Archives mensuelles : janvier 2013

Un auteur, Francis CARSAC

CARSACFrançois BORDES (né le 30 décembre 1919 à Rives en Lot-et-Garonne et mort le 30 avril 1981 à Tucson en Arizona) est un préhistorien français qui a apporté une contribution majeure à la connaissance du Paléolithique. C’est aussi un écrivain de science-fiction sous le nom de Francis CARSAC.

François BORDES, préhistorien…

Ses études à Toulouse, Bordeaux et Paris lui permettent d’obtenir un Doctorat ès Sciences pour sa thèse intitulée Les limons quaternaires du Bassin de la Seine – Stratigraphie et Archéologie paléolithique, soutenue en 1951 et publiée en 1954 dans les Archives de l’Institut de Paléontologie Humaine. Il entre ensuite au CNRS (1945-1955) avant de devenir professeur de Géologie du Quaternaire et Préhistoire à la Faculté des Sciences de l’Université de Bordeaux 1 en 1956. Il y fonde l’Institut du Quaternaire (aujourd’hui Institut de Préhistoire et de Géologie du Quaternaire, UMR 5808 du CNRS). De 1957 à 1975, il occupe la fonction de directeur des Antiquités Préhistoriques d’Aquitaine, dont l’équivalent actuel est Conservateur Régional de l’Archéologie qui regroupe « Antiquités Préhistoriques » et « Antiquités Historiques » (Ministère de la Culture).

Il a dirigé des fouilles archéologiques dans de nombreux gisements de première importance dans le Sud-Ouest de la France, notamment au Pech-de-l’Azé à Combe-Grenal ou à Corbiac. Sa principale contribution a consisté à décrire la diversité des industries lithiques du Paléolithique inférieur et moyen à l’aide d’outils statistiques simples. La définition d’une liste de types d’outils a notamment facilité les comparaisons entre industries et l’a conduit à définir ou décrire un certain nombre de faciès du Moustérien. Cette approche statistique novatrice, connue notamment sous l’appellation de « méthode Bordes », a beaucoup été utilisée par la suite. Elle est encore en partie employée aujourd’hui, même si les études technologiques récentes permettent de relativiser les aspects purement typologiques qu’elle comporte.

Il a également été l’un des premiers à faire de la taille expérimentale des roches dures un outil incontournable pour la compréhension des industries préhistoriques.

François Bordes repose à Carsac en Dordogne où il avait établi sa résidence secondaire. Son nom a été donné à la station de tramway desservant notamment le laboratoire qu’il a fondé sur le campus de l’Université Bordeaux I, ainsi qu’à la rue de Carsac où se trouve sa maison de famille.

http://fr.wikipedia.org/wiki/François_Bordes

Photo : http://www.babelio.com/auteur/Francis-Carsac/20915

Francis CARSAC, romancier…

Francis CARSAC, l’alter ego de François BORDES, s’est révélé un soir d’hiver 1943-1944, en Dordogne…

Carsac est le nom d’un village de Dordogne où le professeur BORDES possédait une maison. Mais… laissons donc la parole à François BORDES alias Francis CARSAC :

« Mon premier roman ? Il est resté inédit… Je ne l’aime guère, d’ailleurs. Ce bouquin a une histoire… Pendant la guerre, j’étais « mineur » en Dordogne, avant de prendre le maquis, avec d’autres étudiants. Mes camarades m’ont un jour demandé de leur raconter une histoire. Et je suis pratiquement né pour cela ! J’en ai donc inventé une. Plus tard, j’en ai fait un roman. Mais c’était une œuvre de débutant, maladroite et pleine d’invraisemblances. J’ai ensuite écrit Les robinsons du cosmos, sans penser, à l’époque, à le faire publier un jour. Puis, lorsqu’est née la collection « Le rayon fantastique », je venais de terminer mon troisième roman Ceux de nulle part. je l’ai proposé ; il a été accepté et édité. On m’a même demandé un second livre. J’ai alors repris le manuscrit des « Robinsons » et j’en ai fait un roman fort différent, je crois, de sa première mouture. »

« (…) avant tout, je raconte une histoire. J’ai toujours aimé ça, raconter des histoires. » (Francis Carsac, Œuvres complètes : 2, Lefranc, pp. 899-901)

 

CEUX NULLE PARTCeux de nulle part (1954)

Un jeune médecin découvre et soigne l’équipage blessé d’une « soucoupe volante » obligée de se poser à la suite d’une avarie, et le voici embarqué, de son plein gré, pour la plus fantastique des aventures. Au-delà de l’ « ahun », dans des galaxies si lointaines qu’elles sont presque « nulle part », des humanoïdes à peau verte, les Hiss, mènent à la tête de la « Ligue des Terres Humaines », un combat sans merci contre les Misliks, étranges créatures métalliques qui ne vivent qu’au voisinage du zéro absolu. Quel secours le Terrien à sang rouge apportera-t-il à la planète Ella, sa seconde patrie, contre un ennemi qui entreprend systématiquement d’éteindre les étoiles de tous les systèmes solaires qu’il colonise ?

