Tombouctou / Paul Auster

Présentation de l’éditeur :

Dès le premier chapitre de ce roman, on sait qu’est imminente la mort de Willy, le maître de Mr Bones, un chien des rues. Willy erre dans Baltimore à la recherche d’une de ses anciennes institutrices à laquelle, avant de mourir, il voudrait confier son chien et l’oeuvre de sa vie. Mais il mourra sans avoir pu assurer l’avenir de ses écrits ni celui de Mr Bones qui se retrouve donc livré à lui-même, privé de celui qui représentait à ses yeux la raison d’être de l’univers et qu’il imagine parti pour Tombouctou, l’au-delà des bienheureux. Les harangues que Willy mourant adresse à son camarade chien, ses monologues, de même que les souvenirs que Mr Bones garde des méditations et fantaisies poétiques de son maître donnent à cette fable romanesque une teinte d’humour et de mélancolie

Extraits :

« le compère de Willy était un salmigondis de traits génétiques — un peu colley, un peu labrador, un peu épagneul, un peu puzzle canin — et, ce qui n’arrangeait rien, son poil emmêlé boulochait, il avait mauvaise haleine et une perpétuelle tristesse imprégnait ses yeux injectés de sang. Personne n’aurait envie de venir à sa rescousse. Selon l’expression qu’affectionnait le barde sans logis, le dénouement était inscrit dans la pierre. Sauf à se trouver vite fait un nouveau maître, Mr. Bones était un clébard voué à l’oubli. »

« C’était là qu’on s’en allait après la mort. Une fois l’âme séparée du corps, le corps était enseveli dans la terre et l’âme s’envolait vers l’autre monde. Il y avait plusieurs semaines que Willy rabâchait à ce sujet, et il n’y avait plus désormais dans l’esprit du chien le moindre doute quant à la réalité de cet autre monde.
On l’appelait Tombouctou et, d’après toutes les indications que Mr. Bones avait pu rassembler, il se trouvait quelque part au milieu d’un désert, loin de New York ou de Baltimore, loin de Pologne ou de toutes les autres villes qu’ils avaient visitées au cours de leurs voyages. A un moment donné, Willy l’avait décrit comme « une oasis pour les esprits ». A un autre, il avait dit : « Là où s’achève la carte de ce monde, c’est là que commence celle de Tombouctou. » Pour y arriver, il fallait apparemment traverser un immense royaume de sable et de chaleur, un royaume d’éternel néant. Le voyage semblait à Mr. Bones bien difficile et désagréable, mais Willy lui affirmait que non, qu’on pouvait en un clin d’œil couvrir la distance entière. Et une fois qu’on se trouvait là, disait-il, dès qu’on avait traversé les frontières de ce refuge, on n’avait plus besoin de se soucier de manger, de dormir la nuit ou de se vider la vessie. On ne faisait plus qu’un avec l’univers, on n’était plus qu’une particule d’antimatière logée dans le cerveau de Dieu. Mr. Bones avait de la peine à imaginer à quoi pourrait ressembler la vie dans un endroit pareil, mais Willy en parlait avec une telle ferveur, d’une voix où se réverbéraient de tels élans de tendresse que le chien avait fini par renoncer à ses inquiétudes. Tom-bouc-tou. A présent, le son de ce mot suffisait à le rendre heureux.  »

Mon avis :

Le narrateur nous raconte l’histoire de Mister Bones et celle de Willy, son maître mais surtout son ami. Willy est une sorte de poète maudit, clochard aussi car il n’a aucun sens pratique…
Au début du récit, ils sont tous deux à Baltimore, arpentant les rues. Willy est malade et sait qu’il va mourir, il recherche donc son ancienne institutrice en qui il a confiance pour lui confier Mr Bones et 74 cahiers qui contiennent l’oeuvre de sa vie.
Pour Mr Bones, Willy est toute sa famille, il a toujours vécu avec lui. Mr Bones comprend confusément ce qu’est la mort, mais où va-t-on après?
Que deviendra-t-il lorsque Willy ne sera plus là? Et que peut faire à cela un pauvre vieux chien?
Paul Auster nous offre ici un roman d’amitié entre deux êtres malmenés par la vie, à travers cette histoire il fait passer nombre de réflexions sur la société actuelle, le prix de la liberté à laquelle il faut parfois sacrifier beaucoup, la peur de l’abandon, l’espoir… J’ai pensé aux « clochards célestes » de Kerouac.
Une histoire émouvante, tendre et cruelle à la fois.
A lire absolument…

