Archives mensuelles : mai 2014

Jules Matrat / Charles EXBRAYAT

Jules MatratJules Matrat a quitté son village de la Loire, dans les premiers jours d’août 1914. La guerre, il l’a faite mais il ne l’a supportée que parce qu’il a rencontré Louis Agnin, venu des Alpes. Soldats par devoir, tous deux restent des paysans. Entre les combats, ils parlent de la terre, des bois, des saisons, et chacun tente d’expliquer à l’autre à quoi ressemble sa fiancée. Ensemble, ils bâtissent un avenir où ceux qu’ils aiment s’aimeront…

Dans ce très beau roman, Charles Exbrayat nous rappelle de dures vérités. Il ne s’agit pas d’un simple récit de guerre : Jules Matrat, Prix des Maisons de la Presse, va beaucoup plus loin. Avec ce livre pur et terrible, où les souffrances endurées sont à la mesure du bonheur entrevu, Charles Exbrayat nous a donné le roman que méritaient les grands morts de la Première Guerre mondiale.

 

En cette année 2014, où on se souvient qu’il y a un siècle éclatait la Grande Guerre, il était indispensable qu’Albin Michel réédite ce beau roman de Charles Exbrayat qui nous parle de gens simples détruits par cette horrible tuerie que fut 14/18. Des personnages plus vrais que nature, qui posent une question toujours sans réponse : pourquoi?

La réédition est prévue pour le mois de septembre.

Un livre à lire, absolument… 

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Classé dans Littérature française

Un auteur à redécouvrir : Charles EXBRAYAT

ioo.TIFCharles Exbrayat est né en 1906 à Saint-Etienne (Loire). Après le baccalauréat passé à Nice où habitent ses parents, il se prépare sans enthousiasme à devenir médecin mais, exclu de la faculté de Marseille pour chahut notoire, il échappe à l’Ecole de Santé de Lyon et se tourne vers les sciences naturelles à Paris où il enseigne en potassant l’agrégation. Il fait ses débuts d’auteur dramatique à Genève avec Aller sans retour, poursuit sa carrière à Paris et publie deux romans. Journaliste après 1945, scénariste (une quinzaine de films), il aborde bientôt le roman policier avec Elle avait trop de mémoire (1957). Vous souvenez-vous de Paco ? obtient le Grand Prix du roman d’aventures en 1958. Charles Exbrayat s’illustre ensuite dans le roman policier humoristique avec une réussite constante. Il fut directeur du Club du Masque. Il nous a quittés en 1989. (Source : Le Livre de Poche, LGF)

Mais Charles Exbrayat n’a pas écrit que des romans policiers (même s’ils sont excellents!), son oeuvre comporte d’autres facettes….

En voici une :

LES BONHEURS COURTS

Exbrayat Bonheurs courts 011 : La lumière du matin « Les poings sur les hanches, les pieds solidement accrochés au sol, dans une puérile attitude de défi, Honoré regardait couler le Rhône, fier de ses quatorze ans qu’il se figurait capables de vaincre tous les adversaires que le hasard dresserait sur sa route. – Quand je serai un homme, je deviendrai hussard ou dragon. J’aurai un beau costume, de grandes bottes et un sabre! – Pourquoi un sabre ? – Pour aller à la guerre, pardi ! – Qu’est-ce qu’on y fait à la guerre ? – On y tue les ennemis du roi! – Et eux, ils disent rien, pendant ce temps ? Honoré n’avait pas songé à cette éventualité. Après un moment de réflexion, il conclut : – Peut-être qu’ils me tueront moi aussi ? – Alors, moi, je resterai seule ? Le garçon balança un instant entre les charges de cavalerie, dont M. de Champsauve lui avait parlé avec enthousiasme, et Marion. Il se décida pour la fillette. – Eh ben, j’irai pas à la guerre. Le roi se débrouillera seul. » De la mort de Louis XV à la chute de Napoléon Ier, il ne s’écoula que quarante ans. Charles Exbrayat fait revivre ces quarante années qui bouleversèrent le monde à travers le destin d’un jeune provincial, bâtard et roturier. Exploits martiaux, aventures amoureuses, luttes pour le bonheur ou pour la simple survie. Charles Exbrayat nous donne avec ce livre sensible et émouvant l’une de ses plus belles réussites romanesques.

