Archives mensuelles : décembre 2011

Terre des oublis / DUONG THU HUONG

Alors qu’elle rentre d’une journée en forêt, Miên, une jeune femme du Hameau de la Montagne, situé en plein cœur du Vietnam, se heurte à un attroupement : l’homme qu’elle avait épousé quatorze ans auparavant, dont la mort comme héros et martyr avait été annoncée depuis longtemps déjà, est revenu. Miên est remariée avec un riche propriétaire terrien, Hoan, qu’elle aime et avec qui elle a un enfant. Bôn, le vétéran communiste, réclame sa femme. Sous la pression de la communauté, Miên, convaincue que là est son devoir, se résout à aller vivre avec son premier mari. Au fil d’une narration éblouissante, la romancière passe de l’un à l’autre des personnages de ce triangle tragique. Miên tente désespérément de se réhabituer à un homme épousé très jeune, physiquement détruit par des années de combats et d’errances dans la jungle, mû par la seule obsession d’engendrer un fils. La jeune femme, nuit après nuit, vit un calvaire. Elle ne peut oublier Hoan qui, résigné, a fui vers la ville où, malgré ses succès commerciaux, il vit un enfer. Plongeant dans le passé de ces trois innocentes victimes, éclairant leurs destinées individuelles par l’évocation d’une société pétrie de principes moraux et politiques, convoquant leur quotidien dans une somptueuse description de sons, d’odeurs et de couleurs, Duong Thu Huong donne véritablement corps à son pays.

Terre des oublis, grand roman de l’après-guerre du Vietnam, est un livre magistral.

 

Un livre fort, plein de sentiments blessés et d’images d’un pays blessé, lui aussi, mais qui veut renaître. La guerre n’a pas fini de faire des victimes… Quelle folie pousse donc les hommes à se battre et à se faire du mal ?

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Classé dans Littérature vietnamienne

Pavillons lointains / Mary Margaret KAYE

Pavillons lointains est à la révolte des Cipayes ce qu’Autant en emporte le vent est à la guerre de Sécession.

Des cimes enneigées de l’Himalaya aux palais des maharadjas, de la Kyber Pass à Kaboul, ce roman retrace les années les plus tumultueuses du rattachement de l’Inde à l’empire britannique au XIXe siècle. Mais c’est avant tout une grande histoire d’amour transcendant les tourments et la fureur de son époque, celle d’Ash, jeune Anglais élevé comme un Indien, et de Juli, princesse indienne déchirée entre raisons du coeur et raison d’État. Et tandis que familles et castes, alliés et ennemis se combattent aveuglément, une civilisation millénaire se précipite vers son destin…

Introuvable depuis de nombreuses années, cette formidable fresque du Raj, dans la lignée d’un Kipling, se devait d’être rééditée.

L’auteur :

C’est le 21 août 1909 à Simla en Inde que naît Mary Margaret Kaye. Elle y passe sa jeunesse ainsi que les premières années de son mariage. Fille et petite fille d’officiers du « British Raj », ses liens avec l’Inde sont particulièrement forts. Après l’Inde, elle suit son mari, le major général Goff Hamilton du corps des Guides de la Reine Victoria (le fameux régiment qui figure dans Pavillons lointains), au Kenya, à Zanzibar, en Égypte, en Chypre et en Allemagne. En 1978, M. M. Kaye obtient une notoriété internationale à la publication de Pavillons lointains qui devint un best-seller mondial. C’est au gré des mutations de son époux que Mary Margaret Kaye s’inspire de ses lieux de séjour pour une série de romans policiers « Death in … » dont Death in the Andamans et Death in Kashmir qui se passent en Inde. Elle écrit son autobiographie en 3 volumes qui paraissent respectivement en 1990, 1997 et 1999. Mary Margaret Kaye est décédée le 29 janvier 2004 à Suffolk aux États-Unis à l’âge de 95 ans.

 

J’ai adoré ce livre, je l’ai lu il y a des années, je le relis de temps en temps et il ne me déçoit jamais ! Il y a de l’amour, de l’amitié, des aventures dans un pays magnifique et j’aime beaucoup l’écriture de Mary Margaret KAYE…

Un grand moment de lecture

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Classé dans Littérature anglaise

Un vide à la place du coeur / Alicia GIMENEZ BARTLETT

(Nido vacio), 2010

Petra Delicado ne pensait pas que le simple fait d’aller aux toilettes dans un centre commercial serait si lourd de conséquences : une petite fille en profite pour lui voler son sac à main, et surtout le pistolet qu’il contient. Si les collègues de l’inspectrice jugent l’affaire carrément risible, Petra, elle, se demande avec angoisse entre quelles mains a pu tomber son arme.