💙💙💙

Poster un commentaire

Classé dans Littérature américaine (USA)

La trilogie du Baztán / Dolores Redondo

1 – Le gardien invisible

Présentation de l’éditeur :

Au Pays basque, sur les berges du Baztán, le corps dénudé et meurtri d’une jeune fille est retrouvé, les poils d’un animal éparpillés sur elle. La légende raconte que dans la forêt vit le basajaun, une étrange créature mi-ours, mi-homme… L’inspectrice Amaia Salazar, rompue aux techniques d’investigation les plus modernes, revient dans cette vallée dont elle est originaire pour mener à bien cette enquête qui mêle superstitions ancestrales, meurtres en série et blessures d’enfance. 

Extrait :

« Amaia sourit aux souvenirs des légendes que lui avait racontées tante Engrasi dans son enfance. Il n’était pas étrange, au milieu de cette forêt, de croire à l’existence de ces créatures magiques qui avait forgé la culture ancestrale de la région. Toutes les forêts sont puissante, certaines redoutables car profondes et mystérieuses, d’autres sombres et sinistres. Dans le Baztán, la foret est fascinante, d’une beauté sereine et ancestrale qui symbolise malgré elle son visage le plus humain, le plus éthéré et enfantin, celui qui croit aux fées merveilleuses qui vivaient dans la forêt, et qui dormaient toute la journée pour sortir à la tombée de la nui afin de coiffer leurs longs cheveux dorés avec un peigne d’or qui conférait à son possesseur le don de voir ses réaliser n’importe quelle faveur. Faveur qu’elles accordaient aux hommes qui, séduits par leur beauté, leur tenaient compagnie, sans être épouvantés par leurs extrémités palmées. Amaia sentait dans cette forêt des présences si tangibles qu’il était facile d’y accepter l’existence d’un monde merveilleux, un pouvoir de l’arbre supérieur à l’homme, et d’évoquer le temps ou, en ces lieux et dans toute la vallée, êtres magiques et humains vivaient en harmonie. »

2 – De chair et d’os

Présentation de l’éditeur :

À travers le Pays basque, dans la vallée du Baztán, des églises sont profanées. Alors qu’elle vient de donner naissance à son enfant, l’inspectrice Amaia Salazar est chargée d’enquêter discrètement sur cette affaire. Avec son équipe, elle doit aussi s’occuper d’une série de crimes conjugaux qui ont tous en commun d’horribles mutilations. Á chaque fois, le meurtrier s’est suicidé en laissant derrière lui une étrange inscription : TARTTALO. Pourquoi tous ces hommes laissent-ils ce même mot ? Que signifie-t-il ? Et pourquoi semble-t-il destiné à la jeune inspectrice ? 
La vallée du Baztán recèle encore de bien terribles secrets qu’Amaia devra affronter pour espérer enfin y vivre en paix…

Extrait :

« Quand on décide qu’on aime tellement quelqu’un qu’on renonce à tous les autres, on ne devient ni aveugle, ni invisible, on continue de voir et d’être vu. On n’a aucun mérite à être fidèle quand on n’est pas tenté par ce qu’on voit, ou quand personne ne nous regarde. La véritable épreuve se présente quand apparaît quelqu’un dont on tomberait amoureux si on n’était pas en couple, quelqu’un qui est à la hauteur, qui nous plait et qui nous attire. Quelqu’un qui serait la personne idéale si on avait pas déjà élu une autre personne idéale. C’est ça la fidélité, inspectrice. Ne vous inquiétez pas, vous vous en sortez très bien. »

3 – Une offrande à la tempête

Présentation de l’éditeur :

Dans la vallée de Baztán, une petite fille décède étouffée dans son berceau. Alors que la police soupçonne le père d’être impliqué, la grand-mère attribue ce meurtre au génie maléfique Inguma, issu de la mythologie basque. Rapidement, cet étrange décès lève le voile sur une série de morts subites de nourrissons suspectes. L’inspectrice Amaia Salazar décide de se consacrer entièrement à cette nouvelle enquête, entre légendes mystiques et meurtres barbares, au risque de mettre de côté son rôle d’épouse et de mère.

