, hors de question qu’il prenne une affaire en charge avant de la savoir liée à la drogue.
— Et Randall ?
— Victime de la grippe…
— Et merde !
Une journée déjà longue menaçait de ne pas se terminer de sitôt.? »

 

 

Mon avis :

Dans la lignée de De mort naturelle, James Oswald confirme mon espérance d’avoir découvert un nouvel auteur doué dans le polar-thriller un brin fantastique, juste comme je les aime…
Le livre des âmes est encore plus prenant que son premier roman!

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Classé dans Littérature anglaise (Ecosse)

De mort naturelle / James Oswald

Quatrième de couverture :

Lorsque la police d’Edimbourg découvre l’assassin d’un des citoyens les plus respectés de la ville moins de vingt-quatre heures après le meurtre, tout le monde est logiquement satisfait.
Le tueur s’étant suicidé, la cité économise de plus le prix et le temps d’un procès. Un deuxième meurtre se produit quelques jours plus tard et comporte d’étranges similitudes avec le premier. Là encore, l’auteur du meurtre confesse son crime avant de mettre fin à ces jours.
L’inspecteur Anthony McLean est quant à lui chargé d’enquêter sur la découverte d’un cadavre d’une jeune fille, emmurée dans la cave d’un ancien manoir d’Edimbourg. Elle a été brutalement assassinée suivant un rituel particulièrement macabre.
Aussi lorsqu’un homme d’affaire influent de la ville est à son tour assassiné, McLean commence à suspecter l’existence d’un lien entre les meurtres, les suicides et la découverte de la jeune fille mutilée…

 

Extraits :

« Au milieu de la salle des opérations de l’enquête Smythe, l’inspecteur en chef Charles Duguid dirigeait ses troupes comme un chef d’orchestre campé devant des musiciens particulièrement mauvais. A contrecoeur, des policiers venaient quêter son approbation pour leurs initiatives – hélas très souvent jugées dérisoires. Alors qu’il observait la scène depuis le seuil, McLean se demanda si tout ça n’aurait pas beaucoup mieux fonctionné sans la présence de Dugland.
– Non, ne perdez pas votre temps avec ça. Je veux du concret, pas des spéculations ! (Duguid tourna la tête et aperçut McLean). Ah ! inspecteur ! (Dans sa bouche, ce mot parvenait à sonner comme une insulte). Merci de daigner vous joindre à nous. Agent Kydd, avant de participer à d’autres enquêtes, vous seriez inspirées de demander l’autorisation à votre chef.
McLean se prépara à défendre la jeune femme, mais elle s’excusa d’un signe de tête et fila rejoindre d’autres agents en uniforme assis devant une rangée d’ordinateurs. Les qualités de meneurs d’hommes de Dugland étaient légendaires et McLean en gardait un souvenir impérissable. Son talent reposait sur de solides fondations : beugler et bousculer. Tout policier doté d’un instinct de survie apprenait très vite à faire avec et à ne jamais répondre à la provocation. »

« – C’est presque ça, mais avec les cheveux plus sombres. Non, celui-là, plutôt ! Au fond, c’est peut-être celui-ci…
Bien qu’il habitât le même immeuble qu’elle depuis quinze ans, McLean n’était jamais entré dans le sanctuaire de Mme McCutcheon. Quand il le fit enfin, rien ne le surprit. La configuration du salon rappelait son appartement, trois étages plus haut, mais les similitudes s’arrêtaient là. La vieille dame avait des objets partout – pour l’essentiel, des trucs à deux balles genre boîtes de chocolats victoriennes ou fripes en tissus écossais, et tout ce bazar rapetissait la pièce pourtant de très bonnes dimensions. Et bien sûr, il y avait les chats. Dont l’inspecteur perdit le compte après dix, parce que certains bougeaient tout le temps. D’autres le regardaient, perchés sur des étagères ou des sièges, ou venaient se frotter à ses jambes, le dissuadant de changer de place. Quant à s’asseoir, c’était hors de question.
– Je ne sais pas trop… Ils ont tous l’air patibulaire. Vous n’avez rien de plus souriant ? L’homme que j’ai vu était quasiment hilare.
L’agent Kydd était assise près de Mme McCutcheon sur un canapé que cette dernière avait dû hériter de sa grand-mère. Le dossier était recouvert d’une têtière en dentelle – la même que celle des deux fauteuils présentement occupés par des félins aux yeux soupçonneux et aux moustaches frémissantes. Malgré les chats, le salon était propre et très bien rangé – simplement, il y avait bien trop de choses. Et en dépit de ce qu’on aurait pu craindre, il y planait une bonne odeur d’encaustique. Si on songeait à la puanteur qui régnait dans l’entrée, inutile d’être bien malin pour comprendre que la vieille dame avait appris à ses matous l’art de pisser dehors. »