Elle ne tarde pas à le savoir quand on découvre, dans le quartier de Gracia, le corps d’un étranger non identifié. Une balle lui a explosé les parties génitales. Une balle tirée par un Glock du même modèle que celui de Petra. Rongée par la culpabilité, l’inspectrice se lance sur la piste de la petite voleuse, avec pour seul point de départ la photo de l’enfant, trouvée dans les archives d’un centre d’accueil pour mineurs…

Dans cette septième enquête de Petra Delicado et de son adjoint Garzón, Alicia Giménez Bartlett aborde des thèmes d’une grande noirceur, mais évite la surenchère, préférant la finesse d’observation et l’humour cinglant. Plus pétulante que jamais, Petra vieillit avec son époque, revendique sa liberté de ton et d’action, et s’affirme comme l’une des héroïnes marquantes de la littérature policière contemporaine.

 

Un excellent roman qui réussit le tour de force de parler de sujets graves et importants et d’être truffé de séquences d’un humour décapant…

Un bon moment, à partager !

A lire aussi, du même auteur :

–       Rites de mort (Ritos de muerte), 2000

–       Le jour des chiens (Dia de perros), 2002

–       Les messagers de la nuit (Mensajeros de la oscuridad), 2003

–       Meurtres sur papier ((Muertos de papel), 2004

–       Des serpents au paradis (Serpientes en el paraiso), 2007

–       Un bateau plein de riz (Un barco cargado de arroz), 2008

Ils sont tous de la même eau et on suit avec plaisir Petra et Garzon dans des enquêtes parfois très inattendues. On découvre Barcelone et un humour espagnol que je n’attendais pas et qui m’a vraiment plu! Une découverte…

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Classé dans Littérature espagnole

La trilogie de Skaith / Leigh BRACKETT

1 : Les voix de Skaith (The Ginger Star) – aussi paru sous le titre « Le secret de Skaith »

Quatrième de couverture :

Un homme recherche son père adoptif parmi les diverses sociétés des villes et des villages, des temples et des citadelles, et les diverses sauvageries des plaines et des gouffres, des montagnes et des cavernes, sur une planète lointaine dont le soleil se meurt…

Extrait :

« Ce fut du tender desservant le port spatial de la lune que Stark vit Pax pour la dernière fois; et jamais il ne l’avait vue aussi bien. Pax est la principale planète habitable de Vega. C’est aussi une métropole ; ce monde baptisé avec un espoir si précaire se vante avec orgueil que pas un grain de blé n’y germe et que pas un seul objet utile n’y est fabriqué.

La ville s’élance dans le ciel. Elle s’étend sur tous les terrains et même sur de petites mers. Elle s’enfonce sous le sol, niveau après niveau. De grandes superficies sont spécialement conditionnées et équipées pour des non-humains. Tout vient de l’extérieur. Tout le nécessaire est expédié aux docks lunaires, d’où les tenders de ravitaillement partent pour Pax. Rien ne vit sur Pax, sauf des fonctionnaires, des diplomates et des ordinateurs.

Pax est le centre administratif de l’Union Galactique, fédération de mondes s’étendant sur la moitié de la Voie Lactée et englobant également les mondes insignifiants du système solaire. C’est sur Pax que les millions de problèmes des milliards de gens habitant des milliers de planètes diverses deviennent des abstractions faciles à résoudre, tracées sur des rubans magnétiques, des fiches et d’incroyables quantités de feuilles de papier.

« Un monde de papier, pensa Stark, peuplé de gens en papier. »

Mais ce n’était pas le cas de Simon Ashton. Le temps, et ce qu’il avait accompli en matière d’administration planétaire, lui avaient valu un bureau confortable au ministère des Affaires planétaires et un appartement également agréable dans un immeuble haut de quinze cents mètres. Appartement qu’il pouvait ne jamais quitter, s’il le désirait, sauf pour gagner son bureau sur un des trottoirs roulants. Cependant, comme beaucoup de ses collègues dans ce ministère-là, Ashton n’avait jamais perdu son énergie nerveuse, tendue comme une corde de violon. Il se rendait souvent sur place. Il savait que les problèmes d’êtres vivant dans des endroits bien définis ne pouvaient être uniquement résolus en faisant régurgiter des données à une banque d’ordinateurs.