Extrait :

« Quand un être cher disparaît, le monde ne s’arrête pas de tourner mais il se reconfigure autour de nous, comme si l’axe de la Terre se tordait légèrement, d’une manière imperceptible pour les autres mais en nous dotant d’une clairvoyance qui nous laisse percevoir des aspects du réel que nous n’aurions jamais imaginés. De spectateurs, nous devenons machinistes; nous gagnons le douteux honneur d’assister au spectacle depuis les coulisses, où sont relégués ceux qui n’y participent pas. Là se trouvent les câbles, les châssis et les ponts volants qui servent à déplacer les décors, et l’on découvre que vue de près, c’est un lieu irréel, gris et poussiéreux. Le maquillage des acteurs est outrancier et leurs voix forcées sont dirigées par un souffleur poussif qui récite une pièce dans laquelle nous ne tenons plus aucun rôle. Quand un être cher disparaît, il devient le protagoniste d’une représentation où nous sommes conviés sans connaître le texte… »

A ces trois romans, il faut ajouter, paru après mais qui se situe chronologiquement quelques années avant :

La face nord du coeur

Présentation de l’éditeur :

Amaia Salazar, détachée de la Police forale de Navarre, suit une formation de profileuse au siège du FBI dans le cadre d’un échange avec Europol. L’intuition singulière et la perspicacité dont elle fait preuve conduisent l’agent Dupree à la lancer sur les traces d’un tueur en série qui profite des catastrophes naturelles pour assassiner des familles entières. Alors que l’ouragan Katrina s’apprête à dévaster le sud des États-Unis, le compte à rebours pour identifier celui qu’on surnomme le Compositeur est enclenché…

Mon avis :

J’ai déjà parlé sur ce blog en 2019 de Dolores Redondo à propos de Tout cela je te le donnerai qui m’avait beaucoup plu. A l’époque, je n’avais lu que le premier volume de la trilogie du Baztán et j’ai préféré attendre pour parler des trois ensemble. La cerise sur le gâteau fut La face nord du coeur, publié après et que j’ai beaucoup apprécié aussi…

J’ai trouvé dans ces livres un souffle épique, une quête de la vérité, et en Amaia Salazar qui est le personnage principal, une femme forte malgré son enfance difficile, possédant un amour de la vie et une résilience extraordinaire.
La trilogie du Baztán se passe dans le Pays basque espagnol qui est beaucoup plus sauvage que la partie française avec plus de forêts plus particulièrement dans la vallée où se situe le cadre des enquêtes, celle du Baztán. La rivière change de nom à la frontière et devient la Bidassoa qui se jette dans le golfe de Gascogne en France.

L’auteur Dolores Redondo est espagnole, née à San Sebastian, Guipuscoa, Pays basque.

Poster un commentaire

Classé dans Littérature espagnole

Série : La Police Tribale Navajo / Tony Hillerman – La longue marche des Navajos / Anne Hillerman

Présentation de l’éditeur :

Suite des aventures des trois policiers Navajos, Joe Leaphorn, Jim Chee et Bernadette Manuelito.
Bien que retraité de la police, le Légendaire Lieutenant Leaphorn n’a jamais été aussi occupé. Mrs Pinto, conservatrice du musée des traditions navajo, lui demande d’enquêter sur la disparition d’un biil, une robe traditionnelle du peuple navajo. Or la dernière personne à avoir eu connaissance de l’existence de cet objet meurt dans d’étranges circonstances; quant à Leaphorn, il reçoit des menaces anonymes.
De son côté la policière Bernadette Manuelito découvre un cadavre qui va bientôt attirer l’attention du FBI, tandis que son mari et collègue Jim Chee est sur une affaire de cambriolage. Trois enquêtes apparemment déconnectées qui vont trouver des points de convergence.
Anne Hillerman nous emmène aux quatre coins de la nation Navajo dans un roman captivant qui mêle crime, superstition et authentiques traditions amérindiennes. 