Exbrayat Bonheurs courts 022 : Le chemin perdu L’épopée napoléonienne a pris fin. L’ex-dragon de l’armée impériale Honoré Versillac – le héros de La Lumière du matin – a été lâchement assassiné, pour n’avoir pas voulu crier  » Vive le Roi ! « . Le meurtre est vengé ; le petit village de Tarantaize retrouve peu à peu le calme, mais, sans la droiture du maire et du curé, sans l’énergie de la vieille Elodie, la famille d’Honoré serait réduite à la pire des misères. Ce beau roman d’Exbrayat, second tome du cycle Les Bonheurs courts, nous raconte l’enfance et la jeunesse d’Armandine, la fille d’Honoré, dont le caractère est aussi entier, aussi résolu que celui de son père. Autour d’elle, le monde s’agite, le monde change. Sous les règnes successifs de Louis XVIII le podagre et du médiocre Charles X, l’industrie se développe et l’on construit les tout premiers chemins de fer. Tarantaize découvre enfin la ville de Saint-Etienne, à peine distante de quinze kilomètres. D’autres métiers, un nouveau mode de vie, qui séduisent les campagnards et les attirent dans les ateliers. Et pourtant, la révolte gronde déjà, chez les canuts de Lyon, chez les passementiers de Saint-Etienne… Entre son désir de fidélité à la mémoire des siens et la promesse d’un autre avenir, entre sa volonté de réussite sociale et ses aspirations amoureuses les plus profondes, la jeune Armandine saura-t-elle trouver sa voie ? Ne perdra-t-elle pas le juste chemin ?

Exbrayat Bonheurs courts 033 : Les soleils de l’automne Nous retrouvons Amandine à Saint-Etienne. Veuve très jeune, elle se trouve confrontée à des choix contradictoires : une réussite sociale dans son commerce de mode ou l’accomplissement du vieux rêve de son père Honoré, s’enraciner dans une terre, construire une ferme à soi. « Le Miroir de Paris » ou « La Désirade »? Choix contraires au nom desquels elle entre en conflit avec sa fille Charlotte aussi fière, entière et obstinée qu’elle. La vie se chargera de les réunir et de les meurtrir encore. 
Exbrayat n’a pas son pareil pour faire revivre la France rurale du siècle dernier et brosser des portraits de femmes pathétiques et courageuses.

Exbrayat Bonheurs courts 044 : La Désirade Armandine et sa fille Charlotte ont quitté Saint-Etienne.Sur les hautes collines où se blottit le village de Tarentaize, la vie citadine n’est plus qu’un souvenir. Les deux femmes continuent à s’affronter. Le petit-fils d’Armandine, Joseph, rebelle dès l’enfance, quitte lui aussi son village natal pour faire le tour de France des compagnons charpentiers. Il finira par revenir au pays où l’attend Thélize, sa promise dès le berceau. C’est pour eux que se réalisera le rêve, vieux d’un siècle maintenant, d’une ferme dont ils seront propriétaires et où ils vivront : La Désirade. 
Le style d’Exbrayat nous fait sentir le rythme des saisons, retrouver la saveur du bon pain et le parfum du foin coupé. Il sait raconter la patience et la force de ces femmes qui luttent toujours du côté de la vie.

 

Un roman « populaire » mais dans la lignée de Dumas ou même de Hugo ou, plus près de nous, Troyat. Le roman de Charles Exbrayat ne souffre pas de la comparaison.

Je l’ai lu il y a longtemps… je l’ai relu… j’aime toujours autant! 🙂

passionement

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