Un auteur : John Connolly – Un personnage : Charlie Parker…

9782258101074« Le crépuscule descendait lentement, mais par la fenêtre de la chambre on voyait encore les arbres, sentinelles de la forêt du Grand Nord, car le vieux Harlan avait toujours dit qu’il vivait au bord même de « la frontière », que sa maison était la dernière avant le royaume de la forêt.
(…)
Dans ce comté, il suffisait à un homme d’ouvrir les yeux pour découvrir les ruines d’anciennes demeures étouffées par la verdure, de tendre l’oreille pour entendre les noms de villages qui n’existaient plus, ensevelis quelque part dans les profondeurs de la forêt.
Il fallait endiguer la nature, confiner les arbres à leur domaine.
Les arbres, et ceux qui habitaient la forêt.
Harlan n’était pas particulièrement croyant et avait toujours méprisé ceux qu’il appelait « les culs-bénits » – chrétiens, juifs ou musulmans, il n’avait de temps à perdre avec aucun d’entre eux –, mais il était à sa manière un être d’une profonde spiritualité, adorant un dieu dont les feuilles murmuraient le nom et dont les oiseaux chantaient les louanges. Il avait été garde forestier dans le Maine pendant quarante ans et, même après sa retraite, ses successeurs avaient souvent fait appel à son savoir et à son expérience, car peu d’entre eux connaissaient ces bois aussi bien que lui.  »

 

Au fin fond d’une forêt du Maine, un chasseur découvre l’épave d’un avion dont la disparition n’a jamais été signalée. Parmi les débris de l’appareil, aucune trace humaine, mais une sacoche contenant de l’argent, qu’il dérobe, et une liste de noms, qu’il laisse derrière lui. Peu après la mort de l’homme, sa fille, harcelée par des étrangers venus l’interroger au sujet de l’avion, contacte Charlie Parker. Le détective ne tarde pas à comprendre que les individus cités sur le mystérieux document ont été mandatés pour corrompre l’âme humaine. Serait-il lui aussi mentionné dans la liste ? Parker se retrouve au cœur d’une guerre sans merci entre les forces du Bien et du Mal, dont l’une des plus féroces batailles s’apprête à être livrée dans les bois.

 

J’ai retrouvé avec bonheur Charlie Parker dans cette aventure très noire mais combien passionnante! Comme d’habitude, l’écriture de John Connolly nous plonge dans l’univers sombre, fantastique et poétique qui est celui de Charlie Parker. Une pointe d’humour (noir, évidemment) vient parfois alléger un peu l’atmosphère… 

Passionnément

Voir mes précédents articles sur Charlie Parker de John Connolly :

https://ocyaran.wordpress.com/2011/11/27/tout-ce-qui-meurt-john-connolly/

https://ocyaran.wordpress.com/2013/04/15/retour-sur-un-auteur-john-connolly-et-un-personnage-charlie-parker/

 

9782258114913« La maison était délibérément quelconque : ni trop grande ni trop petite, ni trop bien tenue ni délabrée. Elle se trouvait sur une parcelle de dimensions modestes aux abords de la ville de Newark, dans le comté de New Castle, l’un des plus peuplés du Delaware. Newark en avait pris un coup en 2008, lorsque l’usine de montage de Chrysler et la centrale de distribution voisine avaient fermé leurs portes, mais elle abritait encore l’université du Delaware, et vingt mille étudiants peuvent dépenser beaucoup d’argent quand ils s’y mettent vraiment.
Cette ville n’était pas un choix de résidence étonnant de la part de l’homme que nous traquions. Proche de la frontière de trois Etats – la Pennsylvanie, le New Jersey et le Maryland –, elle se trouvait à deux heures de voiture de New York. Cela dit, cette baraque n’était qu’un des nombreux trous à rats qu’il s’était aménagés et qu’il avait acquis au fil des ans par l’intermédiaire de l’avocat qui le protégeait. Son unique caractéristique était sa consommation d’énergie : les factures d’électricité étaient bien plus élevées que celles de toutes les autres planques que nous avions découvertes. Elle semblait être utilisée régulièrement. Davantage qu’un lieu de stockage pour des pièces de sa collection, plutôt une sorte de base.
Il se faisait appeler Kushiel, mais pour nous il était le Collectionneur. »

