Chroniques des Cheysulis / Jennifer Roberson

  1. Les Métamorphes
  2. La ballade d’Homana
  3. L’épée du destin
  4. La piste du loup blanc
  5. Une nichée de princes
  6. La fille du Lion
  7. Le vol du Corbeau
  8. La tapisserie aux Lions

C’est une série de 8 romans qu’il ne faut pas séparer car, s’ils racontent chacun une partie de l’histoire différente, c’est la somme de tous qui la compose.

Des ethnies différentes se partagent un monde

Nous allons suivre les Cheysulis, liés à la Terre, ils utilisent sa magie. Leurs guerriers ont un compagnon animal (Lir) grâce auquel ils peuvent prendre la même forme que lui.

Ils vivent en Homana, mais les Homanans ne possèdent pas de magie et considèrent les Cheysulis comme des sorciers.

La série est l’histoire d’une famille royale et d’une prophétie.

Source de la carte et de beaucoup d’infos sur les peuples et les coutumes :

http://www.les-ombres.net/pid18/chroniques-des-cheysulis.html

 

Mon avis :

L’idée est originale mais aurait gagné à être plus développée, il y a des réponses qu’on n’obtient pas. C’est dommage. Le premier tome n’est pas le meilleur, c’est dommage aussi car il faut entrer dans le second pour vraiment accrocher.

Par contre, j’ai bien aimé de passer de génération en génération et la narration alternée. L’auteur a une écriture agréable mais conventionnelle, évidemment, c’est une traduction, il faudrait le lire en anglais pour comparer.

La meilleure critique, à mon avis, c’est celle de Belgarian sur Elbakin mais je le trouve un peu sévère tout de même, je me suis bien amusée…

http://www.elbakin.net/fantasy/roman/cycle/chroniques-des-cheysulis-114

Je donnerai 3 pour la forme et 4 pour l’histoire…


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Classé dans Littérature américaine (USA)

Un auteur (belge!) oublié : France Adine

Cécile Van Dromme alias France Adine (1890-1977) est née dans une famille flamande d’expression française. Elle a reçu l’éducation bourgeoise classique de cette époque. Le français est sa langue maternelle mais elle parle aussi couramment l’anglais et l’italien.

Elle écrit pour le public féminin de l’entre-deux-guerres, mais après la seconde guerre mondiale, elle se fait difficilement à l’évolution rapide de la société. Ses livres sont situés géographiquement dans des régions qu’elle connait et aime : la côte belge, l’Angleterre, le Pays basque et l’Italie.

Elle a écrit principalement des romances, quelques contes et romans pour les enfants. Elle a aussi travaillé pour le magazine « Femmes d’aujourd’hui ». C’était une femme indépendante pour une femme mariée à cette époque et dans son milieu. Elle a organisé sa carrière de romancière. Chaque jour elle passait la matinée à écrire, l’après-midi à la vie civile et la soirée au théâtre ou aux concerts. Les faits historiques dans ses romans sont exacts, les valeurs et les standards de la société décrite sont expliqués et discutés.

Source : https://nl.wikipedia.org/wiki/France_Adine

Un petit extrait d’un livre qui parle des romancières de cette époque :

« Toutefois, certaines femmes tentent parfois, par des voies détournées, de se soustraire aux scénarios qui leur sont réservés. C’est le cas des romans de France Adine (de son vrai nom Cécile Van Dromme, 1890-1977). A première vue, les milieux très cossus et les mœurs qu’elle décrit sont en concordance avec son environnement. Son père est un propriétaire foncier qui occupera des fonctions de bourgmestre et sa mère, Marguerite Rodenbach, est de la famille des écrivains Georges et Georges-Albrecht Rodenbach. Après une formation de base à l’école du village, la jeune Cécile, comme toute jeune fille de bonne famille, va en Allemagne, puis fréquente une école anglaise pour y apprendre les langues, l’histoire et la musique. En 1910, elle épouse Jules Coucke, appelé à devenir directeur au ministère des Affaires étrangères. Le couple s’installe en 1937 dans l’élégante avenue Louis Lepoutre, à Bruxelles. A partir de 1930, les romans se succéderont à un rythme soutenu, bien accueillis par le public et la critique (Panchiko reçoit le prix triennal de l’Académie en 1941). Les intrigues sentimentales à l’eau de rose qu’ils développent sont sous-tendues par une morale discrète. Cependant, en y regardant de plus près, on constate que certains d’entre eux s’articulent autour de portraits de femmes déchirées entre, d’une part, le désir de réussite professionnelle et, de l’autre, l’aspiration à la sérénité familiale. On est tenté de lire dans ces destins la position de France Adine : femme de lettres éprise d’art qui doit fonctionner dans un milieu peu favorable à l’indépendance des mères de famille. Pour sauvegarder sa crédibilité, elle incite ses lecteurs à découvrir par la négative les dangers d’un comportement non orthodoxe. Grâce à un style soigné, soutenu par des références érudites incessantes, sous couvert d’évocations esthétiques, ses œuvres sont qualifiées d’ « élégantes », « délicates » ou encore « distinguées » et appréciées comme porteuses d’un « bon goût » féminin. »

