La machine de Dieu / Bernard Roux

Présentation de l’éditeur :

A des années et des années-lumière de la Terre, une civilisation très avancée crée une intelligence artificielle surpuissante. Cette démence calculatoire a cependant une contrepartie : privée d’attache corporelle, elle ne peut gérer seule ses angoisses existentielles. D’un bout de l’Univers à l’autre, elle va chercher, parmi toutes les formes de vie connues, une créature en qui placer sa confiance – une confiance aveugle, absolue, totale. Une confiance fusionnelle d’où pourrait bien découler la connaissance absolue des lois de l’Univers. Et puis moi dans ce délire interstellaire. Moi, Pierre Plon, marié, quatre enfants, perdu quelque part dans l’Est parisien.

Extraits :

« C’est difficile de vivre éternellement avec des questions sans fin. Moi, j’en suis à ne même pas savoir si j’existe… A quoi ça sert de vivre ? On se donne des buts : la fortune, le talent, le génie, que sais-je ? Pour quoi faire ? Disparaître au bout de quelques malheureuses décennies avec toutes ses joies, ses peines, ses efforts, ses victoires, ses déchirures dans une indifférence générale du monde? Sans avoir pu partager tout ça ? Sans avoir servi à rien ? Comment tu fais, toi ?
— Comment je fais quoi ?
— Comment tu fais pour savoir que tu existes ?
— Je n’y pense pas.
— Voilà exactement ce à quoi je n’arrive pas.
— As-tu essayé ?
— Non.
— Essaie de le faire pour moi alors ! Essaie de te dire que tu vis pour moi. Ce n’est pas pire qu’autre chose, tu sais. Et peut-être qu’ainsi, tu arrêteras de tourner dans ta tête des questions stériles sans réponse.
— Je me marie avec toi et en échange je suis heureux ?
— Tu es heureux parce que tu sais pourquoi tu vis, oui. »

« L’Univers.
Son infinité éternelle, cataclysmique.
Un chaos incommensurable de milliards de galaxies
tourbillonnantes. Des géantes bleues, des naines jaunes, des pulsars violets, des trous noirs, d’innombrables soleils ; du gaz, de la matière, du vide, de la lumière. Des dimensions inconnues, une structure insondée.
Entre étoiles à neutrons et matière noire, le mystère de son immensité fascine et terrifie notre conscience.
L’Univers. Et sa bulle observable depuis la Terre.
La Terre.
Le centre du monde durant des siècles d’histoire humaine. La seule, l’unique, l’irremplaçable, la magnifique planète bleue. »

Mon avis :

Dès le début, on fait connaissance avec un enfant (Pierre) qui se pose beaucoup de questions sur la vie en regardant les étoiles. Et qui ne s’est pas posé ce genre de questionnement à un moment de sa vie? Aussi on s’accroche au personnage qu’on va suivre dans sa vie jusqu’au jour où il est enlevé par un OVNI…

Ensuite… Il est difficile de parler de la suite sans dévoiler trop de ce livre pour le futur lecteur, je me bornerai à dire que l’idée m’a vraiment plu, et que, bien que certaines parties m’aient paru longues, elles sont indispensables à la compréhension de l’ensemble du livre…

Je connais le rapport entre les maths et beaucoup de choses dont la musique ici l’auteur nous parle de ce rapport avec l’Univers.
On se surprend à penser « Et si… »

Un premier roman plein de promesses que j’ai lu avec beaucoup de plaisir et d’intérêt…

https://www.facebook.com/Lamachinededieu/

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Blues pour trois tombes et un fantôme / Philippe Marczewski

