Archives mensuelles : janvier 2012

Retour à Oraïbi / Hanna JOHANSEN

Sur la mesa, Polingaysi, une petite fille hopi d’Oraïbi, décide un jour d’aller à l’école des Blancs pour apprendre à lire et à compter. Elle part, en rupture avec ses traditions, son village, mais soutenue par son père. Après quelques années passées en Californie, elle reviendra chez elle pour y construire sa maison. Un retour difficile car elle s’est éloignée du mode de vie hopi, sans être pour autant devenue une jeune femme appartenant au monde des Blancs. Sa vie sera dorénavant animée par l’espoir de réunir ses deux univers.

Roman d’un apprentissage et témoignage ethnologique se mêlent ici au rythme lent de la civilisation qu’ils dévoilent.

 

Ce roman relate l’histoire d’Elizabeth Koyawayma White, née vers 1892 à Oraïbi. Son nom hopi était Polingaysi « papillon porté par la brise entre les fleurs ».

J’ai aimé ce livre d’abord pour la personnalité de Polingaysi, ensuite parce que c’est une histoire de femme à une époque où la vie n’était pas simple pour elles. C’est aussi une histoire de racines et toutes, nous avons les nôtres et ne pouvons les rejeter facilement.

C’est également une approche de la civilisation des Hopis. Leur culture est très différente de la nôtre mais elle a une philosophie de vie intéressante et un grand désir de paix (ils se nomment eux-mêmes « Hopitu-Shinumu », petit peuple de la paix).

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Classé dans Littérature suisse (germanophone)

Des feux sous la cendre / Jean-François COATMEUR

Qui voulait la mort de Bernadette, l’étudiante brestoise retrouvée inanimée sur les rochers du port, et qui, après des mois d’hôpital, reste murée dans l’aphasie ? Pour sa mère, pour Jean-Loup son ami, pour Théo son beau-père, une seule idée : comprendre. Leur recherche les mène vers une maison de retraite où la jeune fille enquêtait pour ses études. Dans cet univers feutré s’achèvent en silence des existences parfois lourdes de secrets, comme celle de ce riche vieillard, interné par un neveu qui jouit de sa splendide villa…

L’auteur de Yesterday et de La Danse des masques, lauréat du prix du Suspense et du Grand Prix de littérature policière, nous réserve bien des surprises dans ce thriller sur fond de Bretagne, de piété affectée et d’abîmes psychologiques.

 

Un très bon suspense : des personnages crédibles, des situations qui pourraient très bien exister, une fin surprenante…

Voici un auteur français de plus qui peut rivaliser avec les maîtres anglo-saxons de l’angoisse!

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Classé dans Littérature française

Les reclus / Laura WILSON

Eté 1890. Les enfants d’une grande famille jouent à cache-cache dans le jardin d’une splendide maison de campagne. Une saison riche de promesses pour ces êtres privilégiés baignant dans l’insouciance. Jusqu’à la découverte du corps du plus jeune d’entre eux, mortellement blessé à la tête…

Londres, 1955. Dans une demeure bourgeoise de South Kensington, on découvre les corps de trois personnes âgées qui vivaient en reclus. Ils ont été assassinés. Trente ans auparavant, l’une des victimes, célèbre et excentrique beauté, avait été soupçonnée du meurtre de son mari. À ses côtés, gisent les cadavres de son frère et de leur vieille gouvernante.

Deux événements distants mais peut-être intimement liés.

Passions adolescentes, noirs secrets familiaux, amours maudites… ce suspense romantique et envoûtant nous entraîne au cœur d’un effrayant labyrinthe jusqu’aux frontières de la folie. Cultivant le mystère et l’atmosphère oppressante d’un Rebecca drapé d’un crêpe noir et sanglant, Laura Wilson, s’impose plus que jamais comme une des grandes dames du roman noir anglais.

 

Un roman à trois voix, suspense étouffant dont on n’a la clé que dans les dernières pages… Etonnant ! Une belle réussite… Auteur à suivre!

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Classé dans Littérature anglaise

Le cinquième règne / Maxime CHATTAM

Ils auraient dû se méfier.

Respecter le couvre-feu instauré depuis le meurtre du jeune Tommy Harper, retrouvé étranglé près de la voie ferrée.

Reposer ce vieux grimoire poussiéreux tant qu’il était encore temps.

Et surtout… ne pas en tourner les pages.