Ecrire en Belgique sous le regard de Dieu / Cécile Vanderpelen-Diagre
Ed. Complexe, 2004
(p.134)

 

Romans :

  • La coupe de Syracuse (1929)
  • Le maître de l’aube (1930)
  • La Cité sur l’Arno (1931)
  • Le royaume de Saul (1932)
  • La madone aux chérubins (1933)
  • Eve et le Phénix (1934)
  • Sirènes (1936)
  • La bulle d’or (1937)
  • Panchiko (1941)
  • Loremendi ou Le livre de son choix (1943)
  • Iziar (1944)
  • L’échiquier (1946)
  • Véronique (1949)
  • Nigelle des dunes (1951)
  • Marie du Zwin (1954)
  • Le grand Saint Jacques (1957)
  • Le signe du griffon (1960)
  • Odette ou Le bonheur en ménage (1962)
  • Tosca Naddi (1963)
  • Dans la main des dieux (1965)
  • Cherche-Bruit (1966)
  • Diane et le faune (1970)
  • La dryade au château (1973)
  • Marie-Victoire (1974)

 

Mon avis :

L’écriture de France Adine est très agréable à lire, elle dépeint remarquablement les régions et les endroits dans ses romans.

J’aime particulièrement Eve et le phénix pour cette ambiance un peu fantastique d’éternel retour qui me séduit toujours…

Romantique ? Certes, mais j’ai beaucoup aimé tout le début du roman qui ne contient pourtant que le récit de l’enfance d’Alastair jusque la page 114. J’ai lu ce roman (publié la première fois en 1934, il faut en tenir compte pour le contexte général) à 14 ans et je ne l’ai jamais oublié. Il est resté, à travers les années, un de mes livres préférés…

L’amour est-il possible entre un jeune lord des « Hautes Terres » élevé dans le raffinement le plus extrême et une petite paysanne du Pays Basque dont la seule richesse tient dans la candide ignorance de deux grands yeux tendrement ouverts sur le monde ?

« Les jolies lèvres entrouvertes se fermèrent et la chanson s’éteignit. Elle ne semblait pas effarouchée et lui, le gentilhomme élevé dans les rites de la courtoisie la plus parfaite, contemplait cette beauté délicate avec la froide assurance qu’eût témoignée, il y a quelque mille ans, un jeune chef de clan rencontrant sur ses terres une jolie vassale… »

La Cité sur L’Arno m’a beaucoup plu ainsi que les nouvelles de La madone aux chérubins.

La Cité sur l’Arno  raconte l’histoire de Catarina, une jeune fille noble à l’époque de la Renaissance italienne. Promise au couvent dès sa naissance et élevée dans cette idée, elle ne conçoit pas d’autre vie mais n’a pas encore prononcé ses vœux. Les aléas d’une guerre font que, sa sœur aînée étant décédée, sa famille la donne en mariage afin de sceller une alliance avec le vainqueur…

La Madone aux chérubins est un recueil de nouvelles dont la première lui a donné son titre.

« … il lui parlait de la Toscane, de Florence où sa mère était née. Il y avait vécu jadis, et n’avait jamais pu oublier les aubes radieuses, les fins de jours roses ou dorées de la Cité des Lys. Il eût voulu l’emmener là-bas, y vivre avec elle pendant toute une année, ne la ramener en Flandre que lorsqu’elle aurait senti l’âme florentine, spirituelle, nuancée, toute de mesure et de grâce comme l’immortelle Athènes… »

Le grand Saint Jacques est un bon roman historique.

