Archives mensuelles : février 2012

Tigane / Guy Gavriel KAY

La bataille de la Deisa – où le prince Valentin a disparu, défait par l’armée et la sorcellerie du roi conquérant Brandin d’Ygrath – a scellé le sort de la péninsule de la Palme. Longtemps déchirée par les querelles intestines de ses provinces-États, la voici sous la férule partagée de Brandin et d’Alberico de Barbadior, tyrans et maîtres sorciers.

La résistance renaîtra d’une poignée d’hommes et de femmes conduits par le prince héritier Alessan, sous le masque de ménestrels et de marchands itinérants.

Une longue et dangereuse croisade les attend, pour libérer la Palme et ramener au jour le nom même du pays de Tigane et l’éclat de son histoire, éradiqués de toutes les mémoires par la vengeance du roi sorcier.

Dans ce monde inspiré de l’Italie de la Renaissance, Guy Gavriel Kay compose une épopée fantastique d’une puissance et d’une originalité rares. Les passions humaines et politiques y vibrent à la mesure d’un grand roman d’aventures pathétique, qui se lit aussi comme une métaphore de l’impérialisme, de l’occupation, de l’exil en son propre pays et de la lutte de libération.

 

Que peut-il se passer dans la tête et le cœur d’hommes et de femmes dont le pays d’origine a été dépouillé de tout, même de son nom ? Tigane a disparu et personne n’en parle plus, n’en a même plus de souvenirs… Ce roman possède une ambiance extraordinaire, très différente des autres bouquins de Fantasy. Guy Gavriel Kay nous offre ici un livre totalement différent de La Tapisserie de Fionavar (que j’avais adoré) et tout aussi réussi.

Que dire de plus ? Peut-être, pour les amateurs de suspense, que la situation ne se dénoue vraiment que dans les dernières pages… Et que les personnages sont tellement vrais et attachants qu’on quitte ce (gros) livre avec regret !

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Classé dans Littérature canadienne (anglophone)

Ilium – Olympos / Dan SIMMONS

 

 

 

 

 

 

1 : Ilium

Imaginez que les dieux de l’Olympe vivent sur Mars. Ils se déplacent librement dans le temps et l’espace grâce à leurs pouvoirs quantiques. Leur plus grand plaisir, c’est la guerre de Troie qui se joue sous leurs yeux. Pour y mettre un peu plus de piment, ils envoient des érudits terriens modifier les événements à leur gré, en gardant toutefois le récit d’Homère comme référence. Mais en orbite autour de Mars, de petits observateurs surveillent les jeux divins…

Batailles grandioses, intrigues politiques et amoureuses, dialogues savoureux, une fresque passionnante qui mêle space opera et mythologie avec grand brio !

2 : Olympos

Échappant au scénario d’Homère, Achille et Hector se sont alliés pour vaincre les dieux et assiéger leur forteresse martienne. Ils profitent de la porte ouverte dans l’espace par les Moravecs, qui leur apportent un sérieux appui. Mais la porte commence à se refermer… Sur Terre, les Voynix, qui ont longtemps été les serviteurs des Derniers Hommes, ont soudain entrepris de se révolter. Les Derniers Hommes, élevés dans la soie, vont devoir apprendre à se battre…

 

Il faut prendre le temps de lire ces deux (gros) bouquins bourrés de références littéraires qu’on traque avec plaisir.

Il semble que certains lecteurs aient cherché des connotations politiques ou racistes dans ce livre. Pour moi, le but d’un roman est avant tout de nous raconter une histoire et si les évènements du moment influencent l’auteur, c’est peut-être bien cela qui lui fournit l’inspiration nécessaire à écrire cette histoire !

Bref, j’ai beaucoup aimé celle-ci (qui se passe sur trois plans, à la fois dans un futur lointain et dans un passé lointain aussi) : d’abord parce que Troie (Ilium) est une des aventures primordiales de l’humanité et ensuite parce que les dieux grecs sont fascinants dans leur copie de l’humanité (et voilà, déjà Homère s’inspirait de ce qu’il connaissait pour raconter ses histoires…)

Les personnages des « humains à l’ancienne » sont crédibles et touchants ainsi que les Moravecs (sortes de cyborgs évolués, habitants des lunes de Jupiter). On s’identifie quelque peu au personnage du « scholiaste » égaré dans ce temps qui n’est pas le sien… 

Les Grecs et Troyens anciens ainsi que les « dieux » grecs sont conformes à l’idée que je m’en fait : menés par les désirs d’assouvir leurs instincts et leurs désirs de puissance et prenant les armes au premier prétexte venu pour tuer n’importe quoi…

Le contexte général est riche, Dan Simmons est doué pour imaginer des mondes et les rendre absolument crédibles.