Ashton était allé sur place une fois de trop. Il n’était pas revenu.

Stark l’avait appris alors qu’il se trouvait sur un des mondes moins policés ne faisant pas partie de l’Union. La vie y était plus agréable pour des hommes comme lui. Il était, selon la vieille expression, un loup solitaire, un homme totalement sans maître dans une société où toute personne respectable appartenait à quelque chose. Stark n’accordait son allégeance que par choix, et généralement contre paiement.

Il était mercenaire de métier; il y avait suffisamment de petites guerres tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Union et suffisamment de populations lointaines faisaient appel à ses services pour lui permettre de gagner confortablement sa vie, tout en se livrant à son occupation préférée.

Combattre.

Il s’était battu presque avant de savoir marcher. Né dans une colonie minière de la Ceinture crépusculaire de Mercure, il s’était battu pour rester en vie sur une planète qui n’encourageait pas la vie. Ses parents étaient morts ; ses parents adoptifs étaient des aborigènes sous-humains, arrachant une existence précaire aux vallées brûlantes. Il avait combattu, sans succès, les hommes qui avaient massacré ses parents adoptifs et l’avaient mis en cage, comme une curiosité pleine de hargne. Plus tard, il avait lutté pour survivre en tant qu’homme.

Sans Simon Ashton, il n’y serait jamais parvenu.

Il se souvenait si bien de la chaleur terrifiante, de la douleur d’avoir perdu les siens, des barreaux de la cage, des hommes hilares qui le tourmentaient. Puis Ashton était venu, investi de pouvoirs, son sauveur ; et N’Chaka, l’Homme-Sans-Tribu, avait cédé la place à Eric John Stark.

Deux fois orphelin, Eric-N’Chaka avait, peu à peu, accepté Ashton comme un père. Plus que cela, il accepta Ashton comme un ami. Durant son adolescence il passa énormément de temps avec Ashton car ils étaient très seuls dans les colonies lointaines dans lesquelles on envoyait celui-ci. La bonté d’Ashton, sa sagesse, sa patience, sa force et son affection étaient indélébilement gravés en Stark. Il devait même son nom à son protecteur. Ashton avait fouillé les registres des Mines mercuriennes pour trouver trace de ses parents.

Et maintenant Simon Ashton avait disparu sur le monde d’une étoile rousse située au diable vauvert, dans l’Etrier d’Orion. Un monde tout récemment découvert nommé Skaith dont presque personne n’avait entendu parler, sauf au Centre Galactique. Skaith ne faisait pas partie de l’Union, mais l’Union y avait un consulat. Quelqu’un avait demandé l’aide de l’Union et Ashton était allé sur place.

Peut-être avait-il outrepassé son autorité. En tout cas, ses supérieurs avaient fait de leur mieux. Mais les autorités locales avaient fermé le consulat et refusé de laisser entrer les envoyés de l’Union. Toutes les tentatives pour retrouver Ashton ou apprendre la raison de sa disparition avaient échoué.

Stark avait pris le premier spationef à destination du Centre Galactique et de Pax.

Retrouver Ashton était désormais son seul but. »


2 : Les chiens de Skaith (The Hounds of Skaith)

Quatrième de couverture :

Stark avait vaincu le Chien-Roi Ecorcheur sur la Plaine du Cœur-du-Monde. La meute de molosses télépathes lui obéissait donc. Mais il savait qu’au moindre signe de faiblesse elle serait plus implacable que tous ses autres ennemis sur cette planète hostile. lldann se pencha en avant :   » Les Fallarins sont encore plus puissants que tes Chiens-Démons. S’ils se prononcent contre toi, tu finiras dans les flammes du Bûcher de Printemps. »


3 : Les pillards de Skaith (The Reavers of Skaith)

Quatrième de couverture :

A l’extrémité de l’Etrier d’Orion… Il est un monde agonisant, auprès d’une étoile crépusculaire. Skaith. Un monde de religions et de coutumes étranges, où vivent les Fallarins et les Tarfs, les Errants et les Hérauts, les Chiens et… Eric John Stark, le mercenaire d’outre-monde, l’homme élevé par des créatures à demi-humaines dans l’environnement infernal de Mercure… Tragique et féerique, voici le troisième volet de la Saga de Skaith…

 

NCHAKA l’homme sans tribu, le jeune terrien élevé par les indigènes de Mercure, est un des anciens héros de Leigh BRACKETT qui le promena jadis de Mercure à Mars. Après une éclipse de près de vingt ans elle le ressuscite pour animer la trilogie de SKAITH.