« Il y avait quelque chose de louche à Prosperous. Il l’avait senti dès le premier jour. Vivre dans la rue l’avait rendu réceptif aux gens qui avaient en eux la graine du mal. À Prosperous, une de ces graines avait germé. »

 

Alors que le Collectionneur, qui a tué l’un de ses proches, court toujours, le détective Charlie Parker doit s’occuper d’une nouvelle affaire : un SDF de Boston s’est suicidé après avoir tenté de prendre contact avec lui pour retrouver sa fille héroïnomane.
Sa dernière destination connue étant la petite ville de Prosperous dans le Maine, le détective décide de s’y rendre.
Mais là-bas, les habitants sont prêts à tout pour cacher leurs funestes activités…

 

Le destin de Charlie Parker est de lutter contre le mal et il y met toutes ses forces avec l’aide de ses amis mais, parfois, le combat est rude et ce n’est pas la première fois que la mort guette au tournant de la route…

Passionnément

 

 

 

 

 

9782258133785« L’hiver était mort, le printemps prenait le même chemin, l’été attendait en coulisse.
Lentement, la ville de Boreas muait : on rouvrait et on nettoyait les locations fermées pour l’hiver, le marchand de glaces se réapprovisionnait, les boutiques et les restaurants se préparaient pour l’arrivée des touristes. Six mois plus tôt, leurs propriétaires comptaient leurs recettes afin d’estimer de combien il faudrait réduire la voilure pour survivre, car chaque année semblait leur laisser un peu moins au fond des poches et ramenait le même débat à la fin de la saison : on continue ou on vend ? Ceux qui restaient se jetteraient à nouveau dans la mêlée, mais l’optimisme, au demeurant fort prudent, des années précédentes ne semblait plus de saison et d’aucuns murmuraient qu’il était enfui à jamais. L’économie se redressait peut-être, mais Boreas demeurait enlisée dans son bourbier : une mort lente, pénible, pour une ville déjà à l’agonie, étouffée dans un écosystème défaillant. Pourtant beaucoup s’obstinaient, parce qu’ils n’avaient nulle part où aller. »

 

Pour se remettre de l’attentat qui a failli lui coûter la vie, le détective privé Charlie Parker s’est retiré à Boreas, un coin isolé sur la côte, dans le Maine. Diminué, meurtri, il tente de reprendre des forces et occupe ses journées à arpenter la plage. Mais la découverte d’un noyé trouble sa convalescence.
Suicide ? Accident ? Ou crime ? Alors que le mort porte sur l’avant-bras des chiffres tatoués évoquant un horrible passé et que la voisine juive de Parker reçoit elle-même des menaces, la question se pose. Et est-ce une coïncidence si, quelques jours plus tard, une famille entière se fait massacrer non loin de là ? L’heure de la retraite n’a pas encore sonné pour Charlie Parker…

 

A chaque roman, John Connolly trouve un moyen de se renouveler tout en gardant les bases (Charlie et son groupe de lutte contre le mal). Ici, il explore une période et un endroit où le mal était omniprésent : la seconde guerre mondiale et les camps de concentration – autant d’années après, pourquoi tous les fils de l’intrigue semblent-ils ramener à cet affreux passé?

PassionnémentLa réponse est difficile à trouver et personnellement je n’ai compris que près de la fin…

Les romans de John Connolly restent pour moi de vrais coups de coeur tant par l’histoire que par son écriture…

Publicités

Poster un commentaire

Classé dans Littérature anglaise (Irlande)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s