ROBINSONS COSMOSLes robinsons du cosmos (1955)

A la suite d’une collision interplanétaire, un petit morceau de la Terre (exactement un petit morceau de la France) se détache de notre globe et se colle sur une planète inconnue avec ses habitants, ses animaux, ses maisons, ses champs, ses arbres… Et bien entendu, la vie continue. Mais il faut explorer ce nouveau monde, baptisé Tellus ; les découvertes le plus étonnantes attendent les Robinsons du Cosmos. Il y a des êtres pensants sur Tellus, qui ont des habitudes, un langage, dont l’esprit fonctionne comme le nôtre, mais dont l’aspect est impensable. Il y a aussi des monstres de cauchemar, rappelant les mastodontes préhistoriques. C’est cette découverte progressive d’un univers nouveau, en même temps que l’établissement d’une civilisation nouvelle que conte d’une façon passionnante Francis Carsac.

TERRE FUITETerre en fuite (1960)

Fuir son Soleil qui va exploser en nova n’est pas « tout naturel » pour notre mère, la Terre. Et même si ses enfants, les hommes l’en persuadent, que va-t-elle, et que vont-ils, rencontrer de radicalement imprévisible — comme choses, comme créatures — dans leur sprint cosmique ? Sur cette Terre en fuite, savants, politiques et mystiques parviendront-ils enfin à s’entendre sur la nécessité, sur la signification, sur la direction même de la migration de la « machine ronde ? ». Et que vont penser les Hommes d’Ailleurs de cette soudaine irruption d’Hommes… pour eux d’Ailleurs ?

PATRIE ESPACEPour patrie, l’espace (1962)

Son astronef désemparé au cours d’un combat, Tinkar, de la Garde Stellaire, dérive dans l’espace. Il sera receuilli par un « peuple des étoiles » complètement iconnu. Ce sont les descendants d’anciens rebelles contre l’Empire terrestre galactique qui, depuis longtemps, ont mis au point une existence presque entièrement astronautique. Ils n’ont que mépris pour les « planétaires » domestiqués par l’Empire totalitaire. Tinkar est déconcerté, heurté par leur ample civilisation démocratique. Mais des influences féminines s’en mèleront à travers bien des quiproquos, des intrigues, des drames. Et la lutte contre des agresseurs non-humains…

MONDE NOTRECe monde est nôtre (1962)

La Ligue des Terres Humaines a fini par édicter la radicale « Loi d’Acier ». Il ne doit y avoir qu’une humanité par planète. Autant que possible, l’autochtone, ou la première arrivée sur les lieux.

L’auteur de Ceux de Nulle Part nous fait assister à la mise en vigueur, dramatique, sanglante et pittoresque, de cette Loi sur la planète Nérat. Où cohabitent TROIS humanités. Dont chacune estime que « Ce Monde est Nôtre »…

VERMINE LIONLa vermine du lion (1966)

Eldorado est une planète fantastiquement riche en métaux rares ou précieux, peuplée d’indigènes hamanoïdes, dont le degré de civilisation va de l’âge de pierre à l’âge du fer.

Le bureau international des mines, plus puissant sur Terre que le gouvernement mondial lui-même, et dirigé par Henderson, homme remarquable mais sans scrupules, veut, comme il l’a déjà fait pour d’autres mondes, mettre Eldorado en exploitation, sans se soucier des conséquences pour les indigènes. Seul compte l’Empire terrestre. La seule opposition vient du Bureau de Xénologie, qui rêve d’une confédération d’humanités égales, mais dispose de peu de moyens.Sur Eldorado, Teraï Laprade, géologue en qui se mêlent les sangs de quatre races terrestres différentes, s’appuyant sur les puissantes tribus ihambés et sur l’empire de Kéno, entrave les projets du Bureau des mines. Son paralion, animal en qui des expériences de génétique ont développé une intelligence presque humaine, ajoute au prestige que donnent à Teraï, auprès des peuples guerriers d’Eldorado, sa force colossale et sa bravoure. Mais un homme seul peut-il l’emporter sur une planète entière, surtout si une femme s’en mêle, la propre fille d’Henderson.

 

J’ai lu vers l’âge de quinze ans les quelques trop rares romans de Francis CARSAC. Je peux dire que je n’ai jamais été déçue ou ennuyée. Au contraire, je les ai relus plusieurs fois!

L’écriture est simple et directe, les descriptions efficaces, les thèmes intéressants et parfois interpellants… surtout dans Pour patrie, l’espace et La vermine du lion.

Les éditions Lefrancq ont réédité l’intégrale de l’œuvre de Carsac dans le domaine de la science-fiction en deux gros volumes offrant un roman et des nouvelles inédits. Epuisés et difficiles à se procurer en occasion.

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Une nouvelle réédition serait la bienvenue, il me semble que certains de ces romans seraient parfaits pour une première approche de la SF par des ados…

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