Archives mensuelles : août 2013

Du côté de la BD : Blacksad / GUARNIDO & CANALES

En 1990, Juan Diaz Canales (scénariste) et Juanjo Guarnido (dessinateur), passionnés de dessin et d’animation se rencontrent. Canales montre à Guarnido un projet de polar en noir et blanc mettant en scène un chat noir détective dans un monde d’animaux anthropomorphes. Ils commencent alors à travailler sur ce projet de bande dessinée : Blacksad.

Éloignés l’un de l’autre, ils continuent à correspondre et n’oublient pas leur projet. Une fois le scénario terminé, Juanjo Guarnido se consacre au dessin de cette histoire.

Leur dossier convainc plusieurs éditeurs et c’est Dargaud qui emporte l’accord. Deux ans et demi plus tard, l’album est prêt à être édité. Il aura fallu sept ans de production pour que paraisse « Quelque part entre les ombres ».

Le succès de ce premier album sorti en France en novembre 2000 est immédiat. Il est rapidement en rupture de stock et les critiques sont unanimement positives que ce soit dans les médias, auprès du public ou dans le monde de la bande dessinée.

En mars 2003, le deuxième volume « Arctic-Nation » est publié et remporte également un franc succès. Suivront « Ame rouge » en 2005 et « L’enfer, le silence » en 2010.

La couverture du cinquième tome a été révélée sur Internet le 24 juin 2013, accompagnée du titre « Amarillo ».

 

1 : Quelque part entre les ombres

Blacksad1Par un moche matin couleur sépia, John Blacksad, détective privé de son état – ou « fouille-merde » selon certains – est appelé par le flic Smirnov pour reconnaître un cadavre : c’est Natalia Wilford, une actrice avec qui il a vécu jadis la plus heureuse époque de sa vie. En bon flic, Smirnov lui conseille de garder le museau hors de cette affaire. En bon fouille-merde, Blacksad ne suit pas ce conseil avisé : un salaud a tué une femme et, par la même occasion, ses meilleurs souvenirs. Il va payer.

« Parfois, quand j’entre dans mon bureau, j’ai l’impression de marcher dans les ruines d’une ancienne civilisation. Non à cause du désordre qui y règne, mais parce que certainement cela ressemble aux vestiges de l’être civilisé que je fus jadis. – John Blacksad »

« Désormais, j’étais condamné à ce monde-là : une jungle où le gros dévore le petit, où les hommes se comportent comme des animaux. Je m’étais engagé dans un chemin du côté le plus sombre de la vie… au milieu duquel je marche encore  – John Blacksad »

2 : Artic-Nation

Blacksad2Blacksad est chargé par une institutrice du quartier « The Line » d’enquêter sur la disparition d’une petite fille noire…

Cette fois tout débute par la découverte d’un homme trouvé pendu en pleine ville, devant une foule sous le choc. Pour quelle raison ? Crime raciste ? Rapidement les soupçons de notre héros se portent sur une organisation extrémiste, constituée de fanatiques blancs comme neige – Arctic-Nation – qui prône un ordre nouveau où les Blancs domineront le monde.

En compagnie d’un journaliste facétieux et fouineur, persuadé que l’enlèvement de la petite fille a un lien avec cette histoire de meurtre, Blacksad va aller de surprises en surprises.

« De toute évidence, ma tête ne plaisait guère aux gens du quartier… J’avais cependant l’intention de continuer à la montrer. Du moins jusqu’à ce que je retrouve l’enfant… – John Blacksad »

3 : Ame rouge

Blacksad3John Blacksad s’ennuie dans son nouveau rôle de garde du corps d’un parvenu flambeur. Heureusement, on peut toujours compter sur le destin qui vous met dans les pattes de vieilles connaissances pour vous sortir du ronronnement du quotidien et de nouvelles rencontres pour éviter de vous empâter. En cette période de guerre froide, certains ont tendance à voir rouge et l’atome a des odeurs de soufre.

