Archives mensuelles : octobre 2016

Autre-monde 2 Malronce / Maxime Chattam

autre-monde-tome-2-malronce-9314« Matt s’était endormi.
La forme noire claquait dans le vent et la brume. Fusant à toute vitesse autour de Matt, en quête d’une brèche pour s’y engouffrer. Bien qu’il ne parvienne pas à agir, Matt détectait la présence maléfique autour de lui. Som sommeil était comme un chalet avec quelques fenêtres et une porte qu’il devait vérifier en permanence, pour s’assurer qu’aucune intrusion ne survenait. Le Raupéroden tournait autour, dans la forêt, de plus en plus vite, se précipitant vers chaque vitre pour la tester, sur la serrure pour la forcer, sans y parvenir.
Pour l’instant. »

« – C’est ce qu’il y a d’ennuyeux avec vous autres adultes: les choses doivent être bien ordonnées, vous ne laissez pas la place à la fantaisie, à l’imagination, au bien-être! Parce que si vous voulez mon avis, c’est tout cela à la fois Dieu! »

 

Imaginez un monde où la nature a repris le pouvoir, où les adultes sont redevenus sauvages et les enfants se sont assemblés en bandes pour survivre, où chaque promenade est une expédition, chaque jour passé, un exploit. Un monde recouvert par un océan de forêts, peuplé de créatures fabuleuses, traversé de courants étranges, d’énergies nouvelles. Un monde nouveau où trois adolescents tentent de déjouer les pièges d’une mystérieuse reine, acharnée à leur perte : Malronce. Oubliez tout ce que vous savez… pénétrez dans Autre-Monde.

 

Deuxième tome encore plus passionnant – oui, c’est possible – que le premier… Je ne me suis pas ennuyée une seconde et j’ai eu du mal à lâcher ce bouquin pour faire les choses que je devais absolument faire… Une vraie addiction 😉 Au suivant!

Passionnément

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Autre-monde 1 L’Alliance des Trois / Maxime Chattam

autre-monde-tome-1-l-alliance-des-trois-9335« Il existe des endroits sur Terre où le monde n’est plus celui que nous connaissons. Des endroits où tout devient possible. Même l’impensable.
Des boutiques obscures pleines de livres ou de bibelots étranges, comme celle qui ouvre cette histoire, des ruelles étroites où personne n’ose s’aventurer, parfois même dans une forêt, un lieu entre deux buissons. Il suffit de savoir regarder. Et de laisser agir la magie.
Car ce livre est un grimoire.
Mais prenez garde, si vous décidez de tourner la page, il vous faudra une baguette magique : votre âme de rêveur. Celle que bien des gens perdent en devenant adultes. La possédez-vous encore ?
Alors, ensemble, poussons la porte de ce monde… nouveau. » – Maxime Chattam, Edgecombe, le 2 mai 2007.

« Dieu n’est peut-être qu’un concept, pour définir l’énergie de la vie. Et si Dieu n’était qu’une étincelle, celle qui est au cœur de la vie, si Dieu était à l’image de la Terre : un être sans conscience réflexive, juste une énergie : cette électricité vitale à l’existence, le principe même de la vie ? »

 

Personne ne l’a vue venir. La Grande Tempête : un ouragan de vent et de neige qui plonge le pays dans l’obscurité et l’effroi. D’étranges éclairs bleus rampent le long des immeubles, les palpent, à la recherche de leurs proies… Quand Matt et Tobias se sont éveillés, la Terre n’était plus la même. Désormais seuls, ils vont devoir s’organiser. Pour comprendre. Pour survivre… A cet Autre Monde.