Extrait :

« Il y a toujours quelque chose qui se passe ici, dans le pays Indien, toujours un contexte sous-jacent. C’est ce que je constate sur la réserve. Il est compliqué de savoir qui connaît qui, qui a des liens de parenté avec qui, qui doit un service à quelqu’un. Chaque réponse donne l’impression de déclencher un raz de marée de nouvelles questions. »

Mon avis :

Tout-à-fait par hasard, j’ai découvert ce roman et en même temps que la fille de Tony Hillerman avait repris le flambeau de son père!
Et elle a du talent!
Ce roman m’a beaucoup plu. Anne a une belle plume (c’est bien traduit aussi, je suppose), très agréable à lire et peut-être un petit plus que son père dans l’approche des personnages féminins 💙🌹
Du coup, je me suis informée et j’ai constaté qu’elle en avait déjà écrit deux autres (voir la liste qui est dans l’ordre chronologique) que j’ai lu aussi avec beaucoup de plaisir, enchantée de retrouver les personnages et l’environnement que j’avais découverts et aimés sous la plume de son père…

Ci-dessous, un petit récapitulatif des aventures de Joe Leaphorn et Jim Chee à qui il faut (depuis « Le vent qui gémit ») ajouter Bernie, policière et aussi (dans la vie privée) compagne de Jim Chee.

Bibliographie sans prétention

Joe Leaphorn

  • La voie de l’ennemi
  • Là où dansent les morts
  • Femme qui écoute

Jim Chee

  • Le peuple des ténèbres (Le peuple de l’ombre)
  • Le vent sombre
  • La voie du fantôme

Joe Leaphorn & Jim Chee

  • Porteurs-de-peau
  • Le voleur de temps
  • Dieu qui parle
  • Coyote attend
  • Les clowns sacrés
  • Un homme est tombé
  • Le premier aigle
  • Blaireau se cache

Joe Leaphorn, Jim Chee & Bernie (Bernadette Manuelito)

  • Le vent qui gémit
  • Le cochon sinistre
  • L’homme squelette
  • Le chagrin entre les fils

La suite par Anne Hillerman (la fille de Tony)

  • La fille de femme-araignée
  • Le rocher avec des ailes
  • La longue marche des Navajos

Les auteurs

Tony Hillerman, né le 27 mai 1925 à Sacred Heart, Oklahoma et mort le 26 octobre 2008 à Albuquerque, Nouveau-Mexique, est un auteur américain de romans policiers ethnologiques et d’essais. La plupart de ses romans se passent dans la région des « Four Corners », (les quatre coins) à la frontière du Nouveau-Mexique et de l’Arizona : les protagonistes en sont Joe Leaphorn et Jim Chee de la police tribale Navajo.

Anne Hillerman est journaliste et l’aînée des six enfants de l’auteur américain Tony Hillerman
Elle a grandi dans une famille pleine de personnages, d’aventures, et, surtout, d’histoires partagées. Sa mère, Marie, lui a appris à lire à 3 ans et Anne a été lectrice depuis.
Auteur basé à Santa Fe, elle a publié huit livres de non-fiction et remporté des prix pour la quasi-totalité d’entre eux.
Trois de ses romans sont traduits en français (qui concernent la Police Navajo).

Poster un commentaire

Classé dans Littérature américaine (USA)

L’immortelle de Maison-Ville / Jean-Marc De Vos

Présentation de l’éditeur :