Présentation de l’éditeur

On n’habite jamais une ville, seulement l’idée que l’on s’en fait. C’est l’imaginaire et la mythologie, le territoire mental de chacun, qui se surimposent à la ville réelle. Dans ce premier livre, Philippe Marczewski dérive dans le pays qui est le sien depuis son enfance. Ce pourrait être Sheffield, Amiens, Essen ou Gênes. Ce pourrait être n’importe quelle ville. C’est Liège, ses banlieues et sa campagne limitrophe. Passant d’une antique chênaie arrachée à des terrils devenus collines boisées, d’une montagne en escalier d’où l’on aperçoit presque la mer à des usines spectrales se découpant sur l’horizon forestier, l’auteur écluse des bières dans la banlieue rouge, foule la tombe anonyme d’un guitariste de génie, bouscule le fantôme d’un Chet Baker émacié, et se laisse emporter par la mélancolie nocturne d’un fleuve encagé. Ici les Grands Hommes ne sont pas statues mais formes à peine visibles, corps tapis dans l’ombre, fumées évanescentes.
Avec ce récit qui rappelle Henri Calet, Jean-Paul Kaufman («Remonter la Marne»), Philippe Vasset ou le psychogéographe anglais Iain Sinclair, Philippe Marczewski dessine la géographie intime d’une ville et de ses habitants, passés et actuels.

Extraits

« Liège est une île qui fit naître une île en son sein, Outremeuse, dont on disait qu’elle était si insulaire que même le wallon y était différent de celui qui se parlait de l’autre côté de la Meuse, et y avait fait naître son folklore et ses mythes populaires. Le cœur identitaire de Liège est une île sur une île isolée dans des mers hostiles. Comment s’étonner que s’entretienne un sentiment diffus d’être seuls, non pas contre tous, mais différents de tous, satisfaits de l’entre-soi, à jamais frustrés d’une puissance perdue, se sentant méprisés par Bruxelles, humiliés par Namur, usurpatrice de l’absurde titre-croupion de capitale wallonne, et gouvernés par des imbéciles, que pourtant on réélit sans cesse. Les Liégeois s’exportent mal. Vont-ils vivre ailleurs que se révèlent leur amertume et le mal du pays, ils se clament Liégeois partout où ils vont, peu enclins à trouver dans les villes voisines un quelconque intérêt, si peu curieux de ce qui se vit et se crée ailleurs si cet ailleurs ne vient pas à eux ; ils sont certains que leurs soirées sont plus douces, leurs fêtes plus festives, leurs bières meilleures. Qu’une convivialité surnaturelle relie les hommes et les femmes dans une chaleur humaine sans égale. »

« Elle s’est constituée en poche d’indépendance face à l’Empire germanique, à la France, aux Pays-Bas, espagnols et face aux Bourguignons, et toujours fut piétinée, bombardée, incendiée et mise à sac, passant d’une domination à une autre et toujours, malgré tout, s’est assurée son lot de puissance territoriale en étendant sa loi sur une vaste principauté. Et cette longue histoire de guerres, de trahisons, de massacres et de luttes pour la liberté a fait d’elle une île au milieu des empires. On venait y faire imprimer ce qui ailleurs était censuré. On venait s’y former auprès des maîtres dont les enseignements étaient, ailleurs, interdits. On l’appela Nouvelle Athènes et elle le crut, et le croit encore, mille ans plus tard. »

« (…) Il pose son convoi de fortune au coin de la rue, bricole sans attendre les boutons de l’ampli et lance à toute berzingue un couinement de synthé plaqué sur un boum-tchac binaire, embouche le sax et immole « What a wonderful world », on se voit soudain dans la salle d’attente d’un service de soins palliatifs, le taux de sucre dans l’air devient mortel, si j’avais ce qu’il me faut, je me ferais, sans délai, un shoot d’insuline (…)« 