« La plus grande qualité d’un bon enquêteur n’est pas d’être un bon tireur ni d’être dans une grande forme physique… mais de penser vite. C’est ça qui le distingue d’un « fouille-merde de pacotille ». – John Blacksad »

4 : L’enfer, le silence

Blacksad4La Nouvelle-Orléans, où la fête de Mardi gras bat son plein. Grâce à Weekly, un producteur de jazz dénommé Faust fait la connaissance de Blacksad. Faust demande à ce dernier de s’occuper d’une affaire : un de ses musiciens, le pianiste Sebastian, a disparu. Il n’a pas donné signe de vie depuis des mois, mettant en péril le label musical privé d’une star. Faust craint que Sebastian ait, une fois de trop, sombré dans la drogue. Sa requête est d’autant plus pressante que Faust se sait atteint d’un cancer.

Blacksad accepte la mission et découvre peu à peu que Faust ne lui a pas tout dit. Il s’aperçoit qu’il est lui-même manipulé, mais décide tout de même de retrouver Sebastian pour comprendre les raisons de sa disparition…

« Sartre affirme que l’enfer, c’est les autres. Je veux bien admettre que les autres peuvent nous rendre la vie insupportable, mais ils peuvent aussi être nos compagnons de Paradis. Pour moi, l’enfer c’est le néant, un endroit sans mes amis, sans musique, sans paroles qui stimulent l’imagination, sans beauté qui exalte les sens… – John Blacksad »

 

J’aime bien la BD mais je ne suis pas particulièrement fan, J’aime bien, c’est tout… avec Blacksad, c’est un coup de cœur !

a_la_folie

Une atmosphère de roman noir des fifties, un dessin superbe et un scénario bien ficelé… J’ai adoré !

Je suis les aventures de Blacksad depuis le début en comprenant très bien que, pour fournir une BD de cette qualité, il faut le temps pour chaque aventure… bientôt un nouvel album, je l’attends avec impatience 🙂

 

Poster un commentaire

Classé dans BD

Un auteur qui vaut le détour : Gilles BLUNT

Quelques mots sur l’auteur

giles blunt_2Giles Blunt (né en 1952 à Windsor, Ontario) est un auteur canadien. Il est aussi scénariste. Ses derniers romans racontent l’histoire du détective John Cardinal, qui vit dans la petite ville d’Algonquin Bay, dans le Nord de l’Ontario. Algonquin Bay est en fait North Bay à peine déguisée — par exemple, Blunt retient les noms des rues principales et des deux lacs (Trout Lake et Lake Nipissing) entre lesquels la ville est située, le cadre physique des deux endroits est le même, et il décrit Algonquin Bay comme étant à la même localisation géographique que North Bay.

Son premier roman, « Cold Eye », a été la base du film français « Les Couleurs du diable » (Allain Jessua, 1997). Blunt a remporté le prix Silver Dagger pour son premier roman faisant intervenir John Cardinal, « Forty Words for Sorrow » au concours des British Crime Writers, et son second roman, « The Delicate Storm », a reçu le prix Arthur Ellis Award du meilleur roman au Crime Writers of Canada’s.

Ses contributions pour la télévision incluent des épisodes de « Law & Order », « Street Legal » et « Night Heat ».

 

Les romans de John Cardinal

Quarante mots pour la neige

Blunt Quarante mots pour la neigeDans l’atmosphère lunaire de l’île de Windigo, le corps de Katie Pine, 13 ans, est retrouvé emprisonné dans un sarcophage de glace. Les cadavres d’adolescents que John Cardinal, de la brigade criminelle d’Algonquin Bay, va découvrir par la suite ne laissent aucun doute : un serial killer est à l’œuvre, insaisissable et d’une cruauté inégalée.
 Mais Cardinal a d’autres raisons de s’inquiéter : une faute passée qui menace de le rattraper, une femme dépressive, et le curieux comportement de sa coéquipière Lise Delorme, ancienne des Affaires internes…
La beauté irréelle des paysages glacés de l’Ontario, associée à l’humanité des protagonistes, met dramatiquement en relief l’horreur paralysante du Mal à l’état pur.