L’Immortelle de Maison-Ville, dystopie ? Vision du futur ? Ou un autre regard porté sur notre société ? Une plongée abyssale en 2180, dans un immeuble bidonville de huit millions d’habitants !
Dans le Nouveau Monde, érigé sur les ruines de l’ancien détruit lors des Conflits du XXIe siècle, l’enfer a un nom : Maison-Ville, le monstrueux immeuble qui abrite huit millions d’âmes sur ses soixante niveaux. Repaire d’exclus et de criminels, la cité-libre symbolise non seulement le mal absolu, mais aussi l’échec des implacables lois Éthiques et Écologiques qui régissent la planète.
En 2180, un mystérieux phénomène s’abat sur la cité. Du jour au lendemain, plus personne ne meurt, les malades guérissent, les gens arrêtent de vieillir. Abhorrée la veille, Maison-Ville devient l’objet de toutes les convoitises. Mais comment un bidonville, aussi peuplé soit-il, peut-il résister face aux pressions des institutions politiques, financières, militaires et religieuses du monde entier ? Sans oublier les millions d’êtres prêts à tout pour y entrer.
Dans une lutte à mort pour contrôler la Jouvence, s’affronteront au fils des âges des personnages hauts en couleur, tels la chancelière Alex Khan, le commandant Willy Baumsteiger, le milliardaire Elton Soors, le procurateur Casimir Marcinkus et tant d’autres… 

Extrait :

« Parmi toutes les cités mythiques que la Terre accueillit et vit mourir au fil des siècles, aucune ne rivalisa avec Maison-Ville, engendrée dans la fange à l’aube du troisième millénaire. Si, à travers les légendes, son nom est pour toujours associé à Babel et à Babylone, elle avait dépassé ses deux aïeules en démesure, luxe et luxure. »

Mon avis :

Et voici encore un roman de Jean-Marc De Vos qui nous emmène dans un monde auquel on peut (hélas) très bien croire.
Après une Apocalypse de guerres, un nouvel équilibre s’est créé : sur les ruines des villes se sont construites avec des règles très strictes et respectées, chapeautées par une organisation mondiale.
Mais il y a Maison-Ville… c’est une sorte de bidonville de 60 étages, vaste capharnaüm où habitent toutes sortes d’exclus qui ne sont plus acceptés nulle-part.
C’est là qu’arrive un jour Natalia, une petite dame âgée qui cherche un abri… Elle va gripper tout le système car où elle habite, les gens malades guérissent et il n’y a plus de décès… Aussitôt tout le monde veut venir habiter à Maison-Ville!
Difficile de lâcher ce livre avant de l’avoir fini, il m’a valu une demi nuit blanche 🙂 et m’a beaucoup plu comme les autres du même auteur…

Poster un commentaire

Classé dans Littérature belge (francophone)

Les enfants de la Lune / Jack Williamson

Présentation de l’éditeur :

Trois astronautes ont vu et examiné quelque chose de totale­ment incompréhensible sur la Lune. Mais ils l’ont vu chacun d’une manière différente. Pour l’un, une montagne d’or ; pour l’autre, un fort hérissé d’armes ; pour le dernier, une base spa­tiale avec des astronefs. Et ils ont ramassé sur les lieux d’étranges cristaux noirs…
Peu après leur retour sur la Terre, ils engendrent des enfants — les « enfants de la Lune », ou plutôt des cristaux de Lune ramenés par leurs pères. Deux, un garçon et une fille, sont d’une beauté surnaturelle, le troisième est un monstre quasi-animal. Prodigieusement doués et précoces, ils découvriront bientôt qu’ils représentent le seul espoir qu’a l’humanité de survivre à l’invasion d’accablantes forces extra-terrestres…
Depuis 1928, Jack Williamson est l’un des plus célèbres écrivains de science-fiction. Mais le temps n’a en rien atteint la puissance d’imagination de l’auteur de la Légion de l’Espace et de tant d’autres aventures aussi complexes que fantastiques. Avec Les enfants de la Lune, il s’est réellement surpassé.

Extrait :

« Personne n’avait connaissance d’un terminus transgalactique. Je me dis que le missile messager était resté sur la lune pendant soixante millions d’années sans résultat et que les enfants étaient nés pour rien. Je pensai que nous avions perdu la course pour arrêter le conflit des biocosmes. »

Mon avis :

Relecture de ce roman, lu il y a bien longtemps (20 ans?) et qui était, dans mon souvenir, celui qui m’avait le mieux plu de Jack Williamson. Cela s’est confirmé, quoique l’histoire soit assez étrange, on y entre et une fois qu’on est pris dedans, on ne décroche plus… on en sort finalement un peu halluciné et on a du mal à reprendre pied dans la réalité…
Détail que je trouve important la couverture est atroce et ne représente en rien le contenu!

