Archives mensuelles : novembre 2011

Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler / Luis SEPULVEDA

Zorbas le chat grand noir et gros a promis à la mouette qui est venue mourir sur son balcon de couver son dernier œuf, de protéger le poussin et de lui apprendre à voler. Tous les chats du port de Hambourg vont se mobiliser pour l’aider à tenir ces promesses insolites. À travers les aventures rocambolesques et drôles de Zorbas et Afortunada, on découvre la solidarité, la tendresse, la nature et la poésie.

 

Pour les enfants ? Non, pour tous, de 7 à 97 ans !

Quelle tendresse et, de nouveau, quelle poésie dans ce livre qui est une leçon de vie…

A lire absolument !

Poster un commentaire

Classé dans Littérature pour la jeunesse, Littérature sud-américaine (Chili)

Le vieux qui lisait des romans d’amour / Luis SEPULVEDA

El Idilio est un petit village aux portes de la forêt amazonienne. Un enfer vert peuplé de chercheurs d’or, d’aventuriers de tout poil en quête d’un Eldorado imaginaire, d’Indiens Jivaros rejetés par leur peuple. La découverte par les Indiens Shuars d’un cadavre d’homme blond atrocement mutilé met le feu au village. Malgré les accusations hâtives du maire qui désigne les Indiens, Antonio José Bolivar diagnostique dans cette mort non pas la main de l’homme mais la griffe d’un fauve… Le vieil homme, aguerri aux mystères de la forêt et grand lecteur de romans sentimentaux se voit bientôt contraint de se lancer dans une chasse de tous les dangers…

Roman écologique s’il en est, l’histoire que tisse Luis Sepúlveda se gorge d’une imagination éclatante et recèle cette part de magie issue des contes. Loin de nous donner une définition du paradis, l’Amazonie de l’auteur – qui la connaît bien pour y avoir vécu – est un lieu organique, cruel, dur et hostile. Elle n’en mérite pas moins le respect que l’on donne aux lieux qui rendent notre monde unique et dont l’existence est aujourd’hui en péril.

 

Ce livre est d’abord une critique de la destruction de la forêt amazonienne, Sepulveda constate que le « progrès » fait disparaître l’équilibre naturel, condamne des espèces végétales, animales et des humains (les Indiens). Cette forêt, en outre, est un des poumons de la planète.

Le personnage du vieil homme, profondément humain, fait comprendre que la clé du bonheur, c’est l’amour de la vie. Cet homme qui a vécu parmi les Indiens est un « sage », il sait qu’il faut vivre en symbiose avec la forêt et ne pas la détruire.

Tout cela raconté avec beaucoup de tendresse et de poésie…

Poster un commentaire

Classé dans Littérature sud-américaine (Chili)

Les roses d’Atacama / Luis SEPULVEDA

Les trente-cinq « histoires marginales » que Luis Sepulveda a rassemblées dans ce recueil répondent toutes au devoir de mémoire. L’auteur raconte que, visitant un jour le camp de concentration de Bergen-Belsen en Allemagne, il remarqua une pierre sur laquelle une main anonyme avait gravé cette inscription : « J’étais ici et personne ne racontera mon histoire ». Son but est de combler cette lacune en évoquant l’histoire de « tous ceux dont on ne parle pas dans les journaux, qui n’ont pour toute biographie qu’un passage oublié dans les rues de la vie ». Les victimes de la barbarie nazie comme le poète yiddish Avrom Sützkever, mais aussi celles de toutes les guerres et les dictatures à travers le monde. Parfois, il s’agit simplement de personnages singuliers dont le destin pour être obscur n’en est pas moins exemplaire comme cet acrobate uruguayen croisé dans un aéroport, ou ce Bengali qui, sur l’île de Timor, transforme un cimetière de bateaux en petit paradis. L’un des plus touchants est Fredy Taberna, jeune militant socialiste assassiné par les militaires chiliens et qui avait l’habitude de consigner dans un carnet ce qu’il considérait comme les merveilles du monde, les platanes de Santiago ou l’éclosion miraculeuse des roses du désert d’Atacama. Et c’est bien ce que fait Sepulveda lui-même, mû à la fois par la compassion et l’émerveillement : donner des raisons d’espérer en dressant l’inventaire poignant de ces vies à la fois humbles et extraordinaires. –Yves Bellec

 

C’est la seconde fois que je relis ce petit livre qui m’émeut profondément. Ce n’est pas un recueil de nouvelles, c’est un recueil de vies et de la vie : vies de personnes croisées au hasard de voyages ou parfois simplement racontées par d’autres. Mais au travers de ces petits textes, c’est la vie qui coule et la résistance à l’oppression.