Il me semble que certains passages auraient gagné en puissance à être plus courts et d’autres, par contre, auraient pu être plus développés, mais ces deux romans sont indiscutablement une réussite !

A mon humble avis, je relirai ces livres (après avoir relu Proust, Shakespeare, Nabokov…) et j’y ferai d’autres découvertes…

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Classé dans Littérature américaine (USA)

LES PORTES DE LA MORT / Margaret WEIS & Tracy HICKMAN

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1 : L’aile du dragon

Au Mi-Royaume d’Arianus, les humains, les elfes et les nains se battent pour le contrôle de l’eau, si précieuse. Bien au-dessus de leurs combats à dos de dragons, vivent les mystériaques ; et sous leurs pieds, bien loin, inconnues, se trouvent les Portes de la Mort.

Bientôt, des forces magiques vont rompre l’équilibre de ces trois royaumes : Hugh-la-Main, assassin patenté, est chargé de tuer le fils du roi d’Arianus tandis qu’au Bas-Royaume, on fomente une révolution.

Mais un sinistre mage a pour ambition de tous les dominer. Il faudra sans doute pour cela ouvrir les Portes de la Mort.

2 : L’étoile des Elfes

Les Patryns allaient gagner la guerre. Les Sartans n’avaient plus qu’une carte à jouer. Ils n’hésitèrent pas.

L’ancien monde se dissocia en quatre univers élémentaux et les Patryns se retrouvèrent isolés dans le Vortex. Ils mirent trois mille ans à en sortir et à atteindre les Portes de la Mort.

Mais dans quel univers s’étaient réfugiés les Sartans ? Le Royaume du Feu, un univers-jungle où les elfes et les hommes vivent dans les arbres ? Le seigneur du labyrinthe a choisi Haplo pour les retrouver. La guerre ne fait que commencer…

3 : La mer de feu

Quand Haplo le Patryn arrive à Abarrach, il prend une vague de magma en pleine figure. Heureusement, son vaisseau est protégé par les runes.

Abarrach, le monde de la pierre, n’est qu’un rocher géant. L’océan de magma produit la chaleur… et les vapeurs auxquelles les nains, les elfes et les humains n’ont pas survécu. Mais les Sartans sont là : ils ont bouleversé les univers et perdu le secret des runes. Incapables de se reproduire, ils pratiquent l’art interdit de la résurrection des morts, qui leur fournit des esclaves.

Cependant le magma refroidit. La chaleur n’arrive plus. Même les morts se fâchent. S’ils tuaient tous les vivants, il n’y aurait plus que des morts égaux entre eux.

Haplo saura-t-il sauver ce monde agonisant ?

4 : Le serpent mage

Pourquoi le monde est-il divisé ? Les Sartans le savent, mais ils ont disparu.

Les habitants doivent bien sentir que les royaumes se détériorent mais, pour comprendre, il faut franchir les Portes de la Mort. C’est ce que fait Haplo le Patryn, qui part explorer le royaume de l’eau.

Il y trouve des îles sous-marines entourées de bulles d’air où les nains, les elfes et les hommes vivent en paix. Mais les terrifiants Dragons-Serpents prennent leurs princesses en otage. Haplo arrive mais sa nef se désintègre…

Le très curieux Alfred survient à point pour retrouver les Sartans de la légende, qu’il avait cherchés dans tous les royaumes. Mais pourquoi ces êtres semi-devins se révèlent-ils froids, soupçonneux et arrogants ? Vite, il faut fuir. Et les Dragons-Serpents ne sont pas loin. Haplo non plus.

5 : La main du chaos

Le Seigneur du Nexus renvoie Haplo sur Arianus, le premier monde exploré, pour y compléter son oeuvre. Mais les choses ne sont pas comme elles devraient être…

La Porte de la Mort est ouverte et les serpents de Chelestra s’y sont glissés. Haplo et le jeune Tourment sont capturés par les Elfes. Le chaos gronde et tous vont essayer de sauver leur monde.