J’ai aussi lu un conte Histoire de Fleurette, que j’ai beaucoup aimé. Celui-là, j’avais 10 ans et je viens de le relire avec le même plaisir…

Evidemment, il faut se remettre dans l’époque, où la religion catholique était omniprésente et la morale finale était très importante. Mais il y a une fraîcheur dans ces romans qui me plait infiniment (je parle bien sûr des 5 livres que j’ai lus). Il est difficile de se les procurer même en bibliothèque et il n’y a pas eu de rééditions ou très peu.

 

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Hôtel Olympia / Elisabeth Vonarburg

Quatrième de couverture :

De ses années d’enfance vécues à l’hôtel Olympia, Danika n’a aucun souvenir sinon ceux de ses rêves, dont elle ne sait départager la réalité de la fantasmagorie. Ces tantes, ce grand-père, tous les personnages qui peuplaient l’hôtel ont-ils réellement existé ? Quant aux années de pensionnat qui ont suivi, Danika en garde un goût amer en raison des trop rares visites de son père, Stavros, et de l’absence totale de sa mère, Olympia.

Quarante ans plus tard, à Montréal, Stavros resurgit dans la vie de Danika pour lui apprendre qu’Olympia a disparu et qu’elle doit reprendre la direction de l’hôtel. Ulcérée par cette situation absurde — elle n’a rien à faire de cette histoire — , Danika retourne à l’hôtel Olympia avec la ferme intention de renoncer à cette charge. Or, dès son arrivée, Danika réalise que de puissantes forces sont à l’oeuvre.

Tout en renouant avec les membres de sa famille — non seulement ils existent, mais ils n’ont pas vieilli d’un iota ! — , Danika découvre que ses rêves les plus surréalistes sont tout aussi réels : le jardin extérieur se transforme parfois en « autre chose », et elle peut littéralement « entrer » dans les tableaux qui ornent les couloirs de l’hôtel? cet Hôtel qui rêve, lui aussi !

 

Extraits :

« Vous avez déjà vu quelqu’un lire dans le métro, dans un autobus ou dans un lieu public quelconque, n’est-ce pas Nikai ? Comme ils sont dans leur bulle. Ils ne sont pas là. Ils sont dans l’histoire. Ils s’y donnent. Leurs rêves, leurs désirs s’y mirent et, en s’en nourrissant, ils la nourrissent. »

 

Mon avis :

L’histoire se passe dans un univers clos (l’hôtel).

De quoi parle ce roman, est-ce un roman de SF, de Fantasy, fantastique, mythologique? C’est tout cela ensemble et cependant très ancré dans le monde actuel!

Une écriture qui sous-entend beaucoup de choses mais laisse au lecteur le soin de découvrir ce qui les relie entre elles… On saute du présent au passé et cela nécessite un effort pour bien suivre l’histoire. On est plongé dans une atmosphère onirique dont il est très difficile de s’extraire… Il faut prendre son temps pour bien comprendre et apprécier à sa valeur ce livre, il faut le vivre…

J’ai aimé que le personnage phare soit une femme de plus de 50 ans, c’est peu courant et c’est dommage, elles ont encore beaucoup à dire!

Une belle découverte…

 

Une critique à lire :

https://nevertwhere.blogspot.be/2014/11/hotel-olympia-elisabeth-vonarburg.html

 

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Les aventures d’Aldo Morosini / Juliette Benzoni

Cette série, parue sur plusieurs années (1994-2016) volume par volume, met en scène le prince Aldo Morosini qui est devenu après la première Guerre mondiale un antiquaire spécialisé dans les bijoux anciens. Suspense, amours, trahisons et secrets historiques foisonnent dans cette série où se mêlent vérité historique et histoire romancée. Voici une réédition bienvenue!

Premier volume :
L’Etoile bleue.
La Rose d’York.
L’Opale de Sissi.
Le Rubis de Jeanne la Folle.
Les Émeraudes du Prophète.
La Perle de l’Empereur.
Les Joyaux de la sorcière.

 

Second volume :
Les » Larmes  » de Marie-Antoinette.
Le Collier sacré de Montezuma.
L’Anneau d’Atlantide.
La Chimère d’or des Borgia.
La Collection Kledermann.
 » Les Trois Frères « .
Le Diamant de Bourgogne.
Le Vol du Sancy.