Mon avis

Liège, la Ville, ma Ville…
Idée préconçue, je croyais au départ acheter un roman (pourquoi? je ne sais pas, j’avais vaguement entendu – à la radio? – quelque chose qui m’y avait fait croire). Et voilà, le livre est étiqueté « récit » mais c’est bien plus que cela, c’est, je crois, une histoire d’amour pour sa – ma, peut-être notre – ville…
Il y a de tout dans ce livre : de l’Histoire, des histoires, de la géographie, de la musique, des amis, des cafés, des souvenirs, de l’humour aussi, un fleuve, des immigrés… (vous remettez tout cela dans l’ordre qui vous plaira)

En dix récits, Philippe nous présente SA ville.
Une promenade la traverse, de Chokier à Herstal. Chaque endroit est peuplé d’Histoire, histoire de l’industrie et surtout histoire des gens, riches ou pauvres, qui ont fait Liège.
Il y a aussi des souvenirs d’enfance, dans les endroits qui l’ont vu grandir…
Une promenade avec un copain photographe dans des endroits improbables…
Le jazz et quelques musiciens légendaires qui ont hanté les rues (et les bistrots) de Liège à une déjà lointaine époque…
Tout un monde perdu dans les brumes du temps…

Grâce à ce livre, j’ai redécouvert des choses que je connaissais pourtant et je sais à quel point j’aime cette ville MA Ville…

Que vous soyez de Liège ou pas il faut lire ce bouquin et, pour les Liégeois, ça rend heureux de l’avoir chez soi !

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Wang / Pierre Bordage

1 – Les portes d’Occident
2 – Les aigles d’Orient

Présentation de l’éditeur :

XXIIIe siècle. Un infranchissable rideau protège l’Occident des empires voisins. Wang, jeune Chinois de dix-sept ans, vit avec sa grand-mère dans un quartier misérable de Grand-Wroclaw en Silésie, une des sous-provinces de Sino-Russie administrées par les néo-triades.
Parce qu’il a transgressé la loi d’Assöl le Mongol, un parrain de clan, Wang n’a d’autre choix que de prendre le chemin de l’exil. Car une porte s’ouvre parfois dans le Rideau à Most, en Bohême. Mais qu’arrive-t-il aux émigrés en Occident ? On parle d’esclavage ou pire encore ; on dit aussi qu’ils sont contraints de s’affronter dans des arènes comme les gladiateurs des jeux du cirque. Nul n’en est revenu pour témoigner… 

Déjà Grand Prix de l’Imaginaire et prix Julia Verlanger avec Les Guerriers du silence, pris Cosmos 2000 pour La Citadelle hyponéros, Pierre Bordage a obtenu le prix Tour Eiffel de science-fiction avec Wang.
En voici une nouvelle édition en un seul volume, avec dix illustrations originales de Gess.

Extrait :

« Malgré les nuages bas, malgré la neige qui tombait désormais en abondance, le REM se dressait devant eux dans toute sa majesté. Du ciel il n’avait pas seulement la couleur mais, bien qu’il fût vertical, bien qu’il fût délimité en bas par le tapis neigeux et en haut par le manteau nuageux, il donnait la même impression d’infini, d’insondable. Ses émulsions ressemblaient à des insectes photogènes et fourmillants, et son grésillement se transformait en un bourdonnement grave qui évoquait la rumeur d’un gigantesque essaim. D’une cinquantaine de mètres de hauteur – pourquoi si haute ? se demanda Wang, une ouverture de trois mètres aurait largement suffi…-, la porte ne s’embarrassait d’aucun chambranle, d’aucun fronton, d’aucune fioriture.« 

Mon avis :

Il me faut préciser que c’est une relecture, j’ai lu ce livre pour la première fois en 2006 et il m’avait déjà beaucoup plu.
Wang se lit comme une ballade épique, c’est d’ailleurs la spécialité de Pierre Bordage d’écrire ce genre. J’ai aimé l’histoire, la belle écriture, le héros (Wang), les personnages secondaires (aimables ou détestables mais crédibles), la critique inspirée et visionnaire de notre monde (encore plus lorsqu’on se souvient que ce roman a été écrit fin des années 90 donc il y a plus de 20 ans – comment ne pas penser au mur de Donald T. ?) ; par contre j’ai trouvé certaines parties un peu longues (les guerres uchroniques) et la fin un peu précipitée… et fleur bleue (ce n’est pas que je n’aime pas mais…). Pour moi, la seconde partie est un peu moins forte que la première…
Donc j’aime toujours beaucoup ce roman avec quelques toutes petites réserves.
Pour terminer Pierre Bordage est un écrivain qui prendra une place de premier plan si ce n’est déjà fait.