6 : Voyage au fond du Labyrinthe

Xar, Seigneur du Nexus, est passé dans le monde brûlant d’Abarrach pour apprendre l’art des nécromants : quand il aura levé une armée de morts, qui l’empêchera de conquérir les quatre mondes ? Surtout s’il parvient à retrouver la Septième Porte, utilisée autrefois par les Sartans pour opérer la Séparation : quiconque y entre peut aussi bien créer des mondes que détruire ceux qui existent.

Il est donc urgent de retrouver Haplo, qui sait où est la Septième Porte. Xar envoie un Patryn pour le tuer et rapporter son cadavre ; après quoi la nécromancie permettra de le rappeler à la vie et d’en faire un esclave sans âme. Le coup ne peut pas manquer : l’assassin est quelqu’un en qui Haplo a toute confiance.

Cependant, Hugh-la-Main, armé de la Lame Maudite des Sartans, cherche aussi Haplo pour le tuer. Et ce qui devait arriver arrive : la Lame Maudite devient folle, et tous les combattants luttent pour leur vie dans l’abominable Labyrinthe. Lequel sera bientôt cerné par l’armée du mal…

7 : La septième porte

L’univers est devenu un piège : le Nexus vient d’être incendié par les Dragons-Serpents ; les Patryns, refoulés dans le Labyrinthe, luttent pour ne pas s’y laisser enfermer.

Quant au Seigneur du Nexus, il est à Nécropolis et veut savoir où est la Septième Porte. Mais ni Haplo, torturé à mort, ni Alfred ne passent aux aveux. Car Haplo a un plan, et Alfred le connaît : il communique encore avec le corps inerte de son vieil ami.

Quand la bataille finale s’engage, l’enjeu n’est pas seulement la victoire, mais la place qu’occuperont les combattants à l’instant où sera détruite la Septième Porte. Certains auront l’avenir devant eux. Quant aux autres, eh bien… il leur restera l’éternité pour y penser.

 

C’est une heptalogie (ça fait bien, non, je ne savais même pas que ce mot existait !)

Quatre mondes constituent l’univers de ces livres : Arianus, monde de l’air ; Pryan, monde du feu ; Abarrach, monde de la terre ; Chelestra, monde de l’eau. Avant, tous ces mondes n’en formaient qu’un mais une guerre impitoyable entre deux races de mages pourtant issus de la même source (les Sartans et les Patryns) a fait que les Sartans ont décidé de fractionner ce monde en quatre différents et d’exiler les Patryns vaincus dans une sorte de prison : le Labyrinthe. Une haine tenace subsiste entre les deux peuples.

Dans trois des quatre mondes subsistent tant bien que mal des Elfes, des Humains et des Nains. Les mondes sont décrits en détail, avec cartes à l’appui.

Dans le premier livre, on fait connaissance avec Haplo et Alfred, les personnages centraux du cycle. On comprend assez vite que Haplo est Patryn, évadé du Labyrinthe et aux ordres d’un Seigneur qui l’a aidé. Alfred, on ne sait pas très bien qui et ce qu’il est. Voilà pour le contexte général.

Ces livres sont écrits dans un style agréable à lire et chaque volume ménage habilement la venue du suivant. Les quatre premiers sont très différents, on découvre les quatre mondes et des personnages qui sont propres à chacun. Les tomes 6 & 7 nous amènent à une fin non pas inattendue mais surprenante tout de même.

Superbe, original et magique, peuplé de personnages plus attachants les uns que les autres, ce cycle est un des meilleurs de ceux que j’ai lus en Fantasy !

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Classé dans Littérature américaine (USA)

L’amour secret / Paola CALVETTI

A la mort de son père, célèbre violoncelliste, Lucrezia met au jour dans les affaires du défunt une boîte remplie de lettres, toutes écrites par la même personne : une certaine Costanza, qui, des années durant et dans le plus grand secret, fut la maîtresse du musicien.

Surprise de découvrir cette relation dont elle ne soupçonnait pas l’existence, Lucrezia décide de se rendre en Provence, chez Costanza, afin d’en apprendre davantage sur son père. Le temps d’un week-end, celle-ci va lui parler de l’homme qu’elle a aimé.

 

Très différent de son premier livre L’amour est à la lettre A , si celui-la était une symphonie, ici, c’est la petite musique de chambre… C’est délicat, ciselé, tout en demi-teintes et on ne peut que s’attacher aux personnages si humains, si « vrais » !