 

Extraits :

 » Morosini prit entre ses doigts le lourd bracelet moghol où, enchâssée dans de l’or ciselé, une profusion d’émeraudes et de perles enveloppait d’une folle végétation un bouquet de saphirs, d’émeraudes et de diamants. Il le caressa un moment puis, le posant devant lu, il attira d’une main une forte lampe placée sur un coin de son bureau et l’alluma pendant que, de l’autre, il encastrait dans son orbite une loupe de joaillier.
Violemment éclairé, le bracelet se mit à étinceler de feux qui allumèrent des éclats bleus et verts aux quatre coins de la pièce. On aurait dit qu’un volcan miniature venait de s’ouvrir au coeur d’une toute petite prairie. » – L’étoile bleue

« – Ce n’est pas parce que ce malheureux est affligé d’une femme à moitié folle qui préfère le fan-tan au bridge et court la nuit les quartiers interlopes qu’il faut le soupçonner d’abriter des pensées inavouables. En fait, son plus gros défaut est d’avoir une sale gueule, mais ça non plus ce n’est pas sa faute ! » – La Rose d’York

 » Plus remarquable encore était la femme qui fixa l’attention du prince. Son port était celui d’une altesse et, en la regardant, Morosini évoqua certain portrait de la duchesse d’Albe peint par Goya. Elle était à la fois vêtue et masquée de dentelles noires: une sorte de mantille retombant de sa haute coiffure un peu plus bas que la bouche. Ses longs gants étaient taillés dans le même tissu léger et sombre qui faisait ressortir l’éclatante blancheur d’une peau sans défaut. Aucun autre bijou qu’une broche scintillant d’un éclat magique dans les dentelles mousseuses au creux d’un magnifique décolleté. Un éventail était posé sur le rebord de velours rouge de la loge. » – L’opale de Sissi »

 » De Lisa jamais il ne se lasserait. Il le sentait bien aux poussées de jalousie primitive qui torturaient ses nuits à la savoir si loin de lui, si proche d’inconnus dont il ignorait s’ils la respecteraient. Pour se calmer il évoquait alors les deux années vécues auprès de ce corps adorable sans en soupçonner la grâce, empaqueté qu’il était dans les vêtements à peu près informes de « Mina Van Zelten » dont même Plan-Crépin ne se fût pas accommodée. Alors il oubliait sa souffrance et il souriait… C’était, à tout prendre, un bon remède pour éviter de devenir fou… » – Les émeraudes du Prophète

 » Légende ou réalité, on chuchote depuis longtemps qu’au moment du cataclysme qui a englouti l’Atlantide, régnait sur ce qui n’était qu’une colonie de terre ferme une femme d’une extraordinaire beauté, d’une vaste intelligence, douée comme la Cassandre troyenne de la faculté de prédire l’avenir. » – L’anneau d’Atlantide

Mon avis :

Je viens de re-lire les aventures d’Aldo Morosini, le prince-antiquaire de Juliette Benzoni. C’est qu’elles sont passionnantes, ces histoires : un mélange de lieux exotiques fort bien décrits, d’enquêtes sur des crimes, de courses à travers l’Europe et le Moyen-Orient, tout cela dans l’ambiance des années 20 – les années folles – et le luxe des palaces de l’époque…

Je prend toujours beaucoup de plaisir à relire cette saga, ça ne me dérange pas de connaître le futur des personnages. Et ces personnages sont particulièrement bien choisis pour mettre de l’ambiance, de l’action, de la romance, du suspense et de l’humour!

Juste un bémol, on aurait pu se passer du dernier titre « Le vol du Sancy », nettement moins bon que tous les autres…

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Classé dans Littérature française

Retour sur une série : Le dernier apprenti sorcier / Ben Aaronovitch

Je vous ai déjà parlé de cette série fort originale qui m’avait beaucoup plu :

  • Ce roman mélangeant polar et magie est de l’Urban Fantasy de bonne facture et totalement jubilatoire : humour anglais (j’aime !) et rapports parfois compliqués entre l’inspecteur « So British » Nightingale et le jeune Peter intéressé par l’électronique et essayant d’appliquer des théories scientifiques à la magie !
  • Une imagination extraordinaire mais c’est si bien présenté que parfois on se dirait même « Et si c’était vrai… » 😉

Vous pouvez revoir l’article ici : https://ocyaran.wordpress.com/2013/04/23/le-dernier-apprenti-sorcier-ben-aaronovitch/