Poster un commentaire

Classé dans Littérature américaine (USA)

Nous sommes l’étincelle / Vincent Villeminot

Présentation de l’éditeur :

2025 : une partie de la jeunesse décide de partir vivre en forêt, dans des villages autonomes. Leurs seules politiques : l’amitié et la liberté.
2061 : Dan, Montana et Judith vivent dans une cabane avec leurs parents. Ils chassent, pêchent et explorent les ruines alentours. Mais un jour, les enfants sont enlevés par d’inquiétants braconniers. Quand leurs parents décident de partir à leur recherche, c’est le passé, le présent et le futur de ce monde qui se racontent et s’affrontent.

Extraits :

« Daniel songe aux loups. Les loups sont une meute qui tue, mange, dont les membres se protègent mutuellement, mais qui abandonne les plus faibles, les vieux et les débiles, sacrifie les femelles aux mâles, les dominés aux dominants, les jeunes aux adultes. Les loups ostracisent certains des leurs, parfois, s’entredévorent quand le gros gibier manque, pour limiter la population de la meute. »

« Notre monde est le vôtre : nous ne pouvons nous en retrancher, mais nous choisirons des lieux, des déserts, des silences, des bibliothèques, des jardins où nous pourrons vivre ; dans les marges ; nous laissant transformer, lentement, durablement par cette vie commune, politique. Et notre seule communauté politique sera désormais l’amitié. »

Mon avis :

Il y a de tout dans ce roman d’anticipation qui contient l’histoire de trois générations… moi j’y vois surtout l’espoir d’un monde plus humain et aussi le fervent espoir que la jeunesse saura en trouver le chemin. Amour de la liberté, de la famille aussi mais vivre en marge du monde dans la forêt est-ce une solution? La question reste posée à l’Avenir…
Le roman est classé Adolescents mais non il est pour les jeunes de 12 à 102 ans… 🙂

Poster un commentaire

Classé dans Littérature française

Célestopol 1922 / Emmanuel Chastellière

Présentation de l’éditeur :

1922. 
Une année folle à Célestopol !
Une année à la découverte des mirages et des merveilles de la cité sélène, joyau de l’âme slave arraché à la Terre, entre les mains d’un duc au destin défiant le cours du temps.  
Une année où croiser dans ses rues Marie Curie, l’archiduc François-Ferdinand ou Howard Carter, mais aussi humbles ouvriers, voleur volubile ou automates au cœur de cuivre. Entre ruines lunaires à explorer, un championnat du monde d’échecs à préparer ou des complots à déjouer… Les canaux ambrés de la ville n’ont pas fini de vous dévoiler ses secrets !
Emmanuel Chastellière nous invite à redécouvrir une ville bâtie sur la Lune dans l’ombre de Jules Verne, à l’aube d’une ère nouvelle délicieusement uchronique, à travers 13 histoires qui s’entrecroisent dans un véritable chassé-croisé étourdissant. 

Extraits :

« Combien de fois ai-je levé les yeux sur la Lune, plus jeune, en songeant à ce qu’elle pouvait bien cacher. Tant de mystères, de trésors… j’imaginais de véritables royaumes, des empires, si différents des nôtres. Sans guerre, sans famine, sans épidémie. Un beau rêve, n’est ce pas ? Tellement naïf, ajoute-t-elle, ses traits toujours plus durs. Je me suis trompée. Le seul royaume qui survit ici ne vaut pas mieux que ceux qui défigurent la Terre. »

« Pour un automate tel qu’Ajax, le temps était une donnée tout sauf abstraite, une matière faite de chiffres froids. L’athlète venait de changer ce triste constat : pour la première fois le majordome comprenait qu’une heure pouvait se cacher dans une minute. »

Mon avis :

Retour sur la Lune, fief du Grand Duc Nicolaï et « The Place to Be » au début du 20e siècle…
Quel plaisir de retrouver ces personnages et ce temps!
Ces nouvelles s’intercalent entre celles du premier recueil « Célestopol ». Elles m’ont beaucoup plu mais est-ce une erreur de penser qu’elles sont plus noires que les précédentes?