 

Lecture jeunesse – lecture adulte : peu importe, un bon livre est un bon livre et on y entre à n’importe quel âge! C’est vrai que c’est un bouquin super pour les ados mais je suis adulte et j’ai adoré… peut-être ne suis-je pas complètement Cynik 🙂 j’ai gardé mon âme d’enfant…

Bref, j’ai trouvé ce livre génial, il faut un peu s’accrocher au début mais, très vite, on s’attache à l’histoire, aux personnages et c’est parti… 

Vite, vite, la suite… j’en ai 6 à lire et le 7e et dernier tome sort à la mi-novembre. Je me réjouis déjà de le lire…

Bravo M. Chattam ❤

Passionnément

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Inspecteur Wexford / Ruth Rendell

Voici mes romans préférés dans la série Inspecteur Wexford

Ces livres collent à l’actualité de l’époque (le premier date de 1992, le dernier de 2013) – dans plusieurs, les problèmes de société sont abordés ainsi que l’évolution de celle-ci ; la psychologie des personnages est très poussée et fait qu’on y croit. Tout cela reste très british et on se sent bien à Kingsmarkham, petite ville imaginaire mais conforme à l’idée qu’on se fait des petites villes anglaises…

Pour ceux qui aiment les polars « British » 🙂

J’ai particulièrement aimé Simisola (dont j’ai déjà parlé – voir le lien) pour le sujet mais j’ai lu les autres avec beaucoup de plaisir!

 

le-gout-du-risque« La maison surgit alors devant leurs yeux, et ils eurent un choc.
Les bois s’ouvrirent, tel un rideau que l’on écarte, et elle apparut, brillamment éclairée comme un décor de théâtre, noyée d’un clair de lune artificiel, vert et froid. Cela créait une impression étrangement dramatique. La maison luisait, miroitait dans un bain de lumière, découpée en relief sur un puits de ténèbres nébuleuses. La façade, elle, était piquetée de points lumineux orange – les carrés et les rectangles des fenêtres allumées. »

 

Massacre à Trancred Houle ! C’est la jeune Daisy, petite-fille de l’écrivain Davina Flory, l’une des victimes du carnage, qui a donné l’alerte. A l’inspecteur Wexford, très préoccupé en ce moment par ses rapports avec sa propre fille, de ressaisir un à un les fils de l’énigme. Peu à peu se reconstituent d’inquiétants arrière-plans : un drame familial, une passion amoureuse – de celles aveuglent- et aussi le braquage d’une banque, quelque temps plus tôt, au cours duquel le policier Caleb Martin a trouvé la mort…

Beaucoup

simisola

« Son visage lui faisait face en première page du journal du dimanche, qui passait pour un hebdomadaire sérieux. Et pas seulement son visage. La photographie les représentait, Burden et lui, attablés à la terrasse de l’Olive and Dove, mis à part qu’on ne voyait pas grand-chose de son compagnon. Impossible d’identifier Burden, sauf pour ceux qui le connaissaient bien. Lui, en revanche, était parfaitement ressemblant. Il souriait en portant à ses lèvres une pleine chope d’Heineken. Afin de prévenir tout doute éventuel, la manchette annonçait : Wexford pourchasse le meurtrier d’Annette, avec au-dessous cette légende : l’inspecteur principal, chargé du crime de Kingsmarkham, s’accorde un peu de détente en se payant une bonne pinte ».

La disparition de Mélanie, fille du médecin noir de Kingsmarkham, puis la découverte d’une jeune fille africaine, battue à mort, entraînent l’inspecteur Wexford dans l’une des enquêtes les plus troublantes de sa carrière.
C’est que la petite ville a bien changé depuis le temps de ses débuts. Le chômage, l’exclusion, l’immigration sèment l’inquiétude, avivent les préjugés de toute sorte. Wexford sait qu’il s’avance en terrain piégé. En même temps que nous dénouons un à un les fils d’une affaire des plus complexes, nous entrons sur ses pas dans les mystères et les tabous de Kingsmarkham.
Une jeune fille est morte loin de son pays, sans existence légale, sans amis, sans parents, livrée à tous les abus.
Elle s’appelait Simisola…

https://ocyaran.wordpress.com/2012/01/08/simisola-ruth-rendell/

Passionnément

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« Il marcha parmi les marronniers, les grands hêtres gris à l’écorce rugueuse et les chênes aux branches couvertes de lichen vert. Au-delà de l’étendue d’herbe tondue par les lapins, les arbres, plus clairsemés, déployaient leurs branches. Il s’aperçut que le tussilage avait fleuri, plus tôt que les fleurs sauvages. Il avait vu, dans sa jeunesse, des fritillaires bleues dans ces sous-bois, des plantes si localisées qu’on en trouvait seulement dans un rayon de quinze kilomètres autour de Kingsmarkham ; mais c’était il y a bien longtemps. Quand je prendrai ma retraite, avait-il dit à sa femme, j’irai m’installer à Londres pour ne pas assister à la destruction de la campagne. »