 

Mon avis :

Un excellent thriller, bien mené, avec un personnage central – Tony McLean – bien campé et une foule de personnages secondaires sympas. Cela se passe à Edimbourg et l’intrigue est particulièrement bien ficelée! Je n’en dit pas plus mais je le conseille vivement…

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Classé dans Littérature anglaise (Ecosse)

Lignes de vie / Graham Joyce

Quatrième de couverture :

Une famille de sept soeurs aux vies fondées sur l’amour, la tradition, l’angoisse et l’espoir. Des vies simples et émouvantes auxquelles se mêlent presque imperceptiblement l’étrange et le merveilleux, l’ordinaire et l’extraordinaire. Cassie, la plus jeune des soeurs, a eu un petit garçon de père inconnu et n’a pas eu le courage de le céder à des parents adoptifs. Il est alors décidé que le petit Frank sera élevé par chacune des soeurs, à tour de rôle. Ainsi l’enfant sera-t-il le témoin privilégié de ces vies aux lignes si différentes, dans les drames et les illusions de l’après-guerre. Mais Frank est un enfant particulier, doué d’intuitions étonnantes ; comme sa jeune mère, sensible à des signes invisibles ; comme sa grand-mère, parfois visitée par des apparitions lui annonçant l’avenir…

 

Extraits :

« Cassie Vine, vingt-deux ans à peine, les yeux secs, serre le bébé sans nom sous son manteau et plisse les yeux pour les protéger du vent. Il est midi, trois jours après la Victoire en Europe, et elle attend sous le portique de la National Provincial Bank, sur les marches de pierre blanche, qu’on vienne chercher son enfant. Devant elle gémit la ville de Coventry, brisée par le bombardement. »

« Les hauteurs de la ville étaient en flammes. Des brigades de pompiers luttaient en vain. Les bombes et les flammes avaient détruit les grands magasins. L’eau crachée par les tuyaux dégageait des tourbillons de vapeur évoquant des génies. Les toits vomissaient une fumée bouillonnante, noire comme l’ébène, que le feu éclairait par en dessous. Il faisait trop chaud pour traverser Broadgate. Elle resta en retrait, contemplant les flammes, tandis que ce hideux battement d’ailes de cuir résonnait de nouveau à ses oreilles. Elle distribua des tapes furieuses aux petits démons importuns qui voletaient tout autour d’elle. Puis elle vit son premier cadavre. »

« — Pourquoi des gens voudraient arrêter de se parler ?
Martha alluma sa pipe, secoua l’allumette pour l’éteindre et
la rejeta dans le foyer. Elle souffla un nuage de fumée bleue à l’odeur douce. Frank la scruta à travers la fumée trompeuse qui donnait l’impression que ses yeux larmoyaient. Elle tarda à lui répondre.
— Les fantômes, dit-elle.
— Les fantômes ?
— Oui. On peut transformer quelqu’un en fantôme rien qu’en arrêtant de lui parler. C’est une façon de le tuer, tu vois, de le changer en pierre, mais en s’assurant qu’il soit toujours dans les parages pour pouvoir continuer à le punir. Alors promets-moi de ne jamais faire ça, hein, Frankie ?
— Promis, mamie.
— Promis, mamie. Maintenant, tu peux aller jouer dans ta chambre, j’aimerais bien avoir la paix un moment. »

 

Mon avis :

Quel roman étonnant! Au départ, j’ai pensé « pas vraiment mon genre, je crois que je ne vais pas le finir… » et puis, j’ai continué, continué et je suis tombée sous le charme de cette famille étrange, où le fantôme du père traîne en lisant son journal, où la mère reçoit des visites lui annonçant des évènements à venir et où la plus jeune fille, Cassie, a des « absences » après lesquelles elle ne se souvient pas toujours de ce qu’elle a fait…
Et j’ai aimé ce livre, vraiment… ❤