Poster un commentaire

Classé dans Littérature française

Les héritiers de la mine / Jocelyne Saucier

Présentation de l’éditeur :

Eux, c’est la tribu Cardinal,. Ils n’ont peur de rien ni de personne. Ils ont l’étoffe des héros … et leur fragilité.
Notre famille est l’émerveillement de ma vie et mon plus grand succès de conversation. Nous n’avons rien en commun avec personne, nous nous sommes bâtis avec notre propre souffle, nous sommes essentiels à nous-mêmes, uniques et dissonants, les seuls de notre espèce. Les petites vies qui ont papillonné autour s’y sont brûlé les ailes. Pas méchants, mais nous montrons les dents. Ça détalait quand une bande de Cardinal décidait de faire sa place.
— Mais combien étiez-vous donc ?
La question appelle le prodige et je ne sais pas si j’arrive à dissimuler ma fierté quand je les vois répéter en chœur, ahuris et stupéfaits :
— Vingt et un ? Vingt et un enfants ?
Les autres questions arrivent aussitôt, toujours les mêmes, ou à peu près : comment nous faisions pour les repas, comment nous parvenions à nous loger, comment c’était à Noël, à la rentrée des classes, à l’arrivée d’un nouveau bébé, et votre mère, elle n’était pas épuisée par tous ces bébés ?
Alors je raconte …

Extrait :

« Notre mère, elle n’avait pas le temps. Elle nous avait préparé son repas des grands jours et c’est à peine si on pouvait la voir derrière sa table gargantuesque, tellement la fatigue de toute une vie la rendait invisible. »

Mon avis :

Roman choral où, pour moi, le problème est que je ne sais pas toujours très bien qui est le personnage qui parle.
Entre les noms, les surnoms, les grands, les moyens, les petits… j’ai eu beaucoup de mal à m’y retrouver dans cette (grande) famille qui heurte un peu ma logique.
Tous les personnages de cette fratrie ne s’exprimeront d’ailleurs pas.
Perso, il me manque un prénom au démarrage de chaque voix pour comprendre plus facilement.
Mais j’ai aimé cette histoire où on ne comprend que vers la fin ce qui en est réellement le fil…

Poster un commentaire

Classé dans Littérature canadienne (francophone)

Oyana / Eric Plamondon

Présentation de l’éditeur :

Elle a fait de son existence une digue pour retenir le passé. Jusqu’à la rupture. Elle est née au pays Basque et a vieilli à Montréal. Un soir de mai 2018, le hasard la ramène brutalement en arrière. Sans savoir encore jusqu’où les mots la mèneront, elle écrit à l’homme de sa vie pour tenter de s’expliquer et qu’il puisse comprendre. Il y a des choix qui changent des vies. Certains, plus définitivement que d’autres. Elle n’a que deux certitudes : elle s’appelle Oyana et l’ETA n’existe plus.
Eric Plamondon est né au Québec en 1969 et vit dans la région de Bordeaux depuis une vingtaine d’années. Taqawan, son roman précédent, a reçu les éloges tant de la presse que des libraires et obtenu le Prix France-Québec 2018.

Extrait :

« On avait fini par apprendre que la descente dans le bar était liée à un jeune recherché par la police depuis un attentat à Vittoria Gasteiz. La mort de Manex m’obligeait à m’interroger et à me rapprocher de ceux qui voulaient l’Indépendance. Je n’avais jamais compris où était le problème. Peut-être que mes ancêtres étaient basques et qu’on avait pêché la baleine et la morue et qu’on était de grands voyageurs, de grands navigateurs, peut-être que la langue basque était unique et que ses racines restaient un mystère, qu’on buvait du cidre, qu’on élevait des brebis, qu’on dansait en sautant, mais moi, j’étais née en France, j’avais suivi l’école en français, je venais d’avoir ma licence et je voulais voyager. Je n’avais jamais parlé basque à la maison avec mes parents. Pourquoi me serais-je mêlée de ces histoires d’indépendance ? Est-ce que la langue basque était en train de mourir ? Peut-être, peut-être pas, mais sinon à quoi servait-elle ? Pour moi, elle était le symbole d’un autre temps, d’une époque révolue, celui du clergé et de la religion régnant en maîtres sur les consciences. Je n’allais pas approuver les vieilles traditions de culs bénis pour le plaisir de faire partie de la bande. »