Si vous voulez lire quelques critiques, voici le lien pour la page des éditions L’Atalante :
https://www.l-atalante.com/catalogue/la-dentelle-du-cygne/wang-9782841721481/

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Classé dans Littérature française

Armageddon Rag / George R.R. Martin

Présentation de l’éditeur

Les Nazgûl, un groupe de rock mythique de la fin des sixties, aurait pu devenir l’égal des plus grands si son chanteur, Patrick Hobbins, n’avait pas été abattu par un tireur inconnu lors du concert de West Mesa.
Les Nazgûl dont l’ancien imprésario vient d’être assassiné. Le groupe des Nazgûl a décidé de se reformer après vingt ans de silence et part en tournée pour faire résonner à nouveau le « Rag de l’Armageddon ». Mais, dans l’ombre, on les manipule, et les forces des ténèbres comptent bien utiliser leur « musique à réveiller les morts » pour donner le signal de l’apocalypse. 

Extrait :

« Se réveiller et s’endormir aux accents de l’orgue à vapeur, et n’avoir qu’à baisser les yeux pour voir des gens tourner en rond juchés sur leurs jolis chevaux bariolés. Ils tournent, et tournent, et tournent encore, tout comme nous.
– Et les saisons tournent, et tournent, et les chevaux de couleurs vives montent et descendent, (*) cita Sandy.
– Nous sommes prisonniers du manège du temps, conclut Froggy. »

(*) Joni Mitchell the circle Game
And the seasons, they go round and round , and the painting ponies go up and down. We’re captive on the carousel of time.

Mon avis :

D’abord il faut que j’avoue ceci : après avoir essayé de lire le premier tome de Game of Thrones (Le trône de fer), je n’ai pas aimé. Par conséquent je n’avais jamais lu un autre livre de cet auteur. J’aime la musique, le rock et lorsque j’ai lu par hasard le pitch d’Armageddon Rag, j’ai pensé « Tiens je lirais bien celui-ci, comme ça j’aurai une idée de sa façon d’écrire, en plus c’est un one shot »…
Mais alors une fois commencé, je l’ai lu quasi d’une traite et je pense que c’est un des meilleurs thrillers fantastiques que j’ai jamais lu! Le genre qu’on quitte avec regrets…
Martin est un passionné de musique, et il sait transmettre sa passion… On est totalement immergé dans l’histoire et la musique.
J’ai adoré!

L’intitulé des trois premiers chapitres pour donner une idée…
« CHAPITRE UN
« Those Were the Days » (paroles et musique de Gene Raskin), TRO – copyright © 1962, 1968 Essex Music, Inc., New York. Citation autorisée.
CHAPITRE DEUX
« Bad Moon Rising » (John Fogerty), copyright © 1969 Jondora Music. Citation autorisée.
CHAPITRE TROIS
« Did You Ever Have to Make Up Your Mind ? » (John Sébastian), copyright © 1965, 1966 the Hudson Bay Music Company. Citation autorisée. Tous droits réservés. »


Du coup j’ai acheté Riverdream du même auteur (un autre one-shot tout à fait différent d’après quelques critiques).
A suivre donc…

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Classé dans Littérature américaine (USA)

Les survivants de Troie / Michel Honaker

Présentation de l’éditeur :

1 – Le prince sans couronne
Neuf années durant, la cité de Troie résista aux assauts des Grecs. Quand arriva l’été de la neuvième année, les dieux jusqu’alors cléments abandonnèrent les Troyens.
Pourtant, certains survécurent à la destruction de la ville mythique. Voici leur histoire…

2 – La forteresse des oracles
Les Survivants de Troie luttent sans relâche pour ériger une nouvelle cité.  Mais ils doivent à nouveau affronter les maléfices de la déesse Héra pour que la paix triomphe. 
Sous la protection des dieux et des âmes des Troyens morts à la guerre, Énée engage son armée dans un ultime combat.