Ci-dessous, une phrase qui dit mieux que je ne pourrais le dire mon ressenti face à ce livre :

 » Et son écriture est comme une petite musique, qui semble si banale à la première écoute, mais qui s’impose lentement et qu’on ne peut en fin de compte ni quitter ni oublier. Graham Joyce ne se plie jamais à la tentation du grand guignol. Si ses scènes sont fortes, c’est parce qu’il les écrit avec un talent extraordinaire. Pas d’effets spéciaux, rien que le plaisir de raconter les choses, la malice de dérouter le lecteur, la délicatesse de tracer des lignes de vie. » – Jean-Claude Vantroyen

Si vous en voulez plus, suivez ce lien :  Jean-Claude VANTROYEN

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Involution / Johan Héliot

Quatrième de couverture :

L’AMAS – pour Anomalie Magnétique de l’Atlantique Sud – préoccupe les scientifiques du monde entier : si ce qu’enregistrent les instruments de mesure est avéré, on a peut-être affaire à un phénomène géophysique d’une ampleur inégalée depuis l’extinction des dinosaures. Les villes du continent sud-américain sont les premières à en percevoir les effets : à São Paulo, tous les appareils de communication commencent à se dérégler. Chloé et Vincent, à défaut de trouver la nouvelle vie qu’ils venaient chercher au Brésil, seront aux premières loges pour assister à l’inéluctable…

 

Extrait :

« Depuis les débuts de notre civilisation, on s’est habitués à l’idée même de notre permanence – je te parle du vulgum pecus, pas du timbré millénariste. C’est pourtant une erreur du point de vue de l’évolution. La plupart des gens croient dur comme fer qu’on est là pour toujours, du moins pour très longtemps. Même si on sait qu’un jour le Soleil finira par mettre le holà à cette petite plaisanterie cosmique appelée la vie, qui se lève en y pensant sérieusement ? Même là, en ce moment, malgré l’évidence, je ne suis pas sûr qu’une majorité y songe non pas comme une probabilité mais comme un fait programmé, un calcul froid et mécanique établi sur des bases de rationalité indiscutables par un cerveau totalement étranger à nos motivations. Qui a jamais vraiment accepté de se considérer à titre individuel comme un simple incident dans le jeu complexe de l’évolution ? »

 

Mon avis :

Un roman bien écrit, sur une idée intéressante mais auquel je ne suis pas arrivée à accrocher à fond – peut-être parce que je ne « sens » pas les personnages?… Pas mal, sans plus…

 

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Classé dans Littérature française

Carbone modifié / Richard Morgan

Quatrième de couverture :

Au 26ème siècle, l’humanité s’est répandue à travers la galaxie. Le Protectorat des Nations unies maintient une poigne de fer sur les nouveaux mondes, avec l’aide de ses troupes d’élite : les Corps diplomatiques. La technologie a apporté ce que la religion ne pouvait garantir ; quand votre conscience peut être stockée dans une pile corticale et téléchargée dans un nouveau corps, même la mort n’est plus qu’un dérangement mineur. Tant que vous avez les moyens de payer…
L’ex-Diplo Takeshi Kovacs avait déjà été tué, avant ; mais sa dernière mort en date a été particulièrement brutale. Injecté à travers des années-lumière, il est réenveloppé dans un corps à San Francisco, sur la Vieille Terre, à la demande d’un riche magnat qui souhaite élucider sa propre mort. La police a conclu à un suicide. Mais pourquoi se serait-il suicidé alors qu’il sauvegardait son esprit tous les jours, certain de revenir parmi les vivants ? Balancé au centre d’une conspiration vicieuse, Kovacs réalise bientôt que la cartouche qui a troué sa poitrine sur Harlan n’était que le début de ses problèmes…

 

Extraits :

«  – Kristin, rien ne change jamais, ai-je dit en montrant la foule du pouce. Il y aura toujours des crétins de ce genre, avalant des modèles de foi livrés tout prêts pour ne pas avoir à réfléchir. Il y aura toujours des gens comme Kawahara ou les Bancroft pour les manipuler et se payer sur leur dos. Des gens comme vous pour s’assurer que le jeu se déroule correctement et que les règles ne sont pas trop violées. Et quand les Maths voudront les violer quand même, ils enverront des gens comme Trepp ou moi pour le faire. C’est la vérité, Kristin. La même depuis ma naissance, il y a cent cinquante ans, et, d’après ce que j’ai lu dans les livres d’histoire, jamais les choses n’ont été différentes. Il vaut mieux s’y habituer. »