Voici la suite :

Quatrième de couverture :

La découverte d’un corps mutilé dans la banlieue de Londres fait monter d’un cran la paranoïa ambiante, d’autant que la méthode rappelle furieusement celle de l’Homme sans visage, ce magicien fou déjà connu des services de police.
Enfin, pas de tous les services, juste de celui des affaires surnaturelles, dont le représentant le plus actif, l’agent Peter Grant, est aussi le dernier apprenti sorcier de Londres.
A peine débutée, son enquête va s’enrichir de nouveaux éléments à première vue sans rapport avec le crime, mais qui tous mènent au quartier d’Elephant and Castle ; plus précisement à un ensemble d’immeubles conçu par un architecte dérangé et habitué par tout ce que la capitale britannique compte de désespérés…

Nourri à l’eau de la Tamise dès sa naissance en 1964, Ben Aaronovitch persiste et signe un hommage assumé à la capitale de tous les imaginaires. La série du « Dernier apprenti sorcier », qui compte désormais 4 volumes en français, est en cours d’adaptation à la télévision britannique par la BBC.

 

Extraits :

« Je vous propose un marché, Peter. Faites de réels progrès dans vos études, et je vous dirai où trouver les notes du dernier cerveau qui a rempli le labo de… De rats, essentiellement, mais je crois me souvenir de quelques chiens dans sa ménagerie.
– Quel genre de progrès?
– Plus convaincant que ce que je vois en ce moment.
– J’aimerai aussi parcourir ce dossier, intervint le Dr Walid.
– Alors, vous devriez encourager Peter à travailler plus.
– C’est un homme diabolique, dis-je.
– Et fourbe », Ajouta le Dr Walid.
Nightingale nous regarda placidement par-dessus le bord de sa tasse de thé.
« Diabolique et fourbe », répétai-je »

« Dans les années cinquante et soixante, le pouvoir en place avait fait un effort concerté pour débarrasser Londres de sa classe ouvrière. La ville perdait rapidement son industrie ; les merveilles technologiques de l’ère de l’électroménager remplaçaient les nombreux domestiques indispensables à la bonne marche d’une demeure de l’Angleterre édouardienne. Londres n’avait tout simplement plus besoin d’autant de pauvres. Du jour au lendemain, la population de Crawley, jusqu’alors un petit bourg médiéval, a augmenté de soixante mille habitants, logés dans de solides maisons mitoyennes. Ma mère et mon père auraient adoré y vivre. Mais ils n’auraient jamais pu se passer de la scène jazz de Londres, de Peckham Market et des expatriés de Sierra Leone, ou du moins ceux à qui ma mère adressait encore la parole – une bonne moitié donc. »

 

Mon avis :

Un tout petit peu moins passionnant que le troisième, ce roman est tout de même fort agréable à lire et le final relance la série – je n’en dirait pas plus… 🙂

 


Quatrième de couverture :

L’agent Peter Grant, dernier apprenti sorcier et brillant enquêteur de la Police Métropolitaine de Londres – la Métro, pour les intimes – quitte cette fois la capitale britannique pour se rendre dans une petite bourgade du Herefordshire où les forces de police locales échouent à enrayer la vague d’enlèvements d’enfants dont leur communauté est victime.
Assisté de Beverley Brook, Peter se retrouve bientôt embourbé jusqu’au cou dans une affaire pour le moins louche. Passe encore le danger omniprésent, la mauvaise humeur des flics du coin, la franche hostilité des dieux locaux…mais des boutiques qui ferment à 4 heures de l’après-midi ?! Quelle horreur !

 

Extraits :

« Par ailleurs, quelques jours à la campagne vous feront le plus grand bien.
— Ben voyons. Rien de tel qu’un bon kidnapping pour me remonter le moral.
— Exactement », conclut Nightingale. »

« Beverley avait enfilé un jean et un justaucorps en cuir trop grand pour son corps menu. Elle avait noué ses dreadlocks dans une natte qui lui tombait dans le dos, et portait d’anciennes lunettes de protection en cuir et en cuivre remontées sur le front.
– Les mains sur la tête, ordonna-t-elle, et écartez-vous de mon copain.
La Reine siffla, serrant la corde plus fort.
– Ça m’est égal, répondit lentement Beverley. Il n’est pas libre de passer ce genre de marché.
– Néanmoins, répliqua la Reine, il en a accepté les termes ; il doit les honorer.
– Mesdames, dis-je.
– Peter, me coupa Beverley, occupe-toi de tes fesses. »

 

Mon avis :

Un volume de transition mais aussi le plaisir de retrouver Beverley, beaucoup plus présente dans ce tome-ci… 🙂 On attend la suite avec impatience…

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Classé dans Littérature anglaise

Tant que hurlent les chiens (Tous ces silences) / Elisabeth Herrmann

Deux titres et deux couvertures pour un même roman.