 

Mon avis :

Après « Le Livre de Mars », revoici Eric John Stark, N’Chaka l’homme-sans-tribu, sous la plume magique de Leigh Brackett, cette fois au secours de son mentor, Ashton, disparu lors d’une mission diplomatique.

Skaith, c’est un monde à l’agonie, dont l’étoile est en fin de vie, peuplé par des survivants étranges et dirigé par des entités mystérieuses. Mais Eric John Stark n’est pas le premier humain venu, il est aussi N’Chaka…

Pour ceux qui aiment le genre « Planet Opera », découvrez Skaith, ses peuples étranges, ses paysages crépusculaires – et tout cela au rythme des aventures trépidantes d’Eric John Stark…

J’ai adoré ces trois livres et je regrette qu’il n’y ait pas eu de réédition, je dois donc me contenter de mes trois vieux volumes tout jaunis que je garde précieusement !

Depuis le jour où j’ai écrit cet article, une réédition à enfin eu lieu aux éditions Le Bélial – merci beaucoup ❤ – complétée par deux textes inédits écrits en collaboration par Leigh Brackett, l’un avec son mari Edmond Hamilton et l’autre avec Ray Bradbury… J’ai bien sûr sauté sur l’occasion et ce livre est dans ma bibliothèque!

Toutes les infos sur ce bouquin ici : https://www.belial.fr/leigh-brackett/stark-et-les-rois-des-etoiles

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Classé dans Littérature américaine (USA)

Le livre de Mars / Leigh BRACKETT

1ère éd. française : éd. Opta, Club du Livre d’Anticipation (CLA), en 1969. C’est celle que je possède.

Contient :

Le secret de Sinharat (The Secret of Sinharat), pages 1 à 100, trad. Michel DEUTSCH

Eric John Stark s’engage comme mercenaire au service de Delgaun, seigneur de Valkis, le repaire des anciens Rois Pirates. Cet ambitieux veut entraîner les tribus des Terres Sèches à la conquête des riches Etats-Cités. Pour soulever les foules, il s’attribue des pouvoirs qu’il n’a sans doute pas ; mais des liens mystérieux l’unissent à Kynon, le Donneur de Vie, et à Berild, la reine aux cheveux de flamme.

La vérité se cache-t-elle à Sinharat, la ville de corail ? C’est là que les Ramas, les voleurs de vie, ont enfoui le secret du Transfert des Esprits avant de disparaître, il y a des milliers d’années. Stark se joint à une caravane qui, sous la conduite de Kynon et de Berild, part pour l’antique cité. Une puissance diabolique est à l’œuvre, et la guerre qui s’annonce peut ensanglanter la moitié de la planète. Mais il y a peut-être encore une chance de l’arrêter.

« Les femmes regardaient Stark. Elles avaient une grâce féline. Nues jusqu’à la taille, elles portaient des jupes fendues sur le côté et n’arboraient d’autres bijoux que les minuscules clochettes d’or caractéristiques des villes du Bas Canal, dont le carillon délicat était omniprésent. »

Le peuple du talisman (People of talisman), pages 101 à 237, trad. Michel DEUTSCH

Le talisman ! Depuis les temps légendaires, il était l’orgueil de Kushat, la cité polaire. Mais les gardiens ont manqué à tous leurs devoirs, la pierre a disparu et les barbares se font menaçants. Ciaran, le chef de guerre des cavaliers nomades, rêve de piller la ville et de trouver, au-delà des Portes de la Mort, les clefs de la toute-puissance.