 

Pas plus que l’ensemble des habitants de Kingsmarkham, l’inspecteur Wexford n’est heureux de voir disparaître le joli bois de Framhurst, asile d’une faune devenue rare, menacé par la construction d’une voie rapide. Mais lorsqu’on y découvre un cadavre, l’enquête policière prend le pas sur la défense de l’environnement. Et quand un mystérieux groupe écologiste enlève cinq personnes, dont l’épouse de Wexford, l’affaire tourne au cauchemar…
Aucune cause, même la plus noble, n’est à l’abri des dérives extrémistes. Ni d’intérêts moins élevés et plus concrets : ceux, par exemple, des propriétaires d’un domaine voisin, dont la valeur risque de chuter…

4-tres-bon

sans-dommage-apparent« Mais ce n’était pas fini, l’homme ne changerait pas. Fay aurait à nouveau le visage meurtri et les yeux au beurre noir, ou même les bras cassés. Peut-être pas ce soir ou demain, mais la semaine prochaine, ou celle d’après. Cela ne cesserait que s’il la tuait ou si elle le quittait. Et si elle s’en allait, il la poursuivrait. Jamais Wexford ne s’était senti aussi impuissant. »

 

A Kingsmarkham, des jeunes filles disparaissent mystérieusement puis réapparaissent quelques jours plus tard. Droguées, elles ne peuvent donner aucune indication précise sur leur détention. Dans cette atmosphère d’angoisse générale, un détenu condamné pour pédophilie est remis en liberté, ce qui ne fait qu’accroître l’inquiétude des habitants de Kingsmarkham.
Responsable de ces deux affaires, Wexford enquête dans la cité où s’est installé le pédophile et où habite l’une des jeunes filles enlevées. Très vite, les événements prennent un tour dramatique, et deux meurtres successifs sont commis…

4-tres-bon

promenons-nous-dans-les-bois« Un homme tout de blanc vêtu, chemise à col ouvert, pantalon et souliers blancs, s’avança à grands pas jusqu’au milieu du cercle. Alors les gens se mirent à chanter, entonnant un air exaltant qui aurait pu être un hymne, un chœur d’opéra ou de comédie musicale. Quand ils eurent terminé, ils tapèrent dans leurs mains en rythme. Le battement cessa lorsque l’homme en blanc pris la parole.
Il demanda d’une voix vibrante :
– Y a-t-il des esprits malins qui vous tourmentent ? Y a-t-il quelqu’un ici qui soit possédé par un mauvais esprit ?
(…)
Un nuage masqua la lune, provoquant un nouveau soupir dans la foule, ou plutôt un cri d’étonnement étouffé. Un frisson parcourut les assistants, comme une rafale de vent froissant un champ de blé.
– Voyez les esprits malins, mes enfants ! Voyez-les dans le ciel voler devant la lune ! Voyez Astarot, le démon, celui dont la lune est le séjour ! »

 

Tandis que des inondations ravagent le sud de l’Angleterre, trois personnes disparaissent dans des circonstances mystérieuses : deux adolescents, Giles et Sophie Dade, ainsi que Joanna Troy, la jeune femme chargée de veiller sur eux le temps d’un week-end. L’inspecteur Wexford, responsable de l’enquête, est intrigué par la personnalité trouble de Joanna et privilégie la piste de l’enlèvement.

Mais, quelques semaines plus tard, le cadavre de la jeune femme est retrouvé au fond d’une carrière. Les enfants Dade, eux, demeurent introuvables. L’enquête piétine : témoignages contradictoires, absence de preuves, mobile insaisissable…
Une fois encore, Ruth Rendell déploie son talent unique pour explorer les complexités de l’âme humaine. A travers le regard perspicace de Wexford, elle lève le voile sur les ravages du mensonge et de l’égoïsme.