«  – Vous avez de la chance, Kovacs.
Ben voyons. À cent quatre-vingts années-lumière de chez moi, portant le corps d’un autre homme durant six semaines de location. Transféré ici pour effectuer un travail que la police ne voulait pas toucher, même avec une matraque électrique.
Si je rate, je retourne au placard.
J’avais tant de chance que j’ai failli me mettre à chanter en poussant la porte. »

 

Mon avis :

Un excellent thriller cyberpunk dans un univers noir à souhait… Un univers riche, complexe, parfaitement décrit… Un détective désenchanté… Bref tous les ingrédients pour passer un bon moment!

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Classé dans Littérature anglaise

Canicule / Jane Harper

Quatrième de couverture :

Kiewarra. Petite communauté rurale du sud-est de l’Australie. Ecrasée par le soleil, terrassée par une sécheresse sans précédent. Sa poussière. Son bétail émacié. Ses fermiers désespérés.
Désespérés au point de tuer femme et enfant, et de retourner l’arme contre soi-même ? C’est ce qui est arrivé à Luke Hadler, et Aaron Falk, son ami d’enfance, n’a aucune raison d’en douter. S’il n’y avait pas ces quelques mots arrivés par la poste : Luke a menti. Tu as menti. Sois présent aux funérailles…
Revenir à Kiewarra est la dernière chose dont Aaron a envie. Trop vives sont encore les blessures de son départ précipité des années auparavant. Trop dangereux le secret qu’il a gardé pendant tout ce temps. Mais Aaron a une dette, et quelqu’un a décidé que le moment est venu de la payer…

 

Extraits :

« La sécheresse, cet été-là, n’avait laissé que l’embarras du choix aux mouches, qui s’affairaient en quête d’yeux vides et de blessures poisseuses tandis que les fermiers de Kiewarra Bridge pointaient leurs fusils sur le bétail étique. Pas de pluie, pas de fourrage. Et l’absence de fourrage obligeait à des décisions difficiles, alors que la bourgade miroitait depuis des jours et des jours sous l’ardeur d’un ciel uniformément bleu.
Ça va bien finir par s’arrêter », disaient les fermiers, alors que l’inexorable enchaînement des mois entrait dans sa deuxième année. Ils se lançaient mutuellement ces paroles à voix haute, tel un mantra, et se les murmuraient pour eux-mêmes comme une prière. »

« La cérémonie funèbre commençait. Gerry inclina la tête pour un bref salut et, comme par réflexe, Falk porta la main à sa poche. Il sentit la lettre arrivée sur son bureau deux jours plus tôt. De Gerry Hadler, dix mots écrits d’une main lourde : Luke a menti. Tu as menti. Sois présent aux funérailles.
Ce fut Falk qui, le premier, baissa les yeux. »

 

Mon avis :

Une petite société rurale où les gens ne sont pas tendres les uns envers les autres ; un policier qui traîne un secret depuis des années ; une saison particulièrement éprouvante pour les fermiers du coin…
Un bon roman où on ne s’ennuie pas une seconde…
Un auteur à suivre après ce premier thriller réussi!

 

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Classé dans Littérature australienne (anglophone)

Reliques de la nuit / James P. Blaylock

Quatrième de couverture :

La Californie… Hollywood, Sunset Boulevard… Oui, bien sûr. Mais la Californie, ce sont aussi des canyons désolés, balayés par le vent, où la nature est encore intacte. Un pays sauvage, convoité par les promoteurs. C’est là que Peter Travers a acheté une cabane. Une cabane que l’on dit hantée.
Pourquoi s’est-il installé là ? Pour oublier, sans doute. Oublier sa femme, Amanda, qu’il aime encore. Et leur fils David. Bien sûr, maintenant il a Beth. Elle est jeune et jolie, avec elle il pourrait refaire sa vie. Mais toujours, la nuit, vient le hanter cette voix plaintive. Puis ce n’est plus seulement une voix qui le poursuit, mais une vision. Celle d’une femme et d’un enfant qui errent dans le canyon. Fruit de son imagination ? Fantômes surgis du passé ? Prémonition ?
Ou bien Peter est-il en train de perdre la raison ?