Eric John Stark, l’aventurier terrien, retrouve le talisman et le rapporte aux Kushatis. Ensemble, ils font face à l’invasion. Mais nul ne connaît plus l’usage de la pierre mystérieuse et le désastre guette. Il faut franchir les Portes de la Mort, s’enfoncer dans une vallée glacée, trouver les trois tours où les anciens maîtres de Mars ont gardé en mémoire le secret du talisman…

C’est alors que les choses tournent vraiment mal. Ce qui désormais attend Stark, c’est l’abîme de la folie. Rien de moins.

Mars et les Terriens

  • 1998 le jardin du Shanga (The Beast-Jewel of Mars), pages 240 à 291, trad. Michel DEUTSCH
  • 2016 la malédiction de Bisha (Mars Minus Bisha), pages 292 à 318, trad. Michel DEUTSCH
  • 2024 les derniers jours de Shandakor (The Last Days of Shandakor), pages 319 à 362, trad. Michel DEUTSCH
  • 2031 la prêtresse pourpre de la lune folle (Purple Priestess of the Mad Moon), pages 363 à 391, trad.Jean LAUSTENNE
  • 2038 la route de Sinharat (The Road to Sinharat), pages 392 à 438, trad. Michel DEUTSCH
Réédition Le Bélial, 2008, « Le grand livre de Mars » augmentée du roman « L’épée de Rhiannon », couverture pas géniale de nouveau !
L’épée de Rhiannon
Matt Carse, un aventurier terrien, a d’abord trouvé l’épée, qui l’a conduit à la tombe cachée. C’est là que les Quiru, les anciens dieux, ont enfermé pour l’éternité Rhiannon, le Maudit, le Déchu, le Hors-la-loi. C’est là que Matt Carse est projeté d’un seul coup dans un passé lointain. Il voit l’océan de Mars, disparu depuis un million d’années. Il rencontre les Rois de la Mer, engagés dans une guerre sans merci contre les cruels hommes de Sark et leurs maîtres Dlitiviens, Descendants du Serpent. Il capture la belle Iwain, fille du roi de Sark. Une force inconnue semble le posséder.

Cependant la partie est peut-être jouée d’avance. Les Quiru ont quitte Mars pour aller on ne sait où. Rhiannon est déjà captif de sa sépulture secrète avec tous les instruments de sa terrible puissance. L’ombre du Serpent s’étend sur la planète, et les Rois de la Mer auraient bien besoin de trouver le tombeau perdu. Carse en connaît l’emplacement et pourrait les aider. Le malheur est qu’ils voient l’ombre noire au fond de lui et qu’ils n’ont pas confiance.

Réédition poche, Pocket, 2011, en 2 vol.


Mars. La rouge. La sèche. L’immortelle. Mars où les empires s’entrechoquent et s’effondrent, où les héros naissent à l’ombre d’oriflammes barbares.

Mars, ou la fierté d’un héritage culturel indicible et millénaire. Mars des secrets. Du pouvoir. De la mort. Mars du souvenir…

 

Leigh Brackett (1915-1978) est mondialement connue comme scénariste de films comme Le grand sommeilRio Bravo, L’empire contre-attaque. Pourtant elle a surtout écrit de la S.F. et de la science fantasy, situant sur Mars ou sur Vénus des aventures épiques et flamboyantes où la science a un tel pouvoir qu’on la distingue mal du surnaturel. Elle évoque Mars avec une puissance poétique digne de Bradbury, dont elle fut l’amie et la collaboratrice au temps des Chroniques martiennes.

 

Un bouquin génial que je garde précieusement et que je relis régulièrement. Leigh Brackett a un talent de conteuse rare et a imaginé une planète Mars crépusculaire et flamboyante à la fois dans ses derniers sursauts de vie…

C’est une autre Mars que celle – étrange, belle et paisible – de Bradbury, celle-ci est un poème épique… On ne peut s’empêcher de penser à la Mars de BURROUGHS !

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Classé dans Littérature américaine (USA)

Le dernier chant des Sirènes / Poul ANDERSON

« Au-dessus, elle danse, nue sous la, lune ou le soleil, aux vents et à la pluie, lançant des mouettes et des baisers d’embrun. Au-dessous, elle est de vert et d’or, calme, toute caresse, elle qui accepte pour enfants les bancs de poissons comme les troupeaux de baleines, le menu fretin comme le gros bétail, même sans les connaître, elle, généreuse protectrice du monde. Mais en son plus lointain profond, elle abrite ce qu’elle n’expose jamais au grand jour, le mystère, et la terreur, la matrice dont elle s’accouche elle-même. »

 

Couverture affreuse aussi, parfois on se demande où ils vont les chercher… mais, oui, j’ai aimé ce bouquin écrit avant la vogue de la Fantasy chez nous (© 1982), et qui mêle l’histoire et les vieilles légendes !