Chez France-loisirs, 2015 – Tant que hurlent les chiens
Chez Fleuve Noir, 2016 – Tous ces silences

Ce n’est pas la première fois et ce ne sera pas la dernière mais c’est toujours l’acheteur qui paie les pots cassés… si vous ne faites pas bien attention, vous vous dites « Oh un nouveau roman de cet auteur qui m’a plu » et hop, pour peu que vous ne le lisiez pas tout de suite, trop tard pour l’échanger…

Quatrième de couverture :

Après la découverte d’un cadavre au zoo, Sanela, jeune officier de police, peine à croire à la culpabilité de l’employée qui s’est elle-même accusée. Contre l’avis de ses supérieurs, elle décide de mener seule l’enquête. Ses recherches l’attirent dans un village presque abandonné, hanté par de terribles souvenirs… Retenez votre souffle !

Quatrième de couverture :

Un meurtre atroce défraie la chronique berlinoise. Un meurtre qui choque d’abord par son extrême cruauté : le corps est retrouvé au Jardin Zoologique, en partie dévoré par des cochons. Ensuite parce que la coupable présumée est très rapidement identifiée. Trop rapidement, selon Sanela Beara, la jeune policière en patrouille arrivée en premier sur les lieux. Très réservée et mentalement instable, Charlie Rubin a tout de la coupable idéale. Elle a avoué le meurtre. Et pourtant, Sanela a des doutes, que partage également Jeremy Saaler, le psychologue chargé d’établir le profil de Charlie. Qui la jeune femme cherche-t-elle à protéger ? Pourquoi ? Ils découvrent bientôt que de terribles souvenirs d’enfance traumatisent Charlie et la maintiennent à distance de son village natal, Wendisch Bruch. Des évènements scellés par le silence des quelques habitants qui restent, qui ne veulent plus en entendre parler, et pour cause…

 

Extraits :

« Elle s’enroula une écharpe autour du visage. Peut-être pour se dissimuler et tromper son monde. Avec le chien ça ne prenait pas. Il se souvenait de son odeur, il courait souvent à sa rencontre en frétillant de la queue. Mais cette fois, il sentait quelque chose qui le retenait de faire de même. Quelque chose qui, d’un côté, le rendait fou de curiosité et, de l’autre, lui collait une peur bleue. Une odeur qui l’attirait comme un aimant – cette odeur qu’il flairait quand il passait à pas de loup devant les fenêtres du boucher, qu’il flairait quand il trouvait la carcasse déchiquetée d’un oiseau ou les restes écrasés d’un renard sur la départementale déserte. Mais cette silhouette devant lui n’avait pas été abattue, ni chassée ou renversée – elle vivait. »

« Elle était préparée à toutes les déjections que vomissait la vie. Elle avait vu des cadavres aux visages sereins et paisibles et la face hideuse de la mort violente. Elle était entrée dans des maisons où l’avaient reçue toutes les déclinaisons du mal : cruauté, négligence, sadisme… Elle avait vingt-six ans et l’impression, certains jours, d’en avoir soixante. Elle voulait rejoindre la criminelle, parce qu’elle ne voulait plus s’en tenir au « comment » mais comprendre le « pourquoi ». Pourtant une sorte de prémonition lui disait que ce qui s’était passé ici pouvait bien être trop gros pour sa petite personne. Un homme s’était fait dévorer, peut-être vivant, par des cochons sauvages. »

 

Mon avis :

Un auteur que je ne connaissais pas du tout mais je suis ravie d’avoir fait sa connaissance. Je n’ai pas lu beaucoup d’auteurs allemands et dans ceux que j’ai lu, aucun thriller…
J’ai été intéressée par le fait que cela se passe à Berlin et en ancienne RDA, cadre inhabituel pour ce genre de bouquin!