A présent, Sean le rêveur et sa bande vont devoir affronter le Mal absolu : à Edgecombe, petite ville tranquille de Nouvelle-Angleterre, les éléments se déchaînent, de nouveaux adolescents disparaissent et de mystérieux hommes au charisme effrayant font leur apparition…

Et si ce livre maudit détenait la clé du plus effroyable mystère de l’humanité ?

Cet ouvrage a reçu le prix du roman fantastique du festival de Gérardmer.

 

Super ! Malgré (et peut-être grâce à…) ces petites choses où l’on sent que c’est probablement son premier roman (il date de 1999), je l’ai dévoré… J’ai aimé le fait que les héros soient de très jeunes gens, cela apporte une fraicheur inattendue qui m’a rappelé des lectures anciennes et le Stephen King des premiers temps…

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Classé dans Littérature française

Le Roi des Aulnes / Michel TOURNIER

Une enfance frustrée de tendresse, une adolescence humiliée, un métier qu’il juge au-dessous de lui ont contribué à faire d’Abel Tiffauges l’ennemi de la société. Mais un épisode de sa vie d’écolier lui a donné la conviction qu’il existe une secrète complicité entre le cours des choses et son destin personnel : parce qu’il devait ce matin-là comparaître devant le conseil de discipline, il a fait le vœu que le collège soit détruit par le feu. Or, tandis que dans les cas ordinaires ce genre de prière demeure sans effet, cette fois l’incendie libérateur a eu lieu…

Deux passions éclairent et réchauffent sa solitude : la détection des symboles dont il devine la présence autour de lui, et le goût de la chair fraîche. Il hante les étals des bouchers et il rôde autour des écoles communales. Il y a en lui du mage et de l’ogre, le premier guidant et secourant le second. C’est ainsi qu’une affaire de viol menaçant de l’envoyer au bagne, la mobilisation de 1939 lui vaut un non-lieu : l’école a encore brûlé !

Fait prisonnier en 1940, Tiffauges est acheminé vers la Prusse orientale. Alors que ses compagnons sont accablés par cette plaine infinie et désolée, il y voit la terre magique qu’il attendait et il y trouve une étrange libération dans sa captivité. Pays des emblèmes héraldiques et paradis de la chasse, la Prusse orientale est exaltée de surcroît par la mythologie nazie et par son culte des symboles et du sang. Deux Ogres majeurs règnent déjà sur ses forêts et sur ses marécages : Göring, l’Ogre de Rominten, grand tueur de cerfs et mangeur de venaison, et Hitler, l’Ogre de Rastenburg, qui pétrit sa chair à canon avec les enfants allemands. Tiffauges devient l’Ogre de Kalterborn, une ancienne forteresse teutonique où sont sélectionnés et dressés les jeunes garçons appelés à devenir la fine fleur du IIIe Reich.

 

« Le Roi des Aulnes » est un roman étonnant. Très vite, on sort du réel et on entre dans un monde parallèle, où évoluent des créatures magiques à l’apparence anodine. Le personnage principal, Abel Tiffauges, ne peut bien sûr paraître sympathique, mais il envoûte, on est fasciné par l’inéluctabilité de son destin. La terre de Prusse orientale aussi, telle que la décrit Tournier, pose ce cadre magique qui transporte ailleurs, hors du temps.

La plume élégante de Tournier ajoute au plaisir trouble qu’on éprouve en lisant ce livre. Trouble car le problème c’est qu’on en arrive presque à comprendre les actes horribles que commet Tiffauges et même la fin en forme de rédemption étrange va le sublimer.

C’est un livre après lequel il faut prendre une grande goulée d’air frais pour retomber dans le réel…

J’ai relu (en traduction française bien sûr !) le poème de Goethe dont, paraît-il, Tournier s’est inspiré. Vous pouvez le lire sur  :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Roi_des_aulnes_(poème)

 

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Classé dans Littérature française

Narcisse & Goldmund / Hermann HESSE

C’est dans l’Allemagne du Moyen Age qu’Hermann Hesse, prix Nobel de littérature 1946, a situé l’histoire du moine Narcisse et de Goldmund, enfant très doué qu’on lui a confié et auquel il s’attache. Il sent que sa vocation n’est pas le cloître et l’aide à choisir sa voie. C’est alors pour Goldmund la vie errante, les aventures galantes ; il se décide, par sagesse, à devenir sculpteur : l’art sera une façon de chercher le beau.