 

Sous un ciel de tempête

Blunt Sous un ciel de tempêteAlors qu’une tempête de neige exceptionnelle menace Algonquin Bay, un mécanicien découvre dans la neige un bras humain, visiblement déchiqueté par des ours. À l’examen d’autres morceaux du corps éparpillés dans la nature, il apparaît que la victime serait un citoyen américain, ancien agent de la CIA. Remontant la piste jusqu’à New York, puis Montréal, John Cardinal entrevoit, malgré l’obstruction à peine voilée des services secrets canadiens, un lien entre ce meurtre et les événements qui secouèrent le Québec au début des années 1970. Le Front de Libération du Québec avait alors longuement séquestré un diplomate britannique et un ministre canadien.

Fragilisé une fois de plus par des problèmes d’ordre familial, Cardinal met au jour les vérités complexes de l’action terroriste d’autrefois, débusquant un meurtrier particulièrement cynique.

Un thriller atmosphérique et implacable, suite de « Quarante mots pour la neige ».

 

Surgie de nulle part

Blunt Surgie de nulle partC’est la saison des mouches, à Algonquin Bay, Ontario. Un pullulement d’insectes, bourdonnants, mordants, irritants, qui annonce la fin d’un trop court printemps. Avec son lot d’avanies pour la police locale : une jeune femme rousse, amnésique, qui court les bars avec une balle dans le crâne ; un motard sauvagement démembré ; une guerre des cartels d’héroïne qui tourne à la lutte tribale… Un régal pour la vermine.

John Cardinal, de la brigade criminelle, le sait mieux que personne : les mouches rendent fou. Sa propre femme, psychologiquement fragile, semble friser la rechute. Et que penser de ces violences qui agitent Algonquin Bay, avec une barbarie nouvelle ? Faut-il y voir la main d’un mystérieux chaman indien, nouvellement débarqué ? Il est temps, pour Cardinal, d’essayer de faire baisser la température…

 

Quand tu liras ces mots

Blunt Quand tu liras ces motsL’automne est la plus belle saison à Algonquin Bay. La préférée de Catherine, la femme maniaco-dépressive de l’inspecteur Cardinal, celle pourtant qu’elle choisit pour se jeter un soir du toit d’un immeuble de neuf étages. Elle a laissé une lettre, on ne peut avoir aucun doute quant à ses intentions, la police conclut à un suicide. Mais John Cardinal reçoit un message pour le moins déplaisant ; puis il découvre, en examinant le carnet de sa femme, que son message d’adieu n’était pas la dernière chose qu’elle y ait écrite… Contre l’avis de tous, il creuse l’idée qu’après tout, elle ne s’est pas forcément suicidée.

« Quand tu liras ces mots » explore la douleur et le sentiment de culpabilité du survivant après le suicide de son conjoint. Émouvant et lyrique, mais également glaçant, car un assassin pervers et manipulateur se cache derrière la mise en scène du drame.

 

J’ai beaucoup aimé ces quatre livres ! 🙂

beaucoup

Les histoires sont bien ficelées et l’Ontario en différentes saisons offre un cadre différent ! L’inspecteur Cardinal n’est pas un héros invincible mais un homme confronté, hors de son métier, à des problèmes familiaux. Le questionnement qui en résulte donne une épaisseur au personnage : on peut y croire et le comprendre… Les enquêtes sont « suspenses » à souhait 😉

 

Voilà encore un auteur dont les versions françaises disparaissent alors que ses livres sont appréciés de beaucoup de lecteurs ! Pourquoi ? C’est le grand mystère des éditeurs français!

J’ai été voir sur le site de Giles Blunt : une cinquième enquête de John Cardinal est parue en anglais, tandis qu’une sixième est annoncée pour le mois d’août 2013…

En français, plus rien depuis 2008, tous ses livres sont déclarés « arrêt de commercialisation ». C’est dommage… 😦

Poster un commentaire

Classé dans Littérature canadienne (anglophone)