Merci, monsieur Sepulveda…

Poster un commentaire

Classé dans Littérature sud-américaine (Chili)

Le Huit / Katherine NEVILLE

New York, 1972. Alors qu’elle s’apprête à gagner le Maghreb, Catherine Velis apprend d’un mystérieux antiquaire qu’elle court un grand danger : dans la désolation du Sahara, l’attendrait depuis toujours un fabuleux jeu d’échecs d’origine mauresque. Un jeu qui, en 782, envoûta dangereusement Charlemagne avant d’exciter onze siècles durant la convoitise de Richelieu, Robespierre, Catherine de Russie et Napoléon. Tous voulurent le mettre au service de leurs funestes desseins car selon la légende, il ferait de son détenteur l’égal de Dieu…

En Afrique du Nord, la jeune femme, plongée dans une quête où se joue l’avenir même de l’humanité, découvrira qu’elle n’est pas la seule à vouloir percer le secret du jeu maudit…

 

Un thriller ésotérique de plus, pensais-je en ouvrant ce livre… Eh bien, non ! D’abord, en vérifiant la date de la première publication (1988), j’ai constaté qu’il était bien antérieur au « Da Vinci code » et vraiment, Katherine Neville sait prendre le lecteur dans ses filets et ne le lâche qu’au bout de ces quelque mille pages, tout à fait abasourdi de tant d’imagination !

Poster un commentaire

Classé dans Littérature américaine (USA)

Pleine brume / Laurent BOTTI

Au printemps, Claire Hermin s’installe avec son fils Frédéric à Laville-Saint-Jour en Bourgogne. Dans cette tranquille bourgade, elle espère oublier la sinistre affaire qui l’a obligée à fuir Paris. Puis arrive l’automne, et avec lui la brume. Et dans la brume, tout est possible: qui peut vous voir? Qui devine ce qui se trame dans l’ombre? A l’abri du brouillard, la peur rode. Les assassins aussi. Et quand tombe la brume, deux enfants disparaissent. On retrouve leurs corps mutilés dans des mises en scène de cauchemar. Pour Claire, c’est une répétition du drame qu’elle a déjà vécu. Lui a-t-on tendu un macabre traquenard? Qui orchestre ces crimes dans le brouillard? Que cachent ces façades bourgeoises et ces notables tout-puissants? Et pourquoi s’en prend-on ainsi aux enfants? Claire plonge à la recherche de la vérité. Au cœur de la brume, un assassin aiguise ses griffes.

 

Une tranquille petite ville de Bourgogne où, à l’abri du brouillard, la peur rôde. Une ambiance très « Stephen King » mais à la française par un auteur qui, dans ce premier roman, me paraît plein de promesses…

Poster un commentaire

Classé dans Littérature française

L’écho des morts / Johan THEORIN

Joakim et sa femme Katrine ont décidé de quitter Stockholm pour s’installer dans une vieille ferme sur l’île d’Öland. Katrine et les enfants s’y installent alors que Joakim achève l’année scolaire au collège où il enseigne.

Après la noyade accidentelle de Katrine, Joakim sombre dans une profonde dépression. En faisant des travaux dans la maison, il tombe sur des inscriptions mystérieuses. Il apprend alors que dans le passé, les habitants de la ferme ont souvent été victimes d’accidents mortels. Les inquiétantes légendes d’Öland refont surface et Joakim se prend à imaginer qu’à l’instar d’autres esprits, Katrine pourrait revenir.

Le suspense s’épaissit. D’étranges cambriolages en série surviennent sur l’île. La jeune policière Tilda Davidsson qui mène l’enquête a bien du mal à dénouer tous ces fils qui s’entrecroisent.

 

Un roman intimiste à l’atmosphère étrange. L’écriture décalée avec des évènements anciens racontés contribue à entretenir le mystère. Et on se surprend à penser : et si…

Un nouvel auteur, une découverte… J’ai beaucoup aimé !

Poster un commentaire

Classé dans Littérature nordique (Suède)

Tout ce qui meurt / John CONNOLLY

On l’appelle «le Voyageur». C’est l’un des quelque deux cents tueurs en série qui sillonnent les Etats-Unis, semant la mort sur leur passage. Charlie Parker, dit «Bird», a de bonnes raisons de lui vouer une haine féroce : le monstre a assassiné sa femme et sa fille dans des conditions atroces. Après avoir démissionné de la police, Bird a pris une licence de détective privé, ce qui lui permet de suivre le Voyageur à la trace, d’une petite bourgade de Virginie jusqu’à La Nouvelle-Orléans, ensanglantée par une guerre des gangs particulièrement cruelle. Mais c’est dans le décor fantomatique des bayous de Louisiane qu’aura lieu l’affrontement décisif, reflet de celui qui oppose depuis toujours le Bien et le Mal.

 

C’est un roman très dur et très noir (ça, vous l’avez déjà compris)… Nous y faisons connaissance avec Charlie Parker qui traîne ses remords depuis la mort de sa femme et de sa fille assassinées. En effet, ce soir-là, il est parti de chez lui sur un coup de tête après une dispute et n’était pas là pour défendre sa famille ! C’est l’histoire de sa vengeance et de sa rédemption (autant que faire se peut, évidemment) ; il croit qu’il doit cette réparation à la mémoire des disparues…

J’ai adoré ce bouquin malgré sa noirceur. Charlie est émouvant et vrai et l’histoire est passionnante !

Poster un commentaire

Classé dans Littérature anglaise (Irlande)