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« George Marshalson avait mal dormi. Il dormait toujours mal lorsque sa fille sortait. Il s’était couché juste après son départ, s’était assoupi pendant une heure ou deux, puis s’était réveillé miné par une sourde angoisse, la présence de Diana à son côté ne le rassurant plus. On était au mois d’août, l’air était humide et chaud malgré les fenêtres ouvertes. Il resta allongé, écoutant les bruits de la nuit : le faible clapotis de la rivière stagnante, la plainte sinistre d’un oiseau dont il ignorait le nom. »

 

L’inspecteur Wexford enquête sur l’assassinat de deux jeunes filles. Il imagine combien ce serait terrible s’il apprenait que l’une de ses filles a été assassinée, Sylvia, en particulier, qui élève seule deux enfants et qui en attend un troisième…

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« Notre éducation ne nous permet pas d’aborder ce sujet dans notre communauté. Ce serait sans doute moins pénible si nous pouvions en parler, mais personne ne le fait. Au mieux, il arrive qu’une jeune fille demande à une autre : « est-ce que tu as été excisée ? »

 

En cherchant des truffes avec son chien, un homme tombe sur des restes humains ensevelis. L’autopsie révèle qu’il s’agit d’un homme mort depuis une dizaine d’années, mais rien ne permet de déterminer son identité ou la cause de son décès. L’inspecteur Wexford et son équipe sont confrontés à un défi de taille quand ils découvrent la liste impressionnante des personnes disparues durant cette période. Leur tâche se complique lorsqu’un second corps est retrouvé sur le même site. Pour savoir si les deux affaires sont liées, Wexford doit explorer le passé d’une petite communauté fermée, où chacun garde jalousement ses secrets et où les gens disparaissent sans laisser de traces, ni chair ni sang…

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« Parfois, il en venait même à penser non qu’il s’était trompé ou qu’il avait eu tort, mais qu’il devait lâcher prise, que la justice ne peut pas toujours triompher, et que certains criminels, peut-être même beaucoup, ne sont jamais punis pour leurs actes. »

 

L’inspecteur Wexford avait presque réussi à se convaincre qu’il ne verrait plus jamais la silhouette trapue d’Eric Targo. Des années plus tôt, lorsqu’il débutait dans la police, une femme avait été retrouvée étranglée dans sa chambre. Si la rumeur désignait le mari comme coupable, personne n’avait été condamné pour ce meurtre. Mais une autre femme avait ensuite connu le même sort. Wexford avait toujours eu l’intuition que l’assassin continuait de rôder, et qu’il n’était autre que Targo, un psychopathe récidiviste. Or celui-ci est de retour à Kingsmarkham, plus arrogant et provocant que jamais. L’occasion pour Wexford de mettre enfin la main sur son plus vieil ennemi ?

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« Ah, les femmes et leurs vêtements ! songea Wexford. Tout n’était pas superflu, évidemment ; en attendant, les principes qui gouvernaient leur garde-robe le dépassaient. Un imperméable, d’accord ; mais cinq ? Deux ou trois robes « habillées » pour sortir, il pouvait le concevoir, mais quinze ? Sans compter les jupes, les tailleurs, les pantalons par dizaines, les pulls et les innombrables hauts… »

 

L’impossible s’est produit : l’inspecteur Wexford a pris sa retraite ! Or une rencontre inattendue avec une ancienne connaissance, le commissaire Ede, va bouleverser ses plans. Les corps de deux femmes et d’un homme ont été découverts dans la cave à charbon d’une maison cossue de St John’s Wood à Londres. Rien ne permet de les identifier, mais on a trouvé dans la veste de l’homme des bijoux d’une valeur de quarante mille livres. Intrigué, Wexford accepte d’aider le commissaire, tout en menant une enquête parallèle sur le maniaque qui a attaqué sa fille en plein jour. Il est loin de se douter des périls qu’il va affronter une fois la cave à charbon vidée.