Extrait :

Ils étaient le dernier sang de Troie. Les survivants. Ils n’étaient qu’un. Jamais autant qu’en cet instant, cette réalité ne s’était imposée à eux.

Mon avis :

L’aventure d’Enée et de son groupe de survivants échappés de la destruction de Troie est moins connue que l’Odyssée d’Ulysse. Michel Honaker nous en fait ici une réécriture aussi réussie que celle de l’Odyssée à laquelle ces deux livres font suite.
Voir : https://ocyaran.wordpress.com/2012/01/01/odyssee-michel-honaker/
De nouveau il sait capter notre attention et nous rendre ses personnages très sympathiques (ou le contraire)…
J’ai beaucoup aimé ces deux livres qui sont tout à fait possibles à lire par de jeunes ados mais que des adultes liront avec le même plaisir!
De belles couvertures de Laurent Beauvallet et Benjamin Hofseth.

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Classé dans Littérature française, Littérature pour la jeunesse

Les mauvaises nouvelles / Nicola Sirkis

Présentation de l’éditeur :

Un dompteur de puces qui doit à ses petites chéries son passage chez Michel Drucker, deux adolescents en fugue qui se réfugient dans la chambre nuptiale où s’étaient aimés leurs parents, un jeune homme qui parcourt Pékin un jour de fête à la recherche d’un article exclusivement féminin, les membres influents de la jet-set bordelaise qui se suicident sur un air de Chet Baker, un président dément qui rêve de tuer en direct, à la télé, tous ses concitoyens… Voici quelques-uns des personnages de la véritable comédie humaine imaginée par Nicola Sirkis. Treize histoires à la fois drôles et grinçantes, charmantes et perverses, quotidiennes et fantastiques. Très inattendues en tout cas, où le lecteur retrouvera l’inspiration du parolier d’Indochine, mais aussi l’univers de ses lectures – Pierre Loti, Marguerite Duras et, surtout, l’énigmatique J.D. Salinger.

Extraits :

« Mon suicide à moi, c’est le monde d’aujourd’hui tel qu’il est avec le bien et le mal, le sale et le beau, le beau et le moche, sauf que le bien, il n’est pas assez fin pour niquer le mal…
Tout le problème est là. » – Suicidal Tendencies

« On a toujours l’air con dans un ascenseur quand on est plusieurs… On a vraiment l’air con, et en plus on est assez mal à l’aise. Confinés dans cet espace réduit, on ne se dit rien, on regarde partout sauf ses compagnons de trajet, la porte par exemple, les numéros qui défilent, ou ses pieds. » – L’ascenseur sans retour

Mon avis :

J’ai acheté ce livre car j’aime les chansons de Nicola Sirkis (c’est pas un scoop j’aime la musique d’Indochine) et j’étais curieuse de le lire.

Je n’ai pas été déçue. Je suis entrée sans difficulté dans l’univers littéraire de Nicola qui est fort semblable aux textes de ses chansons : c’est souvent touchant, parfois drôle – féroce même, dérangeant aussi… Des réflexions sur la société, le sens de la vie… De l’émotion aussi!
Comme il le dit dans une de ses dernières chansons « La vie est belle et cruelle à la fois »!