Une intrigue bien menée, des personnages auxquels on s’accroche, plusieurs rebonds qui donnent un autre sens au prologue… on avance à petits pas intrigués et curieux! J’ai envie de lire un autre livre de cet auteur.

A découvrir..

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Classé dans Littérature allemande

Tous les vivants (Le crime de Quiet Dell) / Jayne Anne Phillips

Quatrième de couverture :

Chicago, 1931. Asta Eicher, jeune veuve mère de trois enfants, est seule et désespérée. Quand Harry Powers, un galant inconnu, la courtise et lui promet de l’épouser, elle est persuadée que la vie lui offre une seconde chance. Quelques semaines plus tard, Asta et ses enfants sont retrouvés morts, assassinés. Emily Thornhill, une des rares femmes journalistes de l’époque, se charge alors de couvrir l’enquête et tâche de comprendre ce qui est arrivé aux Eicher, particulièrement à Annabel, une enfant à l’imagination débordante qui semble dotée d’étranges facultés.

Tous les vivants est une fiction inspirée d’un crime célèbre. Avec une grande profondeur psychologique et au moyen de documents d’époque, Jayne Anne Phillips fait parler et revivre la famille Eicher ainsi que son meurtrier quelques jours avant le drame, jusqu’au procès public de celui qu’on appellera  » le Barbe bleue des temps modernes  » . Jayne Anne Phillips fait son grand retour avec ce roman tiré d’un fait divers tragique qui hante à jamais l’Amérique et inspira le chef d’oeuvre de Charles Laughton La nuit du chasseur.
A l’instar de De sang froid de Capote, Tous les vivants nous plonge au coeur d’un drame saisissant, porté par l’écriture lyrique d’un auteur qui se confronte à la fois au réel et au surnaturel.

 

Extraits :

« Grand-Mère m’expliquait toujours que nos rêves sont des désirs ou des souhaits, des cadeaux des fées qui nous guident et veillent sur nous durant notre sommeil. Elle me disait que les poèmes et les histoires sont les murmures d’anges invisibles, des êtres autrefois pareils à vous et moi, qui en savent plus que nous ne pouvons en savoir tant que nous sommes encore de ce monde.
– Parle-moi dans ta tête quand je serai partie, disait Grand-Mère. Je t’entendrai toujours, et je t’enverrai ma réponse dans le bruissement de l’herbe et du vent et à l’aide d’autres petits signes, parce que nous ne nous exprimons plus par des mots quand nous avons disparu. »

« Les Eicher ne faisaient plus jamais référence à leurs origines d’Europe du Nord, mais assurément Andersen et Grimm avaient trouvé l’inspiration de leurs contes au Danemark et en Allemagne. Absolument sinistres, ces histoires, pensait Charles : des miroirs aux alouettes qui conduisaient invariablement des enfants innocents à l’abattoir, tels des agneaux préalablement engraissés. Un univers féerique qui vous invitait à croire que la vertu est toujours récompensée. Charles savait que c’était faux.
La naïveté de sa propre mère les avait transformés en victimes. »

 

Mon avis :

Un roman passionnant, mêlant si bien la réalité et la fiction – plus le fantastique – qu’on est captivé par l’histoire malgré qu’on sache déjà la fin… Construction intéressante où on fait connaissance de la famille pendant plusieurs chapitres et puis on se trouve subitement plongé dans le drame…
C’est là qu’on découvre Emily, la journaliste qui mène une enquête sur la disparition de la famille Eicher en compagnie d’un collègue sympathique, Eric. Emily va aussi rencontrer au cours de cette enquête un homme qui sera celui qu’elle attend, William, et un jeune garçon dans la misère, Mason, qu’elle choisit d’aider!
Sur tout cela plane le souvenir – ou l’âme – d’Annabel, la plus jeune fille Eicher, fantasque et poète qui apporte une touche de fantastique et de lumière à l’histoire d’un crime sordide…
Le livre est semé de quelques photos qui datent de l’époque et qui apportent une touche de réel!
Je n’ai pu m’empêcher de trouver Asta-Anna (la maman) bien trop crédule et (mais je pense que cela correspond à l’époque) bien dépendante – il lui faut trouver un homme, il n’y a pas d’autre solution…
Tel quel, j’ai lu avec beaucoup de plaisir (hé oui, malgré les crimes) ce bouquin qui sort de l’ordinaire!

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Classé dans Littérature américaine (USA)