 

Extraits :

« Encore une nuit de vent, anormalement chaude pour cette fin novembre, chargée de senteurs d’armoise et de poussière. Rêves d’automne agités. Nuit hantée par les craquements délibérément lents de la carcasse de la vieille maison, par le ferraillement des portes secouées dans leurs cadres, par le susurrement du vent sous l’avant-toit et son ululement dans la cheminée. Les branches des arbres se tordent, se raclent dans le noir. Les feuilles sèches carambolent contre « les moustiquaires des portes et cavalcadent sur l’allée dallée.
La pleine lune veille sur la crête comme un fanal en haut d’un mur noir. Des ombres lunaires dentelées oscillent sur le sol de la cuisine. Peter Travers glisse une allumette contre le manchon d’une lanterne murale à gaz et la flamme surgit en sifflant, transformant les ombres en pâles et fugitifs ectoplasmes. Il verse une mesure de café moulu et de l’eau dans le percolateur posé sur la cuisinière et allume le gaz. »

« L’homme semblait entouré d’un matelas d’air mort, comme si Peter parlait à un mur de néant. Il s’avisa soudain qu’il éprouvait une aversion profonde pour lui et qu’il était sur le point de dire des choses carrément insultantes. Il se persuada de se calmer. Sa patience avait l’épaisseur d’une molécule. L’homme ressemblait à un voyageur de commerce grimaçant venu tout droit de l’enfer, mais il n’avait aucune raison de lui chercher querelle. »

 

Mon avis :

C’est un bon thriller où tout semble plausible et où on glisse insensiblement vers le fantastique… Bien construit, jamais ennuyeux, personnages sympas – enfin pas tous 🙂 heureusement sinon, que deviendrait l’histoire – un vrai plaisir de lecture…

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Classé dans Littérature américaine (USA)

La voix des vagues / Jackie Copleton

Quatrième de couverture :

Lorsqu’un homme horriblement défiguré frappe à la porte d’Amaterasu Takahashi et qu’il prétend être son petit-fils disparu depuis des années, Amaterasu est bouleversée. Elle aimerait tellement le croire, mais comment savoir s’il dit la vérité ?
Ce qu’elle sait c’est que sa fille et son petit-fils sont forcément morts le 9 août 1945, le jour où les Américains ont bombardé Nagasaki ; elle sait aussi qu’elle a fouillé sa ville en ruine à la recherche des siens pendant des semaines. Avec l’arrivée de cet homme, Amaterasu doit se replonger dans un passé douloureux dominé par le chagrin, la perte et le remord.
Elle qui a quitté son pays natal, le Japon, pour les États-Unis se remémore ce qu’elle a voulu oublier : son pays, sa jeunesse et sa relation compliquée avec sa fille. L’apparition de l’étranger sort Amaterasu de sa mélancolie et ouvre une boîte de Pandore d’où s’échappent les souvenirs qu’elle a laissés derrière elle …

 

Extraits :

« Endurance
L’anthropologue Ruth Benedict a un jour déclaré que le fondement de la culture japonaise est la honte et celui de la culture américaine, un certain sens du péché ou de la culpabilité. Dans une société dont la honte est la pierre d’achoppement, perdre la face équivaut à avoir un ego détruit. Par exemple, jadis, les guerriers samouraïs étaient des hommes fiers. Lorsqu’ils étaient trop pauvres pour se payer un repas, ils gardaient un cure-dent aux lèvres pour montrer aux yeux du monde qu’ils venaient de manger. »

« Le vent
Kaze : le vent aussi bien que la pluie sont plus que de simples phénomènes naturels pour les japonais. Il existait une ancienne croyance selon laquelle le vent était créé par les allées et venues de dieux invisibles. En conséquence chez les anciens, tous les vents, hormis les mauvais et les méchants, étaient littéralement -kamikaze- (vents divins) »

« Partager un parapluie
Al-ai-gasa : à l’époque féodale, hommes et femmes en relations intimes n’étaient pas censés se montrer proches l’un de l’autre en public, sans même parler de bras entrelacés ou de mains tenues. Une des rares occasions où ces gestes étaient permis étaient les jours de pluie, quand ils pouvaient jouir de l’intimité d’un parapluie partagé. En conséquence, si un homme proposait un parapluie à une femme, son geste était souvent interprété comme l’expression implicite de son amour pour elle. Depuis lors, un homme et une femme amoureux se décrivent comme partageant un parapluie. »