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« Reginald Wexford était assis dans un fauteuil en rotin , sous le soleil automnal , occupé à ce que quantité d’hommes et de femmes projettent de faire une fois à la retraite , mais qu’ils sont trop peu nombreux à mettre en pratique , s’attaquer à l’histoire de la décadence et de la chute de l’Empire romain de Gibbon . »

 

La petite communauté de Kingsmarkham est en émoi : on a tué Sarah Hussain, la révérende. Certes, cette femme d’origine indienne, récemment convertie et mère d’une enfant au père inconnu, n’attirait pas que des louanges sur sa personne. De là à l’étrangler dans son presbytère… Cela ne ressemble pas aux mœurs paisibles de la communauté. L’inspecteur Burden demande l’aide de son prédécesseur et ami, Reginald Wexford, pour résoudre cette délicate enquête. Fasciné par le mystère qui entoure à la fois la mort de Sarah et sa vie, Reginald sort de sa retraite pour partir sur les traces de ce « rossignol sans jardin ».

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Petit rappel du système d’appréciation des livres…

Je suis, en général, bon public ! J’attends d’un roman qu’il m’apporte une bonne histoire, convenablement écrite et structurée, avec des personnages attachants et plausibles.

Un « Coup de coeur », c’est le bonheur, je suis totalement en phase avec le bouquin!

« Très bon », eh oui, il y en a pas mal…

J’éprouve rarement le besoin de parler d’un livre qui ne m’a pas plu, aussi ne vous étonnez pas de voir très peu l’appréciation « beurk »… et peu « Bof »

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Que ta volonté soit faite / Maxime Chattam

 

QUE_TA_VOLONTE_SOIT_FAITES_jaqu_JAQ 140x205« Avant d’aller plus loin, je me dois de vous avouer que cette histoire n’est pas vraiment la mienne. C’est la nôtre.
Qui je suis n’a que peu d’importance, ce qui compte, c’est ce que je sais et comment je vais vous le raconter.
Du tréfonds de mes convictions de lecteur, j’ai toujours considéré que le récit seul commande la liaison entre lui et son destinataire, la focalisation interne et la narration à la première personne ne relèvent que de choix artistiques et de besoins sémantiques, mais n’imposent rien. Peu importe le mode d’expression, c’est la captation qui domine. Celle du lecteur. Son vécu personnel. Et au fond, ce qui perdure, la rémanence émotionnelle définitive d’un livre dans la mémoire, c’est bien chaque lecteur qui se la construit, avec ses échelles d’intensité propres. En ce sens le livre échappe au contrôle de son auteur, quels que soient les procédés mis en œuvre pour en maîtriser l’impact. »
[…]
« Mais avant tout, c’est le portrait d’une petite ville. La mienne.
Carson Mills.
Vous pourriez prendre n’importe quelle carte un peu froissée du Midwest américain, y chercher une zone rurale un peu reculée, pourvu qu’on y trouve des collines peu élevées, quelques cours d’eau, une poignée de larges bandes forestières et poser votre index pour y placer Carson Mills. »
[…]
« …c’est un endroit où il fait bon vivre. Parce que les gens se connaissent, parce qu’ici les habitudes de chacun égrènent les journées avec la régularité confortable d’un métronome. Un centre-ville de petites constructions en bois qu’on dirait sorties d’un vieux film en noir et blanc, sa rue principale, Main Street, où tout le monde se croise, ses faubourgs résidentiels d’un calme léthargique, le tout cerclé de champs et de parcs à bestiaux remplis de cochons et de bœufs avant les collines boisées qui en délimitent les frontières. Voilà le portrait de notre bonne petite bourgade. En matière de politique, à Carson Mills, les débats sont vite clos, on est républicain ou on quitte le secteur. Et ce de génération en génération. Le maire enchaîne les mandats, tout comme le shérif, et tous deux appellent chaque habitant par son prénom. L’unique sujet de querelle que vous pourrez trouver pour diviser la ville, ce sont les églises. Luthérienne ou méthodiste. Chacun son choix, chacune ses ouailles et une frontière imperméable entre les uns et les autres, plus évidente qu’une différence de couleur de peau ; ce qui vous définit à Carson Mills, c’est la théologie de votre clocher. À titre personnel, je me garderai bien de valoriser l’une plus que l’autre, ça ne serait pas juste. En revanche, ce que je peux affirmer, c’est que c’est un différend religieux qui lança véritablement ce récit, du moins de mon point de vue. »

 