C’est l’histoire des derniers représentants du peuple siréen, maudits et chassés par les humains car la religion les dit diaboliques et, bien sûr, pour les prêtres, ils n’ont pas d’âme ; le tout est raconté de façon poétique et ressemble à un conte ! Merveilleuses descriptions de la mer…

Dommage qu’on ne prévoit pas de réédition, je l’aurai volontiers racheté dans une autre présentation…

 

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Agent de l’Empire terrien / Poul ANDERSON

1ère éd. française, éd. Opta, Club du Livre d’Anticipation (CLA), c’est celui que je possède. Il existe une réédition chez « L’Atalante », avec une couverture que je trouve particulièrement affreuse ! C’est pour cela que je ne l’affiche pas…

Contient :

1 – Le tigre par la queue (Tiger by the Tail), pages 7 à 38, trad. Frank STRASCHITZ

2 – Les guerriers de nulle part (The Ambassadors of Flesh), pages 39 à 59, trad. Frank STRASCHITZ

3 – Honorables ennemis (Honorables Ennemies), pages 61 à 86, trad. Frank STRASCHITZ

4 – Pour la gloire (The game of glory), pages 87 à 132, trad. P. J. IZABELLE

5 – Les chasseurs de la caverne du ciel (A Handful of Stars), pages 133 à 247, trad. Frank STRASCHITZ

6 – Message secret (A Message in Secret / Mayday Orbit), pages 249 à 314, trad. Frank STRASCHITZ

7 – Le fléau des maîtres (A Plague of Masters / Earthman, Go Home !), pages 315 à 416, trad. Frank STRASCHITZ

L’Empire terrien régente quatre millions d’étoiles. De lointains descendants de la planète mère y côtoient des milliers d’espèces étrangères au sein des cultures et des sociétés les plus diverses. Or les premiers symptômes de la décadence frappent aujourd’hui ce colosse repu ; dans les palais de Terra où viennent s’entasser les richesses de la Galaxie, le sybaritisme et la corruption le gangrènent déjà. Et d’autres puissances expansionnistes guettent chacun de ses faux pas. Mais les agents de l’Empire veillent encore, qui franchissent les gouffres entre les mondes pour retarder l’échéance de la Longue Nuit.

« Le crime, » disait le capitaine Dominic Flandry, du Service de Renseignements de la Flotte Impériale Terrienne, « est exclusivement une question de degré. Si vous tuez votre voisin afin de lui voler sa propriété, vous êtes un assassin et un voleur, qui mérite d’être psychorévisé et réduit en esclavage. Si, par contre, vous assemblez une bande de solides gaillards, tuez deux ou trois millions de gens et leur prenez leur planète, vous êtes un grand conquérant, un héros de l’Empire et votre nom sera dans les livres d’histoire. Tôt ou tard, cette contradiction trouve son chemin dans la conscience nationale et cause un désir de paix universelle. C’est ce que l’on nomme décadence, surtout chez les philosophes de l’Histoire, qui n’ont jamais mis le pied sur un champ de bataille. L’Empire traverse actuellement le premier stade de la décadence, époque à laquelle il fait bon vivre : paix, plaisirs en abondance, dans une société pas encore suffisamment pourrie pour que le chaos se soit installé. On pourrait dire que l’Empire est une banane sur laquelle apparaissent les premières taches brunes.

Il ne fut pas mis en prison pour ces remarques, parce qu’il les faisait en privé, sur le balcon de son pavillon situé dans l’hémisphère sud de Varrak. »

(Les guerriers de nulle part)

 

Je ne sais plus combien de fois j’ai lu et relu ce bouquin que j’adore, justement parce que je trouve qu’Anderson ne se prend pas très au sérieux : il se moque gentiment de lui-même et des héros (séduisants et invincibles!) de son livre et d’autres livres de l’époque. Le texte est d’abord destiné à distraire… Mais, peu à peu, apparaissent des réflexions très profondes : sur la vie, l’humanité, le passé, le présent, le futur ? Le livre est paru en 1970… et, pour moi, il n’a pas pris une ride!

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