 

« Il n’existe pas de mot pour ce que nous avons entendu ce jour-là. Il ne doit jamais y en avoir. Donner un nom à ce son risquerait de signifier qu’il pourrait se reproduire. Quel terme serait à même de capturer les rugissements de tous les orages jamais entendus, tous les volcans, tsunamis et avalanches jamais vus en train de déchirer la terre et d’engloutir toutes les villes sous les flammes, les vagues, les vents? Ne trouvez jamais les termes adéquats capables de décrire une telle horreur de bruit ni le silence qui s’était ensuivi. »

 

Mon avis :

L’histoire d’une famille japonaise qui traverse l’Histoire de la seconde guerre mondiale. Le 9 août 1945 est la date fatidique où la Bombe va tomber sur Nagasaki. Et tout sera changé…
Un très beau premier roman : une belle écriture, des personnages vrais auxquels on s’attache, une approche que je pense juste de la culture japonaise, des sentiments éternels dans toutes les cultures…

A lire absolument!

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Classé dans Littérature anglaise

Ces lieux sont morts / Patrick Graham

Quatrième de couverture :

Le docteur Eric Searl ressuscite les «endormis» : des patients plongés dans le coma. Il les stimule par des sons et des odeurs, les aide à se réveiller ou à mourir. Aux yeux de la plupart des gens, il est un héros… Mais lorsqu’il rate, la veille de Noël, l’avion devant les conduire avec sa famille dans son chalet, Rebecca, sa nouvelle compagne, est loin de partager cette opinion. Furieuse, perdue en plein coeur des Rocheuses avec les trois enfants de Searl et un mystérieux auto-stoppeur bègue qu’elle a pris en pitié, elle doit faire face à une violente tempête.

Quand Searl prend enfin la peine de les appeler, il est trop tard pour les reproches. Les cris de sa famille résonnent dans la maison, couverts par une voix, glaçante : «Àààà votre place, je deviendrais complètement fffou, doc.»

 

Extrait :

« – Vous n’imaginez pas ce qui se passe dehors pendant que vous dormez. Ce qui se passe de l’autre côté de vos portes et de vos volets fermés à double tour, dans les profondeurs obscures des villes.
– Vous parlez des tueurs en série ? J’ai lu des livres là-dessus.
– Ça ne suffit pas pour comprendre l’étendue du problème.
– Quel genre de problème ?
– Les États-Unis, doc. 318 millions d’habitants. 300 millions d’armes à feu. Nous sommes à ce point armés parce que nous avons d’excellentes raisons de l’être. Parce que, partout dans ce merveilleux pays dont le reste du monde ne connaît vaguement que les villes principales, les gratte-ciel de Manhattan et la Bourse, il existe des contrées sauvages et reculées, des villages perdus, des forêts maudites et des enclaves sans autre loi que celle de la nature. Les nuits dans ces lieux sont noires et pleines de terreur. C’est là que naissent les monstres que nous traquons. Des prédateurs parfaits, sans conscience ni regrets. Des fauves qui surgissent de la jungle un soir d’orage, égorgent quelques agneaux dans la lueur des éclairs, puis disparaissent à nouveau. Dans la hiérarchie des créatures légendaires, eux sont les vampires.
– Je ne comprends pas.
– L’humanité n’a pas inventé que Dieu, les démons ou les anges pour justifier ses propres crimes. Au fil du temps, il nous a fallu imaginer d’autres monstres afin de tenter d’apaiser les populations confrontées à des événements terrifiants. L’histoire fourmille de meurtres si atroces que la conscience populaire a tenté d’y apporter des explications surnaturelles afin de ne pas avoir à en affronter la réalité humaine. Combien d’ogres, de vampires, de loups-garous ou de bêtes du Gévaudan avons-nous rendus responsables au Moyen Âge du massacre de familles entières, de femmes, d’enfants, de bergères ou de voyageurs isolés ? Mais ces créatures n’ont jamais existé ailleurs que dans notre imagination. Ce sont les tueurs en série qui étaient déjà à l’oeuvre à travers les âges. Et ils sont toujours plus nombreux. »

 

Mon avis :

Un excellent thriller où on entre à fond et  dont on sort un peu groggy en se demandant où est la réalité!

Après Retour à Rédemption, une autre réussite de Patrick Graham…

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