« Les enfants de toute l’Amérique avaient le Croquemitaine pour se raconter des histoires qui font peur, à Carson Mills, ils avaient Jon Petersen. »
Pour son vingtième roman, Maxime Chattam dresse le portrait d’une petite ville du Midwest américain des années 60 jusqu’au début des années 80, avec pour fil rouge l’évolution de Jon Petersen – pervers psychopathe – de son enfance jusqu’au point culminant de sa sinistre carrière criminelle.
Un roman noir à l’écriture et à l’atmosphère uniques dans la carrière de l’auteur, où tout converge vers un final aussi étonnant qu’imprévisible. Que ta volonté soit faite est non seulement un voyage à Carson Mills, mais aussi dans ce qui constitue l’essence même du roman policier, la vérité et le crime. Nourri de ses lectures de Stephen King, Maxime Chattam s’inscrit ici dans la filiation de Jim Thompson et de D.R. Pollock dont Le diable tout le temps ne laissait pas indemne.

 

C’est sans conteste le roman de Maxime Chattam qui m’a le mieux plu jusqu’à présent!
(J’ai lu : La trilogie du mal ; Le 5e règne ; La trilogie du chaos ; La conjuration primitive ; La patience du diable)
J’ai déjà parlé de Le 5e règne
https://ocyaran.wordpress.com/2012/01/29/le-cinquieme-regne-maxime-chattam/
qui m’avait beaucoup plu malgré  (et peut-être grâce à…) ces petites choses où l’on sent que c’est probablement son premier roman (il date de 1999).
In Tenebris m’avait scotchée et Maléfices m’avait perturbée…
L’écriture de Que ta volonté soit faite est, à mon avis, beaucoup plus aboutie et parfaitement maîtrisée. La description de la petite ville de Carson Mills et de ses alentours est criante de vérité. On entre véritablement dans ce roman et on vit dans cette petite ville…
Le narrateur – qui ne se nomme pas – joue certainement un rôle dans cette histoire mais nous n’en saurons pas plus à son sujet avant les dernières pages… et encore…
Un très bon roman noir où plane l’âme du mal…
A lire, absolument!
Merci M. Chattam…

Passionnément

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Un auteur : John Connolly – Un personnage : Charlie Parker…

9782258101074« Le crépuscule descendait lentement, mais par la fenêtre de la chambre on voyait encore les arbres, sentinelles de la forêt du Grand Nord, car le vieux Harlan avait toujours dit qu’il vivait au bord même de « la frontière », que sa maison était la dernière avant le royaume de la forêt.
(…)
Dans ce comté, il suffisait à un homme d’ouvrir les yeux pour découvrir les ruines d’anciennes demeures étouffées par la verdure, de tendre l’oreille pour entendre les noms de villages qui n’existaient plus, ensevelis quelque part dans les profondeurs de la forêt.
Il fallait endiguer la nature, confiner les arbres à leur domaine.
Les arbres, et ceux qui habitaient la forêt.
Harlan n’était pas particulièrement croyant et avait toujours méprisé ceux qu’il appelait « les culs-bénits » – chrétiens, juifs ou musulmans, il n’avait de temps à perdre avec aucun d’entre eux –, mais il était à sa manière un être d’une profonde spiritualité, adorant un dieu dont les feuilles murmuraient le nom et dont les oiseaux chantaient les louanges. Il avait été garde forestier dans le Maine pendant quarante ans et, même après sa retraite, ses successeurs avaient souvent fait appel à son savoir et à son expérience, car peu d’entre eux connaissaient ces bois aussi bien que lui.  »

 

Au fin fond d’une forêt du Maine, un chasseur découvre l’épave d’un avion dont la disparition n’a jamais été signalée. Parmi les débris de l’appareil, aucune trace humaine, mais une sacoche contenant de l’argent, qu’il dérobe, et une liste de noms, qu’il laisse derrière lui. Peu après la mort de l’homme, sa fille, harcelée par des étrangers venus l’interroger au sujet de l’avion, contacte Charlie Parker. Le détective ne tarde pas à comprendre que les individus cités sur le mystérieux document ont été mandatés pour corrompre l’âme humaine. Serait-il lui aussi mentionné dans la liste ? Parker se retrouve au cœur d’une guerre sans merci entre les forces du Bien et du Mal, dont l’une des plus féroces batailles s’apprête à être livrée dans les bois.