Ce qui est certain, c’est qu’il sait mettre en scène les fantasmes et les peurs mais aussi les idées les plus loufoques, le tout assaisonné d’humour noir et d’une dose de fantastique…
Je n’hésite pas à dire que j’ai beaucoup aimé…

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Classé dans Littérature française

Plonger / Christophe Ono-dit-Biot

Présentation de l’éditeur :

Ils l’ont retrouvée comme ça. Nue et morte. Sur la plage d’un pays arabe. Avec le sel qui faisait des cristaux sur sa peau. Une provocation. Une invocation. À écrire ce livre, pour toi, mon fils. » Un homme enquête sur la femme qu’il a passionnément aimée. Elle est partie il y a plusieurs mois, pour une destination inconnue, le laissant seul avec leur petit garçon. Quand le roman s’ouvre, on l’appelle pour lui dire qu’on l’a retrouvée morte, sur une plage, près des vagues, vraisemblablement noyée, dans un pays lointain au paysage minéral qui pourrait être l’Arabie. Elle était artiste, elle s’appelait Paz. Elle était solaire, inquiète, incroyablement douée. Elle étouffait en Europe. Pour son fils, à qui il doit la vérité sur sa mère, il remonte le fil de leur amour – leur rencontre, les débuts puis l’ascension de Paz dans le monde de l’art, la naissance de l’enfant – et essaie d’élucider les raisons qui ont précipité sa fin.

Grand Prix du Roman de l’Académie Française 2013

Extraits :

« À côté, Paz cuisinait. Des ondes d’amour me parvenaient de la cuisine. Car quelqu’un qui fait pour vous la cuisine vous veut forcément du bien. Une fille du 21e siècle, qui après de décennies de féminisme ne se contente pas de mettre au micro-ondes des barquettes de plats cuisinés mais débarrasse de leur peau, à l’économe, de beaux légumes et met à nu leur chair orange, rouge vif ou jaune soleil, et ensuite les découpe avec un couteau bien aiguisé, et les fait dorer dans un fond d’huile d’olive ; une fille pareille, prête à pleurer sous l’effet irritant des oignons qui n’agonisent jamais sans se défendre ; une fille qui pose, comme elle le fait maintenant, un pain rond sur la table, une assiette de salade de tomates rouges comme ses joues lorsqu’elle aura fait l’amour, et quelques tranches de pata negra à la saveur de noisette, est une femme qui aime. »

« Envoyer des SMS : c’était devenu le geste universel. le signe de reconnaissance de l’être humain. Les soixante huitards qui nous avaient endettés avaient gagné : les gens n’avaient plus rien à se dire mais ils communiquaient. Sur Facebook, on trouvait des groupes de discussion « J’aime les frites » et « J’aime pas les Juifs » et c’était presque égal. »

« Notre histoire était fracassée. Tu ne peux pas dire à quelqu’un que tu l’aimes, mais que tu pars. Ça ne tient pas. C’est ridicule. Quand on part, c’est qu’on ne s’aime plus. Point. »

Mon avis :

Je voulais découvrir cet auteur et ce roman est celui qui m’a trouvé le premier…

C’est une histoire d’amour, de passion et d’incompréhension. Un homme rencontre une femme, il est journaliste, elle est artiste photographe, ils se plaisent et tout démarre sur la passion. Ils s’aiment mais Lui reste sur des acquis d’éducation, il ne comprend pas qu’Elle recherche autre chose… Ils ont un enfant. Elle part…
Au début de ce livre on comprend que Lui va partir à l’étranger car on a retrouvé un corps sur une plage et il semble que ce soit Elle.
Il écrit ce livre pour son fils qui n’a plus de maman…

Une très belle écriture, des sentiments exacerbés, j’ai aimé…
J’ai aussi aimé les considérations sur notre époque, la manière de vivre, la « modernité », les modes même dans l’art (qui a dit « la mode, c’est ce qui se démode »?) mais c’est un roman qui me laisse plutôt triste… Est-ce le but de l’auteur? Quid?

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Classé dans Littérature française