Philosophe autant que poète et romancier, Hermann Hesse aspire à une civilisation idéale où il y aurait équilibre entre spiritualité et animalité : toute son œuvre est imprégnée de ce désir de conciliation.

 

C’est le sens de sa vie que Goldmund cherche à travers toutes ses aventures. Mais ce qui compte, ce qui fait sa vie, c’est la quête… J’ai aimé la description de l’époque, de la vie des moines et des artisans…

Pas de personnage de femme intéressant ou alors c’est un idéal inaccessible…

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Classé dans Littérature allemande

La trilogie de Phénix / Bernard SIMONAY

Quatrièmes de couverture :

1 : Phénix

Dorian et Solyane, frère et sœur jumeaux, vivent une jeunesse dorée entre les murs de la cité de Syrdahar, oasis survivant depuis des temps immémoriaux au milieu des Terres Bleues, un désert infranchissable où règnent la mort et la désolation. Jusqu’au jour où leur don de prémonition leur annonce la destruction imminente de la cité. Alors contraints de fuir, les deux enfants vont devoir traverser les Terres Bleues, première étape sur le chemin de la formidable aventure qui les attend. D’épreuves en sacrifices, leur quête les conduira aux quatre coins du monde à la rencontre de chevaliers et de prêtres énigmatiques. Mais surtout, ils devront combattre l’effroyable malédiction qui pèse sur eux, cet amour interdit qui les enchaîne irrémédiablement l’un à l’autre.

2 : Graal

Sous le règne de Dorian et Solyane, Gwondaleya connaît une ère de paix et de prospérité sans précédent. Mais une menace pèse sur le royaume, qui voit ses frontières attaquées par des hordes fanatiques surgies de nulle part ; dans les villes, d’inquiétants prêcheurs haranguent les foules tandis qu’un froid inexplicable s’abat sur le monde. Séparée de Dorian et de son fils Pelleas, parti mettre un terme aux agissements du monstre qui se cache sous le masque du Prophète, Solyane, victime d’un piège diabolique qui se referme peu à peu sur elle, aura-t-elle la force d’aller jusqu’au bout de sa quête fabuleuse, celle-là même que les légendes de jadis appelaient Graal ?

3 : La malédiction de la licorne

Nelvéa, la fille du couple mythique qui régnait sur Gwondaleya, est devenue la première femme chevalier et a pris pour emblème la Licorne. Mue par un appel irrésistible, elle se lance sur les traces de son père et s’enfonce dans les profondeurs de la forêt. Mais son aventure la mènera bien plus loin encore… D’épreuves en sacrifices, il lui faudra découvrir l’amour et la haine, lever la malédiction qui la poursuit et affronter ses propres démons avant de pouvoir enfin comprendre le véritable sens de sa quête. Aventure épique dans un décor qui mêle réel et imaginaire à la manière des romans de chevalerie, La malédiction de la Licorne est aussi le portrait d’une femme touchante, à la fois forte et fragile, à la recherche d’un passé enfoui qui lui révélera sa propre identité.

 

Extraits :

« Le jour, elles paraissent dormir, assoupies dans un sommeil minéral et tragique. Un vent chaud et sec souffle en permanence de leurs étendues désertiques. L’haleine des Génies, disent les paysans. Au soleil, leur couleur est indéfinissable. C’est une palette de gris, de bruns, de rouges qui se mêlent et s’entrecroisent, ponctués ça et là par la tache incandescente d’un affleurement de lave.
Rien n’y vit. Ni plantes ni animaux. Pas un chant d’oiseaux n’y fait vibrer l’air. C’est le royaume des dieux minéraux. Un royaume qui s’étend d’un bord à l’autre de l’horizon et que l’on ne peut franchir sans perdre sa vie et son âme.
La nuit, elles brillent d’une lumière étrange qui leur a valu leur nom. En été, les orages y font naître des apparitions fantastiques, effrayantes, illuminées d’éclairs éblouissants, comme si les dieux invisibles voulaient prendre corps.
De même, lorsque la neige s’installe en hiver, le désert diffuse encore une lueur obscure venue des entrailles de la terre. Il n’y fait jamais totalement nuit.
On les appelle les Terres Bleues.