 

J’ai retrouvé avec bonheur Charlie Parker dans cette aventure très noire mais combien passionnante! Comme d’habitude, l’écriture de John Connolly nous plonge dans l’univers sombre, fantastique et poétique qui est celui de Charlie Parker. Une pointe d’humour (noir, évidemment) vient parfois alléger un peu l’atmosphère… 

Passionnément

Voir mes précédents articles sur Charlie Parker de John Connolly :

https://ocyaran.wordpress.com/2011/11/27/tout-ce-qui-meurt-john-connolly/

https://ocyaran.wordpress.com/2013/04/15/retour-sur-un-auteur-john-connolly-et-un-personnage-charlie-parker/

 

9782258114913« La maison était délibérément quelconque : ni trop grande ni trop petite, ni trop bien tenue ni délabrée. Elle se trouvait sur une parcelle de dimensions modestes aux abords de la ville de Newark, dans le comté de New Castle, l’un des plus peuplés du Delaware. Newark en avait pris un coup en 2008, lorsque l’usine de montage de Chrysler et la centrale de distribution voisine avaient fermé leurs portes, mais elle abritait encore l’université du Delaware, et vingt mille étudiants peuvent dépenser beaucoup d’argent quand ils s’y mettent vraiment.
Cette ville n’était pas un choix de résidence étonnant de la part de l’homme que nous traquions. Proche de la frontière de trois Etats – la Pennsylvanie, le New Jersey et le Maryland –, elle se trouvait à deux heures de voiture de New York. Cela dit, cette baraque n’était qu’un des nombreux trous à rats qu’il s’était aménagés et qu’il avait acquis au fil des ans par l’intermédiaire de l’avocat qui le protégeait. Son unique caractéristique était sa consommation d’énergie : les factures d’électricité étaient bien plus élevées que celles de toutes les autres planques que nous avions découvertes. Elle semblait être utilisée régulièrement. Davantage qu’un lieu de stockage pour des pièces de sa collection, plutôt une sorte de base.
Il se faisait appeler Kushiel, mais pour nous il était le Collectionneur. »

« Il y avait quelque chose de louche à Prosperous. Il l’avait senti dès le premier jour. Vivre dans la rue l’avait rendu réceptif aux gens qui avaient en eux la graine du mal. À Prosperous, une de ces graines avait germé. »

 

Alors que le Collectionneur, qui a tué l’un de ses proches, court toujours, le détective Charlie Parker doit s’occuper d’une nouvelle affaire : un SDF de Boston s’est suicidé après avoir tenté de prendre contact avec lui pour retrouver sa fille héroïnomane.
Sa dernière destination connue étant la petite ville de Prosperous dans le Maine, le détective décide de s’y rendre.
Mais là-bas, les habitants sont prêts à tout pour cacher leurs funestes activités…

 

Le destin de Charlie Parker est de lutter contre le mal et il y met toutes ses forces avec l’aide de ses amis mais, parfois, le combat est rude et ce n’est pas la première fois que la mort guette au tournant de la route…

Passionnément

 

 

 

 

 

9782258133785« L’hiver était mort, le printemps prenait le même chemin, l’été attendait en coulisse.
Lentement, la ville de Boreas muait : on rouvrait et on nettoyait les locations fermées pour l’hiver, le marchand de glaces se réapprovisionnait, les boutiques et les restaurants se préparaient pour l’arrivée des touristes. Six mois plus tôt, leurs propriétaires comptaient leurs recettes afin d’estimer de combien il faudrait réduire la voilure pour survivre, car chaque année semblait leur laisser un peu moins au fond des poches et ramenait le même débat à la fin de la saison : on continue ou on vend ? Ceux qui restaient se jetteraient à nouveau dans la mêlée, mais l’optimisme, au demeurant fort prudent, des années précédentes ne semblait plus de saison et d’aucuns murmuraient qu’il était enfui à jamais. L’économie se redressait peut-être, mais Boreas demeurait enlisée dans son bourbier : une mort lente, pénible, pour une ville déjà à l’agonie, étouffée dans un écosystème défaillant. Pourtant beaucoup s’obstinaient, parce qu’ils n’avaient nulle part où aller. »