Un beau roman…

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Classé dans Littérature italienne

Le rendez-vous de Venise / Philippe BEAUSSANT

« Les femmes n’étaient pas absentes de la pensée de mon austère vieil oncle. Il les aimait. Je le sais : il était intarissable quand il parlait d’elles. Mais c’étaient toujours des femmes peintes, des tableaux, des portraits… Alors, qui était cette Judith dont il parlait avec tant d’amour et de regret dans le carnet que j’avais découvert après sa mort ? Et lui, qui était-il en vérité ? N’était-ce que l’historien d’art érudit et admiré que j’avais cru connaître? Et moi, qu’est-ce que je deviens, quand une femme déboule dans ma vie, et qu’elle n’est pas un tableau ? »

 

Voici une découverte, je ne connaissais pas du tout cet auteur et j’ai vraiment aimé l’histoire si simple et si bien racontée de deux amours successifs dans le temps et pourtant parallèles. Ici encore, comme pour Alice Ferney, la magie passe par l’écriture…

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Classé dans Littérature française

La conversation amoureuse / Alice FERNEY

Un homme et une femme marchent dans la rue. Elle, c’est Pauline Arnoult, qu’il a rencontrée en emmenant sa fille à l’école ; lui, c’est Gilles André, dont l’épouse a demandé le divorce. Elle est mariée, fidèle, mère d’un petit garçon et enceinte de quatre mois. Ils vont pourtant passer la soirée ensemble, pendant que leurs amis communs se réunissent et bavardent des choses de la vie. Dans le bruissement d’une conversation amoureuse qui les reflète toutes, Alice Ferney déploie l’histoire d’un homme et d’une femme livrés par la magie des mots à leur adultère séduction et au dangereux bonheur du secret qu’ils s’inventent. Mystérieuse, passionnante et universelle, cette Conversation amoureuse, traduite dans une quinzaine de langues, a connu, lors de sa première édition, un succès considérable.

« En tout cas, dit-elle, je suis contente d’avoir passé cette soirée avec vous. Il se mit à rire. On ne trouve jamais complètement désagréable ou inintéressant quelqu’un à qui l’on plaît n’est-ce pas ? Elle fit une moue de sourire et de réflexion. Moi aussi je suis content, murmura-t-il. Il avait retrouvé la voix d’alcôve. Pourquoi êtes-vous content ? dit-elle, au comble du bonheur à cause de la voix. Pff, fit-il, ses mains expliquant qu’on n’en savait rien. C’est comme ça et nous n’y pouvons rien, dit-il. Elle se délectait de cette conversation à la fois sincère et tendancieuse. Est-ce que cela vous est souvent arrivé ? demanda-t-elle. Une affinité pareille ? dit-il en riant. Elle fit signe que c’était bien la question. Jamais, dit-il avec fermeté. »

 

On ne lit pas ce livre sans histoire, on le vit grâce à l’écriture élégante d’Alice Ferney qui nous fait si bien ressentir les émotions de ses personnages…

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Classé dans Littérature française

Le récital des anges / Tracy CHEVALIER

Londres, janvier 1901 : la reine Victoria vient de mourir.

Comme la coutume l’impose, les familles se rendent au cimetière. Leurs tombes étant mitoyennes, les Waterhouse et les Coleman vont faire connaissance et leurs petites filles vont immédiatement se lier d’amitié. Pourtant, les familles n’ont pas grand-chose en commun. L’une incarne les valeurs traditionnelles de l’ère victorienne et l’autre aspire à plus de liberté. Dans le cimetière, véritable coeur du roman, Lavinia et Maude se retrouvent souvent et partagent leurs jeux et leurs secrets avec Simon, le fils du fossoyeur, au grand dam de leurs parents. Lavinia est élevée dans le respect des principes alors que Maude est livrée à elle-même : sa mère, Kitty Coleman, vit dans ses propres chimères. Ni la lecture, ni le jardinage, ni même une liaison ne suffisent à lui donner goût à la vie. Jusqu’au jour où elle découvre la cause des suffragettes. La vie des deux familles en sera bouleversée à jamais.

 

Racontée sous forme de journal intime, c’est une histoire à plusieurs voix, chacune racontant des faits avec sa propre vision, exprimant ses sentiments avec sa propre sensibilité. La rencontre de deux fillettes, Maude et Lavinia, dans un cimetière provoque une amitié instantanée et inattendue. En effet leurs familles respectives sont très différentes. On découvre dans ce livre les modes de vies en Angleterre au début du 20e siècle, la place de chacun dans la société, l’évolution des femmes, les suffragettes et leur lutte afin d’obtenir le droit de vote pour les femmes.

Passionnant…

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Classé dans Littérature américaine (USA)