Le monde s’arrêtait aux Terres Bleues. Un monde tout petit, refermé sur lui-même, prisonnier du désert sans vie, mais protégé par les forêts de la Ceinture. Sept collines aux pentes douces, couvertes d’arbres vigoureux et de taillis impénétrables, remparts inviolables au-delà des plaines cultivées. Au centre de ce paradis cerné par l’enfer s’étendait la ville: Syrdahar.
Du sommet de la Tour Haute, Solyane contemplait l’horizon bleuté, serrant très fort la main de Dorian lorsqu’un éclat de lumière inondait la roche lointaine d’une lueur aveuglante. Elle avait compris depuis longtemps que Syrdahar n’avait rien à redouter des génies qui vivaient là-bas mais elle frémissait toujours devant leurs impressionnantes manifestations lumineuses. Pourtant, malgré son angoisse, elle aimait ce spectacle dont la beauté irréelle la fascinait. Chaque soir, avant d’aller se coucher, elle montait ainsi sur le chemin de ronde accompagnée de son frère et de sa mère. Elle s’appuyait sur la roche taillée et contemplait le spectacle hallucinant. Jamais elle ne s’en lassait. De la ville montaient des parfums épicés, mêlés aux odeurs enivrantes des prés et aux senteurs aquatiques du lac. »

 

« – A l’origine, disait le prêtre, les dieux vivaient en bonne intelligence avec les humains, les Terres Bleues n’existaient pas alors. Une végétation luxuriante les recouvrait et ceci bien au-delà de l’horizon.
– Qui étaient ces dieux? demanda Dorian.
– Nul ne le sait. Il ne reste rien aujourd’hui qui permette de savoir quel était leur aspect, ni d’où ils venaient. La seule chose dont on soit sûr, c’est qu’ils nous ont apporté la connaissance. Dans leur grande sagesse, ils ont fait bénéficier les hommes des bienfaits qu’elle peut amener. Mais ceux-ci ont cru, dans leur orgueil démesuré, qu’ils seraient capables de contrôler la connaissance sans l’aide des dieux. Pourtant, il manquait à l’homme une qualité essentielle: la sagesse. Aussi pour nous punir, les dieux abandonnèrent-ils le monde, nous laissant seuls avec les bribes du savoir que nous leur avions dérobées. Cependant, la Connaissance peut engendrer autant de catastrophes que de bienfaits si elle est mal utilisée. La folie de l’homme amena sa propre destruction dans un embrasement gigantesque que l’on a appelé: le jour du soleil. Écoutez bien ce que dit le livre de Thallan :
« Ce fut comme si le soleil lui-même s’était posé sur le monde. Les villes brûlèrent et fondirent. Les hommes furent frappés de folie. Un souffle infernal anéantit les campagnes, bouleversa les plus hautes montagnes. Il n’y eut aucun endroit pour s’abriter. Le feu qui couvait dans les entrailles de la terre remonta et se répandit, enflammant comme des torches jusqu’aux navires les plus éloignés des côtes. L’eau des océans s’enfla et dévasta des pays entiers. Des raz de marée hauts comme des collines emportèrent ceux qui avaient survécu aux flammes.
L’homme disparut presque totalement de la surface du monde. Les survivants et leurs descendants connurent le chaos. La faim et la misère les ravalèrent peu à peu au rang des bêtes sauvages. La nuit avait étendu ses ailes immenses sur le monde.
Puis les dieux prirent les hommes en pitié. Ils leur refusèrent la lumière de leur présence mais confièrent à certains d’entre eux la tâche de relever la civilisation. A ces privilégiés ils confièrent une partie de la connaissance dont ils devaient garder les secrets. Ces privilégiés prirent le nom d’amanes. Seuls depuis des temps immémoriaux ils ont eu accès à la connaissance. »
Ainsi parle le livre de Thallan.
A l’origine, conclut Adelfius, un seul homme reçut des dieux la connaissance. Il s’appelait Kalkus de Rives. Vous ne devrez jamais oublier son nom. Il est notre maître à tous depuis plus de vingt siècles. Ainsi, seuls les amanes possédaient la connaissance. Le contenu même de ce mot restait un secret. Seuls les amanes en détenaient les clefs. »

Mon avis :

Un savant mélange d’Histoire du futur de la Terre et de Fantasy : L’histoire est située dans le temps, l’auteur nous offre même une chronologie et une carte, mais le cadre des aventures, la manière de vivre des personnages évoquent une époque médiévale « améliorée ».

De l’imagination à revendre et un suspense maîtrisé plus une belle histoire d’amour…

J’ai beaucoup aimé ! Merci, monsieur Simonay 🙂

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Classé dans Littérature française