 

Pour se remettre de l’attentat qui a failli lui coûter la vie, le détective privé Charlie Parker s’est retiré à Boreas, un coin isolé sur la côte, dans le Maine. Diminué, meurtri, il tente de reprendre des forces et occupe ses journées à arpenter la plage. Mais la découverte d’un noyé trouble sa convalescence.
Suicide ? Accident ? Ou crime ? Alors que le mort porte sur l’avant-bras des chiffres tatoués évoquant un horrible passé et que la voisine juive de Parker reçoit elle-même des menaces, la question se pose. Et est-ce une coïncidence si, quelques jours plus tard, une famille entière se fait massacrer non loin de là ? L’heure de la retraite n’a pas encore sonné pour Charlie Parker…

 

A chaque roman, John Connolly trouve un moyen de se renouveler tout en gardant les bases (Charlie et son groupe de lutte contre le mal). Ici, il explore une période et un endroit où le mal était omniprésent : la seconde guerre mondiale et les camps de concentration – autant d’années après, pourquoi tous les fils de l’intrigue semblent-ils ramener à cet affreux passé?

PassionnémentLa réponse est difficile à trouver et personnellement je n’ai compris que près de la fin…

Les romans de John Connolly restent pour moi de vrais coups de coeur tant par l’histoire que par son écriture…

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Classé dans Littérature anglaise (Irlande)

Séduction / Karin Slaughter

1507-1« L’inspecteur Leo Donnelly, son coéquipier d’autrefois, quand elle appartenait encore à la police de la ville d’Atlanta, était debout de l’autre côté de la clôture, le souffle court. Le vent ouvrait le veston de son costume marron bon marché.

– Emma va bien. Nous avons amené un serrurier. Ses mots étaient lourds et lents, comme des gouttes de mélasse tombant par les trous d’une passoire. Il prit un ton encourageant : Allez, viens. Emma a besoin de sa maman.

Faith regarda derrière lui. Il y avait des flics partout. Des uniformes bleu marine, flous, qui passaient au crible la maison, examinaient la cour. Par les fenêtres, elle suivit la progression de l’unité d’intervention, de pièce en pièce, armes levées en l’air. Des voix criaient : « Personne ici », au fur et à mesure que les hommes ne trouvaient rien. Des sirènes emplissaient l’air, comme si elles se faisaient concurrence. Véhicules de patrouille. Ambulance. Voiture de pompiers.

L’appel avait bien été entendu. Code 30. Un policier a besoin d’une assistance d’urgence.
Trois hommes abattus. Son bébé enfermé dans une remise. Sa mère disparue.
Faith s’assit sur ses talons. Elle prit sa tête entre ses mains tremblantes. Elle aurait voulu ne pas pleurer. »

 

Evelyn, la mère de Faith Mitchell, a passé quarante ans dans la police avant de prendre sa retraite. Elle répond toujours au téléphone. Sauf aujourd’hui. En arrivant chez elle, Faith découvre l’empreinte d’une main ensanglantée sur la porte. Elle semble oublier ce qu’elle a appris à l’école de police et bondit à l’intérieur en brandissant son pistolet : un homme gît au sol et un autre est tenu en otage dans la chambre. Aucune trace de sa mère. Pour la retrouver, Faith aura besoin de l’aide de Will Trent, son coéquipier, et du médecin urgentiste Sara Linton. Désormais, elle n’est plus une simple policière, elle est aussi un témoin, et, bientôt, une suspecte. Corruption financière, chantage, meurtres – son enquête dérange et menace de révéler ce que l’on cherche si soigneusement à étouffer. Et si, pour s’en sortir, Faith devait accepter que la vérité soit tue à jamais ?

 

Une enquête pleine de rebondissements, où on apprend pas mal de choses sur le passé des personnages de la série… Peut-on oublier le passé ou bien revient-il toujours nous percuter? C’est la question à laquelle Will et Sara vont devoir répondre afin d’aider Faith…
Bon, très bon thriller, comme toujours Karin Slaughter nous emporte avec brio vers la révélation finale…

4-tres-bon

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Classé dans Littérature américaine (USA)