Mon avis :

Le plus : le Pays basque – Euskari – et le Québec. Ici l’accent est mis sur les liens entre les deux pays…
Peut-être un peu futile comme appréciation, la couverture est très belle…

Le moins : pour moi confusion des chapitres, on ne sait pas bien où on est, à qui ou de qui on parle…

Je ne suis pas arrivée à « sentir » le personnage d’Oyana, je ne pourrais expliquer pourquoi, il me manquait quelque chose et cela fait que je ne la comprends pas. Peut-on mentir pendant 23 ans à l’homme qu’on dit aimer et puis le fuir suite à un rappel du passé? Possible mais je n’ai pas compris cela et malgré le fait qu’elle s’était trouvée piégée, je ne suis pas arrivée à trouver Oyana sympathique…

Poster un commentaire

Classé dans Littérature canadienne (francophone)

Les neuf cercles / R.J. Ellory

Description de l’éditeur :

1974. Vétéran du Vietnam, John Gaines a accepté le poste de shérif de Whytesburg dans le Mississippi. Un jour, on découvre, enterré sur la berge de la rivière, le cadavre d’une adolescente, Nancy Denton, disparue vingt ans plus tôt. Le corps a été préservé par la boue, mais le cœur a été remplacé par un panier contenant la dépouille d’un serpent. Déjà traumatisé par la sale guerre du Vietnam, John est à nouveau confronté à l’horreur. Il va ainsi repartir au combat et devra faire face aux secrets et aux vérités cachées de cette petite ville tranquille. Vingt ans après le crime, c’est une nouvelle traversée des neuf cercles de l’enfer qui attend John.

Avec ce thriller sombre et ambitieux, R.J. Ellory fouille au plus profond de l’âme humaine, et dans les replis les plus nauséabonds du passé, pour s’imposer une fois encore comme une des plus grandes plumes du roman noir actuel. Philippe Blanchet, Le Figaro magazine.

Extraits :

« Une guerre sombre, impitoyable, implacable, qui prenait tout ce qu’il y avait de bon en vous et le remplaçait par du néant. Il était difficile de comprendre l’influence qu’un peu plus d’une année pouvait avoir sur un être humain. Mais c’était un fait. C’était indéniable.
Certains affirmaient qu’ils avaient laissé une partie d’eux-mêmes dans les jungles et les villes et les tunnels de l’Asie du Sud-Est. Ce n’était pas vrai. Ils y avaient laissé la totalité d’eux-mêmes. Ils étaient une personne différente à leur retour, et leurs amis, leur famille, leur femme, leur mère et leurs filles peinaient à les reconnaître. Eux-mêmes se voyaient désormais aussi presque comme des étrangers. »

« De quelque côté du monde que vous vous trouviez, c’était toujours le bordel. Guerres raciales, religieuses, territoriales, politiques ; et aussi des guerres qui se déroulaient uniquement dans la tête de cinglés, de types qui étaient poussés à faire des choses terribles à d’autres êtres humains sans la moindre raison logique.
Il n’y avait pas d’acceptation, pas de réconciliation, pas d’explication. Tant que l’homme ne comprendrait pas le fonctionnement de son esprit, il ne serait jamais libéré de ces choses. Platon avait raison. Seuls les morts voient la fin de la guerre.
La petite guerre qui occupait désormais Gaines faisait rage, et les Denton et Michael Webster étaient les seuls à en avoir vu le bout. »

Mon avis :

« Les neuf cercles » est un magnifique roman où le côté psychologique est très important et où les personnages « existent ». Le shérif Gaines, revenu de la guerre du Vietnam indemne physiquement est torturé par un stress post-traumatique et se cherche : quel homme est-il devenu? Un homme qui fait en conscience son travail de policier le mieux possible…

R.J. Ellory est un auteur qui sait doser le drame et la noirceur en laissant pointer une petite lueur d’espoir. Une belle écriture et une histoire passionnante, une livre difficile à lâcher…
J’ai beaucoup aimé!

Poster un commentaire

Classé dans Littérature américaine (USA)